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Rachid EZZIANE

Mustapha CHERIF, la voix du juste milieu

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Mustapha Cherif, la voix du juste milieu

► Entretien réalisé par Rachid Ezziane

Avec amabilité et un sens de l’écoute digne d’un philosophe que le professeur Mustapha Chérif nous a accordé un entretien pour nous parler de l’idée de la « wassatia » en Islam, idée qui lui est si chère en tant qu’intellectuel engagé pour la paix et le vivre-ensemble, aussi, pour expliquer, à l’Occident et au monde, que la voix, (et la voie) du juste milieu, principe fondamental de l’Islam, peut devenir, pour le bien-être des hommes, une conviction universelle.

Ci-après, l’intégralité de l’entretien accordé à notre journal.

Mustafa cherife interieur 1

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ô Mohammed !

 

A l'occasion du Mawlid Ennabaoui Echarif, avec mes meilleurs souhaits et voeux à tous.

Combien avons-nous langui, ô Mohammed, de toi !
(Prière et salut d’Allah soient sur toi)


بسم الله الرحمن الرحيم
 


Combien avons-nous langui, ô Mohammed ! (prière et salut d’Allah soient sur toi) de ta prestance, de ta sagesse, de tes paroles qui, comme le remède, apportent la sérénité aux cœurs malades. Oui, nous sommes malades d’un mal qui persiste et empire d’un jour à l’autre. Non pas que tes fidèles compagnons ne nous ont pas fait passer le message, au contraire, ils s’y ont attelé jusqu’au sacrifice de leur vie, et qu’ils soient récompensés par le « Firdaous el-Aala » —, mais il y a eu comme une errance ou comme si les cœurs se sont durcis par les innombrables acquis matériels, toujours en expansion. Le confort, des biens et de la nourriture, a tué en nous le souffle de Dieu.
Nos âmes ne savent plus à quel saint se vouer. Ni en quel prêche y croire. Ni en quel sermon. Nous sommes, ô Mohammed ! (Sala Allahou Alaïka wa salam), perdus au milieu d’une tourmente sans précédent. Acculée de partout, la foi vague et divague, pleure ton absence et regarde le monde dériver vers le faste et le néfaste.
Ô Messager d’Allah ! Combien avons-nous besoin de ta présence en ces temps durs où les hommes ont été corrompus dans leurs chairs et leurs âmes par l’argent et l’injustice. Les riches et les gouvernants nous ont faits subir les pires exactions ; ils nous ont humiliés jusqu’à nous entretuer pour un morceau de pain. Tout est devenu mercantile, marchandise, politique et profit ; y compris la religion, l’honneur et la dignité. Et les autres, sans aucune érudition ni savoir, se sont autoproclamés tes héritiers légitimes, juste par l’apparence physique et l’habit. Ils ont même osé les pires malversations au nom de la religion.
Mais nous, les humbles croyants, qui avons été abreuvés du lait de la vraie foi, coulant de la source du Coran et de ta Sunna, sommes restés fidèles à ta voie. Et nous le resteront jusqu’à ce que nous te rencontrassions sur les bords du fleuve — Haoudh.
Nous sommes tes frères, comme tu l’avais dit à tes compagnons, parce que nous avons cru en toi sans te voir. Et qui, ô Prophète d’Allah ! de tous les hommes, peut-il se détourner de toi après avoir su ton message ? Et qui de nous, aujourd’hui, pourrait dire qu’il n’a pas reçu ton message ? Et qui de nous peut rester insensible à ton appel ? L’appel du paradis d’Allah que tu nous as promis si nous suivrons le droit chemin que tu nous as tracé.
Accepte de nous, ô Messager d’Allah ! le salut et la prière, et accorde-nous ton intercession le jour du jugement dernier. Nous y avons tellement besoin pour les péchés que nous avons commis tout le long de notre vie.

 

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Que me servirait...

  

_____Que me servirait...

   *  Que me servirait d’avoir un cœur si je ne donne pas de mes sentiments ?
   *  Que me servirait d’avoir des yeux si je ne m’arrête pas devant la beauté d’un regard innocent ?
   *  Que me servirait d’avoir une bouche que pour manger sans jamais l’offrir en sourire ?
   *  Que me servirait d’avoir des mains si je ne les tends jamais pour aider un ami à se relever ?
   *  Que me servirait d’avoir un esprit si je le garde enfermé dans le moule des préjugés ?
   *  Que me servirait d’avoir la raison si je n’agis qu’en fonction de mes pulsions et impulsions ?
   *  Que me servirait d’être un homme…
   *  Si je ne suis pas à l’écoute de tout ce qui fait la grandeur de l’homme ?

 

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Lettre d'un senior romantique

 

 - Lettre d’un senior romantique à sa compagne
 - Ou d’une senior romantique à son compagnon



 S’il te reste un peu d’amour pour ma « finissante » vie de chien, ou un coin dans ton cœur éprouvé par mes innombrables échecs. Si tu vois que je mérite, encore, quelques onces de respect pour ma chimère personne. Si tu n’as pas encore oublié ces années-là. Si tu crois que je ne suis pas encore fini (e), malgré le fond que je suis en train de toucher, car d’une bouche d’égout à l’autre, on me trimbale, ici, là où je suis ; moins que rien, moins qu’une ombre, et même moins qu’une ombre d’un rien, je suis devenu(e), sans compter les charognards rodant à l’odeur du mourant. Si tu vois que je peux encore faire quelques pas avec toi sans que tu n’aies à rougir de ma démarche vieillie ; tu sais bien que j’ai frappé à toutes les portes, même que j’ai cru au miracle ; j’ai même osé la poésie…
Combien je n’ai pas essayé d’essayer ; combien je n’ai pas subi en silence, seul(e)…
Combien j’ai cru aux hommes, aux amis, à la famille, puis… petit à petit, j’ai lâché prise ; et comme une feuille morte, je me laisse aller au gré du vent qui me pousse vers le lieu de la fin…
 Si tu peux me comprendre et me tendre la main, sans que tu n’aies pitié de moi, sans que tu ne sois obligé(e), ou contraint(e) ; seulement en souvenir de ce que j’étais, de ce que j’aurais pu être, de ce que je t’ai aimé(e), je te serai reconnaissant (e) durant tout le temps qui me reste à… survivre.

  En hommage aux seniors
  Pour leur respect

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Quant à ceux qui...

 

 

Quant à ceux qui n'ont jamais rien eu, ni cadeaux ni amis.
Quant à ceux qui n'ont jamais été écoutés, jamais bien mangé.
Quant à ceux qui, dans les taudis et les rues, se trouvent leurs demeures.
Quant à ceux qui n'ont jamais connu leur père, ni eu de vraie mère.
Quant à ceux qui n'ont jamais voyagé, ni par air, ni par mer.
Quant à ceux qui n'ont jamais rien demandé, jamais rien reçu.
Quant à ceux qui ne connaissent de la vie que ce que leur donnent les aléas de la vie.
Quant à ceux qui ont été contraints de quitter leur pays.
Quant à ceux qui, loin des leurs, souffrent et attendent des jours meilleurs.
Quant à ceux-là...

____ Je dédie ce poème. ____

 

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Pourquoi les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

Longtemps j’ai regardé les oiseaux voltiger dans le ciel. Longtemps, je les ai admirés seul en rêvant. Combien de fois n’ai-je pas souhaité planer comme eux au-dessus de mes maux et souvenirs. Combien je les ai écoutés gazouiller sur les branches à la tombée du soir. Combien de fois m’ont-ils réveillé le matin en venant chanter sur le rebord de ma fenêtre.  

Mais quand les oiseaux libres sont en pleurs…

Je deviens triste. Car il n’y a pas de plus affligeant qu’un oiseau recroquevillé dans un coin, loin des regards, seul, le bec en bas, les plumes froissées comme s’il avait froid, attendant son trépas. Alors qu’il était créé pour côtoyer le ciel et le soleil.   

«Les oiseaux se cachent pour mourir». Se cachent-ils vraiment quand ils sentent leur mort venir ? Est-ce une réalité scientifique que les experts ont certifiée ? Comment savent-ils qu’ils vont mourir ? Quel lieu choisissent-ils ? Et pourquoi ? Ou est-ce une simple expression que l’on utilise nous les hommes pour exprimer une tristesse ou un désarroi ?

Il y a dans l’expression de la mélancolie et du chagrin. Qui ne l’a pas dit dans les moments où il s’est senti seul et désarmé ?

Elles ont à dire ces années-là ! Elles ont beaucoup à dire…

Les souvenirs pèsent. Leur poids est insupportable. On fait avec et on continue comme si de rien n’était. Puis, tout doucement, presque sur la pointe des pieds, on se retire. Seul dans notre coin, on égrène les jours. On compte les heures. On courbe l’échine. On ouvre son livre du dedans et on commence à écrire.

C’est comme ça que s’effacent chez nous les prodiges comme s’ils se préparaient à mourir. Je pense à tous ces cadres menés à la baguette par des sous-fifres sans bagages ni savoir faire. Dans quelques administrations et entreprises, on les reconnait par leur solitude et leur silence, mais aussi par leur sourire message qui en dit long sans rien dire. Combien sont longues leurs journées de travail. Oubliés dans un bureau, des fois sans chauffage ni climatisation, ils attendent, comme des élèves en classe, l’heure de la pointeuse. On ne les sollicite que pour en tirer d’eux quelques idées ou autres suggestions. Ils donnent sans attendre en retour. C’est parce qu’ils sont sensibles qu’ils ne parlent que par le silence. Ils ne cherchent pas à comprendre, car tout est clair pour eux. De notre temps, seuls les médiocres, sans scrupule ni vergogne, tiennent le haut des pavés. La compétence broie son pain noir en attendant des jours meilleurs. Le reste n’est que connaissance et vente concomitante.

Comme des oiseaux rares dans des cages, les cadres compétents vivent de pain et de patience. Comme les oiseaux libres, leurs esprits sont ouverts et planent au-dessus de la mêlée.

J’ai feuilleté des livres et fait des recherches pour qu’enfin je sache que les oiseaux se cachent pour être seuls dans leur mort car ils savent que les prédateurs les guettent et attendent qu’ils deviennent faibles pour en faire des proies. Alors, pour garder leur dignité, et ne pas dévoiler leurs faiblesses devant l’ennemi, ils se cachent pour préserver leur intimité dans la mort. Il en est de même pour les prodiges et les cadres compétents. Ils se retirent dans la solitude car ils savent l’acharnement des sous-fifres prédateurs envers les proies sans défense.

Et comme les oiseaux qui se cachent pour mourir, les cadres compétents préfèrent souffrir dans la solitude que vendre leurs principes ou quémander leur avenir…

Maintenant que nous savons pourquoi les oiseaux se cachent pour mourir, apprenant d’eux la grande leçon de l’humilité pour que demain nous n’ayons pas à nous cacher pour… Vivre.

Je me souviens...

 

 

Je me souviens que le temps emporte tout. Que rien ne lui résiste. Je le sais, car depuis, il a tout emporté, depuis ces années-là. Je me souviens de mon ami voisin que je croyais l'avoir toujours comme ami, mais voilà, le temps est passé par là, et mon ami voisin a disparu, depuis ce temps-là. Je me souviens de mon maître d'école que je voulais toujours comme mon maître d'école, mais un jour il est parti, et depuis, je ne l'ai plus revu. Je me souviens de la guerre. de l'autre guerre aussi, celle qui n'avait dit son nom. Du pain qui manquait, du petit-lait qu'on dégustait avec le morceau de galette. Je me souviens de l'eau qu'on puisait des canaux et des puits envasés. Je me souviens des hivers rigoureux où les flaques d'eau se transformaient en plaque de verre dur à briser. Et les étés chauds qui nous faisaient saigner du nez. Le Chélif était notre mer, et ses rives nos plages...
Je me souviens de la Simca Aronde, de la P 60, de la 203, de la 403, et de l'inoubliable 404, celle-là, qui avait fait rêver tout un peuple. Et le camion Berliet, avec l'autre Hotckiss ; puis la mécanique s'est rouillée, a grincé et est devenue caduque.
Je me souviens des routes, étroites et sinueuses, bordées d'eucalyptus ou de figuiers, qui montaient, comme dans le roman de Mouloud Feraoun. Les rues, des villes et villages, elles, étaient bordées de mûriers, de platanes ou de ficus. Les chaises des cafés maures étaient de fer et la limonades se vendait par verre.
Je me souviens des laboureurs, des semeurs et des moissonneurs avec leurs larges chapeau de paille. Je me souviens de leurs faucilles, qu'ils portaient en bandoulière. Je me souviens des vieilles femmes tatouées. De leurs mains rainurées, de veines et de henné. Je me souviens des jeunes lycéens, fiers de leurs cheveux longs et leurs postes-radio, se pavanant devant les écoles et les établissements. Je me souviens de ma première gifle d'écolier. de ma première bicyclette. De mon premier film au cinéma.
Je me souviens de Cheikha Remitti et Ahmed Saber quand ils chantaient, en avance sur leur temps, le malaise du peuple et les aléas de la vie. Et les autres ténors, Ahmed Wahbi et Hamada, sans oublier " Milouda fine Kounti"...
Je me souviens de tout ça alors que rien de tout ça n'existe plus, aujourd'hui. Le temps les a effacés, mais dans ma mémoire ils sont ancrés.
Je me souviens...

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Et l'ivraie tua le bon grain...

Quand le blé lève, prend des forces et s'étend sur ses champs, le fellah guette les mauvaises herbes, s'arme de patience et, courbé, s'affaire à s'en débarrasser. Quand viennent les moissons, il sépare le bon grain de l'ivraie. Tamise, trie et ne garde que les blés d'or pour son pain quotidien. Il en a été toujours ainsi. Mais depuis que le fellah est mort, et que ses enfants ont abandonné le travail de la terre, les mauvaises herbes et l'ivraie ont consumé ses champs et ses moissons... Et depuis que la vertu ne nourrit plus les hommes, le vice, comme l'ivraie et les mauvaises herbes, consume les sociétés. A petit feu. Lentement. Sans que personne ne s'en aperçoive ou ne daigne s'en apercevoir. L'histoire de Razika, cette femme écrasée par un chauffard pour avoir refusé ses avances, en est la preuve. Car les sociétés meurent de la mort de leurs valeurs morales. Surtout de la mort du respect de leurs femmes. Et pourtant... L'ivraie, parasite nuisible, doit être séparé du bon grain. Car le bon grain fait la vie et l'ivraie donne la mort. Mais quand la vertu ne se nourrit que d'ivraie, le vice devient la règle et s'affiche sans pudeur...

En hommage à Razika Cherif, écrasée jusqu'à la mort, en plein rue à Magra, dans la wilaya de M'sila, pour avoir refusé les avances d'un automobiliste.

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