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ô Mohammed !

 

A l'occasion du Mawlid Ennabaoui Echarif, avec mes meilleurs souhaits et voeux à tous.

Combien avons-nous langui, ô Mohammed, de toi !
(Prière et salut d’Allah soient sur toi)


بسم الله الرحمن الرحيم
 


Combien avons-nous langui, ô Mohammed ! (prière et salut d’Allah soient sur toi) de ta prestance, de ta sagesse, de tes paroles qui, comme le remède, apportent la sérénité aux cœurs malades. Oui, nous sommes malades d’un mal qui persiste et empire d’un jour à l’autre. Non pas que tes fidèles compagnons ne nous ont pas fait passer le message, au contraire, ils s’y ont attelé jusqu’au sacrifice de leur vie, et qu’ils soient récompensés par le « Firdaous el-Aala » —, mais il y a eu comme une errance ou comme si les cœurs se sont durcis par les innombrables acquis matériels, toujours en expansion. Le confort, des biens et de la nourriture, a tué en nous le souffle de Dieu.
Nos âmes ne savent plus à quel saint se vouer. Ni en quel prêche y croire. Ni en quel sermon. Nous sommes, ô Mohammed ! (Sala Allahou Alaïka wa salam), perdus au milieu d’une tourmente sans précédent. Acculée de partout, la foi vague et divague, pleure ton absence et regarde le monde dériver vers le faste et le néfaste.
Ô Messager d’Allah ! Combien avons-nous besoin de ta présence en ces temps durs où les hommes ont été corrompus dans leurs chairs et leurs âmes par l’argent et l’injustice. Les riches et les gouvernants nous ont faits subir les pires exactions ; ils nous ont humiliés jusqu’à nous entretuer pour un morceau de pain. Tout est devenu mercantile, marchandise, politique et profit ; y compris la religion, l’honneur et la dignité. Et les autres, sans aucune érudition ni savoir, se sont autoproclamés tes héritiers légitimes, juste par l’apparence physique et l’habit. Ils ont même osé les pires malversations au nom de la religion.
Mais nous, les humbles croyants, qui avons été abreuvés du lait de la vraie foi, coulant de la source du Coran et de ta Sunna, sommes restés fidèles à ta voie. Et nous le resteront jusqu’à ce que nous te rencontrassions sur les bords du fleuve — Haoudh.
Nous sommes tes frères, comme tu l’avais dit à tes compagnons, parce que nous avons cru en toi sans te voir. Et qui, ô Prophète d’Allah ! de tous les hommes, peut-il se détourner de toi après avoir su ton message ? Et qui de nous, aujourd’hui, pourrait dire qu’il n’a pas reçu ton message ? Et qui de nous peut rester insensible à ton appel ? L’appel du paradis d’Allah que tu nous as promis si nous suivrons le droit chemin que tu nous as tracé.
Accepte de nous, ô Messager d’Allah ! le salut et la prière, et accorde-nous ton intercession le jour du jugement dernier. Nous y avons tellement besoin pour les péchés que nous avons commis tout le long de notre vie.

 

Rachid EZZIANE

Commentaires (1)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 25/12/2015

Bonjour à tous,

Terrifiant de cynisme, le PDG d’une grande chaine de télévision privée a publiquement exprimé tout le mépris qu’il a de cet humain réduit à une simple marionnette, une marchandise:

" Il y a beaucoup de façons de parler de la télévision. Mais dans une perspective ”business”, soyons réalistes : à la base, le métier de TF1, c’est d’aider Coca-Cola, par exemple, à vendre son produit (...).

Or pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible (...).

Rien n’est plus difficile que d’obtenir cette disponibilité. C’est là que se trouve le changement permanent. Il faut chercher en permanence les programmes qui marchent, suivre les modes, surfer sur les tendances, dans un contexte où l’information s’accélère, se multiplie et se banalise. "

Et cette chaine de télévision est hélas loin d’être marginale !

Chacun sa chimère

Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.

Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.

Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.

Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.

Chose curieuse à noter: aucun de ces voyageur n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.

Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.

Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j’en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères. Charles Baudelaire

Une conscience, une sensibilité aiguë et lancinante de l’humain dans sa course absurde, éperdue, futile et vaine de l’Avoir, du Pouvoir, de la Domination. Un monde matérialiste, consumériste, cynique dans lequel la croissance si arrogante des possessions matérielles se fait au mépris de la croissance de l’Etre. Une terre dévastée par les violences multiformes, comme reflet de la misère intérieure de l’homme où les instincts les plus vils trouvent à s’épanouir au détriment de ce qu’il recèle de plus beau, l’altérité.

Cette prière comme un fervent appel à la méditation, à l’élévation spirituelle, à un retour à l’essence, à l’essentiel, à ces valeurs hautes, nobles qui grandissent l’homme dans son humanité pour l’humanité. Grand merci Rachid pour ces moments de profonde inspiration.

Une note d’espoir, d’ouverture, et d’optimisme avec Edouard Glissant

«Il fallait nous laver les yeux: retourner la vision que nous avions de notre réalité pour en surprendre le vrai. Un regard neuf qui enlèverait notre naturel du secondaire ou de la périphérie afin de le replacer au centre de nous-mêmes. Un peu de ce regard d’enfance, questionneur de tout, qui n’a pas encore ses postulats et qui interroge même les évidences. Ce regard libre se passe d’auto-explications ou de commentaires. Il est sans spectateurs extérieurs. Il émerge d’une projection de l’intime et traite chaque parcelle de notre réalité…»

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