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Pourquoi les oiseaux se cachent pour mourir ?

 

Longtemps j’ai regardé les oiseaux voltiger dans le ciel. Longtemps, je les ai admirés seul en rêvant. Combien de fois n’ai-je pas souhaité planer comme eux au-dessus de mes maux et souvenirs. Combien je les ai écoutés gazouiller sur les branches à la tombée du soir. Combien de fois m’ont-ils réveillé le matin en venant chanter sur le rebord de ma fenêtre.  

Mais quand les oiseaux libres sont en pleurs…

Je deviens triste. Car il n’y a pas de plus affligeant qu’un oiseau recroquevillé dans un coin, loin des regards, seul, le bec en bas, les plumes froissées comme s’il avait froid, attendant son trépas. Alors qu’il était créé pour côtoyer le ciel et le soleil.   

«Les oiseaux se cachent pour mourir». Se cachent-ils vraiment quand ils sentent leur mort venir ? Est-ce une réalité scientifique que les experts ont certifiée ? Comment savent-ils qu’ils vont mourir ? Quel lieu choisissent-ils ? Et pourquoi ? Ou est-ce une simple expression que l’on utilise nous les hommes pour exprimer une tristesse ou un désarroi ?

Il y a dans l’expression de la mélancolie et du chagrin. Qui ne l’a pas dit dans les moments où il s’est senti seul et désarmé ?

Elles ont à dire ces années-là ! Elles ont beaucoup à dire…

Les souvenirs pèsent. Leur poids est insupportable. On fait avec et on continue comme si de rien n’était. Puis, tout doucement, presque sur la pointe des pieds, on se retire. Seul dans notre coin, on égrène les jours. On compte les heures. On courbe l’échine. On ouvre son livre du dedans et on commence à écrire.

C’est comme ça que s’effacent chez nous les prodiges comme s’ils se préparaient à mourir. Je pense à tous ces cadres menés à la baguette par des sous-fifres sans bagages ni savoir faire. Dans quelques administrations et entreprises, on les reconnait par leur solitude et leur silence, mais aussi par leur sourire message qui en dit long sans rien dire. Combien sont longues leurs journées de travail. Oubliés dans un bureau, des fois sans chauffage ni climatisation, ils attendent, comme des élèves en classe, l’heure de la pointeuse. On ne les sollicite que pour en tirer d’eux quelques idées ou autres suggestions. Ils donnent sans attendre en retour. C’est parce qu’ils sont sensibles qu’ils ne parlent que par le silence. Ils ne cherchent pas à comprendre, car tout est clair pour eux. De notre temps, seuls les médiocres, sans scrupule ni vergogne, tiennent le haut des pavés. La compétence broie son pain noir en attendant des jours meilleurs. Le reste n’est que connaissance et vente concomitante.

Comme des oiseaux rares dans des cages, les cadres compétents vivent de pain et de patience. Comme les oiseaux libres, leurs esprits sont ouverts et planent au-dessus de la mêlée.

J’ai feuilleté des livres et fait des recherches pour qu’enfin je sache que les oiseaux se cachent pour être seuls dans leur mort car ils savent que les prédateurs les guettent et attendent qu’ils deviennent faibles pour en faire des proies. Alors, pour garder leur dignité, et ne pas dévoiler leurs faiblesses devant l’ennemi, ils se cachent pour préserver leur intimité dans la mort. Il en est de même pour les prodiges et les cadres compétents. Ils se retirent dans la solitude car ils savent l’acharnement des sous-fifres prédateurs envers les proies sans défense.

Et comme les oiseaux qui se cachent pour mourir, les cadres compétents préfèrent souffrir dans la solitude que vendre leurs principes ou quémander leur avenir…

Maintenant que nous savons pourquoi les oiseaux se cachent pour mourir, apprenant d’eux la grande leçon de l’humilité pour que demain nous n’ayons pas à nous cacher pour… Vivre.

Rachid EZZIANE

Commentaires (13)

ferhaoui
  • 1. ferhaoui | 17/12/2015

rbonjour mon cher benabdellah eh bien votre propos mine de rien " me fait revenir en arrière de je ne sais de combien d'années et comme le précise d'ailleurs cette cita" un souvenir meurt lorsqu'on n'y pense pas" oui,! des moment inoubliables et c'est vrai ma richesse, c'est ce trésor que je garde. des souvenirs et des anecdotes...au reste, bien le bonjour à toutes et à tous les élèves pour qui je garde que le meilleur de mes années milianah!!! ( carnet de souvenirs des années1968 lycée ferroukhi et abdou filles))

Meskellil
  • 2. Meskellil | 17/12/2015

Pour vous cher ami et grand frère Ferhaoui dont le regard reflète et embrasse l'horizon et au-delà, cette citation issue de la sagesse Celte: "Nous sommes tous de petites étincelles issues d'une grande flamme, et cette flamme est la source de tout ce qui a été et de tout ce qui sera."
Excellente journée

Benabdellah Mohammed
  • 3. Benabdellah Mohammed (site web) | 17/12/2015

Essalem à toutes et à tous.A Mr Ezziane Rachid je trouve votre texte très explicite et derrière les oiseaux,comme d'ailleurs pour beaucoup d'animaux qui se cachent pour mourir (elephants,lions,chats...)il y a toujours ce sentiment de dignite qui accompagne les mourants.C 'est dire que les derniers moments pour un Homme et pour un animal ne sont pas les memes.L'Homme est le plus souvent entoure des membres de sa famille.C'est un moment de profonde intimite par contre l'animal...Merci Mr Ezziane d'evoquer ce moment unique qui ne peut etre vecu qu'une seule fois sur terre.
@ Mr Ferhaoui mon prof qui me rappelle un sujet de composition que nous devions prepare à la maison.Le sujet etait " faire un dessin en utilisant la mosaique."Apres moults recherches mon devolu se rabatta ,sans conviction,sur un perroquet trouve sur la couverture d'un manuel de Sciences nat de 5ieme je crois.Le jour où nous devions presenter l'ouvrage je fus surpris par la reaction de Mr Ferhaoui qui trouva l'idee originale et m'encouragea à continuer le travail.D'ailleurs ce dernier fut bien note.Un grand bonjour à mon prof.Bonne journee à toutes et tous.

keryma
  • 4. keryma | 16/12/2015

Très cher ami Ferhaoui merci de me citer parmi vos amis.

Bonsoir Rachid,

Ah nous ne pouvons nous cacher pour mourir mais nous nous cachons bien quelques fois pour vivre! Pour bien et mieux vivre! (bof c'est moyen mais bon, hihihiihhi)

Lorsque mon père est décédé, il a laissé une très grande volière, et je l'ai mise sur mon balcon, et je m'en suis occupée très longtemps.... Mon père Allah yerhmou adorait les oiseaux: les canaris, les mulets, les chardonnerets.... Mais comme j'adore les chats il fallait choisir, j'ai choisis mon gros matou eh, nul n'est parfait!

Alors ce récit exquis écrit avec une plume d'oiseau peut-être et pourquoi pas (on peut imaginer), des mots tantôt graves tantôt simples et tantôt savoureux comme le dit si bien ma Chantal, j'ai lu et relu votre texte à voix haute comme à chaque fois que je tombe en amour avec un poème ou un bel écrit,
Bravo cher ami,

Amitiés,
Kéryma,

ferhaoui
  • 5. ferhaoui | 16/12/2015

bonjour tout le monde. bonjour rachid non loin de là juste pour m' émerveillais d'avoir retrouvé grace à l'internet, des amies et amis et aussi mes anciens élèves du lycée en question ( ferroukhi et ceux de abdou filles de milianah) après des années et des années de séparation.... aujourd'hui, grace à notre site algermiliana de notre chère noria et à la fois une ancienne élève! c'est avec plaisir et beaucoup d'émotion que j'ai repris le contact et j'avoue j'en suis ravi...voire réconfortant de l revoir avec un oeil neuf!! et du coup une longévité nous donne l'illusion que nous sommes toujours jeunes. au sujet des lycées juste un réflexe qui me colle meme après l'avoir quit!! cette ville, à ce propos ne reste qu'un souvenir dont les plus belles pierres et lieux en gardent le souvenir. alors voilà mon cher rachid a présent nous sommes amis entre autres!!!: les meskellil(p'tite soeur), kéryma ,chantal, safia,mourad z, benyoucef, miliani2keur benabdellah,, ayadi, touat, bradai,et la liste est longue toutes mes excuses pour celles et ceux que je n'aurai pas cité.....oran l'ami, ferhaoui.

Rachid
  • 6. Rachid | 15/12/2015

Salam M. Ferhaoui, c'est parce que je ne suis pas un ancien du lycée Ferroukhi que vous n'avez pas pu mettre un visage sur mon nom. J'ai fréquenté l'autre monument de la région, le lycée AS-SALEM d'El-Asnam. Mais je connaissais, de réputation le lycée Ferroukhi, et même le lycée Abdou. Par contre, j'ai connu Miliana, car durant plusieurs années, je venais passer mes vacances scolaires ; et quelle Miliana de l'époque ! Quand j'ai découvert le site Alger-Miliana, les souvenirs ont envahi ma mémoire, et depuis, par bribes et flash, tout me revient. Mais n'empêche qu'on peut être ami, car il n'y a pas comme l'amitié du verbe et de la pensée, car ils font l'amitié désintéressée.

ferhaoui
  • 7. ferhaoui | 15/12/2015

bonjour tout le monde .bonjour mr rachid tout d'abord vu mon absence sur le site j'ai pas pu lire tous vos écrits et je fais de mon mieux pour être ajour sur le site "algermiliana".. bref on entend souvent des critiques vis à vis de nos artistes , poètes et écrivains c'est si facile de critique alors en chaqu' de de nous sommeille une plume talentueuse ou un pinceau magique... alors a ce propos promis autant me restent à lire la preuve est sur la la toile!!! au reste, ya si rachid je n'arrive pas à mettre un visage sur votre nom. mais comme idée vous êtes certainement un ancien élève du lycée ferroukhi! de miliana oran l'ami, ferhaoui.

Miliani2Keur
  • 8. Miliani2Keur | 14/12/2015

Ca me rappelle le trés puissant mot populaire

"Une fois pris L'Oiseau racé de se débat plus"

"الطير الحر الا انحكم ما يتخبطش..."

bradai
  • 9. bradai | 14/12/2015

Salut ami Rachid
Tu sais ,je lis avec plaisir ce que tu présentes de fameux et intéressant à nos amis(es) lecteurs.
Et pour te dire encore Oui j’aime cette liberté comme ces innocents oiseaux qui voltigent à leur gré dans un ciel ouvert parfois gris parfois bleu sans se soucier sur quel branche d’arbre ils trouveront refuge pour une nuit. à passer sans avoir à penser à un lendemain

Rachid
  • 10. Rachid | 14/12/2015

Salam, M. Bradai, en fin de compte, votre oiseau ressemble au mien, car tous les deux ont été créés pour être libres.

bradai
  • 11. bradai | 14/12/2015

Dans un coin à la clarté d’une bougie, G.M me voyait bien occuper ce soir là au lieu d’être au lit avec mes songes que je lui racontais chaque matin. Le dos tourné à elle et trop absorbé dans mon travail je ne la voyais pas venir., Mais d’ une voix si douce , me parla quand elle s’approcha plus prés.. La voix soudaine au dessus de ma tête me fit sursauter jusqu’à m’éteindre la bougie.
Elle dit pour me tirer de cette torpeur que j’ai eue :
J’espère ne t’avoir pas trop perturbé Fiston ,mais dis moi ce que tu fais en pleine nuit au lieu de dormir,. Oh rien G.M ! rien … juste un travail à terminer avant le matin. Rassurée et heureuse, elle s’en alla à petit pas vers son lit et moi heureux je l’étais encore plus qu’elle n’aie pas eu le temps de tout voir devant moi i je n’’ai voulu le lui le montrer que le matin .Uns fois G.M partie, j’ai rallumé la bougie . Avec le peu que j’avais en mains j’allais finir avant de m’endormir l travail que j’avais commencé.
Prenant tout mon temps toutes mes précautions pour ne pas réveiller G.M, Au matin ,bien avant l’aube j’avais terminé mon boulot., G.M ,à son réveil eut tout le plaisir d’admirer mon œuvre. C’était une cage d’oiseau en roseaux avec un oiseau bien joli dedans . C’est un pinson des arbres m’a-t-elle dit en le voyant , je le reconnais entre mille comme connais tous les oiseaux. Je le reconnais à ses différentes couleurs qui couvrent ses plumes.
Mais tu aurais du peindre aussi la gage fiston ,ça aurait été plus joli pour lui. Quelle couleur G.M ,je veux bien que tu me le dises . Et si tu la peints en bleu fiston . Pour le bleu G.M mon oiseau serait bien triste à l’intérieur en se voyant enfermé dans un ciel azur ;.Peints la en rouge Fiston .J’y ai pensé G.M , mais un jour ou l’autre mon oiseau sera sans gage on viendra le lui la voler.G.M me dit encore .Il me reste un peu de peinture jaune Fston prend la et faits en sorte qu’elle soit jaune comme notre buffet. G.M ,si je la peints en jaune ,mon oiseau aura faim toute pauvre sa vie tant que ton buffet ne sera pas plein.Écoute Fiston je vais te dire la dernière que je n’ai jamais voulu dans ma vie ,peints cette cage en noir Fiston peut etre que lui sera heureux dedans. G.M ,si je la peints en noire mon joli oiseau sera privé de liberté toute sa vie et plus de liberté pour lui G.M .
Comme je voyais G.M embarrassée pour la gage de mon joli oiseau, il me fallait lui dire ce que j’aurais du lui dire bien avant et au plus vite et que c’était facile en somme : que la meilleur couleur à choisir pour la gage de mon oiseau était le blanc .
Sans plus faire d’embarras à G.M je lui ai crié de toutes mes forces…
G.M !G.M ! …j’ai trouvé ,j’ai trouvé …. Je la laisse en blanc G.M ,c’est la couleur de la liberté .
Alors , j’ai pris la gage et j’ai commencé à enlever tous les morceaux de roseau qui formaient la gage .Il me restait la petite porte qui m’est restée un peu solide à enlever ; Il m’a fallut quelques larmes et la porte s’ouvrit.Mon oiseau ne voulait toujours pas s’envoler pour aller libre dans le vent choisir un jour où se cacher pour mourir.
Tout en larmes je voyais aussi G.M pleurait et me regarder prendre mon oiseau sur sa feuille qu’il n’a pas voulu quitter et me diriger sur la plus haute colline ; Ce matin là il y avait un petit vent ,et edu haut de la colline G.M vit ,l’oiseau s’envoler de mes mains emporté par cette bise du matin.

G.M et moi étions surs que notre oiseau était heureux et libre comme le vent et se cacher pour mourir comme tous les oiseaux.

Chaque fois que G.M me voit penser à mon pinson ce joli oiseau que j’ai du pleurer pour lui donner sa liberté , G.M me tend mon cahier de dessin qu’elle garde toujours pour moi .Elle fait toujours ça pour moi ,je me consolais un peu .Cela me fait penser qu’à la seule page qui manque il y avait un joli oiseau de toutes les couleurs et une belle cage en roseau à quenouilles que j’ai dessiné un soir à la lumière d’une bougie. .

Hugues Aufray à chanté les crayons de couleur dans ces années 60 , et comme j'ai jamais oublié cette chanson j'ai peint mon histoire avec un peu de paroles de ses couleurs.

Rachid
  • 12. Rachid | 13/12/2015

Bonsoir Chantal, merci pour votre gentil mot. Mais aussi pour avoir lu avec intérêt mon modeste texte. " Tout homme bien portant peut se passer de manger pendant deux jours, de poésie, jamais". Disait Charles Baudelaire. Je crois que j'en fais partie.

Chantal

Bonsoir Rachid,

J'ai eu un immense plaisir à lire votre rubrique très touchante et émouvante. Ce texte contient tant de subtilités toutes en finesse et en profondeur qu'il faut prendre tout son temps pour le "savourer". Il ne doit pas se lire trop vite. Ce serait vraiment dommage ! Ce qui est certain c'est qu'il "interpelle" le lecteur du premier au dernier mot.

Merci Rachid pour ce bon moment passé à lire vos paroles de sagesse qui témoignent tout autant de votre humanité que de votre humilité.

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