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L'Avenue de la Marne/ Par Didine

Avenue de la MarneC’est l’Avenue Mohamed Boubella et non Boukella dont je n’ai souvenance nulle part ailleurs pour la seconde appellation. Mais bon, si quelqu’un peut apporter un éclairage, merci pour lui. Artère passante, artère grouillante, artère commerçante, artère chic et choc, prenant son lit depuis la Place Med Ouanouri, la Mermoza jusqu’au Bd Guillemin.

Elle comprenait quatre librairies-papeteries sur les deux rives : Ch. Riveil (devenue boulangerie, bye bye la culture, bye bye les listes d’articles scolaires), Yousfi kif-kif, la Librairie Popvlaire du Lycée (ortographe respectée) du pareil au kif et le Livre d’Or des Zekiri qui faisait également la reprise des livres d’occasion et même des disques en polyvinyle), koulech rah fi kelt zit ya Moumen. Toutes ces librairies ont changé de vocation. Une autre époque.

Sous les arcades, divers magasins de prêt-à-porter, cosmétiques, chaussures, bonneterie, d’autres commerces et même une rôtisserie de bouzelouf et berreq 3inou au cumin, ail, citron, persillade, de Papa Sidou. A l’angle, un café-maure, morto. Le Janyl’s Bar grilles fermées pour l’apéro, une boulangerie dont le propriétaire, un ancien émigré décédé dernièrement, le pressing ou dégraissage Durafour de Laradji, la pharmacie Djorf, Amalou le coiffeur dont l’un des fils avait sur le visage une tache de vin pourtant il ne buvait pas ; al hassone, l’autre bar, le Gentleman pour les amateurs de digestif, la Planète du Cuir de Bouabdallah et à l’angle du Bd Guillemin, devenu plus tard pharmacie, le restaurant Chez les Deux Frères Sadmi.

En face, l’actuelle BDL était autrefois, Crédit Lyonnais ou Foncier d’Afrique du Nord. Sur la placette, Boukhenoufa, le smasri avec sa Traction avant. Mme Rabah installait parfois son stand forain. Elli rbah rbah. L’avenue était entrecoupée par les longs escaliers de la Rue Mac-Mahon puis plus loin, à hauteur de la Rue Géricault, des escaliers menant vers la Rampe Valée. Un autre bar, tchin-tchin, le Djazira reconverti en auto-école de notre ami Benyoucef qui conduisait en s’asseyant à droite du véhicule puisqu’avec doubles pédales. On n’oubliera pas « La Coquette », bonneterie et prêt-à-porter, coucou Mouloud, Ali, Chérif.

Devant ces escaliers, on aimait faire la drague aux papichettes de l’époque à la sortie du lycée Frantz Fanon, où les bouhias aimaient chahuter et faire psssst. Le pantalon noir en mohair taille haute, les pulls ras-de-cou ou gilet couleurs vives en coton perlé, des chemises en crépon, des chaussettes toutes couleurs tendance. Les chaussures venaient de la Mascotte ou Divine de la Rue Bab-Azzoun. Le reste était de Brummel, du Carnaval de Venize et d’autres boutiques de mode yéyé.

Abdellaoui le marchand de meubles, le terrah (matelassier), puis, plus loin, la petite pompe à essence et le graveur. 2e arrêt de bus de la ligne Bd de Provence-Palais d’Eté. Et voilà donc pour l’Avenue de la Marne toujours aussi animée qu’agréable à emprunter sur les deux côtés même si parfois, durant les années 70’, deux policiers en tenue chacun son trottoir, surveillaient les ménagères dès 08h00 du matin, aftah ya razzaq, qui étendaient leur linge par-dessus le balcon les obligeant à le retirer au coup de sifflet strident. Yemma, la poulice !

Ndlr : ce ne sont que des souvenirs vécus relatés avec amour, avec passion, avec mélancolie. Donc, loin de moi de donner des leçons d’histoire ou de refaire l’histoire. Nous sommes toujours faibles, inconséquents et sujets à l’erreur avec une mémoire qui nous joue parfois des tours. On tentera à l’occasion de la formater. Merci aux lecteurs et lectrices ami(es) qui auront compris le bien-fondé de ces petites historiettes…

Il était une fois la Rue Mohamed Boubella…

Commentaires

  • Alain
    • 1. Alain Le 28/01/2022
    Merci pour ce retour sur le passé.
    Ce site me rappelle de bons souvenirs d'un bien beau pays. Cordialement
    Alain