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Les escaliers d’Alger /Party 1

Par Rachid BOUDJEDRA

Giacometti, le grand sculpteur suisse aimait à dire « qu’il n’avait pas de problèmes existentiels mais qu’il avait des problèmes d’accommodation visuelle pour bien rendre compte de la réalité physique qui nous entoure ». Qsdfgh

 C’est pour cette raison qu’il a été fasciné par les arts primitifs des Chaldéens et des Égyptiens anciens, dans lesquels il trouvait matière à sa passion pour sculpter le monde d’une façon qui lui était particulière à travers une vision où la physique et la géométrie jouaient un rôle prépondérant. Ce qui a fait son génie de sculpteur.

 Giacometti aurait aimé les escaliers d’Alger, parce qu’il s’agit d’une matière (Le bronze) brute et brutale dont la forme hélicoïdale donne le vertige. Ces escaliers d’Alger représentent une sorte de symbolique que les Aztèques avaient portée au plus haut niveau comme processus d’élévation et donc de spiritualité et qui mettent en évidence la philosophie picturale du sculpteur suisse et définie théoriquement par l’un des maîtres de la phénoménologie : le Français Maurice Merleau-Ponty, lorsqu’il affirme que « toute technique picturale est une technique corporelle ».

 C’est-à-dire qui a son origine dans le corps de l’artiste en tant que conglomérat de la sensibilité et de la spiritualité. C’était le cas pour nôtre immense peintre Mohamed Khadda quand il peignait, à sa façon, des oliviers qui avaient l’air de sortir de son propre corps noueux et complexe.

 L’escalier monumental en tant que structure de métal capable de modification formelle et géométrique à l’infini, nous aide à distendre, étendre et « contorsionner » notre regard. C’est pour cela qu’il est « vertigineux » pour le promeneur curieux de l’espace dans lequel il se meut, de déambuler dans Alger.

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