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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

Alger, le 18 Septembre

Nous sommes le Samedi, 18/09/2004...

Réveil, les annonces de départ des trains en gare centrale d'Alger, activité intense sur le secteur du port si l'on en juge par le nombre de bateaux en rade.
Un constat, les journaux de langue Française publie le programme de TF1, F2, F3, M6. Nous pensions n'avoir qu'une chaîne, "l'Unique". Nous avons Rdv avec notre ami qui va nous conduire à El Biar. Mais avant une démarche importante s'impose, convertir des €uros en Dinars dans un certain quartier, pas loin du théâtre national. Je ne m'étendrai pas sur la l'opération...
Cette fois nous nous dirigeons vers El Biar via les Tournants Rovigo, le bd de la Victoire, la prison Barberousse (j'utilise les noms anciens), les portes de la Casbah où l'on voit encore les fixations de la ligne électrique des trolleybus des lignes 5, 6 et 7 respectivement pour Chateauneuf, Bouzaréah et BEN-AKNOUN mon quartier. Nous continuons par le quartier de la Scala, la Villa des Oliviers. Arrivés à El Biar nous allons directement au cimetière chrétien... Mes grands parents maternels reposent là pour l'éternité. Le cimetière est en dans un état correct - le temps a fait son oeuvre, certaines sépultures étant très abimées. Là, devant leur tombe, je les revois l'un et l'autre au lycée. un moment d'émotion intense. J'ai pensé à ma mère, elle qui n'a jamais revu la sépulture de ses parents. Un accueil très chaleureux du gardien, j'ai écrit un mot sur son cahier. Dans ce cimetière repose Jacques Chevallier, l'ancien maire libéral d'Alger resté en Algérie après l'indépendance.
Nous partons maintenant vers le lycée de Ben-Aknoun (aujourd'hui El Mokrani 1). Je retrouve pratiquement l'endroit tel que je l'ai connu. Nous allons voir une personne qui m'a connu enfant et adolescent et qui plus est habite le logement que nous avons occupé jusqu'en 1962 - Ensuite je suis allé habiter à Alger-Centre, de 1962 à 1965. Ce monsieur a succédé à mon père en tant que chef du personnel d'entretien, il me connaît bien. Il n'est pas chez lui, nous reviendrons. Nous faisons une petite visite du côté de l'entrée principale. dans le hall, une plaque attire mes yeux, tout en haut il y a un nom que je connais, celui d'un agent du lycée monté au maquis, retour sur images, sur la guerre. Notre génération ne peut l'oublier, je pense qu'il en est de même en Algérie.
L'après-midi nous faisons notre première promenade à pied dans Alger. Depuis l'hôtel Safir (ex Aletti) nous remontons vers la Grande Poste pour acheter des timbres poste. Dans les rues nous sommes remarqués car on ne voit pas d'européens (cantonnés à l'Aurassi ou au Saint Georges), on nous souhaite la bienvenue, on nous demande si c'est la première fois que nous venons en Algérie. A cette question je réponds, invariablement, "pour mon épouse, c'est la première fois, moi, je reviens", les gens comprennent très vite et la discussion, toujours très amicale, commence...
Depuis l'hôtel Safir nous accédons par des escaliers à l'ancienne rue de Tanger, nous allons faire de menus achats dans une épicerie située dans cette rue. La première fois le patron a été surpris de nous voir... Nous prenons souvent nos repas à l'hötel mais c'est très impersonnel, ce n'est pas ce que nous recherchons. Nous voulons avoir des contacts avec les Algériens d'en bas nous les Français d'en bas (Cette formule "La France d'en bas" a été inventée par un ancien premier ministre sous Jacques Chirac). N'oublions jamais d'où nous venons.

Demain (dim. 19/09/2004) sera un autre jour dans une famille algérienne, d'après l'indépendance.
A bientôt.
Y.C

Commentaires (6)

azze-eddine USA
  • 1. azze-eddine USA (site web) | 15/11/2009
j'ai apprecie' cette belle photo, Where are days magnefia the years pass,My god it's wenderful.
Azze-Eddine USA.
Samra
  • 2. Samra | 15/11/2009
J'ai bien savouré votre récit sur le voyage de votre retour au pays natal, j'ai apprécié votre reportage.
Yves COINTE
  • 3. Yves COINTE | 14/11/2009
Bonjour, en réponse à LAMIE. Des appréhensions j'en avais. Il y a eu 8 années de guerre... dures et difficiles pour tous. Il m'a fallu digérer tout cela. Tournons la page mais n'oublions pas. Je reviendrai,
ou plutôt nous reviendrons, l'an prochain. Peut-être aurais-je le plaisir de rencontrer les personnes qui
me lisent.
"Ce qui est passé a fui,ce que tu espères est absent mais le présent est à toi."
Cordialement.
Y.C
Lamie
  • 4. Lamie | 14/11/2009
monsieur Cointe Yves Bonjour!
Je découvre ce soir le récit de votre voyage ! c'est très émouvant !
Je comprends que vous deviez vous préparer psychologiquement ! vous deviez avoir des appréhensions ! Mais je pense que c'est bien que vous soyez venus !
J'ai hate de lire la suite de votre récit!! en plus c'est bien écrit ! captivant
Yves COINTE
  • 5. Yves COINTE | 13/11/2009
J'ai aimé avec passion cette terre où je suis né et je n'ai jamais séparé dans mon amitié aucun des hommes qui y vivent." On n'oublie jamais la région où l'on passe son enfance et son adolescence. Ce sont les racines, les vraies, le clocher du village. En ce qui me concerne je n'ai plus de clocher depuis longtemps... sinon que des souvenirs de l'église Notre Dame du Mont Carmel - l'église d'El Biar - mais la vie est plus forte...
Cordialement.
Y.C
Kader
  • 6. Kader | 13/11/2009
En lisant le récit plein de péripéties de votre voyage en Algérie, nous ressentons tous la meme passion, les moments douloureux et le meme amour du pays que vous. Nous ressentons aussi le sang chaud qui ruisselle dans tes veines et la rage d'avoir quitter ta patrie prématurément. La seule manière de te consoler c'est de revenir, quand l'occasion se présente, sur les lieux de ton enfance pour remémorer les souvenirs des époques vécues dans la joie et l'ivresse sur cette terre de tes ancêtres. Toutes mes amitiés.

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