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Souvenirs de jeunesse/ Par Med BRADAI

Et un jour…, la collection Plutos cesse, et à une parution de KIWI l’épisode du Petit Duc prit fin et cessa de paraitre. Miki le Ranger avait changé une année bien auparavant de format et le N°1 de Blek le Roc apparu bien après dans une nouvelle édition. C’est toute une légende que nous avons vécu. Aujourd’hui il m'arrive de ressentir ces souvenirs de jeunesse. Des souvenirs qui s'attachent encore à cette période de notre vie qui a été vécue à travers ces illustrés d’antan.

hebergement d'imageDe cette époque de jeunesse qui nous a vus grandir, J’avais à lire pas mal de BD comme tous les gamins de mon âge....Leurs flamboyantes couvertures aux couleurs vives, brillantes et attirantes nous captivaient. L’on découvre affichés sur elles, ce qui illustre en gros plan les personnages de nos héros dans une de leurs actions. Leurs nouvelles aventures fascinantes et imaginaires qu’on trouve à chaque fois en ouvrant et lisant ces illustrés nous font rêver davantage.

Je me rappelle que l’histoire complète du grand roman le « Dernier des Mohicans », un fascinant roman historique au moment de la naissance des États-Unis. je l’ai lu dans ces pages de BD. Cela a été pour moi une passion de suivre cette histoire en tranche d’épisode. Emportés par des lectures en images, on vivait ce temps de notre époque dans l’enthousiasme devant une porte d’un copain à marchander ou à échanger avec lui, dans un coin de quartier, où à aller simplement vendre dans d’autres coins du patelin quelques autres bouquins qu’on a lu et relu. Et cela importait peu pour nous si ces bouquins nous faisaient de courir du matin au soir d’un endroit à l’autre en temps pluvieux où au moment de ces chaleurs où qu’il fallait être à l’ombre. Parfois après une commission, on nous gratifiait d’un ou deux illustrés qu’on était tout heureux d’accepter pour le service rendu.

Leurs souvenirs rappelleront encore en nous ce fabuleux temps où nous étions formidables. Gosses nous étions assoiffés de lecture. On se débrouillaient par ci, par là pour avoir un douro (5frs). Le souci comment se termine la fin de journée pour la pauvre bedaine ne se posait pas nullement pour nous. Le soir on se rencontrait sous le lampadaire d’un coin éclairé à nous raconter pleins histoires de ce qui suivra aux prochaines épisodes de nos héros préfères avant de nous éclipser emportant nos pensées pour nos rêves. On pensera au jour d’arrivée de ces bimensuels inédits qui seront étalés à nos yeux dans la seule boutique de vente du village. Parfois ne pouvant l’acheter, on sera à les regarder en entrant et ressortant de la boutique, à contempler seulement leurs couvertures. Au regard des yeux de la vieille épicière on comptait et recompter nos économies cumulées pour lui faire croire que c’est malgré nous que nos tréfonds sont troués et n’ont pu conserver le poids de quelques sous. Ces sous ramassés ici et là d’une commission ne dépassaient guère les 0,50frs mais elles valaient leur pesant d’or et leur peine de les sentir dans nos poches, le jour où on se présentera à l’étal où sont disposés toutes les nouveautés du mois ainsi que d’autres anciennes revues.

Leurs livraisons se faisaient périodiquement dans des intervalles réguliers. La livraison arrivait en fin d’après-midi par le dernier voyage de l’autocar de passage au village qui continuera son train de parcours. La rumeur du nouveau arrivage se répandait le soir même avant la tombée de la nuit que le matin on était là à attendre avec impatience l’ouverture de la boutique de la vieille épicière du village. Avec son tablier qu’elle ne quitte dans son travail, les deux mains enfouies dans la seule poche de son tablier, elle sera là à faire satisfaire sa toute jeune clientèle matinale qu’elle reconnait bien cette fois-ci qu’aux autres jours.
On attendait ce jour là de leur arrivée avec impatience, pour acheter un Miki le ranger valant 0,40frs on s’associait à deux Parfois même à trois. Lorsqu’on achetait ce fameux illustré, le plus heureux était celui qui aura le privilège de prendre la place du milieu et en faire tourner les pages comme il le désire. Il ne pourra quasiment rien rater des images ni d’aucun mot de ce qui se dit dans les bulles, la première des choses à faire était de voir la suite de notre précédent épisode.

De ce temps, j’en garde bien des souvenirs. Je me vois avec ces pantalons même achetés de la friperie arriveront à être rapiécés au derrière de deux plaques de tissu cousues bien voyantes. C’était l’endroit utilisé le plus exposé de notre confort d’assise qui subissait les dégâts de notre volupté…
Que ce temps là était si innocent pour nous, on ne savait qu’il allait si vite et qu’il nous entrainait avec lui vers d’autres changements de la vie.

Commentaires (4)

Benchaib Larbi ( Abdelkader )
  • 1. Benchaib Larbi ( Abdelkader ) | 30/04/2014
salam à tout le monde;
ya3tik essaha Med Bradai , tu nous balances un demi siècle en arrière ! bravo
Chantal
  • 2. Chantal | 28/04/2014
Bonjour Med,

Vous avez évoqué vos “souvenirs de jeunesse” d’une manière extrêmement émouvante. Votre texte m’a captivée par votre goût de la lecture étant enfant et votre vibrant désir de faire l’acquisition de l’une de ces bandes dessinées comme s’il s’agissait d’un véritable « joyau ». Je trouve cela merveilleux ! Quel bonheur d’aimer lire ! Une manière comme une autre de « voyager » !

P.S. Je partage tout à fait la citation de votre « sage » !
bradai
  • 3. bradai | 28/04/2014
Par instinct parfois en quittant un lieu bien aimé pour de bon il arrive qu’ on s’arrête à mi chemin et on donne ce dernier regard derrière soi pour voir ce qu’on a dû laisser ou oublier par mégarde. C’est pense- t- on, m’a-t-on dit pour qu’après on aura plus à exprimer un mécontentement ,une peine ,une souffrance et qu’on n’aura plus jamais à avoir ce regret de penser avoir délaisser ce qui ne devrait pas être abandonné. Cette fois ci j’ai bien failli à la règle.
Et j’ai préféré pour me consoler cette citation à toute autre .Le sage doit quitter la vie avec autant de décence qu’il se retire d’un festin.
Miliani2Keur
  • 4. Miliani2Keur | 28/04/2014
Salut ami

merci pour cértains détails, trés précieux
"...et en faire tourner les pages comme il le désire",
"dans l’enthousiasme devant une porte d’un copain à marchander ou à échanger avec lui, dans un coin de quartier.."
beau temps détroné pour le meilleur et pour le pire par pretrésse "Television" !

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