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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

L'Évolution qui se discute

De Med BRADAI

Bien loin ce temps que je me rappelle, dans notre vieille chaumière où le soir venu il n’y a pour clarté qu’une chandelle que sa faible lueur illumine ce fond sombre de l’intérieur. Les temps ont un peu changé pour nous après, et voilà que s’amène dans notre pauvre chaumière une lampe appelée quinquetLampe5 1 venant à remplacer notre bougie, cette mèche enveloppée de suif destinée à l’éclairage d’une vieille méthode ancestrale.

Le soir même avant que la pauvre bougie ne s’éteint pour toujours et que la lampe va prendre sa relève, il y eut conversation secrète entre elles. La bougie dit à la lampe en laissant couler la dernière cirée avant de s'éteindre.
C’est un fait que tel qu’il est noir dans cette chaumière je l’ai éclairé et je l’ai vécu pendant toute une jeunesse et voilà que je me « courbe « et vous le laisse.
Le quinquet lui répond :
Tranquille avec éclat que vous étiez, ardente sans fumée que de bonheur vous aviez laissé bien autour de vous dans cette chaume que le jour parfois se mélange avec la nuit. J’ai tout appris de vos simples paroles qui me donnent à réfléchir sur le temps qui me reste aussi un peu à vivre dans cette chaume. Mais laissons le temps nous le dire.

Commentaires (5)

ferhaoui
  • 1. ferhaoui | 16/01/2015
bonjour tout le monde, ca rappelle un peu la chanson mithique: el-gahoua ouel l'athei aussi à la belle phrase de wilde sur les objets qui nous entourent ... personnellement moi j'ai souvent utilisé dans mes compositions de nature morte: bougies ,quinquets, clés, draperie parfois meme des cranes.c'est des objets très prisés dans des tableaux sur la vanité est de rappeler ('de nous) que tout est vain...puisque nous allons disparaitre l'ami ferhaoui, oran.
Meskellil
  • 2. Meskellil | 16/01/2015
Bonjour à tous,

Et je dirais aujourd’hui à la relecture de ce texte que la bougie ne saurait être remplacée et ne sera jamais remplacée par le quinquet. Je dirais aussi que le quinquet ne saurait prendre la place de la bougie et ne la prendra jamais. Que chacun a sa vie propre, son rayonnement propre, ses qualités propres et ses limites propres. Que dans une maison éclairée à l’électricité, aussi bien la bougie que le quinquet a sa place dédiée quelque part dans cette maison.

La bougie est là pour éclairer, mais surtout pour être symbole de lumière, de clarté dans ces moments festifs précieux et sobres. La lumière de la bougie adoucit l’atmosphère et l’apaise, atténue les formes, cultive le mystère et suggère le repos. Le quinquet donne cette lumière à intensité variable, puissante pour aller dans les coins et recoins, pour maintenir la dynamique de l’action, discrète pour donner ce côté chaleureux et bienfaisant à une atmosphère.

Chaque lieu, chaque être, chaque chose, a son existence propre, sa richesse propre, son rayonnement propre, ses qualités propres et ses limites propres. Je dirais que rien ne remplace rien, mais que chaque chose est complémentaire des autres pour maintenir la lumière.
Meskellil
  • 3. Meskellil | 04/10/2014
"On a l’impression qu’au fond les hommes ne savent pas très exactement ce qu’ils font. Ils bâtissent avec des pierres et ils ne voient pas que chacun de leurs gestes pour poser la pierre dans le mortier est accompagné d’une ombre de geste qui pose une ombre de pierre dans une ombre de mortier. Et c’est la bâtisse d’ombre qui compte."

Jean Giono
QUASIDA
  • 4. QUASIDA | 10/04/2014
« INGRATITUDE ENVERS CELUI QUI NOUS REND SERVICE»
L’âne , moi et mon père.

• Depuis tout un matin, à chaque fois que mon ombre passe tout prés de lui père n’a cessé de répéter des mots de mécontentement, il était vraiment en bile sans en vouloir donner la raison qui le tracasse .N’y tenant plus je me suis approché de lui avec cette idée que ma mère m’en a mise en tête qui dit « Celui qui t'enseigne vaut mieux que celui qui te frappe «
• Sans attendre je suis allé vers lui me pencher et embrasser docilement sa tête. Son regard souverain étant toujours fixé à terre que je me suis mis à ses pieds à lui dire …..
--Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal père ?
--Hier … OUI !!!... Aujourd’ hui pas encore mon fils. En me Disant cela, Père ne me regardait .. Me laissant comprendre que la faute est bien plus grande que je l’imagine. J’ai bien compris comme tout bon enfant crédule que je dois vite exprimer mes excuses.
--Père… Je te demande tout le pardon. Veux-tu bien me ménager cette faute commise?
--Va l’implorer à l’âne qui n’a rien fait et tu l’as battu à le laisser pour mort
--Mais l’âne est sensé être domestique Père, servile et à supporter les coups quand son maitre le gronde.
-- Il ne le mérite pas pour autant fils Pour tout le travail qu’il nous fournit et on a que lui à l’étable sur qui compter..
--Mais père c’est d’après ses toquades intenables que j’ai agit ainsi et utilisé un peu ma force.
-- j’ai constaté cela par le gourdin brisé en deux et abandonné derrière la maison que tu avais en mains où l’intensité de ta puissance l’a aidé à être bien frappé sur une malheureuse créature.
--Père, j’ai supplié cet âne tant de fois avant que je me décide à me mettre en action pour le corriger..
---Ne te rends tu pas compte du mal de ce que tu lui as fait.
---Père je ne pouvais attendre ,il a failli renverser toute la récolte de notre labeur à l’eau..

--Mais sais-tu que tu lui as donné à boire quand il fallait lui donner à manger et que tu l’as frappé en plus de ça au point faible qui sont ses poumons.
--- C’est lui qui a bien voulu boire avant de manger. Il a une têtue tête d’âne qui décide avant de réfléchir et pour le dégonfler j’ai pas su où frapper.
---Tu aurais du le laisser boire sa gorgée .Il avait tant soif qu’il ne pouvait voir tout ce pré vert devant lui.
---Tout était de sa faute, il a couru comme un diable en voyant l’eau de la rivière
---Tu as l’aplomb de me répéter que la faute revient à l’âne
---Mais père ,je te fais savoir que mère a été très contente de ma conduite envers lui . Elle m’en a même donnée tout a fait raison même quand elle a vu l’âne étalé de tout son long et gémir de douleur toute la soirée. D’ailleurs, Je vais tout t’expliquer du début à sa fin père comment cela est arrivé.
---M’expliquer quoi maintenant !!! , après tout le mal qui est fait. Et puis tu me fais surgir même ta mère dans ta culpabilité comme si elle était juge et avocate pour ta cause. Sache que ta mère n’a été que satisfaite maintenant et depuis un temps n’attendait que l’occasion voulue pour se faire justice depuis le jour où la bourrique sans le vouloir a eu le plaisir de brouter un peu ses pots de fleurs pour se parfumer un peu les dents.
-- -Je sais Père je me souviens toujours de cette drôle de tête qu’a fait ma mère en voyant le spectacle désolant à ses yeux. Ça a été un massacre pour ma pauvre mère qu’elle ne s’est plus remise depuis.… --- Peux tu me dire sans dire autre chose mon fils est ce que La charge de fardeau des quatre sacs de blé était portée sur ton dos ou sur le dos de l’âne quand sa langue pendait jusqu’à toucher terre.
---Sur l’âne pardi !.. et moi dessus sur les sacs … Père !!!… Et C’est pour l’apaiser de mon poids et le mettre à son aise que je suis descendu, je n’ai laissé alors sur lui en charge que les quatre sacs de blé de notre recolte.
---Mais alors d’après ce que tu me racontes, je vois bien pourquoi la pauvre bourrique n’a pu tenir trop longtemps en voyant devant l’eau de la rivière. Pourtant vous étiez si prés du lieu d’arrivée de la maison, pourquoi alors vous arrêtez ? L’âne à ma connaissance avait tout ce qu’il désirait trouver en avoine à la place habituelle qui lui est réservée.
-- Père ne m’en veut pas c’est qu’avant d’arriver à la maison chemin faisant j’ai vu ce pré de ronces alors j’ai pensé à la panse à l’âne et à sa langue pendante tout le long du chemin. J’ai préféré économiser un peu d’avoine de sa ration de nourriture pour notre galette et lui faire plaisir de toute cette étendue d’herbe qui se présente à lui afin qu’il puisse se rassasier en plein air toute à sa guise. Mais voilà, ce qui m’a surprit en lui, voyant la rivière avec son eau qui scintille au soleil il s’est pris de ses quatre pattes à courir vers elle et a laissé l’herbe toute fraiche et c’est là que mon bâton est intervenu pour retenir son élan.
-- c’était son désir à lui de boire avant de manger, il fallait le laisser faire.
---Mais père tu me disais… père ne me laissa pas terminer ce que j’allais lui dire de bon qu’il se leva pour aller voir l’état de santé de l’âne avec le vétérinaire qui s’emmène de loin sur sa carriole en me disant.
--- Ne me dit plus autre chose fils ,va voir ta mère qu’elle nous prépare une grande bassine d’eau chaude et des bandes et n’oublie pas aussi de lui dire de préparer un bon café et un repas supplémentaire pour le vétérinaire je crois qu’il va un peu tarder…
Mais avant entends de moi ce proverbe que tu dois savoir dans la vie « Nous sommes ingrats envers celui qui nous a rendu service «

L’âne ne se remit à son état de marche normale que plusieurs jours après et moi je n’ai jamais oublié que je lui ai fait un pu mal.
Ma mère eut à planter d’autres fleurs et de la vente des œufs de ses poules elle en a pu faire une clôture en grillage tout autour de son paradis terrestre.
Et père de ce jour pour éviter d’appeler le vétérinaire de si loin ne m’a jamais laissé seul avec l’âne.

•Quant à moi Père a bien fait de m'apprendre ce proverbe,il m'a bien servi qu'à tout pêché miséricorde.

• La bienveillance est une forme de la charité, et il faut être indulgent pour les autres, si l’on veut qu’ils le soient, à leur tour, pour nous.. .
keryma
  • 5. keryma | 08/04/2014
Bonjour l'ami Bradai,

Très subtile et triste en même temps!

J'aurais aimé lire un dialogue qui durerait plus longtemps entre le quinquet et la bougie, mais je comprends que c'est impossible dans ce cas... Puisque la bougie...sa vie est très courte et le quinquet est tellement beau, on en a un chez moi!

Amitiés,
Kéryma,

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