La Casbah d'Alger

Casbah d'Alger, d'Ibnou Ziri, tendre berceau que je chéris depuis l'enfance, je suis épris de ta splendeur et féerie. Toi, l'auréolée, presque sacrée. Toi, où j'ai mes racines ancrées. Dis-moi, sans être indiscret, tes mille lé...gendes, et mille secrets, raconte moi l'amirauté de Hamidou et sa jetée d'où, tes vaillants corsaires partaient quand l'étendard aux mâts flottait. Raconte moi, ces folles courses de tes Raïs et Barberousse toutes voiles dehors, partant aux trousses de boucaniers, pris par la frousse.  Raconte moi, leur épopée, leurs aventures et équipées entre deux mers, maniant l'épée pour imposer, crainte et respect. Raconte Bahdja, raconte encore tous les assauts, bord à tribord ! Tous les combats, et corps à corps de tes corsaires, livrés à mort. Narre, leur retour tôt le matin, rentrant, vainqueurs avec butin, trophées, bijoux, vivres et satin, se préparant pour le festin. Dis-moi aussi, mon vieil Alger, combien de fois, ces étrangers venus de loin, pour t'assiéger, furent repoussés et expurgés. Combien de flottes de ces voiliers chargés d'ennemis, et leurs alliés, pensant, hostiles te faire plier ont fait naufrage, ou replié. Raconte moi, jusqu'au détail toutes les tornades et les batailles, et ce fameux coup d'éventail donné fièrement, et ... vaille que vaille, et tes " douérates " aux beaux piliers, enchevêtrées, tels des colliers. Sont-elles, l’œuvre de joailliers ou bâtisseurs fous à lier, fais-moi l'aveu, dis-moi comment, par quel miracle, quel argument ont-elles tenu, solidairement sans le béton, sans le ciment.

Dis-moi Bahdja, pour l'infini, Merveille du monde, en harmonie, tes architectes aux mains bénies sont-ils humains ou des génies. Casbah d'Alger, la pittoresque,  raconte moi, ton style mauresque, tes ornements, tes arabesques qui charment mon âme romanesque, raconte Bahdja, la magnifique au passé riche et fantastique. Raconte, tes souks et tes boutiques et artisans aux doigts magiques. Dis-moi, les arts et les métiers qui donnaient vie, à tes quartiers, les tisserands, les bijoutiers, les dinandiers et les potiers. Veux-tu aussi, me relater tes langoureuses nuits d'été, écoutant, chantres et cheikhs chanter le genre chaâbi, autour d'un thé, de leur voix d'or, ce riche métal, l'on savourait leur récital jusqu'à l'heure où, tel un cristal brille, la rosée sur les pétales.

Veux-tu me dire et me narrer tes belles fontaines décorées Aïn-m'zoueka, la colorée, où, je rêve me désaltérer en empruntant rue Staoueli. Raconte, et sort de cet oubli,  dis-moi, ton Saint Sidi Ben Ali, est-il Sanhadj ou Kouroughli,  exerces-tu de la magie ou est-ce ton charme qui agit pour enfermer les Casbadjis dans les toiles de la nostalgie comme une offrande, un rituel. J'irai sans guide, sans manuel en pèlerin, habituel, me recueillir, dans tes ruelles... Casbah !

 

Source: un facebooker

Commentaires (4)

benmeddour
  • 1. benmeddour | 14/05/2017

Très belle illustration écrite de la vieille casbah, elle nous plonge en effet dans le passé lointain de notre tendre enfance. Mais surtout me projette aussi dans tous les coins animés de mes vieux quartiers aux beaux souvenirs, ses images m'émerveillent et réveillent ma profonde mémoire, que couve encore mon esprit casbadji. Actuellement, je la trouve froide et son âme, voir très délabrer et triste de son sort, même dans un état de ruine, est-ce qu'elle meurt ou elle replonge à son époque antique, car elle fut dans l'histoire de ses temps la municipe Romaine, à l'origine de plusieurs fondations. Que Dieu te garde ma vieille cité, berceau de mes parents..

ferhaoui
  • 2. ferhaoui | 10/09/2015

bonjour tout le monde un lieu dans tous ses états! la casbah !! au -delà de ce beau témoignage est une peinture aux couleurs et souvenirs triste par moment....il y a des murs et du bois anciens et beaux qui rappellent les batisseurs du passé. mais il y a, helas aussi des murs exécrables (...) qui rappellent le petit omar, assiba et ali la pointe...... cette meme casbah elle peut aussi parfois donné la chair de poule, l'ami, ferhaoui oran

Meskellil
  • 3. Meskellil | 10/09/2015

Exquise poésie autour de l'envoutante Casbah aux belles tresses tissées d'amour et de tendresse. Parfum de souvenirs doux et délicat ou capiteux et étourdissant. Chaleureuse, généreuse et ardente Casbah, comment ne pas t’aimer !! Merci beaucoup Facebooker pour cette délicieuse envolée lyrique !

Chantal

Bonsoir à tous et bravo à ce "facebooker" qui a écrit ce texte très émouvant, plein de nostalgie et d'amour pour cette Casbah d'Alger. Il m'a beaucoup touchée. Merci à Noria pour cette très jolie illustration.

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