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De Bab-El-Oued @ Miliana

La mosquée Ali Betchine

O betchine mosque facebook

C’est l’une des plus anciennes mosquées. Son architecture représente le type même des mosquées ottomanes. L’antique mosquée Ali-Betchine, sise à la place des Martyrs, dans l’ancien quartier de «Zoudj ayoune»; les deux fontaines. En 1845, elle devient une cathédrale.

La mosquée Ali-Betchine a été construite en 1622, soit en l’an 1030 de l’Hégire, et est située à quelques encablures de la porte de l’ancienne médina appelée communément par les Casbadji “Lalahoum”. Ce temple du culte musulman a été érigé par le «raïs», que l’on disait d’origine vénitienne, en l’occurrence  (l’amiral) Ali Betchine, de son vrai nom «Peccinino» ou «Pecchimine», (un corsaire d’origine italienne Piccinino, qui fut amiral de la flotte algérienne), si l’on en croit les écrits de l’époque aussi précis que possible. Mais quoi qu’il en fût, l’amiral «Peccinino» ou «Pecchimine» a embrassé la religion musulmane, d’où le patronymique à connotation ottomane d’Ali Betchine, traduit ainsi du dialecte des Maures vers la langue de Voltaire.

Le 5 Juillet 1830, le corps expéditionnaire du maréchal de Bourmont s’est emparé de la mosquée Ali-Betchine pour en faire une pharmacie centrale au lendemain de la chute de la Régence d’Alger. L’année 1843 allait sonner le glas pour la mosquée Ali-Betchine, où, infâme sacrilège, le minaret a été détruit pour en faire une église, consacrée pompeusement à «Notre Dame des Victoires». Au demeurant, plus rien n’allait subsister des apparats des bâtisseurs de l’Empire ottoman d’autrefois, du fait que l’intérieur de la mosquée s’est métamorphosé graduellement avec le rajout de boiseries et des oves en stuc devant abriter le signe de croix et autres statuettes de saints.

La mosquée Ali Betchine faisait alors office de cathédrale de 1845 à 1860, suite à une usurpation opérée, toute honte bue, au détriment de la population autochtone. Du reste, les desseins expansionnistes opérés sur le patrimoine cultuel de la population autochtone alla crescendo et la satisfaction de l’occupant était visible lors des festivités, de triste mémoire, devant marquer, en 1930, le centenaire de l’occupation coloniale de l’Algérie. Djamâa Betchine a su garder néanmoins ses structures architectoniques d’origine et a recouvert son nom d’origine au lendemain du recouvrement` de la souveraineté nationale.

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