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Mémoires d'un temps/ Par Med BRADAI

Mémoires d'un temps passé au lycée Mustapha FERROUKHI

L'année scolaire va bientôt entamer son cycle de renouveau, et les derniers jours de vacances me rappellent un temps bien loin. Autrefois dans ces moments de vacances un livre en B.D ou en livre de Poche était ma passion de lecture d'un jour.

Aujourd'hui, il en est autrement, la solitude d'un âge avancé me contraint à choisir un endroit tranquille pour un repos., regarder la vie qui avance, pour d'autres, regarder quelques gosses jouaient devant moi, comme à leurs habitudes, les dernières passes de balle ronde avant de disparaître pour un lendemain de classe… , Emporté par un projet irréalisable dans la vie comme tout être pris dans une illusion, ce jour-là mon regard à leur jeu était loin. Imperceptible. Un regard absent dans ce temps présent. 
Jusqu'à l'instant où un chant qui fut magnifique pour moi se fit entendre. Juste au-dessus de moi sur une branche d'un arbre, une conversation d'oiseau d'un couple de moineaux blottis dans un nid bien heureux, ils babillent là, dans un moment de bonheur entre ciel et terre leur existence au lendemain incertain….

Ce joli gazouillis très agréable à entendre me réveilla à la vie réelle. Deux créatures si fragiles sont donc là insouciantes de tout danger d'un tir de tire boulettes qui leur sera fatale. Fort heureusement pour eux que ce jeu-là est du verbe passer, parti avec le peu de gens de cette époque qui restent.
Ce bonheur-là, me rappelle qu'on l'a bien rencontré nous aussi quelque part dans une page de notre jeunesse .Comme il le fut aussi à notre tranche d'adolescence jusqu'à cet âge qu'on a peur d'atteindre et laisser à mi-chemin de notre but un devoir non accompli jusqu'au bout…

Mais viendra pour certains, cet instant d'âge qu'on atteint dans la solitude. Cet âge qu'on ne peut rajeunir pour un essor nouveau ou greffer dessus une nouvelle branche d'un autre fruit .Comme on le fait à un arbre, pour lui redonner une autre dimension en qualité de saveur. Hélas, l’âge est déjà consommé, usé par le temps qui court. Différent de celui de cette époque de notre plus belle aventure d'adolescent qu'on garde jalousement et secrètement pour nous en mémoires. On s'aperçoit qu'on est enfin arrivé à ce bout de chemin sans nous en rendre compte. A ce fin de parcours jadis n'ayant de lui aucune importance à nos yeux innocents. Et l'on voit, dans cette étape de vie, que chacun a rempli dans la joie ou la tristesse du regret son cahier d'écolier de la vie. Qui de 32 pages, qui de 60 pages, qui de 96 pages, où aucune autre page en surplus n'est permise pour être collée et rajoutée à la couverture de ce répertoire de calligraphe à classer ou figure déjà au verso sa table de sa multiplication et d'addition qui montre la fin du périple du savoir en arithmétique.

Nous voilà, arrivés en fin de piste. Au-devant de ce grand ravin que sa pente penche comme l'échine rabattue, qui une fois pliée ne vous redonnera aucune autre chance pour la faire redresser encore une fois. On est là maintenant, seulement à contempler. Contempler dans l'amertume : ce précipice qui autrefois aussi simple qu'un saut est devenu si profond à notre vue, que même aidé d'un pur-sang frais on ne pourrait tenter l'exploit à le vouloir franchir sans chute, au saut de la dernière chance. 
Et c'est à ces moments, que l'idée viendra de nous, de penser à jeter un regard une dernière fois à cette précieuse chose qui ne s'attribue qu'aux intimes dans l'existence.
Q 1Une affectivité qu'on appelait autrefois sur nos bancs de classe à ceux qui étaient assis à côté près de nous : COPAINS. Une camaraderie liée par une forte amitié de bancs d'école face à un tableau noir. Tombée dans l'oubli au fil du parcours, on veut la faire revenir maintenant en surface comme à son bon vieux temps. Alors il nous arrive de tâtonner et rechercher s'il y a issue possible quelque part pour la relever et la rapprocher entre nous avant l'extinction des feux. 
En refaire une autre traversée, une dernière maintenant que la vie nous a appris le bon du mauvais dans ce chemin épineux de la vie. Auparavant, aucun n'a pensé 'un jour que ces moments d'événements pleins de joies passés dans notre adolescence nous reviennent aux yeux en remords. Penser à ce passé révolu, c'est chercher un visage perdu, à vouloir le retrouver, ou fredonner cet air d'une chanson de cette époque lointaine de nous, qu'on essaie de rechercher ses fragments oubliés. Autrefois, ça, se tournicotait dans nos têtes ainsi, pour dire ceci : Sing. Tu pleurs ou tu ris, tu n'as pas choisi…Tout çà c'est la vie ! Après tout tant pis…. Ainsi va la vie!…Oui ainsi va la vie…

De ces années lycée passées dans l'insouciance dans ce grandiose et majestueux lycée qu'est Mustapha Ferroukhi, il est difficile s'il vous revient l'idée à faire remuer la lame d'un couteau dans la plaie de cette période. Une plaie dont sa cicatrice vous parait guérie à jamais par le temps mais son constat vous fait ressentir une affliction au moindre contact. Elle vous refera ressentir cette sensation de douleur profonde, comme une blessure qu'on désinfecte sur une table dans un champ de bataille loin d'un lieu de soins ou le seul moyen d'en épargner votre membre gangrené c'est d'en couper la moitié. Pour ces souvenirs de lycée laissés entre ses quatre murs silencieux de ce temple du savoir, ils ne peuvent être coupés de nous, ils ne peuvent être enfouis qu'avec l'être qui les a vécus. Ils ne font avec lui qu'un seul membre.

Ainsi en est la vie de pensionnat, ainsi en est la vie de lycée….
Gaieté autrefois, joie et ambiance pour nous d'attendre notre train de vie qui marche pour nous embarquer, on y voit après avec tristesse au cœur cette locomotive fumante qui se dégage et s'éloigne de nous. Elle part au loin. Disparaître petit à petit de notre vue, entraînant son dernier wagon rempli de monde heureux comme il le fut pour nous tout récent. Sifflant par intervalles sa marche de non-retour dans des lignes parallèles du tracé d'un chemin du destin vers l'infini. Dans ces relais de la vie étudiante, Il y a ceux qui descendent à regret faute de moyens, de quoi payer un autre voyage et ceux qui ne peuvent s'accrocher encore une fois, faute à eux d'être arrivés à leur terme de voyage. D'autres par contre, grimpent au pied levé pressés de regarder par la vitre les derniers mouchoirs agités.

C'est dur, dur d'y penser à ces moments de mi-chemin…
C'est dur…Quand on y pense à ces copains perdus de vue...
C'est dur toujours d'y penser ne serai ce qu'un temps, un moment…
De ce temps qui fut. Alors que notre âge n'avait guère atteint les treize ans. De ce temps qui nous enveloppa dans l'insouciance de l’adolescence !

On y pensera encore, on n'y peut rien.
A ce lycée Mustapha FERROUKHI qui fût pour nous le berceau de l'adolescence. Tout a commencé de là …

UNE VILLE, UN LYCÉE, UNE HISTOIRE… 

Au pied du flanc d'une montagne nommé le *Zaccar*, une cité millénaire gardée jalousement par des murailles antiques est là. A la voir au loin, on la supposera suspendu comme un fruit à un arbre. Un fruit qu'on appelle Cerise qui faisait une joie pour sa fête. 
Jadis, cette Cité s'appelait  Sugabar pour les historiens et qu'on appelle nous aujourd'hui, pour toujours Miliana la perle du Zaccar. Accueillante dans ses coutumes. Attirante par sa beauté naturelle, au site verdoyant, été comme hiver. Une ville aux mille merveilles, abritant un lycée au nom de : Mustapha FERROUKHI…Un lycée majestueux, dans une ville magnifique ou on relate à nos jours leurs histoires pleines de mémoires d'élèves….

En ce début des mois d'Automne, l'appel du fond de son âme, se fit entendre et parvenait à nous comme un écho du haut des cimes de sa montagne et nous de ces contrées aussi lointaines….
Tenes, Mostaganem, Ponteba, Oued.Fodda, El-Attaf ,Carnot, Littré, Duperre, Afreville, Lavigerie, Voltaire, Borily La.Sapie, Dolfusville B.Ghrib, Bou Medfa, Changarnier, Vesoul Benain, Hamam Righa, El kerrouche, Taza, Tarik ibn ziad, Teniet el Hadd, Vialar,Gouraya, Damous, Cherchell, Blida ,et d'Alger et même d' El-Oued.
Et nous voilà tous là, répondant à cet appel... De...

Villes Noms
Ténes Les frères IDAIKRA Djafar et … ? 
Mostaganem Les cousins ANDALOUCI 
Ponteba Boutiba Abdelkader-Boutiba Ahmed-Touita Larbi-Boukhobza Athmane-Djeghloul
Tachta Djenadi Mezouki dit amid
Oued Fodda-El Attaf-Carnot Raieb-Ayache-Hoceini-Belkacemi Habib 
Littre (les Aribs) Djerana-Hachemi Radouane
Duperre (Ain defla) Benslimane Ahmed(M internat)-Chamane-MamoudiTarfi yahhia-Tarfi Brahim-Keddar-Daoudi Abdelkader-Hadj sadok
Affreville (El khemis) les 1/2 pensionnaires Ayadi Amar (M-Internat)-Allali-Cherfaoui-Zekka-Belllila-Touaibi
Lavigerie (Djendel) Benaida Bouamra (M internat)-Bouzar Benyoucef-Zouaoui Mourad-Zouaoui-Bachir-RabhiMohamed-Benai Abdelkader-Bengoufa Benaissa-Benaziza Rachid-Bouzar Mohamed-Bouzidi Djillali-Saidi Tahar-Bouzar Bouzar-Zouaoui Kamel-Bradai Mohamed-Benaziza Drai-Bouzar Kouider-Zerarka Mohamed
Voltaire (A in le chieikh) Gaidi Tayeb(M internat)-Zerizef-Brahim-Miout Benyoucef-Chemrouk Mohamed-Chemrouk Abdelkader-Mihabi Mohamed
Borily la Sapie (ouamri) : Dolfusville( barrage Ghrib) Morsli (M.internat) Morsli Ali-Koriche Belkacem-Abdelli Mustapha-Koriche Mustapha-Koriche Adjel-Kermezli
Essahel Belkherous-Fissa Ali-Zaida Hamid-Zaida 
Bou Medfa HADJ Mohamed Ahmed-Benameur Djelloul-Benameur Rabah-Hadj yahia Djillali-Bouzar Abdelkader-Bouzar Ahmed-Bouhaouia Miloud-Benamar Djillali-Mekkaki-Bouzid Mustapha-Sadoun Benaissa
Changarnier-Vesoul benian-Hamam Righa Sidoumou Brahim-Boubekeur Mhamed-Boubekeur Benaicha-Haddad Mohamed-Haddad Lakhdar
El Kerrouche-Taza-Theniet el had- Vialar-Tarik ibn Ziad-Vialar(Tissemsilt) Sahi Mokhtar(M internat)-Adib Abdelkader-Adib Larbi-Belokbane Mohamed-Taibouni Djillali-Bekkecham???-Mahmoudi( pinson)-Amela Ahmed-Khebizi Mohamed
Damous -Gouraya – Cherchell Khelifi Fodil(Minternat)-Benchabane ???(Minternat)-Moussaoui ???-Les jumeaux Boussebsi (un des deux frere-Mokhtari ???-Messaoudi ???-Chami ???-Chami ???-SNP smail
Blida Slimani
Alger Mouhoubi Chawki-Boukharoubi Mohamed-Preur Mourad-Taglit
Miliana-Zougala Melouk (M.internat) Berrabah (M internat)-Bensmail mohamed-Semmar Kamel-Heboula Mohamed-Ghouzi Mohamed-Ghanem Amed-Oudjida Mahfoud-Barbara-Halfaoui Benyoucef-Djeblaoui Abderahmane-Batel-Riou-Larbi-Bouamrane-Cherchali Mohamed Kassoul amar-Takherist Youcef-Herouel Mohamed

 

Légende : Décédé

Je m'arrête là...Mes yeux me supplient à un instant pour une pensée... Au souvenir et à la mémoire de ces noms évoqués dans la fleur d'âge de ce temps des années 60. A tous ces noms que j'ai cité dans le peu que ma mémoire a retenu d'eux, ces copains que nous avons connu ou que nos yeux ont croisé quelque part dans un recoin, dans une classe, dans un couloir, dans une cour ou le soir dans un dortoir  qui nous a tous uni un bon bout de temps de notre adolescence dans ce lycée Mustapha FERROUKHI. Pour ces copains qu'on a regrettés un jour, qu'on regrette toujours, ayons une pensée pour chacun d'eux, pour que l'oubli ne soit point, ayons une autre pensée pour ceux qui nous ont quittés pour toujours.

Après mes pleurs versés, les larmes n'ont pu être essuyées de mes mains, mais d'un mouchoir que j'ai dû cacher, il a tant incité les doigts de ma main à continuer à raconter l'histoire vécue de mes copains en leur temps...Qui de ces noms cités et qui d'autres que la mémoire n'a pu se rappeler, de ce temple ne se rappelle pas du temps...Où....Valise en main, trousseau dedans bien rangé, un petit sac à dos que l'on voyait tenir autrefois des mains de footballeurs d'un Dimanche, ornant le dos et mis en bandoulière comme une gibecière d'un chasseur, nous donnait l'allure d'un fantassin en permission rentrant à sa caserne. Ce jour-là, La porte du lycée nous est grande ouverte. Anciens et Habitues des lieux, le chemin est bien connu de nous, les nouveaux suivront. 
L'Économat du lycée nous accueille. Le bureau que nous connaissons est tel qu'il a été toujours, il n'a pas changé de porte. Après Les premières formalités faites auprès de l'économe Mr Abdessemed, on trimbale tout en haut, au 3eme étage notre précieuse valise bourrée de linge finement lavé ou neuf à la lingerie. 
La lingerie est bien près du 1er dortoir de la Terminale et tous les trois dortoirs sont au 3eme étage. On monte à cet étage d'un seul souffle de nous, n'espérant point trouver beaucoup de monde. Par suivant, anciens et nouveaux pensionnaires, on nous vérifie tout, si le compte en linge y est. S'il y a serviettes en doubles, draps en paires avec sac à linge, gant de toilette et brosse à dents et de tout ce qui ne manque pas du
trousseau, la lingère en est pleinement fière. Et au père et la mère de dire après l'inscription «DIEU MERCI, POUR TOUT" car la plus part de nos parents sont ceux qui après la souveraineté du pays, en ces temps cruciaux de pauvreté ont bien souffert pour fournir un trousseau complet exigé jusqu'au simple mouchoir à leurs enfants. Je me souviens bien de ce sacrifice de ma mère pour remettre tout ce qu'elle a chéri de plus en biens pour me compléter ce trousseau de lycée. Une liste bien longue et numérotée que tenait mon père et qu'on cochait le soir d'un été devant cette valise qui tardait à se refermer. On peut dire maintenant que le temps a beaucoup changé.
A la lingerie, la case destinée au linge à déposer est déjà prête avec son numéro, les chiffres inscrits doivent bien correspondre à ceux que nos mères ont appris à broder sur nos chemises, et pantalons bien repassés, tricots de peau et pyjama jusqu'au mouchoir. Mon numéro d'inscription à moi était le 72. Un travail aussi remarquable qu'impeccable qu'elles ont fait Avec leurs aiguilles piquantes, elles qui ne savaient pas tenir encore une plume pour écrire jusqu'à dix ont pu arriver jusqu'aux chiffres 99 et plus. Ce n'était nullement un passe-temps facile pour elles. Combien de douleurs aux doigts ont-elles senties et reçues pour le plaisir de notre savoir. La joie dans leurs yeux, elles n'ont jamais voulu nous le dire ni le dire au père. Dans cet étage du 3em, les trois longs dortoirs se communiquent entre eux. L'infirmerie se trouve aussi dans l'étage juste à côté de la lingerie. Sitôt les effets de lingerie déposés au propre dans cette case, que c'est la course à notre lieu de dortoir entamée qui nous voit courir. Choisir son bon lit de ses nombreux lits superposés d'une même couleur vert pâle et un bon polochon qu'on s'empresse de cacher au dedans d'un casier, en mettant au plus vite un cadenas. Un casier choisi parmi le plus en forme et le plus près du lit. Un deuxième cadenas dans notre poche sera réservé pour plus tard, au petit casier en bois fixé dans nos salles d'études pour y cacher ce qui sera pour nous lourd à traîner dans les couloirs. Draps et couverture au bord du lit, étiquette, collée au-devant bien voyante dessus nom et numéro facile au pion et à la lingère qui devront connaître l'occupant. Après, c’est la descente rapide auprès de la Surveillance Générale. Une descente bien plus rapide sur la rampe d'escaliers qui fera la différence avec ceux qui préfèrent marcher au pas à pas pour ne pas oublier une marche d'escalier le soir dans une nuit noire.

A la surveillance, on y déposera nos fameuses faces de figures en noirs et blancs dans une coupe de cheveu en brosse sans un sourire apparent aux lèvres, pour ne pas trop effrayer les Maîtres d'internat qui pourraient bien les conserver pour eux en guise de souvenir au lieu de les coller pour la circonstance de la délivrance d'une carte de sortie. On précisera dans un formulaire qu'on nous prie de renseigner à sortir "Seul" ou "Accompagné". Cette carte nous sera toujours remise à chaque sortie de l'établissement pour un éventuel temps libre au cours de l'année. Rendue à la Surveillance Générale dès qu'on franchit la porte d'entrée. Ceci est mentionné en bas de la carte pour rappel. Elle sera pour nous pensionnaires la clé des champs sauf pour ceux qui préfèrent sortir par un toit mais les ouvertures sont bien hautes pour un risque à courir. Et tous préfèrent rester bien sages durant la semaine pour sortir de préférence par la porte principale
Une seule porte principale bien en bois massif au lycée Mustapha Ferroukhi à l'exception de la porte de service des cuisines. Une porte d'entrée et de sortie bien actionnée par l'agent "Selim", le concierge du lycée en blouse grise comme nous mais la sienne tombante jusqu'au bas des genoux. Des consignes lui sont données et appliquées strictement pour l'ouverture et fermeture. Bien malheureux ceux qui la trouveront close après son heure légale.
25Ils pourront bénéficier d'une heure supplémentaire au repos cachés loin des yeux inexcusables du Maître des maîtres d'internat le Surg. En ce temps Abdelwahab ou ses adjoints d'internat Abdelghani en premier lieu puis Randi arrivé en dernier. Les maîtres d'internat tous d'anciens de ce lycée. Nous en avons tous trouvé certains d'entre eux de l'année scolaire des années 56/57. Ce qui laissera les nostalgiques penser à ce temps. Certains ne peuvent s'en passer de leur fétiche de bouquin de série noire s’ils ne l’ont pas en main, c'est dans leur poche qu'on le trouve.

De ces historiques maîtres d'internat et externat je m'en souviens toujours de : Sahi Mokhtar-Benaida Bouamra-Khelifi fodil-Boumaza-Ayadi Amar-Zoubir Yahia-Melfouf-Bouzid-Madoui Morsli-Gaidi Tayeb-Mana-Benslimane Ahmed-Benazouz-Benchabane-Benrabah-Melouk-Moussaoui et bien d'autres que nous n'avons pu connaître comme pions mais comme élèves, qui vinrent par la suite remplacer cette vieille garde qui part, sitôt les bagages bouclés...

Une dernière virée en groupe, nous attend en ville pour terminer ce temps de libre avant de prendre connaissance avec notre fameuse cour qui nous manquait.
Cette sortie fortuite nous donnera l'occasion de voir des camarades de potage en petite traînée d'attente à l'entrée du local de chez Zazac seul photographe de la ville, pour un cliché de leur forme de visage.
16143206 383631698658052 8099263204346798865 n Une boutique à merveilles dans cette rue St Paul à quelques pas de la Mairie tel un fétiche pour les nostalgiques. Et Mr Zazac, bien en personne, sourire aux lèvres, l'air jovial, en admirateur de ces moments lycée est bien là à satisfaire cette nuée de lycéens. En connaisseur, il en sait bien des choses des rentrées de lycée au cours d’un début de l'année.
Toute cette nuée auparavant brouillante partira satisfaite. Le travail du développement des photos ne tardera pas longtemps deux à trois jours. Pour certains, photos en mains ils sortent souriants, quelques-uns peut être auront à choisir minutieusement l'une d'elles qui s'envolera sous pli fermé quelque part ailleurs.

Le but de notre présence comme tout lycéen dans cette rue magnifique est de nous rapprocher une dernière fois des vitrines attirantes des deux luxueuses librairies de la ville. La Librairie Azizi bien située au centre de cette rue de platanes, qui la longent de part et d'autres pour lui en faire l'ombre d'une avenue unique au plaisir de la voir. Unique en son genre peut être au monde. Un peu plus bas en face de l'horloge aux douze coups de Midi, la Librairie Bentabek, où, on ne peut monter ou descendre du bus bleu "Sata" au dernier arrêt avant la redescende vers Affreville (El Khemis Miliana), ou d'un taxi bleu sans aller la consulter de ce qui nous manque. Celle-ci me rappelle bien une histoire avec le vieux Bentabek. Une histoire de cartable à fermeture éclair qu'il ne voulait pas me le cédait à 1000Frs, somme que j'ai dû économiser sou après sou, alors qu'il exigeait 1100 Frs, malgré un marchandage avec deux amis Bouzidi et Zouaoui qui dura par des allées et venues exaspérant. Sa dernière réponse fut coupante, me disant "Écoute moi bien mon fils, ce cartable est à vendre pour 1100Frs pas un centime qui manque", ça a été son dernier mot et je n'ai jamais eu ce cartable, j'ai dû me contenter de mon vieux classeur pour réunir et porter mes cahiers. Une troisième librairie qu'on ne peut oublier, se trouve elle aussi juste au coin entre les deux majestueuses salles de cinéma le "Splendide" et "Variétés". Deux salles qui ont fait la ruée au-devant de leurs guichets et portes d'entrée de nous, ceux qu'on appelait les" libérés d'un Dimanche", à cette épopée de films des années 60.

Nos dernières enjambées de chemin vers le lycée seront faites et devraient passer par ce contour. Nos yeux auront à regarder et admirer les affiches alléchantes de ces prochainement sur les écrans pour que nos pensées prendront soin à ne pas rater à notre randonnée du Dimanche après-midi. Bien des fois, on oubliait de partir chez soi pour rester voir une séance de projection de deux films à l'époque ou un match important de ce temps du grand S.C.M dans un stade en tuf. 
L'appel de la cour ne se fit pas attendre longtemps pour nous. La tombée du soir étant proche, une dernière bouffée d'air pur de cette liberté au dehors et nous voilà tous par petit groupe dans notre nid douillet de quatre murs. C'est les retrouvailles. Raconter ce qu'il y a de nouveau sur ce que nous avons laissé. L'écorce des troncs de platanes qui ont vieilli et pris de l'ampleur à leurs hauteurs avec ces bancs plantés à même le sol gardent et garderont toujours en eux nos témoignages, nos souvenirs, et nos secrets.

Le premier souper. La première nuitée. Le premier savon...

Au soir de cette rentrée, dans la grande salle du réfectoire les premiers venus à voir en grand nombre sont surtout les nouveaux. Ils goûteront et lècheront comme nous leurs assiettes remplies de première soupe. Bien parmi ces élèves nouveaux qui comme nous, étions habitués à une seule cuillère pour un plat de couscous ou ratatouille se voient piquer la langue la première fois avec cette chose qu'on s'habituera par la suite à appeler fourchette.

Au dortoir, on trouvera nos lits superposés à deux places, chacun ayant déjà choisi son lit. Les nouveaux s'habitueront comme il le fut aussi à notre début d'internat. Un lit pour soi tout seul entre deux draps blancs, enfiler peut être pour la première fois un pyjama neuf. Une méthode de vie nouvelle qui débute, dans un monde nouveau pour eux. Ça a été le cas pour moi et pour d’autres, on était plusieurs à le dire entre nous, en ce temps-là. Un pyjama, je n'en avais aucune idée de le porter la nuit. Je me rappelle qu'on dormait sur une même paillasse et une seule couverture pour tous les frères. On dormait avec le pantalon qu'on allait avec à l'école en attendant un moment propice pour que le père puisse vous acheter un autre de la friperie autrefois étalée dans les marchés de semaine.

Ancien et nouveau ce jour de rentrée, chacun est préoccupé à mettre de l'ordre dans son placard métallique. Un bien qui sera à lui seul, fermé par une clé qui sera dans sa poche durant l'année scolaire. On rangera ce qui est linge et on mettra de côté ce qui est papier en cahiers et livres, stylos et blouse pour une descente de non-retour à mettre dans un autre casier de la salle d'études. 

10h00 du soir : Extinction des lumières, tout le monde à son lit. Cette nuit-là, beaucoup ne fermeront pas de sitôt leurs yeux, attendant la levée du jour. Demain c'est le grand jour " J " qu'on attend qui entamera une nouvelle année scolaire au lycée.

06H30 du matin : Le bruit strident de la sonnette retentit. Comme toujours au matin, c'est les nouveaux qui sont les premiers éveillés. Sac de toilette dans une main, serviette neuve dans l'autre. Ils sont là debout, à s'admirer aux glaces des miroirs craignant voir un changement à leurs yeux habituels. Ils s'empressent de rincer leurs joues avec ce savon qui pénètre et qui pique les yeux. Pour certains je crois fort que c'est pour vous la première fois qu’ils se barbouillent le visage. Mais Il faut bien se laver et être bien propre. Maintenant on est plus chez soi. C'est fini cette toilette de chat la propreté est de rigueur dans un lycée. Devant ce miroir la bouche a eu déjà son compte avec cette crème de dentifrice tout autour des lèvres et ces va et vient continus de cette brosse à dents qui fait ses débuts de contact avec des dents à blanchir au plus vite. Ce changement d'une vie nouvelle en restera graver pour chaque élève ayant goûté l'internat. Çà vous rappelle tous vos premiers jours dans le pensionnat.
Sitôt la toilette finie, qu'on s'occupe des lits. Draps bien tirés et étalés le long du matelas, polochon en place, édredon dessus ou, couverture pliée. On sera au pied du lit après cette petite corvée du matin à attendre maintenant l'heure et l'annonce du Pion pour faire la cadence des pas dans une descente marche après marche jusqu'en bas.

07h00 : C'est la première descente du dortoir. Dortoir par dortoir on descend pour le petit déjeuner dans ce même réfectoire du soir ou on sera tous réuni. Chacun aura son bol de café au lait avec tranche de pains, beurre et confiture. C'est de l'inoubliable cette vie de collectivité, à ces nouveaux inhabitués pour ce changement radical de leur vie qui débute pour eux. 

07h30 : Sous l'œil du maître d'internat, c'est les quinze premières minutes d'études après le petit déjeuner. Ces instants seront à l'avenir, jeter un dernier coup d'œil sur le prochain cours, prendre du casier ce qui est nécessaire comme cahiers pour la demi-journée. Par la suite dans les heures de cours qui suivent, ça deviendra et restera pour l'interne une marche habituelle à suivre comme un automate.

L'ensemble des salles de cours du lycée

En ce temps. Le lycée comptait 12 classes, de la salle 1 à la salle 6 situées au 2eme étage en plus une salle de laboratoire et amphithéâtre réservée à Mr Bayon prof de sciences, de la salle 7 à la salle 12 situées dans ces trois couloirs du bas en forme de U avec la salle d'archives en face du bureau de l'économat de Mr Abdessemed, le grand réfectoire servira de salle de permanence pour l'ensemble des élèves. 

La Surveillance Générale est à l'entrée avec sa fenêtre dominant la rue, en face d'elle la loge du concierge du lycée Mr Salim. La salle des profs éclairée du dehors par une grande fenêtre donne sa vue à une brasserie, elle avoisine la Surveillance Générale par un mur commun. Les années qui suivirent donneront l'aménagement de trois autres salles. Le sport se fera en polyvalent soit dans une salle de libre soit au stade annexé au lycée.

L'espace du couloir dans ce 2eme étage fera une salle en longueur de deux rangées de table, près du bureau du proviseur et du secrétaire Mr Riou et des salles 1 et 2 réservées la plus part des cours aux classes 1er et Terminales. La surveillance générale des internes auparavant au 2em étage donnera naissance à la salle 4 avec le même numéro qu'elle portait. La grande salle de la cour portera le numéro 14 : dernière classe en nombre au lycée Mustapha FERROUKHI.
Je me rappelle d'un souvenir lointain dans une de ces classes. Notre premier cours en 6 ème dans la salle 9 près de la porte de sortie de la cour. L'idée nous est venu à nous trois, Zouaoui kamel, Bouzidi djillali et moi, on était un peu inséparable du début de notre primaire. Cette idée était de toiser notre hauteur des pieds à la tête, lequel de nous est le plus long de l'autre. Ces marques laissées sur le mur de cette salle furent pour nous un souvenir à voir chaque année comme un rite. Je ne sais si ces traces existent encore en nos jours sur ce mur.

La salle de prière
Une petite salle est mise à la disposition et ouverte à un temps de prière pour les élèves. Située juste à l'angle du couloir menant à la grande salle du réfectoire. En temps ordinaire, on y trouve que peu d'élèves qui s'y rendent. C'est plutôt pendant les jours de compos qu'on voit de nouvelles têtes demandant pitié et l'aumône pour une note élevée. A les voir ces jours ci dociles et plaintifs on les prendrait pour des saints, mais Juste le temps des compos terminées qu'ils retournent à leurs espiègleries qu'ils ne peuvent s'en passer d’oublier. 

Jour " J " La porte d'entrée principale est grande ouverte...
07H45 : Dans l'ambiance on se retrouve tous avec Les retardataires d'hier complétant l'aire de la cour avec les externes et les demi-pensionnaires appelés à la rescousse pour former un panorama que du haut de sa fenêtre dominant la cour, le proviseur du lycée Mr BENHAFFAF pourra apprécier l'ampleur pour lancer le début des cours de
son établissement (les années qui suivirent ce fut Mr BENMOUSSAI qui prit la relève du lycée).

L'année scolaire débute
07H55 : La sonnette retentit, cette fois-ci son appel est un peu long, c'est celui de l'appel aux cours. Comme par enchantement la cour se vide de son monde pour remplir les couloirs. Et c'est l'attente en rangs des élèves devant les classes ouvrant leurs portes. Les profs qui des nouveaux, qui des anciens se feront l'accolade de leurs retrouvailles dans une salle propre à eux. Ils la quitteront pour les classes dans un même temps que font les élèves dans une cour. Les Profs seront les derniers à fermer la marche après le dernier élève joignant sa chaise et sa table.
Des profs je ne me rappelle que de ceux qui nous ont fait cours durant nos années lycée parmi tant de noms qui sont cités par leurs élèves respectifs dans ce site et que je n'ai pu les nommer.

Matières Professeurs
Français Mme Snouci-Mme le Blanc-Mr Caillette-Mr Labeyri
Arabe Mr Snouci- Mr Salim(syrien) Mr Benblidia-Mr Ben Omar–Mr cheikh Mahfoud
Maths Mr Kojervnicov-Mme Pavlona-Mr Hill Brandt
Physique Gagliolo (corse)
Hist-Geo Mr Prat-Mr Bourge-Mr Roland
Sciences Mme Kojervnicova–Mr Bayon
Espagnol Mr Juan CERVERA
Musique Nom du 1er prof oublié - Mme Boucher
Sport (Education physique) Prof nom oublié (moniteur français) – Mr Oukaci, Il y a aussi Mr Bernier qu’on ne peut oublier même si on n’a pas fait classe avec lui

 

08H00 : Tous les élèves en classe les premiers cours.
De 08H00 à 12h00. Les cours vont se dérouler en ce temps de la matinée. L'emploi du temps définira l'heure, le cours et la classe des élèves.
Pendant l'inter classe l'on verra en ce moment-là un grand chamboulement. On voit les élèves sortant des cours, courir, zigzaguer se faufiler entre eux, pour créer un passage, dans les escaliers, dans les couloirs. Ceux qui montent et ceux qui descendent. Ces 05 minutes accordées aux élèves pressés pour rejoindre d'autres salles pour d'autres cours, pour autre chose. Au cours de leur parcours précipité on entendra : Oh ! Excuse je suis pressé. Oh ! Pardon, je n’ai pas fait exprès. Où dire à un copain de classe, tiens moi ce classeur je ne vais pas tarder à revenir. Hé ! Tu diras à….que je suis à…il saura où c'est…Et c'est ainsi que passait le temps d'un changement d'une classe à une autre, d'un cours dans ce laps de temps d'un repos.

Pendant les cours, ceux qui ont en poche une sèche et une allumette devront bien trouver une excuse pour sortir. Le temps d'une bouffée de fumée, dans ces endroits où on a parfois envie d’y aller. En essayant comme on peut de dissimuler la fumée dans l'air comme on fait en signaux indiens. Gare à cette tournée improviste des maîtres d’internat. Heureux sont ceux qui utilisent les boites métalliques qu’ils peuvent bien dissimuler dans la paume de leur main. Et d’un trait mettre ce qui est nécessaire de mettre sous la lèvre. Ni vu, ni connu c’est un mal de dent qui disparaît bientôt au regard des curieux.

12H00.- 13H00 : C'est l'heure de sortie des Externes à midi. Pause d'une heure et retour pour ceux qui auront cours l'après-midi. 
12h05 : Le réfectoire

Sitôt sortis des cours, Les Internes se hâtent de déposer leurs affaires dans leurs salles respectives d'études et se joignent en temps de pluie, aux premières files de rang au couloir menant au réfectoire. En beau temps de soleil, les rangs seront alignés dans la cour, les demi-pensionnaires auront toujours leurs places aux tables installées le long du couloir. Les profs et les maîtres d'internat trouveront leurs couverts préparés dans la petite salle de réfectoire réservée pour eux.
Un lavabo collectif, à côté une longue serviette à mains suspendue qu'on tire comme on tire un tapis roulant servira pour l'ensemble des élèves à l'entrée du grand réfectoire. Une idée géniale pour ce grand nombre de pensionnaires qui défilent dans le calme et l'ordre pour prendre place à leurs tables et attendre qu'on les autorise à s’asseoir. Le pion pour ne pas gaspiller sa salive, il en aura fort besoin lorsqu’il ne pourra détourner ses yeux à toutes ces bouches devant lui pleines de délices, utilisera de préférence ses mains pour nous faire asseoir ou de nous lever. C'est la règle appliquée des pions.
Ce premier jour comme dans les jours qui suivent, quand les derniers retardataires compléteront les chaises, chacun aura choisi sa table et ses copains de table avec un chef de table au milieu qui sera du nombre des sept comme le chiffre très connu de ce conte des sept nains de blanche neige. Ce chef d'un temps d'une bouftance, fera tourner sa cuillère ou sa fourchette comme une roulotte qui décidera du sort de la part à recevoir pour chacun. La maman n'est plus là pour caresser nos joues et cheveux en cas d'un mécontentement de gourmandise.
Et l'inoubliable Charly aimé de tous et connu pour sa tenue impeccable de serveur en pantalon noir et en veste et chemise blanches avec cravate voyante au nœud bien serré, complétant son style de haute classe: avec une serviette pliée pendante à son bras. Poussant son chariot à plat dans l'allée s'arrêtant entre deux tables avec son sourire de toujours nous invitera à goûter les délices préparés du chef cuisinier. A l'occasion Il apporte un rabiot, ce supplément tant convoité par les bedaines non satisfaites avec sa phrase " y en a pour tout le monde ". y en a pour tout le monde ". Tout le monde sera servi. Tous les désireux auront une part et aucune pleure ne sera déployée.
Une fois on se rappelle toujours de ce service, un nouveau recru Berrami, un agent de service voulant aider Charly débordé. Ce jour-là HALIM son aide étant absent. Charly était un peu loin, alors croyant bien faire le nouveau prit les plats de tranches de steak commença à servir et à remettre un plat de sept parts à chacun. A la 2eme table Charly accourut et arrêta le massacre. Il s'en est fallu de peu, pour que les dernières tables se contentent seulement de pains et d'une gorgée d'eau des sources des monts du Zaccar. De ce jour, on a plus revu ce bienfaiteur à coté de Charly.

Parfois des souvenirs de copains de table ne peuvent s'effacer facilement. Ils resteront en mémoires. Et si on les évoque, il vous revient cet instant même tout ce passage gravé en vous. Le soir pendant le dîner, le chef de table demanda à Touita : combien de louche veux-tu Touita ?
Et Touita de dire : oh ! Quatre ou cinq pas plus, tout en tendant son assiette, ce soir je me sens pas bien. En tout et pour tout la soupière ne contenait pas plus de dix louches pour les six têtes qui regardent et attendent eux aussi leur part. Et là même un peu
mal à l'aise Mr Touita veut presque tout le contenu de la soupière à lui tout seul Alors si Mr Touita était bien en pleine forme ce soir-là que resterait-il pour nous dans la soupière. On peut dire qu'on a bien vécu notre temps d'ambiance en copains.
Et ces plats de crevettes qu'on avait peur nous les villageois de campagne de les toucher ou comment les décortiquer pour en faire une passe entre nos dents. Et qu'on passait ces plats sans contrepartie aux tables de ceux qui habitent près de la mer Gouraya, Cherchel. Ils les acceptent avec plaisir le fou rire à leurs salives. Durant les mois qui suivirent, ils furent bien surpris de ne plus voir pleuvoir ces cadeaux de merveilles de la mer sur leurs tables. Ils furent bien déçus de notre gentillesse d'avant. Et sans aucune rancune, tout ça faisait la joie dans cette grande famille du lycée. 

En hiver, pendant les coupures de courant il faut bien se garder de laisser propre la chevelure de votre tête et la mettre hors de danger. Le dessous de la table est le lieu idéal ou aucun projectile lancé par erreur ne peut vous atteindre, à la fin du combat, le plus décoré de la fameuse bataille qui eut lieu, c'est toujours le Pion. Il en sort avec toutes les décorations façonnées par le chef cuisinier. On sera tous récompensé par la suite de notre applaudissement envers lui par un beau regard et une promesse d’un billet de consigne. Une consigne jamais prise en considération par la Surveillance Générale.

Déjeuner ou dîner terminés...On n'oubliera pas d'essuyer la sauce restante sur nos lèvres avant de sortir et de nouer notre serviette de table au support du dessous de la table. C'était une astuce pour ne pas encombrer nos poches, ou d'en faire un mouchoir au besoin.
Du moment que le café n'est pas à servir après les repas en ce lieu de délices, il nous restera à faire entendre notre cri de rassasiement après ces plats copieux. Le maître d'internat las d'attendre, nous invitera à le crier en chorale un peu plus loin dans la cour qui nous attend, en nous priant des deux claques de ses mains qui se font entendre à nos oreilles pour nous lever et sortir en douceur.

La cour du lycée

212La cour pas aussi grande qu'un stade de hand Ball avec ses platanes qui commencent déjà à déchirer leurs habilles monotones, au loin on distingue son mimosa toujours fleurie en jaune, et ses bancs que les nouveaux s'empressent de placer une pièce de monnaie pour la perdre, ensuite faute d'un doigt maladroit de ne pouvoir la faire circuler de bout en bout en voulant évier les obstacles qui s'y trouvent. Ce jeu nous l'avions tous joué durant nos débuts de contact avec ces bancs verts de couleur. Les plus heureux sont ceux qui réussissent à faire passer la pièce d'une planche à l'autre avec ce jeu des deux doigts qui nous a tous passionné pour le réussir. Cette cour sera dans les mois qui touchent la fin scolaire, à l'approche des jours ensoleillés du Printemps et des premières ombres de l'été l'arène des plus formidables rencontres de petites passes de ballon entre maîtres d'internat et élèves. Elle sera entre captifs de quatre murs qui réclameront le droit d'un but valable et les maîtres du silence qui le refusent au grand mécontentement de cette clameur assise sur une bordure d'un mur pour tout confort qui soit, mais qui pousse un «hourrah" au moindre drible ou feinte que subissent ceux qui ne s'habillent pas en blouse grise. Quelle qu'elle soit cette fin de partie, c'est toujours avec sportivité qu'elle se termine. On y pensera toujours à ces moments inoubliables. A cette cour, ou chaque Bled avait son lieu de refuge à commencer par ceux de gouraya. A ceux-là et ils étaient bien nombreux, leur lieu était près du platane, tout près de la buanderie et des douches du sous-sol. Un lieu préféré pour eux. Pour ceux qui ont vécu Mustapha Ferroukhi à cette cour gravée en nous on y pensera encore.

Cette cour nous rappelle aussi un souvenir, pour ceux qui ont vécu cette soirée du Dimanche d’un mois de Juin 65. Ils se rappelleront ce tapage nocturne. A l'origine le nom prononcé fut un murmure entre nous Yahia B B...». On était juste à cinq élèves pas plus à cet endroit de la cour ou un platane d'autrefois n'existe plus aujourd'hui. Un élève qui n'est plus de ce monde Koriche Mustapha (rabi yarhmou suite à une angine) lui vint l'idée de murmurer ce nom du président déchu. De bouche à oreille, il fut repris en cœur par tous et c'est toute la cour par inconscience qui se voit scander à haute voix ce nom en cette période critique. Inconscients, nous ignorions la gravité de ce que nous faisions à l'établissement et nous-mêmes. La police ne tarda pas à se présenter à bord d'un véhicule 404 de ce temps, et pénétrer la porte du lycée. les policiers furent bien prier par le Surveillant General Mr Abdelwahab, de sortir et quitter les lieux de l'établissemen, leur disant en ces termes, qu'il est du ressort aux responsables de l'établissement et à eux seuls de rétablir l'ordre et de le maintenir dans ce lieu dit. Sa seule présence en bras croisées au milieu de la porte d'entrée de la cour sans une parole prononcée, a suffi pour que les clameurs se tuent dans cette cour en folie. Un homme bien à la hauteur de ce lycée en ce temps. (Respect à lui). Une consigne de lui, aussi brève soit elle fut donnée au maître d'internat Ayadi, présent en cette soirée de faire remonter tout ce monde dans leurs dortoirs respectifs.

Au moment des rangs, alors que tout allait dans le calme voilà que dans une rangée du second dortoir une des mains de ce maître d'internat a fait jaillir une gifle sur la joue d'un élève. Un élève de la 4 eme au nom de Mihabi Mohamed, le plus sérieux, le plus tranquille. Comme tous les autres je l'ai vu prendre sa joue droite dans sa main. Son âge ne lui permettait pas de pleurer. Ni Dire un pourquoi ? Ce n'était nullement le moment de discuter. La cause on ne sait pourquoi. Peut-être que c'est dû à ce moment de colère du Pion. Et nous fumes dirigés ce soir-là de cette cour, dans le silence absolu à nos dortoirs ou seuls les bruits des pas furent exemptés du silence.
De cet événement, en tant qu'élèves on n'a jamais rien su des suites engendrées. On s'est contenté qu'il n'y est pas eu de consignes infligées, on n'a jamais eu l'idée après de savoir.

C'est l'après midi, les cours reprennent

De 13H00 A 16H00 : Pendant ces trois heures de l'après-midi : Heure après heure c'est le changement de profs pour une autre matière.
16H00 : La fin des cours. Externes et demi-pensionnaires sont libres de sortir seuls les internes auront le privilège de rester. Il n'y a que les internes qui ressentent le prix de ces moments volés à leur liberté d’un temps de la vie.

De ces moments de cours avec les profs, on se rappellera...

De cet amphithéâtre où Mr Bayon travaille avec son aide de camp "NESTOR", le squelette, où il nous est difficile d'épeler les membres de Nestor sans nous tromper entre membres supérieurs et membres inférieurs et entre face frontale et face dorsale, où chacun avant de sortir de son cours doit s'assurer, s'il n’a pas laissé son banc mouille derrière lui. Ceux qui ont fait cours avec lui s'en souviennent. Il nous coupait le souffle avant de prononcer un nom, lorsqu'il voulait interroger quelqu'un au tableau. Ce qu'il n'aime pas : l'écriture d'un stylo à bille, il vous attrape votre stylo et vous le casse en deux. 

De ce cours en Géo, où le Prof Mr Bourge dans un silence absolu, nous a fait une surprise en plein cours et a failli mourir de honte fort heureusement pour lui que ça nous arrive aussi. On oubliera jamais et ses joues devenues toutes rouges et sa phrase qu'il nous avait lancé. Pour justifier le justifiable auprès de nous, il dira Elle m’a échappée !...

Du prof de Maths Mr Kojervnicov avec ses notes lamentables qu'il nous distribue. Je ne pense pas qu'il y est quelqu'un ayant fait un cours avec lui et qui soit satisfait au moins une fois de sa note reçue. Et de son mécontentement de voir le chef de classe se lever pour déposer le livre de classe sans son autorisation. Dans un langage propre à lui, par ces mots il lui dit " Bouzid pourquoi marcher sur classe ? ". Et le chef de classe en tant que chef de classe a bien dû passer à la surveillance. Une autre fois en interrogeant l'élève Adib, Kojervnicov voyait celui-ci au lieu de lui répondre à la question posée, grattait continuellement son dos en essayant de joindre la partie recherchée par ses mains. Quelqu'un lui a jeté au dos de la laine de verre. Il lui dit alors dans cet accent russe " Adib , cherchez demonstratione au dos". Le mot le plus courant dans le vocabulaire de ce Kojervnicov était « démonstration ».

De notre prof de musique Mme Boucher avec sa fourrure de renard aux deux têtes pendantes le long de son dos. Et nous, a son insu marchions pas à pas derrière elle pour toucher les beaux yeux brillants de ses adorés renardeaux en essayant de les enlever. Ses renardeaux sentaient une odeur à vous couper les narines. Elle prenait un taxi d'Affreville pour rejoindre le lycée. Quand elle descend, elle dit au chauffeur de taxi de prendre la peine d'aller voir le proviseur lui régler cette petite course de 09kms.

De ce copiage en compo de sciences ou toute la classe n'ayant point compris la question posée, avions pris le risque et nous avions joué le tout pour le tout. On a mis nos cahiers à table entre nous et on a copié texto tout ce qui était sur pour une bonne note. A la remise des copies, Le meilleur de nous tous a eu un 08/20. 

De Mr Cervera, quand il nous a bien eu, nous de la 6 eme 3 en nous disant que l’espagnol est bien plus facile que l'arabe. En ce temps nous avons refusé l'espagnol préférant plutôt l'anglais, sabate en arabe se dit aussi savato en espagnol, mehreze en arabe c’est el mihrez en espagnol. Et c'est ainsi que nous avions suivi Cervera jusqu’ au bout du chemin. Il sera pour nous ce prof qui en compo peut dormir sur ses deux oreilles sans que quelqu’un ne regarde un peu son cahier pour copier et coller. Son astuce à lui, il s'engouffre dans son pardessus, met ses lunettes au bout de son nez et s'endort. On n’entendra de lui que ce sifflement qui provient de ses lèvres nous disant c'est le moment de faire ce qui vous plait. En se réveillant par un sursaut, il dira tout haut : Je vous ai vu, toi ! Toi ! et toi aussi….

De ce vieux prof Mr Caillette quand on voit rougir le haut de ses oreilles et se soulever un peu de sa chaise, on sent qu'il a fait ou va faire quelque chose de désagréable.

Du prof d'arabe Mr Salim le syrien. De son récit inoubliable de "L'île au trésor". Un vieux livre dans ses mains d'après les bordures vieillies. A qui, il tournait les pages jaunies par le temps et nous qui naviguions avec lui dans ce temps des pirates du capitaine Flint et de Long Jhon Silver et du jeune Jim Hawinks à la recherche de l'île au trésor. On aimait l'entendre prononcer au début de son récit le nom de l'auteur en arabe Roberte louisse stifenssen (Robert Louis Stevensen). Il nous laissait toujours à notre faim pour un lendemain. On n'oubliera jamais sa façon de raconter cette histoire fantastique, comme si on se croyait nous les acteurs de ces épisodes du récit .On ne s'est rendu compte qu'à la fin et à ce jour que nous tous avions acquis qu'écouter quelqu'un attentivement c'est comme graver in signe dans un roc.

Du mozabite Mr Ben Omar prof d'arabe. Comment il 'nous a appris à chercher la racine d'un mot arabe dans un dictionnaire. Trop...Trop méticuleux dans ses cours.
Du Cheikh Mr Mahfoud prof d'arabe à son cri de douleur provenant d'une pénétration de punaise dans son corps fragile. Une petite punaise posée minutieusement et soigneusement par une main sur sa chaise préférée. L'auteur de cet acte est un élève en voulant répondre à une question posée pour libérer ses camarades de classe a confondu le nom de Ilia Abou Madhi en lui donnant l'appellation d'Ibliss. Ce qui lui a coûté une correction corporelle, l'élève a répondu à sa vengeance par ce dicton bien connu «œil pour œil. Dent pour dent».

Du prof de maths Mr Hill Brandt qui à reconnu lui-même n'avoir jamais pu connaître des deux BouSebssi, frères jumeaux qui est l'un et qui est l’autre ; ils s'habillaient des fois du même tissu de vêtement le même jour.

Du prof de sport Oukaci avec son survêtement noir inlassablement sur lui d’où on lui a préféré un autre nom que le sien, plus souple à articuler.

16H30 : Le Goûter 
Après les cours d'après-midi, ils ne resteront que les internes à nous regarder entre nous et à sentir un ventre creux qui commence à se lamenter. Pris de pitié, deux agents de la cuisine vont s'empresser de nous rapporter au plus vite deux grandes corbeilles de pain pleines de tranches de ce gros pain d'autrefois à la grandeur d'une main. Deux tranches de pain avec deux morceaux de chocolat noir qu'on voit plus de nos jours. Que Moussa l'agent de service et son aide remettront à chacun de nous qui se mettra en rang devant eux au regard scrutant du Pion qui n'acceptera pas les revenants .Deux seuls morceaux de pains avec deux bâtonnets de chocolat comme deux doigts de la main qui devront apaiser notre faim jusqu'au dîner.

17h00-19h00 : Les heures d'étude
Comme dans les couloirs où le silence est roi, les salles d’études en feront autant qu’ils peuvent en attendant 19h00. Le maitre d’internat chargé de l’étude n’oubliera pas en fermant la porte qu’un registre comme celui de la comptabilité fiscale est bien dans sa main. Un registre où figure nos noms et prénoms. Figé sur sa chaise absorbé par son bouquin à terminer pour un autre, ou bien ses leçons à revoir et à faire comme nous.

A la fin de l’étude, juste un peu avant, il en choisira quelques noms qu’il a eu de temps à autre regarder leurs têtes tournant de droite à gauche ou appeler au hasard. On est sensé lui présenter notre travail d’étude. La consigne dépendra quelques fois d’un travail non fait, parfois il est là à nous résoudre un problème difficile à notre faculté.

19H00- 19h30 : Le diner
Tout le monde est convié à sa place respective.

19h30-20h00 : La cour, le temps d'une digestion.
Avant la dernière heure d’études et juste après le dîner, la cour en beau temps sera notre lieu de temps de digestion. Les couloirs au moment des pluies et dans les temps froids seront nos abris. Et ces longs couloirs nous accueillent dans leur silence qui sera par la suite un brouhaha de voix. Les radiateurs donneront la douceur tiède à nos poitrines et de nos mains qu'ont posent et qu'on enlève au contact des éléments parfois trop brûlants. Des lieux ici et là seront choisis par certains. Ils en feront leur domaine préféré de discussions ou pour les contes des mille et une nuit et de Djeha.
Les livres de poche sont acceptables et tolérés, les bouquins en séries noires seront confisqués pour les beaux yeux des pions.

Dernière heure d'étude de la soirée.20H 00 – 21H00 :

Dortoir2

21H00 : La montée au dortoir juste après la dernière heure d’étude du soir. On est bien heureux de regagner nos lits pour un sommeil profond les plus heureux en notes feront un rêve parmi les anges.
22H00 : Tout le monde au lit - Extinction des lumières.
Au-delà de minuit, ceux qui voient comme les chats dans la nuit noire sont libres de se lever et coller quelques farces de leurs espiègleries en silence à leurs compagnons endormis, au moindre bruit si le pion dans sa piole en sera réveillé de son doux sommeil, il en coûtera pour l'ensemble une mésaventure d'être au pied du lit. Le pion attendra que le coupable lèvera sa main droite et dire «C'est moi, je le jure les autres n'y sont pour rien». Au pied du lit, jusqu'à la dénonciation pour trouver le ou les coupables, bien des gifles siffleront en l'air et marqueront les joues des cinq doigts.

06H30 Du matin : La sonnette retentit en ce deuxième jour et une nouvelle tracée d'une journée de l'année avant les vacances débute comme la précédente. Ce sera ainsi le cycle de cet internat jusqu'à la veille des vacances.

Mercredi soir 21H00 :

Cinéma pour tout le monde : Une séance de cinéma est programmée le soir d'une journée de semaine. C'était le Mercredi soir à 21h00, on attendait tous cette soirée avec impatience même les pions en profitent et se font tout petit....Le film à voir dépendra parfois du choix de l’animateur. Mais quel que soit le genre du film pour nous ce qui compte c'est être devant un écran. Parfois des films nous rapprochent de la vie vécue en pensionnat tel « Les disparus de ST Agil ». Parfois des films de cette période féodale du pays du soleil levant, où tous leurs mystères vous donnent des leçons à retenir dans la vie. Des documentaires, des films soigneusement choisis. Pour cela, MR Cervera même à son âge avancé, restera pour nous ce personnage dynamique pour tout ce qu'il a entrepris de bien pour rapprocher davantage la vie des internes entre eux dans la bonté et la gaieté. La salle choisie où se déroulait la projection du film était l'amphithéâtre.

Un soir de projection que tout le monde voulait prendre la meilleure loge de cet amphithéâtre. On se bousculait devant l’entrée de l’amphithéâtre sans savoir pourquoi,  puisque toutes les loges en bancs se ressemblaient avec leurs assises sans accoudoirs. Enervé de nous voir en ébullition, Mr Cervera, se mit lui aussi dans la mêlée. Tous ceux qui étaient présents dans cette marmelade de bousculade se souviendront de l'énervement de Mr Cervera, de son bras nu, en s'appuyant et s'aidant de l'autre contre le mur, il a pu nous faire reculer autant qu'il en a voulu malgrè toute notre force commune d’une file bien longue. AH ! Vous ne connaissez pas encore Cervera ; disait –il ! Maintenant un par un, sinon pas de film aujourd’hui.
A la fin de la séance il y a eu débat sur le film. Le film de cette séance-là était un très beau film western classique un film cow-boy comme on aimait le dire en notre temps. "Le train sifflera trois fois" avec Gary Cooper. Le shérif juste après son mariage devait déposer son étoile, plus rien ne le retenait ensuite en ville. Il va partir pour de bon avec sa bien aimée, quitter la ville après de loyaux services.
Mais ce jour-là arrive par le train un ex-prisonnier venu se venger. Si le train siffle trois fois c'est qu'il y a un passager qui descend. Le train sifflera trois fois à l'approche de la ville. Toute la ville savait ce qui allait se passer maintenant qu'il y a un passager qui descend du train. Il y avait trois de ses acolytes qui l'attendaient au quai de la gare. Tous des tireurs d'élite.
Le shérif demanda de l'aide auprès de la ville, il n'en trouva point. On lui conseilla de partir avec sa femme. Apres quelques galops en calèche il décida d'y retourner.
- Cervera demanda : Pourquoi le sheriff est-il retourné à la ville ?
- Un élève, Ah ! Qu’il était long de taille ce type là ; au début de notre 6eme en le voyant venir, on le croyait notre professeur venu nous faire cour. Bien habillé une gabardine lui tombant jusqu'au pied avec une sacoche comme un facteur. Ah, que ce temps est loin, bien loin de nous. Arrivé au niveau des rangs, il s'est mis gentiment en rang. On s'est bien donné du coude au coude ce jour-là.
Il venait tout droit d'Alger. Son nom Boukharoubi Mohamed. Cet élève-là répondit à la question posée. Il dit : Le sheriff est revenu pour l'intérêt du film Monsieur. Là Cervera ne trouva mot à dire. Il hocha la tête pour savoir si vraiment la réponse est bonne en ce sens, pris ses lunettes les essuya un peu. Alors Cervera en homme sage compris qu'il ne peut répondre à l'élève de peur de voir son cou se tordre en voyant trop haut. Il lui dit alors, assis toi tout de même pour qu'on puisse te parler et l'élève de dire le plus calmement :  Mais je suis assis Monsieur Cervera. Pauvre Monsieur Cervera, il s'est vu qu'il n'a pas essuyé assez ses lunettes Mais ce
qui comptait c'est qu'il était formidable avec nous. De petite taille, son inséparable cartable à la main toujours à l'heure. On ne se lassait jamais de ses cours ni de l'heure de projection de ses films choisis pour nous. On ne peut oublier ces gens-là.

Jeudi, la douche
douche 1Le Jeudi après-midi, sera consacré à la grande lessive des internes. C’est le grand rinçage que tout le monde attend. Une semaine de sueur à essuyer de la peau. Changement de draps en premier lieu. Attention pour les petits peureux qui ont fait pipi au lit la nuit. Les draps en seront témoins d'une tache jaunâtre en forme de carte qu'ils ont dessiné à l'insu de leur prof de Géo pour faire plaisir à la lingère. Elle prendra note sur le numéro du sac à linge, mais sera en outre bien fâchée de l'état du matelas en piètre état que du drap. D'autres draps, d’autres vêtements propres seront mis à notre disposition. 
Les douches se trouvent au sous-sol, on emprunte le couloir de la surveillance, la porte est bien en face, les deux salles 7 et 8 lui cèdent le passage. Chaque dortoir aura sa part de temps. Deux occupants par cabine. L’eau est bien chaude en temps froid, l’agent chef veillait bien à sa chaudière.
Hélas pour nous, à une période donnée, il arriva que la chaudière n’ait pu tenir le coup comme à ses habitudes. Et voilà, Mr Abdessemed, l’économe qui se voit vider sa caisse pour des frais imprévus à son budget annuel. Il courut comme il put à la recherche d’un miracle qui pourra nous faire voir propre à table le jeudi soir.
Un bain maure de la ville le plus chic de la ville fut choisi et nous fut réservé tous les jeudis le temps de maçonner le sous-sol du lycée pour une nouvelle chaudière. 

Le jeudi soir sans fanfare ni trompette, On prenait le chemin de la ville le plus court du lycée jusqu’à l’entrée du Hammam. Tout le monde sans exception devait prendre ce bain même les maitres d’internat pour surveiller s’il n’y a pas une glissade ou de jeux turbulents de quelqu’un. En sortant au frais, on avait presque tous, cette grande serviette de bain « fotta » de nos pauvres mères qu’elles nous ont prêtées pour ne pas prendre froid. Enveloppant nos têtes et épaules, et comme çà on ne risquait rien jusqu’à la porte du lycée. Cela, a duré quelques semaines et tout rentra dans l’ordre, finie cette randonnée du soir d’un jeudi le long des murs elle restera souvenir pour nous.

L’infirmerie : Bien haut au 3ème étage, loin de tout bruit. Dans le calme absolu deux lits vides sont là, en attente de malades. C’est l'infirmerie. Elle présente la salle de soins de tous les maux. Tout peut être guéri à l'instant même sauf le mal de dents qui revient au dentiste de s'en occuper. Bien des fois, endolorie par ce mal de dent qui ne se fait sentir que la nuit. Le patient sera là obligé à attendre le jour, à se lamenter pour dire : Oh mon Dieu ! Le jour tarde à revenir. Qu’ai-je fait de mal pour mériter tout çà ! Le malade dans des cas autres, sera bien soigné. Mis en observation avec un bon régime de potage à lui seul. Il sera bien dorloté comme un prince, le temps d'être en forme et de reconnaître que 1+1 font 3, après c'est la descente en pente pour le cours qui l'attend en essayant de ne plus penser à faire le malade imaginaire une autre fois.
Une fois dans la circonstance et c'est toujours un jour qu'on appelle le Jeudi, l'économe voyant son livre de comptabilité trop gonflé de chiffres fera appel au cuisinier pour diminuer un peu de sel dans ses marmites. Le cuisinier ne trouvera mieux complice que l'infirmier qu'on ne peut soupçonner d'être un faux aide cuisinier. Au travail en cuisine, ils s’habillent tous en blanc ces cuistot et l’infirmier est tout en blanc lui aussi. L'infirmier de mèche et en connaisseur de cause pour la suite qui s'en suit fera ce 
qu’on lui demande avec plaisir, Il apportera ce qu’il faut de sa boite à pharmacie, et le cuisinier à rajouter ces quelques doses en ingrédients au lieu du sel à mettre au potage. L’après-midi dans la cour, et le soir au dortoir c'est le branle combat des élèves, ils ne savent plus où donner de la tête. La chaîne devant une porte, nous l’avions connu dans ces circonstances de difficultés.Tout rentrera dans l’ordre dans les heures de la nuit qui suivent après. Et le matin chacun se sentira léger pour un nouveau départ d’obésité.

L'infirmerie me rappelle mon admission à l'hôpital de Miliana. L'infirmier croyant que c'est un mal de ventre banal, me conseilla d'aller chez moi le samedi qui vient. Le mal se fit sentir le dimanche. Le lundi au lieu de prendre le chemin du lycée, je me trouvais avec mon père chez le Docteur Djebbour d'Affreville rue de la gare. Il remit une lettre d'admission d'urgence pour l'hôpital de Miliana à mon père. Nous voilà, à la porte du lycée, le premier à être mis au courant de ma situation fut Mr Abdelwahab, le Surveillant General. Il me réconforta en me souhaitant une bonne guérison et un bon retour au lycée et à mes cours. Je fis connaissance avec la table de boucherie comme on dit le jour même. Je me rappelle, on m’a dit de compter combien y a-t-il de lampes au-dessus de moi, j’ai compté, je crois jusqu’à cinq. Puis plus rien. Mon réveil fut dans un lit, mains ligotées. L’entourage m’ont dit que je leur ai bien posé un problème. Ma main est allée là où il ne fallait pas, heureusement pour moi que l’infirmier de permanence n’était pas loin. Mon séjour dura 10 jours. L'opération a pleinement réussi, mais vu ma faiblesse ma convalescence dura un mois. Cà a été difficile pour moi de rattraper les cours perdus, un point noir pour moi durant cette année scolaire. De cet hôpital, je ne pourrais oublier un vieux, un certain Saidi de la cité CRS d Affreville, dans le même bloc de la chirurgie que moi et de deux autres, il nous réconfortait en nous racontant tant d'histoires sur ce qu'il a vécu dans sa jeunesse à Affreville. C'était des histoires vraies vécues dans la joie et la misère du temps.

 

Le Samedi : C’est le dernier jour des cours de la semaine
08H00- 12h 00 : Cours. Pour ceux qui sont dispensés de cours, sont appelés à passer leurs heures de détente dans le grand réfectoire disponibles en ce temps comme salle de permanence.

12H00- 13h00 : Réfectoire + Cour  
Le Samedi juste après le déjeuner quand le dernier libéré eut déposé son arsenal au casier et obtenu sa carte verte. Il sera libre comme le vent à l’instant même où il franchit le seuil de la dernière marche de la porte de sortie. Il restera ceux qui habitent bien loin pour faire le voyage et revenir en temps opportun, le Lundi matin. Ceux qui ont tout le temps leurs poches trouées pour garder un sou leur permettant un voyage chez eux. Ceux qui ne peuvent résister à chevaucher dans le farwest américain sur une chaise en bois dans l’une des deux salles de cinéma « le splendide « ou « les variétés. ». Ceux qui préfèrent rester pour crier leur joie et leur colère pour un jeu de ballon. Et en dernier, ceux qui ont une excuse valable pour rester et former un orchestre silencieux dont le maestro qui mène la dance du solo en sera le pion.

L’après-midi du Samedi pour les internes

  • 12h30-13h00 : La cour pour les restants
  • 13h00-17h00 : Etude
  • 17h00-18h00 : Goûter et la cour
  • 18h00-19h00 : Etude  
  • 19h00-20h00 : Dîner + Cour
  • 20h00-21h00 : Etude
  • 21h00-22h00 : Extinctions des lumières

Le Dimanche, jour de consigne

Pour un interne évoquer le mot consigne équivaut pour lui une privation de sortie. Tout pensionnaire aimerait bien profiter de cette demi-journée qui s’offre à lui en guise d’une semaine passée sans gaffe pour des garçons bien élevés que nous étions. 
Les heures du Dimanche matin sont consacrées pour l’étude jusqu’à midi. Un repas copieux suivi d’une part de pâtisserie (Mille Feuilles ou un Eclair) seront servis équitablement entre sortants et consignés.
Au-delà en sortant du réfectoire, on emploi aux amis pour leur dire « CHAMI, CHAMI » wa « BAGHADI, BAGHDADI » mais ce n’est qu’un au revoir. Aujourd’hui c’est votre tour, Dimanche prochain il sera peut-être le nôtre. 

La consigne :
Le billet de consigne est remis par la surveillance à l’élève fautif à la demande du prof qui le remettra lui-même. Peut-être que l’élève de ce temps Halfaoui Benyoucef se souvient toujours de son billet d’absence du prof d’Arabe Mr Snouci et les propos dits pour qu’il lui apporte au plus vite un billet vierge de la surveillance.

13H00-17h00 : Internes et externes gouteront aux heures les plus pénibles pris à leur liberté d’un Dimanche soir.
17H00-18h00 : Une heure de sortie en ville est accordée aux internes, mais en temps de pluie beaucoup préfèrent rester au chaud.


La veille des vacances : La guerre des polochons.882814 bataille de pelochons dans le dortoir d une colonie de vacances le 05 juillet 1939 en france

Dans les dortoirs on n’oubliera pas cette bataille des polochons la veille des vacances. Elle me rappelle, cette soirée ou le maitre d’internat Mellouk ne s’attendait pas qu’on lui voulait à sa tête. Ce pion avait toujours un béret noir sur sa tête et on n’a jamais su ce qu’il cachait. La piaule se trouvait bien loin de la porte de sortie de ce 3eme dortoir. On l’attendait qu’il sort, chacun au pied de son lit, un autre sur le lit superposé. Enfin le voilà qui sort. Le signal fut donné là au milieu de l’allée des lits à une distance qui sépare la porte de sa piaule à la porte de sortie. Des coups il en recevait de toute part. Il prit son béret entre les mains et l’enfonça davantage dans sa tête, c’était tout ce qui lui restait à faire. Il se dirigea vers la porte de sortie la croyant ouverte et la plus proche. Même coincé on n’a pas pu lui enlever son béret. Les coups pleuvaient encore sur sa tête si ce n’est La porte qui s’ouvrit de l’extérieur et là apparut un autre pion. On a eu ensuite ce que mérite un mauvais perdant.

Les internes fauchés ceux qui ne peuvent payer 1DA pour descendre confortablement dans un taxi auront à emprunter un raccourci. Ce raccourci qui nous rappelle cette descente vers Zougala et de là continuer notre chemin jusqu’à Affreville( El Khemis). On descendait par-là, en prenant nos précautions de ne pas trop nous approcher des fruits qui nous tentent.
On aura toujours en mémoire que du côté ouest de Miliana en allant sur la route de ce coin qu’on appelait Le Vacher les pensionnaires du Lycée Mustapha Ferroukhi ont tous planté une plante d’un arbre dans un moment de volontariat.

On ne pourra oublier de nos mémoires ces journées tragiques de ce mois de Novembre 1968 sur le mont de Zaccar, de ces disparus. Que ceux qui se souviennent aient une pensée à leurs âmes.

Chacun garde en soi de cette ville, de ce lycée un souvenir difficile à oublier. Dans un coin j’ai trouvé un de mes livres anciens, ce qui me rappelle un livre de maths. Toute une histoire est inscrite dedans. Page par page. Je citerai quelques-unes.
Dans une page il est écrit : pour le 23, P de 7 à 9 ex : 57-59. Dans les pages qui suivent les N° d’exercices à faire en devoirs. En haut d’une page : On s’incline devant 553- 571. (Impaires). Dans une autre : Demain je partirai dommage que je n’ai aucun… Des noms, des dates, des calendriers de date de cette période…Bonne chance à celui qui recevra ce livre. Souvenir du 19 Mai 1967, Etude S. 4 nez accidenté. Des noms anciens inscrits qui relatent peut-être un souvenir Abdelwahab, Benaida, Bengrine, Sahi. La dernière page : c’est bien dans l’ensemble, on pourrait te nommer un architecte.

Dans ce livre enfouie dans la poussière du temps, j’ai trouvé une carte verte de sortie avec mon nom dessus, un N° et une photo qui me rappelle mon temps au Lycée Mustapha Ferroukhi.

Photo 002

Commentaires (28)

Farah
  • 1. Farah | 12/05/2012
Bonsoir Mesieurs: Et si chacun de vous nous résume SA dernière journée passée au lycée M.F avant de le quitter définitivement : l'euphorie du départ par exemple,les casiers qui se vident, les aurevoirs, les échanges d'adresses ,les larmes, etc.... ?
M. R
  • 2. M. R | 15/04/2012
Bsr KAMEL
Merci pour l'information. Mais je ne pense pas qu'il puisse être au RDV en raison de ses multiples obligations professionnelles. Cependant un message à ses camarades de lycee peut en tenir lieu.
Salutations scolaires.
M. RABHI
semmkam
Mr M.R.
Oui, il s'agit bien de l'éminent expert international en pétrole, je suis en contact avec lui, et je lui ai envoyé un courriel pour l'inviter aux retrouvailles du 1er mai.
à bientôt
Kamel semmar
Bradai
  • 4. Bradai | 15/04/2012
Bjr Mohamed.
Effectivement Mohamed.Il s'agit bien de lui .Il a bien fait le lycée Mustapha Ferroukhi. On garde de lui cette image de jeunesse.A moins que le nom de Mr Mourad PREUR L’Eminent Expert pétrolier ne soit une autre personne.
Peut être que d'autres éleves que moi se rappellent de lui de ses années 65/66.
Y aura tjrs quelqu’un qui nous confirmera çà j’espère.
M. R
  • 5. M. R | 15/04/2012
Re Bjr Mohamed.
Tu cites dans la rubrique Mémoires d'un temps le Nom de Mourad Preure. S'agit-il de l'éminent expert pétrolier international ?
aziz
  • 6. aziz | 06/03/2012
Mourad l'ami

Je ne sais plus qui a dit que Quand tout est nebuleux, la lumiere vient de ce qui nous rassure le plus, en l'occurence notre religion, l'Islam, premier pilier de notre identite. Mais l'abandon a Dieu, tres justement preche par notre religion ne supprime pas la necessite de vivre, tant que Dieu nous pretera vie. Oui, il faut prendre soin de soin de soi et la maintenance devient de plus en plus en plus exigeante a mesure qu'on viellit, rien de plus normale: une usure naturelle dont il ne faut pas faire un monde encore une fois, un procecus tout a fait naturel, dicte par Dieu.
Oui je reconnais mon ami Mourad dans ce que tu dis: pacifique, reveur, detache et j'ajoute gentil, courtois, 'considerate' et je suis sure que tu as toujours garde ces traits de caractere qui ont toujours fait de toi 'a real gentleman'.
La ou je ne suis plus d'accord avec toi, c'est quand tu dis que Marseille te tourne le dos avec son ciel gris. Essayes un peu Londres ou Amsterdam ou je vis depuis des lustres et tu appreciras mieux ce que tu as ! Mais tout cela ne vaut certainement pas un beau ciel bien de chez nous, bien entendu.
Mourad, la derniere fois qu'on s'est vu, c'etait quand on avait 17 ans, ca dire il y a 47 ans. Mon Dieu, que le temps passe vite.
Prends soin de toi et n'oublie pas qu'on est tous et toutes dans la meme galere...
Benaissa le voltai-roi
  • 7. Benaissa le voltai-roi | 05/03/2012
A mon ami Mourad.
Ne t'en fais pas trop , nous sommes tous arrivesa ce stage mais nous avons vecu notre vie pour le mieux qu'on a pu.
La vie doit etre appreciee avec ses moments de bonheur et de malheur.La seule chose qu'il faut regretter est le mal que nous avons consciemment ou inconsciemment fait a autrui.
L'argent ne fait pas le bonheur mais il peut aider a concretiser certains objectifs de la vie. C'est pour cela que la quete de l'argent ne doit pas etre une fin en soi mais n'est pas non plus chose mauvaise.
On peut avoir la satisfaction d'avoir accompli notre role de bon pere,de bon mari ,et de bon citoyen.
L'age n'est qu'un etat d'esprit et tout a une fin, Dieu seul connait notre derniere heure . Vivons pleinement notre vie selon le hadith " Actes dans ta vie comme si tu vivais eternellement et actes pour l'Audela comme si tu mourrais demain".

Au plaisir de te revoir a la reunion des anciens eleves du 1er mai 2012.

Amicalement.
BENAISSA
ZOUAOUI MOURAD
  • 8. ZOUAOUI MOURAD | 05/03/2012
RECIT DE MES SOUVENIRS D INTERNAT
Dans quelques mois j aurai bientot 64 ans .je ne me sens pas vieux comme on pourrait le croire .Le temps passe certes.Et fait son travail sans trop me molester.Mais je suis devenu plus paresseux.J ai la sensation que la vie ,le temps me bercent et je vis ainsi comme un funambule en equilibre entre deux realité.Le conscient et l inconscient.Je n ai plus envie de coups d eclats ,de coups de gueule , de spectacle, de feux de la rampe et de feux d artifice.Je suis en train de me laisser couler , attirer vers le fond,mais en choisissant ces suavités qui detournent la conscience de sa fin lugubre et derniere.
Je pense à ma mort et cela me vexe.Moi qui, toute ma vie et quelquefois courageusement ,ai choisi le panache contre l efficacité,la generosité contre mes propres interets,maintenant je me fais le film de mon " passage".Ou pire encore celui de ma vieillesse.Aujourdhui , meme Marseille me tourne le dos avec son ciel gris.Et moi , je me suis en train de me poser le seul probleme:
comment sortir un jour de la vie avec grace et lustre, force et humour??
Donc l idée de DIEU ! DIEU, l expression continuelle et continue,infinie et eternelle.Moment d intensité prodigieuse.Helas,la porte enfin ouverte ne peut pas encore etre mienne,cette possession de DIEU par l idée de la mort!!
J ai acquis la certitude que la vieillesse n est pas un etat.Tout au plus une sensation hativement éprouvée, avec laquelle il convient de jouer avec élégance.D ailleurs, j ai toujours été élégant, intellectuellement s entend.Du moins je le crois.Mais ce n est pas de cette forme de vieillesse élégante dont je veux parler.C est de la vieillesse physique .Elle me fait totalement peur.
Lorsque les insomnies me sont compagnes, je pense à cette déchéance qui,le moment venu, m aura maté en me faisant perdre force et determination.Je constaterai alors,avec rage,le besoin des autres pour vivre,mais plus miserablement pour survivre.Les rhumatismes,les arthroses,les bronchites chroniques,les essoufflements,les palpitations,et dans la tete,la grande valse des doutes,la presence hallucinée de SOUVENIRS depuis si longtemps enfouis au secret de la memoire.Et pire encore, les regrets.
Ce soir , confortablement installé, je revois avec une precision diabolique toutes les années qui sont derriere moi.Elles furent une promenade curieuse dans la colére interieure.Pourtant,je n ai jamais eu le don pour la colére.
De nature pacifique ,reveur et detaché,je prefere l indifference, la reserve,aux engagements tres precis qui me menent jamais qu à tourner en rond dans les cercles vicieux.J ai toujours eu ce reve lyrique d un monde meilleur qui n existera jamais.C est pourquoi, j en appelle parfois à DIEU ,je suis musulman pratiquant,et espere bien mourir ainsi.Je crois que la seule justification de l existence de DIEU tient à cette indifference qui existe entre l homme tel qu il est dans ses contradictions,ses miseres,ses splendeurs,et l idée parfaite qu il se fait de lui-meme.Cette idée qu il veut incarner.Cette perfection qu il veut vivre,mais qui s eloigne de lui à chaque pas qu il fait.
Hier , pas plus tard, je me rappelle jouer au football, dans la cour du lycée,avant de rejoindre la salle d etudes au soir.Les maitres d internat assuraient le serieux dans nos etudes ,en veillant à ce que nous nous consacrions avec assiduité à nos devoirs.La fin de chaque trimestre , on attendait avec impatience les resultats de nos efforts.J ai eu des tableaux d honneur des encouragements mais jamais de felicitations.La distribution des prix se faisait dans la cour en presence des parents d éléves et des professeurs ,dans une grande ceremonie.
En me retournant vers ma tendre enfance , je passe en revue le present et m interroge sur l avenir.Je constate que la soif de l argent est meprisable.Rien de ce que l argent apporte ne peut transformer l argent en bonheur, la vie en legende, les amours en reve.L argent est impuissant devant la dérision de la vie meme.Ce n est qu un systeme orthopédique pour faire croire aux innombrables morts vivants que la vie vaut quand meme la peine d etre vecue.
Quant au pouvoir ,il patine depuis fort logtemps sur ses piéges et ses malices,qu ils soient politiques, financiers,erotiques, amoureux.
J ai honte pour ce siecle,honte pour mes contemporains dont je fais partie .Et pourtant.Et pourtant, il faut miser sur l avenir ,s y accrocher pour sauver la vie des enfants .Combattre l injustice,le malheur et l intolerance.
Mes enfants qui sont tous majeurs et universitaires attendent mes conseils.
Je leur dirai d aller au bout de leurs desirs et faire leur cette pensée:"
"JE NE TRANSMETS RIEN,J APPRENDS"
Benaissa Z
  • 9. Benaissa Z | 04/03/2012
Bonjour a tous...ALLAH yerham ceux qui nous ont quitte. Je n'ai pas eu l'ocde revoir Daoudi ou Benslimane depuis que j'ai quitte le lycee.
J'ai revu tres peux d'entres eux, Melfouf a Ain Defla en 78 , Mesloub en 2002 a Djendel. Zouaoui Mourad un ete 2010 devant le cafe ksima, el Hadj Bouamra Benaida en 2009 . Peut etre que les anciens de Duperee ont des nouvelles des Hadj Saddok et Mahmoudi.
Desole , apres plus de 45 ans on oublie les noms de ceux que nous avons connu et c'est grace a la lecture des postings que certains anciens eleves me reviennent a l'idee , merci. Puisque cette date du 1er mai a ete choisie je pense me rendre a Londres pour visiter mon fils qui est en mission depuis un an et espere vous retrouver tous lors de cette retrouvaille.Mon entree au bled n'etait pas prevue pour cette annee, retrouver des anciens amis et chose precieuse.
Est ce qu'on peut savoir l'agenda de cette reunion?

Il est toujours bon de laisser ses coordonnees pour pouvoir rester en contact a mon avis.Any one?
Aziz
  • 10. Aziz | 20/02/2012
Maintenant qu'on est une trentaine d'anciens du lycee a avoir exprime l'intention d'assister a cette reunion, deux questions se posent. Deux dates ont ete proposees pour cette rencontre: est ce qu'on peut decider de la date choisie des deux? La deuxieme question: est ce qu'on a un agenda pour ce meeting ? comme par example visite du lycee, rencontre entre les vieux ! (nous)et les jeunes lyceens et profs. etc...
ZERIZEF BENaissa
  • 11. ZERIZEF BENaissa | 19/02/2012
OU SONT ILS AUJOURD'HUI?

J'ai quitte le lycee de Miliana en 1964 ( classe de 1ere a l'epoque.
Je me souvient de certains pions et eleves de classe mais pas tous et je me demande ce qu'ils sont devenus...
PIONS : Benguerine,Mahmoudi ( De Gaulle),Hadj Saddok ( 44),Benaida
Eleves: Bouzara Ahmed,Mahmoudi (soumich), Mesloub le footballeur, Keddar,Zouggar, Belabes,Berki,Taybouni etc
il y a t il qqu'un qui ai connu cs eleves? Je suis juste curieux de le savoir
Merci et bonne lecture

B. Z.

Zerizef Benaissa
  • 12. Zerizef Benaissa | 17/02/2012
Parlons peu et bien...Le monde a évolué depuis 1958 . Je remerci mon pays de m'avoir éduquer et faire de moi un bon citoyen .
Aziz
  • 13. Aziz | 17/02/2012
Je n'ai jamais connu Amar pion mais comme eleve, interne pendant 6 ans, compagnon de fortune et je ne peux dire que du bien a son sujet. La seule chose qui nous faisait jasait est qu'il s'habillait beaucoup mieux que tout le reste. Il essayait de jouer au foot dans la cour mais ses performances etaient moyennes, n'est ce pas Amar. Going back to Zerizef's comment, why would you say that, I don't recall Amar being mean, or perhaps but it is unlikely, I might have missed something then. after all this was 45 years ago. All the best. a
Bradai
  • 14. Bradai | 16/02/2012
C'est à ni pas croire de voir deux élèves évoquant leur passé qui date de plus de 50 ans.
Et tout ça grâce à ce site qui va les réunir une fois encore incha Allah comme dans leur bon vieux temps ou ils se taquinaient .
Zerizef  Benaissa
  • 15. Zerizef Benaissa | 16/02/2012
Salam avant tout ya si ayadi.. Je n'ai aucsouvenir de cque tu dis, si j'ai bonne memoire tu aimais taquiner les eleves qui n'habitait pas Affreville.
Mais el hamdoullah et puisque tu admets tes acts impropres tu me dois au moins une orangina.

Pour rappel les Gaidi sont mes cet Brahimi AEK etait et tjrs est mon ami tres proche.J'ai aussi perdu de vue cmonsieur

J'aimerai bien revoir ce groupe dans un avenir proche inchallah
To Yahadi, I have one simple question.Are you always mean as you used to be? oula seguemt chwya?
Au plaisir de vous relire

Ben. Z.
AYADI
  • 16. AYADI | 16/02/2012
Le bonjour à tous et particulièrement à Benaissa Zerizef à qui je faisais des misères,
les Gaidi Tayeb et Djoudi et Brahimi AEK prenaient toujours sa défense.
Ce n'était pas méchant mais je prenais un malin plaisir à le provoquer.
Je souhaiterai le revoir aprés bientôt 48 ans.

Amicalement
Mostaganem manager
Amar AYADI / Sogemco Mostaganem
On behalf of AGENA Tramp
Phone: 045 30.88.35 Fax:045 30.88.35
Mob: 07 74.61.33.39
Email: gemmosta@sogemco.com
Email : bast.mosta@yahoo.fr
TALBI
  • 17. TALBI | 07/01/2012
EN lisant ce poignant témoignage d'une époque qui fut lointaine mais qui grace à mr Bradai est présente et nous renvoie des années en arrière!Lycée Ferroukhi ou lycée Abdou ,cest du kif kif au meme!!!!Nous autres filles,internes de Abdou :Les Abdounate avions connu le meme parcours,les memes émotions,les memes hésitations,les memes craintes !Quelle belle époque!!Merci mr Bradai!!!
Zerizef
  • 18. Zerizef | 06/01/2012
Salut a tous et bonne annee 2 0 1 2.

L'idee de cette reunino me parait merveilleuse... Je serai au RDV inchallah
Ancien eleve du lycee de garcons et fidele aussi a ma ville natale de Ain Lechiekh ( ex Voltaire)

A bientot,
B. Z.
BENAMEUR djelloul
  • 19. BENAMEUR djelloul | 06/01/2012
bonjour a tous les amis de classe du lycee feroukhi mustapha je propose un rendez vous au lycee mème pour le 01/05/2012ou 05/07/2012 pendant que nous sommes encore vivant et faire connaissance entre nous.merci
Bradai
  • 20. Bradai | 23/12/2011
A Mr Aziz.
Avec tout le respect qui se doit,je salue de loin qulqu'un que mes yeux ont croisé qulque part ,car il revient toujours de dire que seuls les éléves des classes inferieures gardent en memoires les noms de leurs anciens collegues .
On peut oublier un prenom,mais le nom vous restera en memoire je ne sais pas si c'est Mahfoud (Allah yarhmou) mais fort possible qu'il soit Hamid.
Theniet el hadd a bien eu son college en 65.et anterieurement à cette date tous ceux de la region etaient orientés au Lycee Ferroukhi.
Et cela me fait dire qu'un Oudjida a bien été interne et a fait classe avec nous depuis la 6eme dans ces années 63 et plus Merci de cette precision dont ma memoire a fait defaut .Une accolade apres tant d'années aurait été mieux qu'un salut de loin Mr Aziz. Je vous remercie pour cet eclaircicement.
Aziz
  • 21. Aziz | 23/12/2011
A Mr Bradai,

Encore une fois recit poignant et emouvant qui me nous rappelle de bien lointains et memorables souvenirs: Mémoires d'un temps passé au lycée Ferroukhi Mustapha. Une petite précison, nous sommes 3 freres de Teneit El Haad, originaire de Miliana qui avons faits ce lycée et 6 ans d'internat pour chacun de nous: Mahfoud(Que Dieu repose son ame) Hamdane et moi meme, le dernier qui a quitté le lycée pour aller El Mokrani, faire ma terminale en 1966.
BENAMEUR djelloul
  • 22. BENAMEUR djelloul | 22/12/2011
Mer BRADAI med pour cette initiative ,je vous dis bravo parce- que j,ai tout de suite penser a 1962, 63, 64, 65 etc ......de notre adolescence periode de la vie,entre la puberté et l'age adulte , personnellement j'approuve cette initiative ,je souhaite de tout mon coeur a tous les ami de classe de 5e de se
rencontre un jour no_tel 0771350246..0662190617 je suis actuellement retraiter. mais je pratique le sport que je l'aime /BOXE/et PRESIDENT DE LIGUE DE BOXE DE LA WILAYA DE AIN.DEFLA
BENAMEUR djelloul
  • 23. BENAMEUR djelloul | 19/12/2011
je remercie celui qui nous a permis de se rappeler de notre jeunesse aprés 40ans et plus , cette périod qui ne sera jamais oublie et j 'ajoute quelque noms tel que djir daoud de theniat alhad, belgherousse fissa ali,bourkika qui se trouve actuelement au usa depuis 1970,belkacem brahim boumedfa,et j espere qu'on se rencontre un jour chez moi ou chez un notre ami de classe du lycee mustapha ferroukhi
merci mon sieur bradai merci beaucoup pour cette initiative
ZOUAOUI
  • 24. ZOUAOUI | 02/12/2011
MON CHER ZERIZEF BENAISSA
C EST AVEC UN PLAISIR IMMENSE QUE J AI LU SUR CE SITE NOUVELLEMENT CREE TES IMPRESSIONS SUR CES LOINTAINS SOUVENIRS RICHES EN VALEURS MORALES EN DEPIT DES DURES EPREUVES DE CETTE EPOQUE QUE NOUS AVONS VECU ENSEMBLE AU LYCEE MUSTAPHA FERROUKHI.....
TU ETAIS SERIEUX ASSIDU ET RESPECTUEUX.
VOUS FORMIEZ AVEC DJOUDI GAIDI ET ABDELKADER BRAHIMI ET BENTAIEB ALI UNE EQUIPE TRES SOLIDAIRE.LE DECES A FLEUR DE L AGE DE TON
TON FRERE ABELHAMID( QUI VENAIT D ACCEDER AVEC LE JEUNE BRAHIMI AU LYCEE DANS SES DEBUTS SCOLAIRES ETAIT RABI YARHAMOU D UNE GENTILLESSE EXEMPLAIRE ) A PROVOQUE CHEZ NOUS UNE GRANDE CONSTERNATION.

J
Bradai
  • 25. Bradai | 24/11/2011
Le jour du Lundi d'un mois de juin 65,deux éléves de la 5 eme manquaient à l'appel de la liste de l'effectif du Lycée Mustapha Ferroukhi. Zerizef et Brahim.
Deux copains d'un meme patelin. Partis à la fleur de l'age .Le destin en a voulu ainsi. Qui connaissait Zerrizef se souviendra toujours de son petit sourire.
On a toujours en memoire cette mort tragique qui les frappé. Abdelhamid etait pour moi plus qu'un copain.
Zerizef Benaissa
  • 26. Zerizef Benaissa | 23/11/2011
:
Merci de nous avoir rememore les souvenirs de notre adolescence et notre jeunesse et les moments inoubliables d'une epoque qui, malgre ses difficultes, reste a jamais ancree dans notre memoire.
PS: petite correction, vous avez oublie de mentionner certains amis du lycee qui nous sont chers a savoir Brahimi Abdelkader,Gaidi Djoudi, mon Frere Zerizef Abdelhamid decede a l'age de 15 ans en juin 1965 tragiquement a Voltaire , autres eleves de Voltaire a savoir Bentayeb Ali, Cherifi Mustapha.
It was an honor tu be part of the fabulouis era, til now theses old friends appear in my dream.I love them all.
Autre chose, dans les debuts des annees 60 la classe de terminale etait mixte, 30% de la classe etait composee de filles venant des environs de Miliana.
Keep up the good work and I would love to hear from the rest of the studients.

Wa Salem
Aziz
  • 27. Aziz | 01/11/2011
Recit poignant qui nous a ramenè plus de 40 ans en arrière. J'ai passé 6 ans en interne a Ferroukhi, de 1960 à 1966. Me souvient encore des Mesloub, Melfouf, Moulay, Taibouni, Fellah, Hadj Sadok, Oudjida, Chikhaoui et bien d'autres.... Merci pour ce retour à notre tendre et innocente jeunesse.
noria
L'internat...Les copines, c'était sympa. Mais en dehors des cours les pionnes et les SG (d'internat) nous menaient la vie dure.

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