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Rappel de souvenirs d'un passé

Par Med BRADAI

Un village avec sa toute petite rue principale entre quelques pâtés de maison où des frênes par leurs variétés faisaient avec leurs feuillages au long de leur parcours un décor d’ombre pendant l’été. Et l’on voit aussi que ce feuillage d’arbres ne suffisait pas uniquement à protéger des têtes hasardeuses d’un coup de soleil, il donnait à l’opportunité une autre idée de temps d’un calendrier scolaire. Lorsque L’Automne dans ce petit village d’autrefois ne fait que pointer du doigt et que déjà les arbres commencent à perdre leurs premières feuilles jaunies et jonchent le sol de cette rue. Cela rappelle aux écoliers que les vacances viennent vite d’être finies au plaisir des parents. Mais autrefois aussi dans cette région vignoble d’où ce village a eu sa vocation viticole et surtout vinicole dans son passé, qu’on l’évoque maintenant par nostalgie, les vacances se terminent avec la fin des vendanges. Et durant cette campagne de vendange pas mal de vacanciers se donnaient la peine de travailler pour grignoter quelques frs. Il y en a même qui tentent l’aventure là où il y a ce vignoble et vont à se déplacer jusqu’ aux confins même de la Mitidja campaient chez des parents à eux pour les quelques sous. Ces quelques sous récoltés, entre 150 à 200frs seulement comme mine de rien, soit ils viennent remplir un peu les poches du père et lui apporter espoir en ce temps opportun au moment de ses grandes peines de dépense aux articles scolaires. Cela me rappelle un petit peu ce bout de passé d’un copain de classe de ce temps qui m’est encore en mémoire. Il était de cette trompe de gamins à tout faire. L’âge qu’il avait ne dépassait guère les onze ou douze ans où tout gosse à ce degré de la vie croit en être arrivé assez grand pour se débrouiller seul. On dit en son encontre pour le taquiner « tiens ! Même si le lait maternel du sein de sa mère est encore bien apparent au bout de son nez il se voit déjà un homme », c’était une façon de le lui rappeler et à nous aussi, qu’il ne faut en aucun cas brusquer trop vite les choses dans la vie, chaque chose en son temps et tout ira pour le mieux. Mais il fallait nous débrouiller quand même en étant jeunes dans ces années de l’insouciance et c’est ce, à quoi nous essayons de faire en ce temps sans chercher à comprendre en joignant l’utile à l’agréable dans cette vie.

10 13  De cette époque de temps, bien au début des années 60, la rentrée scolaire est là, une nouvelle étape d’année scolaire va commencer par le mois d’Octobre qui s’annonce. Pour nous, c’était l’année après l’indépendance du pays. On formait un groupe d’amis de classe et on se rappelle toujours ce premier jour de notre arrivée aux portes du lycée avec lui. Ce jour-là c’est la rentrée attendue et inédite et c’est aussi le premier jour d’inscriptions des nouveaux internes, comme nous au lycée Mustapha Ferroukhi de Miliana. Avec ce copain de toujours on a fait le chemin de notre route au lycée de bon matin pour être à l’heure, comme compagnon de toujours, il aimait m’accompagner. Je le vois aujourd’hui tout près de moi. Avec tout bagage qu’il a emporté, une vieille valise de sa mère à la main un peu bien lourde pour lui empilant tout ce que comptait un trousseau complet d’internat soigneusement numéroté. Dans l’autre main une page d’un journal El-Moudjahid ou figurait son nom sur une liste d’élèves admis à cette année pour la 6ème. Il avait apporté en main cette preuve inéluctable pour dire dans le cas où on nous refuserait qu’il est écrit noir sur blanc nos noms sur un journal. C’était un temps à ne pas oublier, on se rappelle toujours cette belle époque.

 Depuis, après les années lycée bien des années se sont succédé pour lui sous d’autres cieux. Tout un temps d’une autre vie plus harmonieuse loin du bled l’a fait instruire et murir. Mais au fond de lui-même, son cœur était toujours attaché à son lycée qu’il n’a jamais oublié. Un lycée qu’il a aimé et en a côtoyé des amis de son âge comme lui, venus de partout, d’autres qu’il a trouvé bien avant lui qu’il n’a plus revu depuis longtemps, du jour où il est parti en quittant ce lycée.
Et…un moment donné, l’appel de cet amour à son lycée s’est fait sentir, l’âge accablant de même que l’éloignement et la route lui paraissaient longs et fatigants. Le « copain d’antan » décida tout de même malgré tout, à faire ce voyage tant souhaité et espéré, " Revoir " de plus près son cher lycée et ce qui en reste encore d’une époque du début de ses treize ans.

 

Au jour de son arrivée à l’entrée de la porte, il se présenta comme à ses rituelles habitudes qu’il y a voilà bien 49 ans ou plus, une vieille carte de sortie jalousement tenue à la main.. Cette forme de carton représentait tout un passé pour lui. Une simple carte aux bordures abimées, gardée et conservée durant des années. Dessus à peine lisible était mentionné l’inscription « lycée Mustapha Ferroukhi ». La photo en noir et blanc figurant sur la carte et jaunie par le temps ne pouvait nullement correspondre au visage présent ridé et cheveux blancs de ce copain. C’est une photo d’un âge plus jeune. Au seuil de la porte, l’agent en service de garde ne trouva aucune contrainte ou excuse à ne pas laisser entrer cet ancien élève qui se présente comme visiteur. Quand La porte du lycée lui fut grande ouverte, l’instinct le mena droit jusque dans la cour, ancien en tant qu’élève, il connaissait sans peine le chemin mille fois emprunté. Il en a suffi de quelques enjambées de pas pour qu’il s’assoie et se repose un moment sur un des bancs ornant le contour de cette cour d’intérieur pour qu’il se sente à nouveau revenir élève. Dans la cour du lycee devant le mimosa 3A sa première vue et premier contact avec cette cour que surplomb le feuillage dense des gros troncs d’arbres de platanes, un manque est pressenti. Le petit vide régnant à cet environnement de la cour autrefois habituel est vite constaté. A ses yeux, le grand châtaignier n’y est plus, une plante de palmier ayant pris place en son endroit, tout un paradoxe qui saute aux yeux pour celui qui s’y connait en arboriculture, un peu plus bas près des escaliers à l’entrée du réfectoire l’arbre de platane et le beau mimosa n’y sont plus aussi. Une couche en ciment couvre ici et là les lieux de leur emplacement comme pour indiquer qu’une une pierre tombale familiale est là pour être vite repérée par un proche parent. En voyant ce spectacle désolant tout ancien élève ayant fréquenté la cour de ce lycée sentira l’envahir une douleur nostalgique. Mais il comprendra tant bien que mal qu’une plante de mimosa n’est nullement un roseau. Qu’on se souvient de ces fables qui nous laissaient à leur fin de citation une morale à retenir, comme à cette fable qui parle du chêne et du roseau. Mais ici, en ce lieu entre quatre murs, c’est l’usure du temps et non le vent qui eut raison de ces témoins d’une époque : le châtaignier et le platane ont été des victimes en emportant avec eux un voisin et ancien compagnon l’arbre du mimosa qui croyait que ses fleurs jaunies le maintiendraient toujours aussi jeune. Et là, la fatalité de ce temps d’âge qui avance pour nous tous sans distinction a bien fait son travail de vieillesse. Ce châtaignier et le platane jadis robustes et ce mimosa aussi fragile ont fini par plier l’échine aux poids des ans pour ne plus se relever et où ils étaient contraints de se suivre mutuellement par amitié à leur époque. Et dire qu’il ne fallait à l’homme gardien par référence à cette nature juste en planter d’autres pour les remplacer et redonner à cette cour sa continuité de beauté d’antan.
Continuant à se rappeler de son passé ici et là, son regard aussi simple soit-il pénétrant les murs a suffi à ses yeux de le mener vers ce temps bien loin d’où comme par enchantement toute une nostalgie de cette belle époque lui revienne…

Aussi, tout comme il le faisait autrefois à admirer une partie folle entre midi trente et treize heures d’un jeu de ballon de foot opposant internes et maitres d’internat. Une demi-heure pour tout le monde, tout juste après la sortie du réfectoire qui sera l’heure d’un moment libre avant l’étude. Il est là assis sur ce banc dans cette cour, pensif cette fois à ce passé. Ce passé caché qui lui revient et le plonge dans ses souvenirs. Il se rappelle que tout Jeune écolier qu’il était dans son petit village tout au long de cette sacrée scolarisation du primaire, la coquette ville appelée Miliana aussi magnifique que belle, avec son lycée l’avait hanté comme tout un chacun ayant atteint la classe du CM2. Le Lycée Mustapha Ferroukhi avait sa renommée dans des milles à la ronde. Du littoral Gourayen et Cherchelois aux confins du Sersou comme étant le seul lycée après celui d’Es-Salem dans le département d’El-Asnam. Aussi, au village d’où le vœu de chaque père d’un élève fût de voir un fils atteindre ce haut lieu de culture et du savoir ou tout en serait prestige pour la famille. A la famille qu’un fils reçu à l’épreuve d’examen de la 6ème d’être citée comme l’exemple d’une élite de notables. A eux comme élèves reçus de réaliser le rêve tant convoité d’être lycéens au majestueux lycée Mustapha Ferroukhi. Mais en ce temps évoqué de ces années 60 juste après la souveraineté du pays, le grand handicape des parents étant cette pauvreté de misère qui les peinait et leur rouillait la vie. Pouvaient-ils dans les conditions existantes de cette vie quotidienne qu’ils menaient trouver comment procurer à leurs enfants un trousseau exigé en cas de réussite. Difficile à dire en ce temps, où même le costume de sortie du Dimanche aux deux pièces avec cravate comme on disait à l’époque, figuraient dans la nomenclature du trousseau à fournir. Et il se souvient de ce beau costume de l’époque au tissu tacheté acheté à bas prix.

Mais qu’elle était bien belle se rappelle-t-il maintenant, cette sortie d’internes où on se retrouvait au soir d’un Samedi après les cours ou au Dimanche après-midi habillé en citadin. 161 gPar le temps ce costume a fini par disparaitre de la penderie de l’armoire au dortoir et du placard de la lingerie. Une autre mode vestimentaire prendra place. C’est le temps des « ye ye » et leur mode qui firent leur apparition par la suite ou ce coiffeur bien connu du coin du lycée a été contraint lui aussi à délaisser au plus vite ses rasoirs et peignes et laisser sa tondeuse pour une mandoline. Le temps des pantalons taille-basse et aussi le temps des chemises à fleur et cheveux longs a pris son commencement. En élèves ayant été reçus en cette période cruciale, iL se rappelle encore de ce temps des trois mois de vacances ou le calvaire n’a cessé d’augmenter qu’à l’approche de la rentrée. Cette entrée étant proche et l’on s’inquiétait du trousseau qui en manquait à l’un et à l’autre. Une solidarité de camaraderie nous a liés davantage si bien que l’idée est venue de s’entraider entre nous. Lors de l‘inscription du linge on fera passer les effets de trousseau manquant entre nous. Cette amitié de ce temps était formidable. Nous l’avions dans nos cœurs, nous étions copains de classe depuis notre premier banc d’école. Le chemin de la vie du lycée a trainé nos pas encore une fois ensemble. Même dortoir, même classe depuis la 6ème, même salle d’études, même table au refectoire. Demême qu’on nous voyait aussi un jour de consigne pour une part de pâtisserie surtout les mille feuilles. Elle était la plus préférée des gâteaux en plus du morceau de poulet rôti. Ce qui en valait la peine ce jour-là au plus mordant d’être entre quatre murs à savourer ces délices plutôt qu’à descendre à pied le raccourci de chemin de Zougala pour être chez soi avec des frères autour d’un plat de couscous qu’une pauvre mère a préparé pour la circonstance. Notre maintien au lycée un Samedi et Dimanche évitera au père le matin du Lundi d’épargner les 2,50 frs pour notre retour, qui s’ajouteront au budget de la famille pour la semaine. C’était cette réalité de pauvreté qui nous donnait la joie d’apprendre vite et de continuer à exercer notre devoir d’élève. Le père recevait à chaque fin de trimestre par le biais du facteur en contrepartie de notre sagesse d’être encore sur la liste des présents du lycée un pécule de 290 frs dû au montant de notre bourse. Les bulletins étaient très attendus par eux en fin de trimestre pour savoir si on tenait nous aussi le coup comme eux. Il se rappelle encore à travers ces murs où un soir dans ce couloir tout près de la salle 9, lui vint avec deux de ses copains une idée de marquer leur présence comme le fait un loup sorti victorieux d’un combat en duel pour marquer son fief. Nous, c’était avec un simple crayon à mine noire qu’allait être tracé à ce coin du mur qui du cheveu de l’un dépassait l’autre en nous situant au niveau du bord de la fenêtre donnant à la cour. Ainsi, tour à tour ses trois copains avaient mis cette trace de leur idée enfantine marquant la toise de chacun. A cette hauteur de leur âge d’autrefois chacun ne pouvait arriver à voir l’intérieur de la cour qu’en s’élevant sur la pointe des pieds. Et ça a été leur coin durant bien des années pour savoir s’ils ont grandi en hauteur de quelques millimètres et peuvent voir les bancs de la cour sans l’aide de leurs orteils au cours des ans qu’ils devront passer ensemble dans ce lycée. A chaque fois qu’il leur vient à l’idée pour rire entre eux, ils sont là cet endroit. Les trois marques faites d’un simple crayon noir ont bien résisté à la poussière du temps bien des années après qu’ils eurent quitté le lycée. Il a fallu un coup de pinceau innocent d’une couche de peinture pour effacer tant d’années en souvenir. En cours de passage à ce lieu l’un de ces deux autres copains, lui rapporta une nouvelle pour lui dire, que les trois fameux traits n’existent plus à leur place et n’ont disparu qu’il n’y a à peine quelques années. A voir ce coin de souvenirs pour certains, ça ne donne à son passage aucune vue en apparence. A y penser pour nous. Ce souvenir est là vieux de 49 ans, marqué au mur et dans nos mémoires d’enfant de ce temps. A y penser aussi tout un passé revient et vous plonge dans ces souvenirs lointains à un temps où notre âge ne dépassait guère les treize ans. Il se souvient encore de ce temps de ses années ado ; il garde en soi, pour lui et pour nous une tranche d’histoire de son lycée qu’il a fréquenté, ce en quoi elle lui rappelle son adolescence avec les plus fous moments qui l’ont marqué en internat. Il se rappelle encore ces joies et frustrations d’une époque révolue que l’on ne peut effacer et qui entre copains ça peut se dire et s’oublier ; entre lycéens ça peut se dire entre eux pour se raconter un temps oublié ; entre internes ça se raconte entre eux et ça ne peut faire oublier la vie de potage de leurs années lycée. Il nous rappelle dans ce lycée cette vie de pensionnat ou plutôt d’internat où Il y eut un temps pour tout à travers nos années passées entre ses murs. Un temps pour toute chose sous les cieux de sa cour fantastique. Un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour se lamenter et un temps pour jouer ; un temps pour effacer et un temps pour écrire ; un temps pour se taire et un temps pour parler ; un temps pour haïr et un temps pour aimer et, tout ancien Ferroukhien du plus heureux au plus malheureux, du plus hardi au plus peureux, du plus pauvre au plus miséreux se souvient.

Pour celui qui eut le privilège d’être élève, Il lui en serait heureux aujourd’hui de revoir ce temps de cette époque et de se redire un peu de ce que furent pour lui, pour nous ces années-là. Qu’on se rappelle, elle était belle et souriante cette vie de copains d’avant passée en internat, cette vie d’amitié de lycée entre internes et externes. Se rappeler de ce monumentale et prestigieux lycée au nom du glorieux Chahid de la ville de Miliana Mustapha Ferroukhi qui fut pour beaucoup dans ces années 50, 60 et 70 le lieu de centre du berceau de notre ’adolescence. On pense encore et on repensera toujours à cet âge au temps du tableau noir, Tnqqqqà nos profs de classe et à leurs tics. Nous ne pouvons parler de ce temps sans les citer, sans évoquer leur manière de nous voir et à comprendre chacun. On les regrette en pensant à leurs dévouements, à leurs temps consacrés pour nous. A cet âge de l’insouciance peut-être sans le vouloir, nous leurs avions fait un tort, mais qu’eux aussi Ils ne pouvaient nous en vouloir, car eux-mêmes ont eu à passer par ce bout chemin de la vie. Nous en avions eu tant de respect pour eux en écoutant et admettant ce qu’ils avaient à nous faire apprendre, eux ils avaient autant d’estime pour nous en nous voyant attentifs à leurs explications. On ne peut que les considérer maintenant en adressant toute notre gratitude à leurs égards, vus leurs efforts fournis. Nous ne pourrons oublier leurs personnages humbles et classiques dans notre vie. Ils ont fait partie de notre époque. Ils ont fait notre histoire. Ils resteront à jamais nos profs, et nous, nous nous voyons toujours élèves devant eux. Avant de franchir la porte de sortie et quitter son lycée, il s’exprima en paroles difficiles à prononcer pour dire à ceux qui ont eu à fréquenter ce lycée qu’on ’est toujours rattaché et lié à notre passé à nos souvenirs d’avant, que les murs de ce temple ont gardé et garderont nos secrets et nos pleurs témoins de notre passage en ce lieu chéri, ils resteront les façades vivantes d’une histoire de ce temps à raconter.

Commentaires (1)

benmerad
  • 1. benmerad | 28/11/2012

allons,allons MADJID, ns qui sommes de la meme generation et qui connaissons cette chanson -avec le temps va tt s en va-ns te connaissons assez bien, tu etais jovial, sympathique et pas du tt pessimiste.Que signifie ce revirement.Allons IBTASSIM TEBTASSIM LAKA ELHAYET

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