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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

Le flûteur

Par Med BRADAI

C’est l’histoire d’un tout petit flûteur qui aimait jouer de la flûte

  Dans un lointain temps, au décor d’une ville entourée de murailles millénaires, un édifice en forme de manoir submergeait comme un château féodal où il n’avait pour protection contre toute marée humaine que sa balustrade exposée au vent. Dominant aussi une vallée à perte de vue le manoir faisait allusion à un château qui enviait toute jeune princesse de voir au moins une fois sa tête coiffée d’une parure de couronne comme le fait une reine pour plaire à son roi.
88683621sdc10232rr jpgUn beau soir près de ce beau château, avant que ne retentissent les coups de gong habituels pour la fermeture de sa grande porte comme pour la levée d’un pont-levis fermant le passage au-dessus d’un fossé, un petit bonhomme tout fluet, plein de verve et de gaîté prit place au pied de ses murailles dans un coin loin, bien discret qu’il choisit… Sorti comme une ombre de l’inconnu, vint mais comme étranger ne pouvait, ni ne voulait point entrer de peur qu’on le prenne pour un larron et qu’on le pende au plus haut donjon sans jugement.
 D’une humble cape vêtue en ce temps froid, lui couvrant le corps pour tout vêtement chaud, ce petit bonhomme emportait avec lui une quiddité de grande tristesse. Peut-être avait-il eu un sentiment de chagrin dans son passé de vie. On ne l’a jamais su. Il Arriva là, ne trouvant où confier ses confidences qu’il eut envie de verser quelques larmes pour son cœur plein de remords. En un endroit tranquille, près d’un mur qu’il chercha et trouva une cachette. A ce gite où il trouva la sécurité et refuge, à la même heure il prit soin de revenir chaque soir à la fin du son des neufs coups de maillet du gong à faire entendre une mélodie d’air de musique composée comme une plainte.
De cette vie de toujours dans ce manoir au-dessus de lui, on dit qu’au dernier coup du gong donné, serfs et serviteurs doivent rester éveiller. Ils font garde de nuit jusqu’au matin à veiller sur les filles du souverain et souveraine qui en comptaient beaucoup.
A la première nuit, le petit bonhomme vint là s’assoir en cet endroit bien loin au regard des redoutables archers faisant leur garde infaillible, il prit sa flûte et en joua deux ou trois notes. Pour cette nuit-là, Il avait choisi de ses mélodies la plus belle qui soit et continua à un rythme qui parfois mélancolique, qui parfois ses doigts bien adroits changeait le plaintif de son air qu’on pourrait entendre dire que sa flute parlait au nom de son cœur.
Il en fut ainsi chaque soir à la tombée de la nuit. On disait que même le feuillage des arbres aux alentours cessait tout mouvement de murmure pour être attentifs au charme du souffle mélodique de cet air plaintif.
De ce manoir chaque soir à la même heure au dernier coup du gong en sortaient de toute fenêtre ouverte des têtes toutes émerveillées, que de même, les plus jeunes princesses retirées dans leur coin de lit obéissaient à cette musique magique tellement envoûtante et fascinante.
Que de bonheur à ces instants, apporté au cœur de chacune qui ressentait et en croyait qu’on la jouait seulement pour elle. Ainsi, la nouvelle s’est très vite répandue au manoir que chaque soir un flûteur charmant vient, libérer les âmes de leurs tourmentes. Les bonnes vieilles dames et servantes prisent entre le sacré devoir de leur besogne du soir et la mélodie pénétrante leurs cœurs n’ont savent comment cacher cela à la reine mère et de peur d’être mises et jetées en cachots ne sachant que faire s'adressèrent à la gouvernante. C’était la supérieure en rang. La dame la plus vieille et la plus élevée de la cour du manoir. Elle leur promettait à leur désarroi de trouver une solution à cette calamité. Mais elle aussi était dans l’emprise du charme nocturne. Cela dura bien des soirs que chaque matin, elle ne cessait que leur répéter les mêmes mots «j'essaierai ne vous en faites pas, je ne sais ce qui me retient à dire à la reine de faire condamner toutes les fenêtres pour cause qu’il y a trop de froid qui vient du dehors». Ce soir je tenterai de mettre fin à ça, et complétant ses dernières paroles elle répétait : «ah !si la reine et le roi savaient çà il nous en couterait toutes de n’avoir pas su mener à bien une bonne garde».
A chaque soir au dernier coup du maillet au gong, les yeux au ciel tout en admirant le passage des étoiles filantes si perplexe la vieille gouvernante était là, aux aguets du son mélodique et enchanteur, venant de cette flûte magique. La bonne dame était aussi emportée par la douceur du son de ce bout de roseau, ce son qui s’élevait et parvenait jusqu’à son ouïe, elle n’en pouvait s’en priver d’écouter ni priver ses jolies mignonnes de demoiselles sous son couvent d’un moment de bonheur d’une soirée au clair de lune. Comme toujours les fenêtres ne furent jamais closes. Le charme à entendre était plus fort que la décision à prendre.
Cela allait de jour en jour, tout le monde trouvait ça à son gout si bien que tout ce beau monde vivant au château attendait l’heure du soir pour le soulagement à leurs cœurs. Le roi et la reine au coin de l’âtre de leur cheminée furent du nombre des penseurs et des veilleurs de nuit jusqu’à une heure tardive.
Ainsi, ces moments qui donnaient tant de plaisir ne prenaient fin qu’à l’heure tardive voulue des derniers coups du gong témoin d’un temps annonçant que tout va bien au manoir et qu’il est temps à tout le monde de dormir.

Mon histoire aurait bien plus être longue à narrer si ce n’est que le pauvre petit bonhomme de fatigue s’endormit un soir et par mégarde laissa de sa main glisser sa flûte. Au matin se réveillant, il la chercha partout qu’il ne la trouva nulle part. Pris de remords à ce sort de malheur jeté sur lui, il s’en alla prenant le chemin de l’exil et qu’on l’a plus revu à nos jours.
Mais on raconte depuis ici et là, que bien des gens l’ont vu dans des fêtes foraines de leurs contrées. Il y a ceux qui disent qu’ils l’ont vu et reconnu et qu’il est devenu un autre homme dans la vie, d’autres qui disent qu’il ne s’en est plus jamais remit depuis qu’il n’a plus sa flûte.
Même si mes dires ne sont pas aussi vrais que mes écrits, peut être qu’un jour viendra, l’on saura la vérité sur cette légende et que sa vraie histoire nous sera contée par ce même petit bonhomme qui a tant charmé son monde par sa flûte magique.

Commentaires (6)

TALBI Samia
  • 1. TALBI Samia | 06/05/2013
Bonsoir à tous....Effectivement ,le fluteur était là avec mr Ferhaoui ,j'ai eu l'occasion d'échanger quelques mots avec lui(Il portait des lunettes fumées et une petite 3èrakiya blanche),il me disait qu'il n'avait plus sa flute et qu'autrement qu'avec une pareille flute ,il ne pouvait jouer,je lui ai dit qu'une flute arrivait ,il paraissait content et m'a dit :"Alors je vais jouer un petit air" .Les choses sont allées très vite et à l'horizon ,point de fluteur ,il s'en était allé aussi mystérieux que dans nos souvenirs!:Dommage!!!Il avait l'air si attachant et si sympathique!!!!
Bradai
  • 2. Bradai | 06/05/2013
Le mystere reste entier et certaines auront toujours à penser à cette certitude qu’il est toujours caché quelque part dans les replis des murs protégeant à jamais leurs charmes d’adolescence.
DTouat
  • 3. DTouat | 06/05/2013
slt a tous les visiteurs de ce site et à mon ami abbas .
juste pour dire que le joueur de flute était présent tot ce matin du 1er Mai .nous l'avons rencontré cheikh ferhaoui et moi meme dans la grande cour du lycée.Nous avons meme pris le soin de le prendre en photo juste a coté de la toile qui lui a été consacrée.La photo sera injectée dans le site dés qu'elle nous paviendra.il faut peut etre souligner que notre ami le flutteur avait pris la peine de s'excuser .Des obligations l'ont contraint à partir plutot que prévu.
PS.Une chose étrange s'est passé ce jour là;je sais que seuls toi et cheikh Ferhaoui prèteront une oreille attentive a ce qui m'est arrivé ce jour là.Laissez moi retrouver tous mes esprits et..tu comprendras tout dans la suite de mes commentaires relatifs a cette journée du 1er Mai 2013.
noria
Bonsoir,
J'apporte une petite précision au commentaire de Mr Benyoucef Abbas, effectivement le flûteur est venu mais il n'avait pas une flûte sur lui. J'ai appelé AKLOUCHI pour nous ramener une de Gouraya, elle est arrivée un peu en retard, donc on a reporté pour l'après midi.
Vers 13H...Le flûteur n'était plus là.
Benyoucef Abbas
  • 5. Benyoucef Abbas | 06/05/2013
D'aprés ce qu'on m'a dit, notre fluteur est effectivement venu à la cérémonie du 1er Mai 2013, mais comme il n'était pas bien orienté,malheureusement il esr reparti.Quel dommage!!.
Nous le reverrons peut etre la prochaine rencontre Inchallah
Benyouceg Abbas
Benyoucef Abbas
  • 6. Benyoucef Abbas | 06/05/2013
LE FLUTEUR
Qui ne se souvient pasde notre fluteur,
Le soir,déambulant prés des remparts,
Il jouait des airs gais t bien flateurs,
Attirant ses admirateurs de tous parts.

En ce tempslà,la grande esplanade,
Plongée à peine dans l'obscurité,
Accueille les sons d'une aubade
Mélodieusejouée avec virtuosité.

Notre musicien nocturne est déjà là,
Avec sa flute enchnatée qu'il porte,
Il envoie son souffle sans etre las,
A réveiller les ames les plus mortes.

Les éléves internes du lycée Abdou,
Charmées âr la magie du fluteur,
Se pressent d'écouter ses sons doux
Qui emplissent de joie tous les coeurs.

Rendons lui un hommage qui mérite,
Aprés de lobgues années passées,
Le souvenir du fkuteur reste un mythe
Dans les esprits qui savent revasser.

Poéme de Benyoucef Abbas
Le souvenir du fluteur reste une image

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