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Souvenirs…Mon Ecole Normale de Milianah

Par Marthe BRIAL

 J'ai toujours aimé l'école, où je retrouvais à chaque rentrée scolaire mes camarades de jeux, l'étude, les occupations scolaires. J'admirais mes institutrices que je trouvais élégantes, qui s'occupaient de nous avec affection. Elles représentaient pour moi la sécurité, l'autorité, le savoir. Elles étaient des personnes hors du commun. Et je disais toujours : « Quand je serais grande, je serais maîtresse d'école ». « Alors, il faut que tu travailles bien en classe », me répondait maman. Et je m'appliquais beaucoup.

 J'ai suivi les classes primaires dans mon quartier, à Bab-el Oued, dans la banlieue d'Alger, où j'ai préparé le concours d'entrée à l'Ecole Primaire Supérieure. J'y entrais le 1er Octobre 1915. Durant trois ans, j'ai préparé le concours d'entrée à l'Ecole Normale de jeunes filles où j'entrais le 1er Octobre 1918. L'Ecole se trouvait à Milianah sur le plateau du Zaccar où étaient exploitées des mines de fer.

 Partis d'Alger vers 8 heures du matin, nous arrivions à Milianah Marguerite, où nous prenions un petit train poussif qui nous montait à Milianah vers midi. Un professeur nous attendait pour nous conduire à l'école, un grand bâtiment à deux étages, tout à fait banal mais accueillant où, dès le vestibule, on apercevait une grande cour de récréation, ce jour-là baignée de soleil, égayée par la verdure de rosiers grimpants et qui dominait la plaine du Chélif.

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 La Directrice nous accueillit et nous dirigea vers le premier étage afin d'y déposer nos bagages, puis au second où se trouvaient les salles de toilettes, afin de nous rafraîchir. Nous redescendions vers le réfectoire où un excellent déjeuner nous était servi. Après le repas, nous montons au premier étage où Madame la Directrice nous attendait, dans une salle d'études, afin de nous expliquer les disciplines de la maison.

Lever à 6 heures du matin, étude de 6 à 7 heures, petit déjeuner à 7 heures. Retour au 2ème étage où sont installés dortoirs et salles de toilette où se trouvent lavabos, cabines individuelles, eau chaude et froide et, le long des murs, des placards où nous pourrons ranger notre linge et nos affaires personnelles. Une autre salle, plus petite, avec des placards où nous pourrons ranger manteaux et vêtements.

Chacune de nous a une charge concernant l'entretien ménager de la maison. Chacune doit faire son lit, puis s'occuper de la propreté des galeries qui courent le long des classes, l'élève infirmière s'occupe de la distribution des bains, dont les salles se trouvent au sous-sol, disponibles le jeudi matin à tour de rôle. A 8 heures commencent les cours, qui dureront jusqu'à 11 heures, où nous prendrons les repas.

A midi, les jours de beau temps, ce sera une petite promenade d'une heure. Les jours de pluie ou de froidure, récréation dans la salle jusqu'à 13 heures. Les cours reprennent jusqu'à 16 heures.

De grandes corbeilles remplies de tranches de pain frais sont disposées sur les fenêtres du réfectoire. Les placards aux provisions occupent une petite pièce à côté du réfectoire, nos paniers à provisions y sont rangés, remplis de toutes les friandises que les mamans y ont disposées chaque fois que nous quittons la maison au retour des vacances.

A 17 heures, nous rejoignons les études afin d'y préparer les cours du lendemain.
A 19 heures, repas du soir.

G 6A 20 heures, récréation dans la grande salle où chacune de nous fait ce qui lui plaît : lecture, bavardage, dentelle ou broderie. La plupart des jeunes filles dansent. Il y a dans la salle un piano, et toujours une musicienne qui joue pour permettre à ses compagnes d'évoluer. C'est à l'Ecole Normale que beaucoup de ces jeunes filles ont appris les danses en vogue à cette époque : polka, mazurka , scottish, valse, pas des patineurs, quadrilles, tangos etc...

 A 21 heures, une sonnerie nous engage à regagner les dortoirs où nous nous préparons pour la nuit. Un professeur a sa chambre entre les deux dortoirs. Elle passe voir si toutes les jeunes filles ont rejoint leur lit. La lumière s'éteint, seules quelques veilleuses restent allumées. C'est le silence jusqu'au matin.

Le jeudi, le matin c'est le temps du bain et de préparation des cours dans les études. L'après-midi, si le temps est favorable, c'est la promenade aux alentours de la ville, à la campagne. Les jours de pluie c'est le temps libre dans les études ou la salle de récréation.

 Le dimanche, les jeunes filles peuvent dès le matin aller chez elles rejoindre leurs familles. Les autres ne peuvent sortir que si elles ont dans la ville un correspondant qui a été accepté. Mais, à 17 heures, tout le monde doit être rentré !

 Au cours de l'année, des cours de gymnastique nous sont donnés par notre professeur de physique, et au troisième trimestre de la troisième année, elle organisera une petite fête où seront spectatrices les élèves, les professeurs, Mme la Directrice et les employées de la maison. Des pièces y seront jouées, dirigées par le professeur de français, le Misanthrope, le gendre de M.Poirier, un ballet monté par le professeur de physique etc...

 Au cours du second trimestre, nous passons à Alger le Brevet Supérieur. Au cours du troisième trimestre nous préparons le CAP écrit. C'est à dire que, à tour de rôle, nous faisons un stage dans les classes de l'école d'application installée dans l'Ecole Normale même. Ces classes sont sous la direction d'excellentes institutrices : maternelle, cours préparatoire, cours élémentaire, cours moyen et cours supérieur.

Sans titre 82  Au mois de janvier, nous suivons à Alger un cours à l'Ecole Ménagère. Nous y logeons au Jardin d'Essai dans un bâtiment réservé pour nous. Nous y apprenons à tenir une maison, faire la cuisine, y compris la pâtisserie, l'entretien du linge, surtout le repassage et la couture, le jardinage : piocher, bêcher, bouturage, plantation, et, à l'Institut Pasteur, des cours d'hygiène et de soins, entretien des animaux domestiques. Cette période est une période de grande liberté car nous avons sortie libre le jeudi et le dimanche.

 Puis, retour à l'Ecole Normale où nous préparons le Certificat d'Études Pédagogiques. Pendant un mois nous préparons un mémoire sur le stage, sur les disciplines qui nous ont plu ; une dissertation pédagogique parmi les sujets qui nous sont proposés et une préparation de classe sur une discipline choisie. Les professeurs apprécieront et noteront. Nous avons toutes réussi à notre Brevet Supérieur et à notre Certificat d'Aptitude Pédagogique .

 Nous sommes institutrices et garderons de notre Ecole Normale un excellent souvenir de camaraderie, de protection, de sécurité que nous devons à notre Directrice et à nos professeurs.

Commentaires (2)

AbuAniss
  • 1. AbuAniss | 06/01/2014

Good Day.

i am really overwhelmed by the set of old photo posted this week.... many thanks for the auditors and for NORIA. i have the love that the old time comes back again with its mind setup and innocence. unfortunately, i know it is quite impossible but this is the nature of human being feeling. many thanks again to all active and proactive web members. best regards. abuaniss.

DTouat
  • 2. DTouat | 05/05/2013

bsr!ouiii quelle mémoire vivace qui nous entraine par la main pour replonger sur une période tres lointaine de la vie de ce prestigieux lycée!.bravo

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