De   Bab-El-Oued   à   Miliana

La rue du cauchemar.

L'histoire que je vais raconter  est réelle et je l'ai véritablement  vécue, le lycée Mohamed Abdou (Miliana)  a fait aussi  collège de la 6 ème à la terminale. C'était en 1974, j'étais en 3ème AM, l'apparition  de trois camarades externes chamboule ma vie, étant élève interne j'avais la chance de suivre mes cours en dehors du lycée  dans une annexe qui se trouvait  juste  derrière , on sortait tous les matins accompagnée de notre maitresse d'externat " Nadhéra". Un jour, une de mes camarades internes, me demanda de lui ramener un courrier  que son petit ami allait me remettre, ma réponse était positive, l'après-midi d'un maudit  mercredi,  les 3 camarades  étaient là assises sur le muret à l'entrée du lycée...,ne doutant guère de leur méchanceté, le gars me remet l'enveloppe,  je rentre vivement chercher l'interne quand la maitresse se précipita et m'apprena que j'ai été dénoncée par ces 3 filles, je tremblais de partout, j'avais peur,  je me sentais fragile, trahie,je ne savais quoi faire  une idée m'est venue à l'esprit celle de déchirer la lettre en miettes et l'avaler, chose faite en une  fraction de secondes. Quelques minutes après, je passe à la fouille,on me fait passer pour une véritable criminelle, je me battais toute seule contre tous ces regards qui pesaient sur moi, toutes ces remarques déplacées, je  fus isolée par une  exclusion du lycée d'un mois sans  preuve aucune, au dessus de cette période, le "conseil de discipline" devait m'exclure définitivement ! mais au lieu de cela, je fus transférée au CEM de Khémis-Miliana, on me fit prendre le chemin opposé de mes camarades, je me suis retrouvée seule à payer la méchanceté de celles qui la trouvaient amusante, je fûs privée de mon aimé et trahie par une de mes camarades,trahison qui a flingué pour longtemps mes rapports affectifs,  Deux ans après, je retourne  au lycée Mohamed Abdou pour suivre le secondaire, je passe mon bac en 1978 et je quitte Miliana définitivement  pour Alger.
Voici une de mes histoires, c'était l'un des combats de ma vie, 30 ans  après, je ne peux vous dire d'imaginer la souffrance que j'ai subi, mais je peux dire que je suis fière d'avoir affronté le problème toute seule sans  jamais dénoncer celle à qui je devais remettre la lettre, 30 ans après j'ai toujours en moi cette rancune, cette douleur car on m'a volée les meilleurs moments de ma vie.

Commentaires (15)

1. M.Moussa 28/12/2011



Salame Mme NOURIA

votre histoire est très émouvante, c'est bien triste!
C est 1 passage peut-être forcé mais ça était 1 leçon .. en enfance en jeunesse..
il me parait que c est une leçon .bonne leçon pour la raconter aux futurs élèves d une manière ou d une autre aux enfants, vos fils... la haine la trahison c est lourd et pénible --
ce n'est pas toi qui dois avoir honte mais elles...
vous etes grande avec un Coeur qui héberge tout le monde.. sauf eux.. c est utile quelques fois la rancune.
en tout les cas moi je vous SALUT SOLDAT.

2. nedjma 26/11/2010

je suis une amoureuse de la ville de Miliana, ville qui m'a marquée car j'ai passé trois années d'internat au lycée MED ABDOU, dans les années 70 ; je revis toutes les émotions et les frissons qu'on a partagés entre "internes" ; que de liens tissés entre amies et copines du lycée !
La notion de partage et de solidarité était notre principe !
Je comprends aussi le traumatisme vécu par NORIA, à l'époque l'administration avait un "droit de mort et de vie " sur les personnes dont elle avait la responsabilité et les dérapages et la sévérité dans le traitement des cas était de rigueur et personne n'en échappait ! ON avait toutes peur du châtiment qui pouvait s'abattre sur nous, par des expulsions ou des humiliations publiques ! alors il fallait s'en tenir rigoureusement au règlement et ne pas déroger à l'ordre établi !
Personnellement le fait d'être confrontée à la discipline "de caserne " a forgé en moi un caractère de révolte et d'insoumission ; par la suite je ne supportais plus l'oppression !
C'est un pan de l'histoire personnelle de chacune de nous !
E n revanche on travaillait bien !
BONNE CONTINUATION

3. 27/09/2009

Juste un petit truc, les Lapallissades et autres, pâles copies d'une psychologie à deux balles, laisse-les à ceux qui demeurent sourds aux douleurs d'autrui.
Khaled

4. 27/09/2009

Je m'excuse d'interférer, bien que tard (c'est la première fois que j'ouvre cette rubrique) dans ce qui ne me regarde pas, mais comme le débat est ouvert, permettez-moi de vous dire que je ne partage pas du tout le point de vue de docpsy. Je ne pense pas qu'il faille aller chercher à travers des contorsions sémantiques, un exercice de style ou un effet de manche des explications à un phénomène humain, la jalousie, la haine et leurs dérivés - la méchanceté.
La sagesse populaire est riche en enseignements dans ce domaine, et nous conseille de leurs opposer comme corollaire (bien que cela ne soit pas toujours évident) le pardon et peut-être même de la compréhension, elles ne pouvaient peut-être pas prétendre au même bonheur que le vôtre. Cela n'absout rien, mais rend l'acte odieux beaucoup plus intelligible et témoigne de votre aura à attirer le bonheur vers vous. Ce que vous avez enduré par la suite, si j'ai un conseil à vous donner, c'est de le reléguer aux poubelles de l'histoire. Dissiper ces zones d'ombres de votre mémoire affective, ainsi, vous aurez toujours un sourire aux lèvres quand vous jetez un coup d'oeil dans le rétroviseur du temps qui passe. Vous me direz que même si intellectuellement on arrive à transcender tout cela, on n'en est pas pour autant à l'abri de blessures. C'est vrai, mais quand on a franchi cette étape, on retrouve la sérénité indispensable pour le déroulement de la vie.
La transcendance est la quintessence de l'intelligence.
Khaled Chengab

5. 17/09/2009

bsr
tu as du souffrir une souffrance morale enfin j espere que la plaie s est refermée------l internat c etait une grande hogra on etait jeune innocent on etait privé de la tendresse familiale loin de nos parents et surtout il ya avait une grande hogra de la part des pions -nes-assoiffé-es- de pouvoir ils elles nous maltraiter comme des animaux l internat nous a tous-tes- tracé-es- enfin a nous de reparer leur faute pour que nos enfants ne subissent pas que nous avions subi-es- amitiées ahmed

6. mimi 07/08/2009

bonjour ,c'est tout à fait par hasard que je suis tombé sur ce site et c'est vraiment émouvant j'ai fait l'ITE en 1968/1969 et j'aimerais revoir un ami de classe que je n'ai revu depuis .son nom c'est Kouidri Benyoucef : est ce que quelqu'un peut m'aider ?merci

7. docpsy 28/04/2009

Bonjour !

Je viens de noter , sur votre site "souvenir d'une promesse", que c'est l'anniversaire d'une de vos amies : Safya.
Et bien ! Joyeux anniveraire Safya et beaucoup de belles choses. Sincèrement.

P.S. C'est idiot , mais je ne sais pas comment procéder pour m'inscrire à votre forum. J'ai fait deux ou trois tentatives qui n'ont rien donné. Merci pour le coup de main.

8. Noria 21/04/2009

Salam CONSTANCE,
Pour être franche, la première année je l'ai douleureusement vécue, c'était pour moi une rupture, une coupure, on avait détruit tout ce que j'espérais voir grandir, j’ai cru que je ne sortirais jamais de ma peine, mais avec le temps j'avais retrouvé la joie de vivre, je me suis faite des amis (ies) qui m'ont beaucoup aidé, dont les noms sont gravés en moi.
Je ne crois pas que Khémis soit devenue un bagne non ???, comme je l'ai déjà dit le conseil devait m'exclure définitivement , je dois mon transfert à un grand Monsieur rappelé à Dieu (Qu'Allah lui accorde le paradis)AMINE !
C'est Mr YAHI qui s'est battu pour moi et réussi à me trouver une place au CEM filles. ALLAH YARHMOU

9. CONSTANCE 15/04/2009

Une seule question Noria :
Ton passage forcé au CEM Madjène à Khemis-Miliana t'avait il apporté un plus (+) ?
Khemis-Miliana ,ville de ton exil ,était pour toi une délivrance ou juste un passage forcé plein de tristesse et d'amertume?
Dans tous les cas , nous retenons une chose de cette histoire .Khemis-Miliana était comme un bagne aux yeux de l'administration sinon comment expliquer cette décision si douloureuse.

10. Docpsy 27/03/2009

Bonjour!

C'est un réctificatif.

Dans mon courriel du 23/03/09, je citais 'Lamine'. Or, c'est en fait 'Lamie' qui vous écrivait le 27/02/09 et en réaction duquel écrit, j'avais apporté une précision au sujet du temps quantifié et qualifié....Merci pour l'écoute, en dépit du silence à propos de mon courriel.
Au revoir, sur le net.....peut-être!

11. samra 25/03/2009

Bonjour Docpy
vous êtes très intéressant et il est dommage que vous n'y participiez pas au forum. Si vous êtes prêt à faire vivre le débat, venez vous inscrire et nous rejoindre au forum.

12. Docpy 23/03/2009

Bonjour.

(un inconnu enchevêtré dans cette agréable trame d'amis du Net)

Je naviguais au hasard lorsque je suis tombé sur cet écueil.
Ce que ce monsieur (lamine) vous a écrit est absolument à déconseiller, même s'il prend pour preuve qq mots de harry Bernard. Cela n'engage que ce monsieur et son diseur de dictons.
Rien n'appartint au passé. Tout est continu et linéaire. Chaque jour est la veille d'un lendemain. Chaque matin est le lendemain d'une veille. Les jours ne sont pas qualifiables de la manière qu'il entend des secondes, des jours et des années.
Voyons ! C'es trop romancé.
Je serais plutôt en conformité avec une optique qui soutiendrait davantage la notion d'un 'temps constitué d'éléments-temps'. Mais jamais un 'truc' de : passé, l'ombre du passé, etc.
Soyons sérieux! c'es du bla-bla. De la pure polysémie de service. Du prêt à porter du verbiage. Cela mène droit au soliloque.
Je remercie tout de même ce monsieur pour la sympathie qu'il vous témoigne et la compassion dont il me semble faire preuve,très honnêtement.
Je pense qu'il vaut bcp mieux garder intact ce que l'on a préservé et laisser l'autre face ( tronquée ou carrément détruite ) à ceux qui en sont vraiment responsables.
Je n'ai compris, moi-même, certaines attitudes et comportements de gens qui avaient l'air d'enseigner aux anges l'art de la fidélité, qu'après avoir goûté aux affres de l'éveil au beau milieu de la tourmente de l'innocente qui paye la candeur puérile à un prix trop fort, au succube de l'histoire. de plus,je comprends bcp mieux, puisque, probablement tout comme vous, c'était à la période post adolescence.
Je ne l'ai mieux percu qu'après un doctorat (de psychologie), un diplôme de morphopsychologie, un autre de graphologie, la psychanalyse (...), et j'ai pratiquement 'avalé' une bibliothèque dans ces domaines du savoir-savoir; avant de mettre tout ce 'noir-vécu' sur blanc (sans thérapie du deuil) et que j'espère éditer un jour.
Donc! Continuez à profiter de ce que vous avez comme capital affectif avec toutes les pulsions qui le nourissent : rejets et attraits. Vous vous en foutrez, vous verrez bien!
De toutes les façons ça ne peut vous faire que du bien d vous en 'taper', du moment que vous avez certainement dépassé la côte d'alerte, je présume.
Ce sera un peu comme cette succulente sauce aigre douce chinoise. Tantôt piquante, tanôt mielleuse. Mais toujours, et à chaque fois: incomparable.
Vous haïrez sans doute. Faites-le aussi avc beacoup d'énergie. C'est le côté piquant. Il relève vraiment l'insipidité.

Aussi,amusez-vous à vous retrouver. C'est une merveilleuse thérapie ce 'collin maillard' des pulsions.
Bye! Portez-vous bien ! Je Serai à votre disposition si vous désirez une écoute ou souhaitez un soutien.

13. seg.yourayenne 27/02/2009

Noria, ton histoire m'a fondue le coeur, je me mets à ta place, ça devait être trés dur!!!!!!!
je pense que si tu en parles maintenant en citant les noms, comme j'ai raconté ma petite histoire (avec la surveillante à sa fille ( en privé)), ça te soulagerait de ton amertume et ta rancoeure. ce ne sera pas une dénonciation, juste des faits puisqu'il y'a prescription ( elles ne risquent rien, sinon d'avoir honte); ce n'est pas toi qui dois avoir honte, mais elles. il ne faut pas que tu continues à souffrir seule; elles y sont pour quelques choses, alors peut être qu'il faut qu'elles payent maintenant si on peut parler de " payer". à bientôt.

14. Missina 27/02/2009

Les souvenirs d'enfance restent gravés dans le subconscient Je comprends la douleur de NORIA.Comme a dit abdou ce n est que jalousie

15. Lamie 27/02/2009

Ton histoire est très émouvante, c'est bien triste!
Je comprends ta souffrance,ton désarroi même 30ans apres la douleur reste vive!
Surtout que tu l'as vécue étant jeune; on est plus fragile durant l'adolescence, periode d'insounciance et de confiance , d'espoir en la vie!
Cet événement a du avoir un impact dans ta vie! mais heureusement que tu as su tourner la page et vivre ta Vie ,malgré cette souffrance!
Voilà une citation :"Le passé appartient au passé.Il ne doit pas jeter son ombre sur le présent." Harry Bernard

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