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Le parcours d'un appelé du contingent

Source: Philang.Langer ICI

25 6 Pour me rendre à Miliana via Oran et Alger, j'eu la chance de ne pas reprendre la Rafale mais de bénéficier d'un vol vers Oran à bord d'un Dakota qui emmenait quelques officiers de l'armée de l'air à Oran. Ensuite, depuis Oran, je rejoignis par le train Affreville en bordure de la plaine du Chélif. A la gare, pour toute escorte, une jeep avec son chauffeur et deux canonniers, vinrent me chercher pour me conduire par une route en lacets, à travers des jardins et vergers verdoyants au CRIRAC, situé à l'ouest de la ville de Miliana bâtie sur un promontoire aux contours abrupts dominant la vallée du Chélif. Le CRIRAC était en fait l'ancien casernement du 9ème régiment de tirailleurs. Il avait pour mission la formation des recrues de l'artillerie de campagne du sud-ouest algérois. Miliana, à 740m d'altitude était à l'époque une petite ville de 15.000 habitants dominée au nord par le djebel Zaccar Gharbi.

  Je me souviens de notre grande chambrée tout en longueur éclairée uniquement par les deux fenêtres aux extrémités. Des lits métalliques à deux niveaux étaient adossés aux murs de part et d'autre de l'allée centrale. En tête des lits les murs étaient garnis d'étagères en bois. Nous y déposions nos paquetages soigneusement pliés: chemises et linge de corps d'un côté, pantalon et veste de combat de l'autre. La tenue de sortie et les affaires personnelles restant dans une valise dessous le lit. Chaque jour le bidasse chargé de la corvée de balayage procédait à la désinfection des sols cimentés avec du Crésyl répandu à l'aide d'une vieille boîte en fer blanc au fond percé de coups de poinçons. Malgré cela il n'était pas rare de trouver en dépliant la veste de combat ou une chemise, quelques punaises soigneusement dissimulées dans le col. Lorsqu'après une chaude journée de juin nous regagnons notre chambrée après le dîner, la seule façon de bénéficier de la fraîcheur nocturne était d'ouvrir les fenêtres d'extrémités.

 Nous nous endormions alors dans un courant d'air qui envoyait le lendemain matin les plus fragiles soigner une angine à l'infirmerie.

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 L'effectif des recrues du CRIRAC était constitué en grande majorité de FSNA et en minorité de jeunes pieds noirs et de métropolitains. Je connus là la vie du corps de troupe ponctuée de séances d'instruction sur le terrain et de quelques manoeuvres de plein été en casque lourd dans la région d'Affreville et dans la plaine de la Mitidja. Je n'était pas encore très aguerri à la vie militaire, mais les séances de parcours du combattant et les longues marches à travers les contreforts du Zaccar brulés de soleil allaient peu à peu me transformer.

 

Crirac pasdetir 1 Crirac pasdetir2 1  La formation au maniement de l'obusier 105 HM2 (calibre 105mm) dans la grande cour intérieure du CRIRAC était un dérivatif à tous nos efforts physiques. Encore que la manoeuvre à bras fermes pour déplacer les bêches de l'engin pour une mise en position de tir correcte ravivait les courbatures de la veille.

 

 

 

 

18 9 24 6  Au cours des marches dans les environs de Miliana, j'ai pu apprécier la beauté des paysages de montagnes encore verdoyant en juin et parsemés de petites exploitations agricoles. Quelques rares troupeaux de chèvres s'emparaient du flanc des collines. L'âne était la bête de somme à tout faire: portant de lourds fardeaux ou trainant de petite charrette ou dans le meilleur des cas, véhiculant son propriétaire.

 

 

 

28 614 8  Le dimanche était jour de temps libre, et la lessive matinale terminée, j'aimais aller flâner au marché non loin de la porte du Zaccar où se mêlaient petits producteurs locaux, venus des collines avoisinantes ou des vergers en contrebas, proposant leurs légumes et leurs fruits dans des cageots à même le sol et vendeurs de produits artisanaux (poteries, tissus etc...).

 A l'heure du déjeuner, c'est avec un plaisir non dissimulé que nous nous retrouvions au restaurant Garcia situé à l'extrémité de la rue Saint Jean, bordée de beaux platanes, pour prendre un copieux repas contrastant avec l'ordinaire de la caserne.

Hormis les deux portes monumentales celle du Zaccar au nord de la ville et celle du Chélif à l'ouest, vestiges de l'enceinte construite au 19ème siècle, et la place Carnot dite de l'horloge, Miliana ne possédait pas de particularité architecturale marquante, à l'exception toutefois de l'esplanade orientée au sud, plantée d'arbres et formant terrasse, offrant une très belle vue sur les jardins et vergers en contrebas, sur la plaine du Chélif et à l'horizon sur l'atlas tellien jusqu'à l'Ouarsenis à l'ouest.

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Vers la mi-août 1960 eut lieu au CRIRAC l'examen d'admission à l'EAA. A l'issu duquel je comptabilisais suffisamment de points pour prétendre rejoindre cette école située à Chalons sur Marne. Le 1er septembre 1960 après avoir regagné Alger, je m'envolais à bord d'un avion militaire à destination de Paris, heureux de retrouver la France et ma famille, après quatre mois d'absence.

Commentaires (1)

laalaoui salah eddine
  • 1. laalaoui salah eddine | 01/04/2016

Donc la France n'était pas son pays !

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