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Miliana, une ville millénaire/ Le quotidien d'Oran

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Miliana, une ville millénaire, qui s'est toujours voulue «une ville d'art et d'histoire», attachée à son passé, respectueuse de ses traditions, s'investit aussi dans cet élan de modernisme. Perchée au pied du Zaccar, elle illumine toute la plaine du Chelif. C'est aussi une ville qui n'arrive pas à s'agrandir sinon vers l'est, le long de la route vers Aïn Torki ou au sud, vers Zougala et El-Khemis où les jardins en étages, jadis fertiles et féconds, laissent de plus en plus la place au béton qui ne cesse de ronger les versants ensoleillés, en pente douce vers la plaine.

Dans sa volonté de renouer avec l'histoire, d'importantes opérations ont été réalisées, d'autres sont en cours de réalisation. Ce qui frappe d'emblée le visiteur, c'est cette draisine, une locomotive, symbole des mines de fer du Zaccar, désaffectées, maintenant épuisées, leur fer ayant fait tourner de nombreuses fonderies en France. Des mines où beaucoup d'habitants ont passé leur vie, nombre d'eux en sont morts, ces mineurs qu'on voyait sortir en file indienne, leurs lampes à carbure encore sur la tête, comme sortis d'une tombe. La draisine est là, exposée à l'entrée de la ville pour rappeler au visiteur le passé laborieux de ses habitants. Avec l'extinction des mines et le dessèchement des «jardins suspendus», beaucoup d'habitants ont dû quitter la ville à la recherche de travail ici ou là.

Les liens avec l'histoire, c'est son nom «Zukhabar» donné par les Romains. C'est aussi le saint tutélaire Sid Ahmed Benyoucef, venu de l'Ouest et sensibilisant les populations contre l'occupation coloniale. C'est aussi l'Emir Abdelkader qui y a établi une résidence et une manufacture dans le quartier des Annassers. C'est aussi le 9e BTA (9e Bataillon des tirailleurs algériens) qui s'est illustré dans la campagne d'Italie au secours de l'Europe contre l'occupant nazi. C'est aussi Mohamed Bouras, le père des Scouts musulmans algériens (SMA). Sans oublier la guerre de libération pour laquelle les habitants de toute la région ont donné les meilleurs de leurs enfants dont Ali la Pointe et Si M'hamed Bougara, pour ne citer que ceux-là parmi tant d'autres.

Ancrée dans l'histoire mais aussi tournée vers l'avenir, Miliana, d'année en année, se construit et se modernise. Les nombreux chantiers ouverts, les réalisations en cours ou achevées témoignent de cette volonté de vivre avec son temps.

Avec ces 45.000 habitants, Miliana connaît, comme tant d'autres villes, la crise de logement. Des opérations «tiroirs» ont débuté depuis des années dans les quartiers Korkah et Oued Rihane (ouest) où des îlots ont été rasés.

A la place de l'habitat précaire, de nombreux blocs de logements ont été réalisés et distribués, la dernière distribution en date est celle du 18 février dernier à l'issue de laquelle 56 habitants ont bénéficié de logements neufs. Toujours dans le cadre de l'éradication de l'habitat précaire, du quartier «Fonal», 130 logements sont en cours de réalisation, et 420 logements sociaux vont bientôt être lancés, 80 à Sidi Braham, 330 à Sidi Sbaâ et 10 à Ras El-Akba pour les victimes du terrorisme. A noter cependant que le rythme des constructions reste faible eu égard aux piles des dossiers de demandes déposés, et qui ne cessent de s'accroître: on en compte déjà quelque 3.000 dossiers.

Le problème de l'eau potable semble ne plus se poser selon le Président de l'APC Abdelkader Thabet. «Les perturbations dans la distribution ont grandement diminué et avec le nouveau forage en cours de réalisation, l'eau sera encore plus disponible dans tous les quartiers». L'APC, dans le cadre des Plans communaux de développement PCD, vient de bénéficier pour 2010 de 16 opérations portant sur l'amélioration des conditions de vie de la population, des travaux d'utilité publique et l'embellissement de la ville, notamment l'entrée Est de la ville et la grande place qui domine la plaine du Chelif, «la pointe des blagueurs», entourée des remparts.

La nouvelle bibliothèque, un bijou architectural, est achevée, les équipements ont été installés dont une médiathèque équipée d'une vingtaine d'ordinateurs, sur fonds de la commune.

On a déjà acheté pour 20 millions de cts d'ouvrages sans compter ceux qui étaient entreposés au musée et surtout les très nombreux ouvrages emmagasinés dans la salle de délibérations de l'APC, enfermés sous clé et dont personne n'avait accès. Une association «Les amis du livre» est en voie de création, pour apporter son soutien à la nouvelle bibliothèque. Là aussi le ministère de la Culture a promis des dotations pour ces lieux de culture trop longtemps oubliés. S'agissant du domaine de l'Education, un 4e lycée est en cours de réalisation avec un CEM à proximité, au quartier Hamama, tandis qu'un autre CEM est retenu pour le quartier ouest, à Oued Rihane. Pour l'enseignement primaire, toutes les écoles de la commune, toutes les classes ont été dotées de tableaux magiques. Fini la craie de nos anciens instituteurs et la poussière !

 

Le quotidien d'Oran

Commentaires (6)

Aziz Oudjida
  • 1. Aziz Oudjida | 21/09/2018
Cher Nadir,

On ne peut s'empecher de se poser une question bassement matérialiste sur ces projets qui sont tellement importants, utiles et nécessaires pour la communauté de Miliana qui en a, il est bien vrai, un grand besoin. Tout ces projets qu'ils soient d'ordre culturels, touristiques, écologiques au autre sont nécessaires, on en convient toutes et tous. Mais a mon avis, des études socio-économiques, meme restreintes, ont du voir le jour pendant ces cinquantaines d'années d'indépendance de notre pays, mais ont du butter sur leur financement, le sempiternel probleme. A moins qu'une action citoyenne, pro-active avec une forte participation, ne prenne les choses en mains avec une effective mise en oeuvre sur le terrain, continuelle sensibilisation des citoyens, des autorités locales et centrales avec des projets précis et détaillés, sans encore une fois les couts, car comme disent les Anglo-Saxons c'est cela :'' the bottom Line'',

Amitiés

PS: Comme j'ai un PC ''anglophone'' je ne sais toujours pas ou trouver les accents qu'il faut a la place qu'il faut" . Cette derniere remarque peut s'appliquer aussi au staffing des projets futurs, si projet il y aura !
nb1945
  • 2. nb1945 | 21/09/2018
Vous félicitant pour cette initiative, je vous incite à proposer des thèmes de contribution et à ouvrir un espace de débat pour :
- la conservation et la protection du patrimoine naturel (de Miliana et de sa région sud Zaccar)
- la maitrise du devenir économique notamment en matière de tourisme intégré
- une impulsion des activités culturelles et d'un tourisme intégré.
Nadir BOUMAZA
  • 3. Nadir BOUMAZA | 21/09/2018
il est souhaitable et possible de protéger le site tout en permettant aux contributeurs de copier leur propre écrit qui est souvent fait directement.
Nadir Boumaza
  • 4. Nadir Boumaza | 21/09/2018
Il est heureux de trouver cet article fort bien écrit et pertinent. Il est regrettable qu'il n'ait pas été signé, un texte ayant nécessairement un auteur.
Je propose notamment un appel à don de livres, je souhaite moi même en donner à la bibliothèque dès lors que l'intérêt est exprimé.
Je ne manquerais jamais assez de regretter qu'il n'y ait pas de plan de sauvegarde, de la cité et de son entour qui constituent un patrimoine des plus exceptionnels à l'échelle du Maghreb. L'évolution spatiale, économique, sociale, démographique et culturelle est malheureusement faite de la disparition des sources et de ce qu'elles engendraient comme réseaux de rivières, ruisseaux, points d'eau- fontaines notamment celles de Aïn Berqouq, de Zougala et de la ville elle même. Il est pourtant possible de les faire renaitre en les intégrant à un plan de sauvegarde et de régénérescence appuyée sur les nouvelles techniques et sur le principe de maitrise du capital hydrique. Le second impératif est la mise en place d'un plan de sauvergarde des maisons anciennes et des jardins (ce qui en reste) une sauvegarde n'empêchant ni la valorisation marchande ni la propriété, ni la gestion de la croissance et d ela construction. Il importe donc d e mettre un place un ensemble de plans d'aménagement et d'urbanisme, de régénérescence écologique, de protection des forêts et du patrimoine végétal et naturel comprenant la mine du Zaccar, les forêts supérieurs, etc. , de plan de protection des maisons anciennes et de POS qualitatif, etc.
L'impératif de sauvegarde requiert un plan socio-économique destiné impulser une économie adapté basé sur la valorisation marchande et économique de la culture, d'un tourisme intégré et doux (gites, tourisme chez l'habitant, etc.) d'un plan de développement économique excluant les activités nuisibles, destructrices et inadaptées et orienté vers l'économie horticole (production fruitières, agriculture écologique, production d'essences, tourisme culturel, centres de recherche de petite dimension,.., ) comprenant une démilitarisation de l'espace de la caserne lequel n'empêche pas le maintien de la fonction militaire qui doit évoluer avec les possibilités existantes donnant à l'armée un rôle important mais différent, la région (montagne et vallée permettant de metter en place un bon dispositif de présence militaire reconvertie, etc.
Boumaza
  • 5. Boumaza | 10/06/2018
Bonjour, merci d'avoir fait ce texte je vous recommande de demander aux visiteurs de le citer plutôt que d'interdire de le recopier d'une part parce qu'il est copiable. Il est bon également de citer vos sources. L'important est de diffuser et que les gens le lisent.
Chantal
Bonjour à tous,

Cela me fait plaisir de constater que tout est fait pour sauvegarder, le mieux possible, le patrimoine de cette ville de Miliana à laquelle je suis profondément attachée pour de multiples raisons.

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