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Bir Etheldj, un site de méditation à l’abandon/ Par Med MIDJOU

Bir Etheldj

Il est un autre endroit longtemps vénéré pour des séances d’adoration et d’obéissance exécutées par le saint homme, le mystique Sidi Bouziane, voué hélas, les dernières décennies à l’abandon, enseveli sous les décombres des auto-constructeurs occupant le nouveau lotissement portant son nom. Situé au nord du CNET Garçons, actuel CEM Ibn Batouta, le site en forme d’Igloo recouvert de terre fut appelé anciennement (Wali Sidi Bouziane) et aussi (Bir Etheldj) (Puits de neige) où son locataire de bonne foi, dans sa retraite se consacra par une relation intime avec son Dieu à de profondes invocations et prières. Il est rapporté par de vieux gens que les visiteurs dans cette suite sacrée, allumèrent des bougies demandant la protection et la bénédiction de leur supérieur, le miséricordieux. Sombre de l’intérieur mais lors de la mission spirituelle, une clarté apparaissait comme réponse ou vœux exaucés aux prières, Sobhane Allah. Du temps de notre jeunesse, nous eûmes maintes occasions de visiter cette grotte sans que notre attention ne soit attirée, juste de la paraffine de cierges fondue sur un rocher, une voute de roc ou briques sans en avoir la certitude, il aurait fait un grand four à pain traditionnel. Au milieu et en forme de cercle, un grand bassin de briques pleines d’un diamètre de quatre mètres environ et un espace tout au tour de moins d’un mètre pour permettre de se déplacer. Impossible d’en formuler l’âge de sa construction, ni même la période relative à la phase de soumission divine du vassal, sauf qu’il est retenu que lors des saisons de neige, on l’y remplit à ras bord pour s’en servir pour un temps d’une eau distillée, bénite venue du ciel, destinée à tous les usages. Un vieux voisin du site s’y consacra toute sa vie à l’entretien du secteur et le chaulage à chaque saison printanière, cette mission de bonne intention ne connut malheureusement pas d’enchainement. Ce monticule servait également de tribune aux femmes voilées du dimanche, fidèles supportrices du Sporting au sommet de sa gloire. Le laxisme, la dégradation de ces lieux sacrés affecte énormément le patrimoine culturel et spirituel, l’associer à d’autres endroits à visiter et répertoriés sur un guide touristique contribuerai à l’enrichissement des circuits de sites historiques quand bien même il reste difficile d’admettre de nos jours que la génération actuelle puisse s’intéresser à ce genre de croyances les qualifiant plutôt de sornettes d’un autre âge.

Commentaires (2)

semmkam
  • 1. semmkam | 17/02/2018
on appelait cet endroit "ghar echamaa3", la grotte aux bougies.
Meskellil
  • 2. Meskellil | 05/02/2018
Bonsoir Mohamed,
Bonsoir à tous,

Merci Mohamed. Toujours du plaisir à vous lire. Des thèmes graves abordés avec éloquence, et toujours pertinents, instructifs, constructifs. Quand il faisait beau, on allait à Sidi Bouziane passer quelques moments de détente, de douceur et de recueillement, plutôt les femmes en hayek comme vous le dites si bien, nous autres enfants, on gambadait ici et là tout à la joie de nos jeux. Bir ethaldj ? J’ignorais son existence ainsi que ce qu’en disent les anciens. Je crois que la transmission de la mémoire se fait de manière très erratique, voire pas du tout, et Miliana a tellement peu à voir avec ce qu’elle était qu’il est difficile à la jeunesse de l’imaginer, d’imaginer sa beauté d’antan, la douceur de vivre qui y régnait, de mesurer le gouffre, la perte colossale d’un patrimoine ancestral si précieux qu’il soit matériel ou immatériel. La décennie noire a, à mon sens, accentué la fracture entre les habitants et la ville, et Miliana qui absorbait sans soubresauts les nouveaux arrivants, surtout au temps où la mine du Zaccar drainait nombre de travailleurs, se retrouve, elle, dans son présent complètement absorbée par une explosion démographique démesurée entrainant des constructions anarchiques et ne correspondant en rien au style architectural de Miliana comme de ses banlieues.

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