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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

LETTRE DE NOVEMBRE

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 * Abtal: glorieux combattants
  * Djebel:  la montagne, le maquis
  * Kachabia: tenue de combat des maquisards
  * Fells : « fellaga » les rebelles »

Commentaires (8)

keryma
  • 1. keryma | 02/11/2015
Oui un grand merci Noria!
Benyoucef on garde celui-là jusqu'au moment où nous ferons un autre pour la circonstance!
benyoucef
  • 2. benyoucef | 01/11/2015
Merci chère amie Noria d'avoir republié ce poème en duo avec mon amie Keryma , à l'occasion de la date commémorative du 1er Novembre 1954, journée glorieuse inscrite dans l'histoire de la révolution algérienne
Bonne journée
Benyoucef
ZOUAOUI  mourad
  • 3. ZOUAOUI mourad | 05/11/2014
LETTRE DE MON PÈRE CHAHID,

J'arrivais dans mon pays par l'autobus du matin à 10 heures. Ce soleil vert glissait doucement derrière les brumes de la montagne EL GOUNTASS. Je me dirigeais vers le village par le chemin des prés. J'attendais ce chemin comme le messie. Au djebel, là-haut, pendant les mauvaises nuits je pensais souvent à lui, à l ombre, à la paix de ses vieux saules, à l'herbe
qui froute autour du pas. Et puis au dessus des feuillages je voyais et j'entendais craquer les toits roses de mon village. C’était un endroit de mon pays particulièrement sensible. Chaque fois que je venais en vacances, je passais par là. Mais je ne réussissais jamais à retrouver la joie des arbres et de la paix. Chaque fois je me précipitais vers le chemin, j'écartais le chèvrefeuille, je me mettais à marcher de mon vrai pas de paysan long et lent et roulant un peu les hanches. Ce pas, je le retrouvais tout de suite, avec son alant, son poids, sa force qui me tirait dans les pays inconnus. Tout dans moi dansait déjà à cette cadence. Mais rien ne venait plus danser avec moi. Les arbres étaient des arbres, l'herbe de l'herbe. Le chemin, chemin menant vers un village de vieillards.
La guerre de libération nationale m'avait pris au beau milieu de ma jeunesse. Le monde avait toujours les fortes odeurs, les grandes couleurs vives des matins de printemps, je ne savais pas encore qu'on doit envier les morts. 7 années, pendant lesquelles j'avais rampé à travers la mort, les entrailles et la pourriture. J'avais encore dans ma tête, l'odeur de mes camarades. J'étais encore habillé en djoundi. Mais maintenant c'est fini. J'avais envie d'un costume en flanelle grise. Maintenant le ciel était ciel. Déjà je pouvais entendre le bruit qu'il faisait dans les arbres, ce lèchement de vagues sur le sable limitrophe de l'oued Cheliff, ce grésillement d'écume. A la lisière du ciel, il était de nouveau permis de vivre. La guerre n'avait rien tué en moi. J'avais appelé les vastes espaces magiques du ciel. Je marchais bon pas vers le village. La terre était toujours muette. Les grillons appelaient dans l'herbe, mais sans se répondre. Je pensais à ma famille, à mes enfants que j'avais abandonnés. En même temps à l'horrible guerre qui venait de se terminer et que j'avais faite ce jour du 5 Juillet 1962. De grandes vadrouilles sous les belles forêts de DJENDEL, traversant les taillis, emportant de la brume dans mes cheveux comme des toiles d araignées. J'allais guetter les cerfs pour les voir, et c'était beau. Ils arrivaient, ils ne savaient pas que j étais là, ils mangeaient.....................L'ALGÉRIE ÉTAIT LIBRE ET INDÉPENDANTE .
mourad
ferhaoui
  • 4. ferhaoui | 02/11/2014
bonjour les amis (e) s.suite a une absence sur la toile algermiliana je me fais un plaisir de vous retrouver de nouveau alors que dire de plus sinon on est là!... surement demain incha-allah. l'ami ferhaoui, oran.
ZOUAOU Imourad
  • 5. ZOUAOU Imourad | 02/11/2014
60 années après le 1er Novembre 54 qui a conduit à l indépendance nationale ,les aspirations du peuple Algérien à la dignité ,à la démocratie et à la justice sociale demeurent toujours en suspens.
Pour le pouvoir en place depuis l été 62 et qui n a pas changé de nature,l euphorie commémorative de cet évènement charrie inexorablement quelques questionnements quant au présent et au devenir du pays.
Soixante ans après cette glorieuse RÉVOLUTION ,il faut affirmer qu il y a peu d acquis majeurs à énumérer ,hélas......! Et plus que tout autre regret à nourrir ,celui d un décollage économique insidieusement raté est sans doute le plus amer.
Dans un monde où les nations guerroient désormais à coups de sophistications boursières ,de manœuvres monétaires et de course à la compétitivité ,l'Algérie n a plus guère que son baril de pétrole à faire valoir.L indépendance du pays est à ce point mise à mal qu à la moindre culbute des cours pétroliers ,l on est réduit à craindre un retour inévitable des crises d'endettement ,des injonctions de cures administrées par le FMI et à des pénuries de denrées aussi vitales que le blé et la pomme de terre.
Merci quand même KERYMA et BENYOUCEF pour ce joli poème en hommage à nos valeureux martyrs ......
mourad
kéryma
  • 6. kéryma | 02/11/2014
Bonsoir Chantal,

Tu es une femme formidable, je ne cesserai de le dire, je suis très heureuse que notre poème ait suscité une réaction si admirable de ta part comme à chaque fois d'ailleurs! J'aurais tant voulu t'entendre lire ce "bébé" lol, avec ta voix que je connais d'ailleurs aussi merveilleuse, merci beaucoup ma Chantal!
Oui en effet des femmes martyres mortes pour l'Algérie il y en a des centaines celles dont on parle et des anonymes,
grosse boussa
Kéryma,
benyoucef
  • 7. benyoucef | 02/11/2014
Bonjour Chantal
Merci d etre passée sur notre poeme et d'y laisser un commentaire bien ressenti au sujet de cet evenement historique qui reste gravé dans la mémoire du peuple algerien.
Trés amicalement
Chantal
Bonjour Benyoucef et Kéryma,

Cette « lettre de novembre » rejoint - dans l'esprit - le « bébé » (lol !) que vous aviez déjà fait ensemble et qui s'intitulait : « 19 mai 1956 ». Poème que j'avais eu l'immense plaisir de lire le samedi 6 septembre 2014 lors de la rencontre des Ferroukhiens au Musée de la Manufacture de l'Emir Abdelkader à Miliana. Dans ces deux poèmes on y retrouve non seulement l'amour de la patrie mais également la détermination de ces hommes prêts à mourir pour une Algérie indépendante.

Ces poèmes sont autant d'hommages à tous ces hommes ET toutes ces femmes qu'il ne faut pas oublier !

Bonne journée à tous.

P.S. Merci d'avoir donné la traduction des deux mots que je ne connaissais pas : « Abtal » et « Kachabia ».

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