La désunion proclamée entre les membres de Zyria, les esprits durement touchés et retrouvés au lendemain de cette lutte verbale implacable pour un enjeu de prunes, les dissidents, renfermant d'énormes qualités techniques, décidèrent en un tour de table, de se défoncer pour une nouvelle formation. Contre toute attente et en un mois de préparation constitutive, la machine était déjà en route. On l'appela alors, les Rossignols de l'Andalousie dont les encadreurs, à travers cette création, avaient pour seule mission de former une relève digne du patrimoine classique. Les personnes contribuant d'une manière ou d'une autre à la naissance de ce groupe, trouveront ici, l'expression de nos remerciements les plus chaleureux dont Rachid Saâdaoui, l'atout maître dans les relations extérieures et en communication.
La naissance donc de cette formation (Balabil El Andalous), en cet automne de l'année 1999 signifie tout bonnement le dénouement d'une crise interne non fondée au sein de l'association mère Zyria, qui ne peut se justifier que par des considérations personnelles, voire égoïstes, une polémique alimentant naguère, honteusement des sentiments de frustration, léguant en seconde position, toute valeur culturelle ou tout autre concept de protéger les assises constitutives de l'entité, auxquelles, d'énormes sacrifices ont été consentis. Que pourrons- nous déplorer de plus de cette velléité ?
Le naufrage subi, n'étant qu'un mauvais souvenir de plus, l'accalmie retrouvée, poussés par un ardent désir de s'imposer magistralement, les éléments responsables s'investirent d'emblée pour en assurer la continuité sous d'autres cieux et sous un autre emblème, loin du tumulte abracadabrant. Tous les ingrédients étaient réunis pour une activité sereine et majestueuse, mobilisant des acteurs de tout gabarit comme le président Med Bouyarbou, Mourad Cherchali, El hadi Nedjai, A. Bouchakor, Kouadri, Krimo Moulana, Bencharif, Achour, Mébarki, Berrabah, en tant que parents d'élèves, venus en masse, assister les dissidents qui, par abnégation, ne lésinèrent aucunement sur les moyens moraux ou matériels, en témoigne, leur mobilisation autour de ce projet. Le lancement fût entonné au domicile de Mr Bouyarbou, connu pour quelqu'un du milieu, enclin à tout ce qui est classe, partageant en sentiments le commun des mortels, allergique par contre à l'informel, la médiocrité et le vacarme, genre tout venant. Nous lui reconnaissons tout de même, les signes vertueux de bravoure et de générosité dont il a toujours fait preuve et en toutes circonstances.
Dans cet autre environnement, dirions-nous, la présence d'une cuvée intellectuelle, profitable à tous les âges à travers les échanges de point de vue, les débats et autres sujets captivants, entretenait à juste titre, une relation amicale et fraternelle digne d'une confrérie vouée aux préceptes édictés d'une doctrine. Le bon sens et l'enthousiasme aidant, l'esprit du groupe se mouvait et s'exaltait régulièrement, de jour comme de nuit dans une ambiance familiale des grands jours. Au commencement de notre labeur, notre formation regroupant tous les âges avait l'air d'une garderie, ça jacassait de partout et il s'imposa alors un plan d'actions destiné en perspective à scinder le tout en classes respectives d'apprentissage, ce qui fut fait peu de temps après, où cheikh Tibahine s'est vu confier la charge des novices.
Entassés dans la pénombre du lycée Abdou (gymnase), par temps capricieux ou cléments, arc-boutés sur les instruments et concentrés toute ouïe sur le répertoire, la consigne de la rigueur était toujours en vigueur dans la progression de l'effectif. On se préparait habilement à la saison des productions artistiques où par hasard de circonstances, la troupe (El-Fen El-Açil ) de Koléa fût notre première invitée à ouvrir le bal en cet été de l'année 2000. L'ossature s'affirmait de mieux en mieux par l'intense apprentissage instauré depuis bientôt deux ans, un idéal enchanteur jusqu'au jour où le remplacement de notre respectueux président s'imposa par nécessité (raison de santé), que l'on gratifia d'un titre des plus nobles pour sa stature, à savoir, président d'honneur.
Dans leur élan musical fulgurant de quatrième vitesse, les rossignols se sont distingués par une extravagance qui mérite d'être signalée et qui se résume aux préparatifs des festivités de l'année 2000 au cours desquelles, l'association s'est transcendée magnifiquement en ficelant à une semaine d'intervalle de la cérémonie une nouba (Rasd Edil) en un temps record de huit jours. Nous ne saurons vous décrire l'allure de préparation, les enfants bien que souriants, donnaient l'impression parfois de se réveiller le matin, avec leur instrument entre les mains. Nous avons pris, pour notre part la sage décision de se retirer en laissant le circuit aux kamikazes, confiants d'assurer le spectacle. Ils étaient bien au rendez-vous, en gratifiant le public d'un moment d'évasion, qui leur réserva à son tour une infinité d'ovations. Nous avons tous du mal à y croire encore à ce résultat, mais il est bien réel et invite même les prétendants à s'y mesurer un jour pour le pulvériser. Franchement, nous en doutons fort qu'un pareil élan compétitif ait pu se produire dans d'autres lieux, sans remettre en cause les compétences des artistes d'ici et d'ailleurs.
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Mis en ligne le 02 Janvier 2009 - Noria - All Rights Reserved