Le Zaccar, le Cri d'Alarme

Eternel témoin de l'évolution du temps et de légendes mouvementées marquées par des humains à l'allure conquérante dont l'existence rimait avec l'hystérie ravageuse en disputant l'emprise d'une forteresse géostratégique blottie impérialement à ses pieds, le Zaccar imperturbable, longtemps zone de repli des opprimés et valeureux refuge des maquisards de la première heure en butte à d'innombrables conflits guerriers et armés, ne cesse, du haut de sa silhouette majestueuse et dégarnie de crier sa colère face à la surexploitation minière de l'époque, le charbonnage incontrôlé du bois, l'insouciance ruineuse de la pierre bleue au fort besoin de la maçonnerie et les sinistres incendies aux flammes apocalyptiques décimant en totalité le chêne-liège et autant de variétés d'arbustes accentuant par cet acharnement, la déforestation et le décapage de la couverture végétale, source de bien-être de l'humanité et de la faune sauvage.

Présentant un aspect lugubre par ses alvéoles géantes aux parois de granite abruptes et écorchées, lieu idéal de ponte des rapaces, ses entrailles éventrées et perforées de galeries fantomatiques menant vers les ténèbres où de braves mineurs ont laissé autrefois leur vie par étouffement, ses crevasses, ses escarpements rocheux et pointus dus à l'extraction volumineuse du minerai au moyen de pic et de dynamite dont le produit raffiné s'élance glorieusement dans le ciel de Paris depuis l'exposition universelle du 19 ème siècle (Tour-Eiffel), la revanche après tout ce mépris n'a pas tardé à apparaître tant le vandalisme dépassait en intensité la volonté populaire de mise en valeur, l'absence d'une dynamique protectrice de l'environnement et la menace grandissante de déséquilibre du contexte écologique par le laxisme irresponsable et les intérêts économiques.

Intégré à notre paysage socio-économique par les biens qu'il nous procure en ressources hydriques, en flore thérapeutique, la douceur climatique et l'abondante faune prisée pour sa chair dorée au goût magnifique, la population anxieuse aujourd'hui, assiste médusée à l'assèchement des ruisseaux vivifiant au passé, les vergers fleuris situés en contrebas laissant place à l'émergence du bâti au milieu de rares peupliers rescapés et résistants grâce à leurs racines enfouies sous le sol humide, à la multiplication des pénuries d'eau, à l'augmentation du mercure en été, générant un besoin incompréhensible en climatiseurs sans oublier pour cause d'érosion, les éboulements déferlant en cascade sur les habitations avec une issue dramatique, parfois. Quand on se rappelle le phénomène cyclique scientifique consistant en l'absorption de l'eau par les racines et son évaporation à travers le feuillage des arbustes, pour en voir des bulles humidifiées se transformer en précipitations bienfaitrices, l'on se fixe immanquablement dans l'expectative par crainte d'une sécheresse certaine à défaut de sensibilisation majeure à éradiquer le fléau destructeur.

Il est d'autre part un endroit dont on ne peut manifestement faire l"impasse pour décrire les merveilles de la nature, c'est Ain N'Sour fief des cerises royales, point culminant à plus de huit cent mètres d'altitude et dont les vertus thérapeutiques sont vivement recommandées pour les insuffisants respiratoires et autres personnes désirant stimuler leur rythme cardiaque. A la recherche de concentration, des sportifs de différentes disciplines séjournèrent jadis sereinement en préparation à diverses joutes nationales et internationales. En mettant en évidence cet espace à la vue époustouflante et à l'odeur exaltante dégagée par la résine du sapin et la brise marine venant du Chénoua, tout porte à croire et sans exagération à un petit coin de Haute-Savoie en Afrique du Nord, par le climat qui y règne, bien doux en été, pluvieux et enneigé l'hiver mais dont les habitués des balades en montagne déplorent rageusement le cachet brutal sévissant et la rudesse du milieu faisant fuir toute notion de détente, c'est-à-dire, s'y faire une idée de grandeur paradisiaque et romantique serait une pure illusion par le paysage lunaire qui y règne par la dégradation de l'être humain. Le plus affligeant des tableaux quand les yeux scrutent de part en part des parcelles de troncs de cerisiers et merisiers et autres espèces pétrifiés, des pieux secs tels des épouvantails carbonisés apeurant même les oiseaux. En bas dans la vallée, des maisons basses sans toiture et aux murs délabrés au milieu d'une maigre végétation, désertées par leurs occupants témoignent par leur piteux état des supplices subis par une tragédie nationale qui ne dit pas son nom.

Longtemps associée au bonheur éternel et au farniente relax, la région n'est hélas, plus que l'ombre d'elle-même et il est à espérer tout de même la renaissance réelle de cette image présente encore dans nos souvenirs quand, par la volonté divine, la nature reprendra un jour, ses droits et l'homme, de son côté, y mettra un peu du sien.

Dès lors et quelque soit l'origine des chamboulements climatiques de par le monde, la conscience est plus que jamais interpellée localement pour reconsidérer notre milieu naturel et lui apporter le maximum d'entretien et de préservation car il y va de notre survie dans une cité enclavée où tous les espoirs de surmonter les crises et d'éviter le déclin constant, demeurent vains et que toute théorie de la relever en un haut lieu touristique générateur de capitaux, en vertu de son statut historique et féerique est jugé caduque en l'absence d'une réelle volonté politique.

Commentaires (4)

miliana

4. miliana Le 16/07/2010 à 20:16

vous avez raison monsieur Benabbad;se lamenter sur les agressions écologiques et esthétiques que subit le Zaccar ne participe en rien a leurs éradications.
expliquer aux élus municipaux s'ils consentent a écouter que Miliana n'a pas vocation a connaitre une extension vers le nord,en raison des risques que cela peut entrainer en cas de très fortes précipitations serait un premier pas vers une prise de conscience collective des dangers qui menacent la ville et la population.
des extensions à l'Est et à L'Ouest seraient envisageables, avec droit de préemption sur les terrains que pourrait exercer la mairie dans un souci d'intérêt général pour répondre à l'explosion démographique et aux problèmes nés de l'exode qu'a connu une partie de la population actuelle.
KHALED CHENGAB

3. benabbad Le 16/07/2010 à 15:53

je suis aussi un fanatique des randonnées au zaccar et bien de jour en jour on peut que constater les degats c'est tout simplement affreux !!! que peut on faire ?? c'est vraiment désolant et se lamenter ne ser à rien unissons nous et réagissons en aidant les responsables à mieux assumer leurs responsabilités

2. Aziza Amir Le 10/07/2010 à 23:16

Envoyer un e-mail à Aziza    Amir
Bonsoir Appelez au numéro suivant :027 60 49 22 dans la wilaya de Ain Defla (Algerie)dont fait partie la ville de Miliana et demandez le numéro de tel du musée .Son directeur est Mr Boualem Bouyahia .

1. ELIANE ORTEGA BERNABEU Le 03/07/2010 à 15:45

Envoyer un e-mail à ELIANE ORTEGA BERNABEU
Mr.
je recherche de la documentation , photos recits oraux, etc.. sur le camp de concentration ou caserne entre 1939 et 1944, ou furent enfermes des republicains espagnoles
Pour une page web espagnole
http://exiliorepublicanoennortedeafrica.blogspot.com/
Eliane
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