l ne s'est pas fait facilement mais lentement. Le projet a muri durant 2 ans... c'est aussi grâce à Internet que j'ai beaucoup avancé. D'abord j'ai fait la connaissance d'une personne - qui est devenue une amie - Algérienne, habitant Paris par le biais d'une demande que j'avais passée sur un site ; étant passionné par les chemins de fer - je le suis toujours - je demandais des photos des transports de la ville d'Alger et en particulier d'une ligne bien précise, la ligne 7, place du gouvernement-Ben-Aknoun. Cette demande a été vue et de là est partie une relation qui s'est consolidée avec le temps. Cette personne m'a rapporté des photos de la tombe de mes grands parents maternels qui reposent dans le cimetière chrétien d'El Biar. Ce cimetière n'a pas vandalisé, simplement l'usure des années a fait son oeuvre. Pour la deuxième rencontre ce fut aussi internet. En parcourant le même site je suis tombé sur l'offre d'une personne pouvant faire les photos que l'on souhaitait sur Alger. Surtout il travaillait, à l'époque, à quelques 100 m du lycée de Ben-Aknoun... Ces deux personnes m'ont aidé dans ma préparation psychologique. Une troisième personne m'a aussi beaucoup aidé, mon épouse qui n'est pas native d'Alger et qui ne connaissait pas du tout l'Algérie. Il faut dire que pour beaucoup d'entre nous l'Algérie c'était "y penser, toujours n'en parler, jamais". Petit à petit je me suis dit "pourquoi ne pas aller voir sur place et refaire un retour sur images". Une idée m'est venue, refaire les mêmes photos de moi aux mêmes endroits... Nous en avons fait queslques une, il m'en reste encore à faire... Je me suis mis à lire la presse algérienne, sur internet - je continue d'ailleurs - la presse de langue française car je regrette de ne pas avoir appris l'arabe mais ce n'était pas une obligation alors. L'arabe était considéré comme une langue vivante étrangère au même titre que l'anglais ou l'allemand. C'était ainsi. J'ai consulté tout ce que j'ai pu trouver sur l'Algérie d'aujourd'hui... A vrai dire, depuis toujours j'ai gardé un oeil sur ce pays.
Une fois la décision prise nous nous sommes organisés pour trouver un hôtel, une compagnie aérienne, un moyen de se déplacer dans Alger. Puis nous sommes allés chercher nos visas (à Metz) délivrés sans problème. Dans l'autre sens c'est plus compliqué comme vous le savez. Je précise que je ne voulais pas d'un voyage en groupe mais quelque chose de personnel. Ce n'est pas une critique à l'égard des personnes qui reviennent en groupes - chacun vit ses souvenirs à sa façon.
Une précision : ce voyage nous l'avons réalisé seuls (je ne voulais pas le faire en groupe comme cela se pratique - je ne critique pas ce genre de retour, chacun agit comme il se sent ou comme il peut) mon épouse (qui ne connaissait pas le pays) et moi. Nous nous sommes promenés dans Alger-centre. Nous avons remonté la rue de La Lyre...où nous avons été arrêtés tous les 50 m par des inconnus qui voulaient échanger, amicalement, avec nous. J'ai eu des moments très forts, ma visite sur la tombe de mes grands parents maternels dans un cimetière d'Alger en est un. L'état des cimetières chrétiens est un sujet douloureux pour moi. Mais je sais aussi que des familles algériennes n'ont jamais revu, lors d'une arrestation, des membres de leur famille.
Notre génération, je parle des deux communautés, a tout de même souffert.
Y.C
2. Yves COINTE Le 27/10/2009 à 16:46
Mon père était petit fonctionnaire d'exécution de l'Etat français et comme tel a rejoint une affectation en France. De plus en août 1962 la situation était difficile mais mes parents n'ont eu aucun problème. Quant à moi j'ai effectué - comme instituteur - la première rentrée scolaire de l'Algérie indépendante. J'ai quitté l'Algérie en juillet 1965, auparavant il y avait eu un certain 19 juin.
- impressions : c'était un retour voulu et désiré. Je savais ce que je voulais revoir, je métais "préparé" durant deux années en lisant tout ce je trouvais dans la presse algérienne, livres divers de tous les bords politiques, films, émissions de télévision y compris Canal Algérie, etc...Je peux vous dire où se pratique le change parallèle mais chut ! c'est interdit. J'ai également préparé ce retour avec deux familles algériennes, sur place. Accueil très chaleureux plus que je ne l'espérais.
- sens donné à ce retour : je voulais remettre mes pas dans des pas vieux de plus de 45 ans, refaire la même photo au même endroit 45 ans après - il m'en reste encore à faire... en 2009.
vaste sujet. L'Algérie d'hier, l'Algérie d'aujourd'hui, peut-on être impartial en évoquant ces deux périodes ?
Première réflexion sur l'Algérie d'hier : je ne suis pas un partisan de la loi de 2005 votée par le parlement français.
Sur l'Algérie d'aujourd'hui : certains choix faits après l'indépendance (agriculture, week end non universel, éducation...) pèsent sur la vie économique et sociale du pays. C'est mon avis personnel mais pas une critique pour critiquer...
Y.C
Les Algériens "d'en bas" sont restés tels que ceux que j'ai connus.
Y.C
1. Kader Le 27/10/2009 à 16:43
COINTE YVES bonjour
Vous qui avez connu l'Algerie avant l'indépendance et qui avait la chance de la revoir 40 ans apres ou plus; Pouvez-vous nous dire Quelles ont été vos impréssions ? Quel sens donnez-vous à votre retour ?
regrettez vous le depart de vos parents ?
Une autre question: Que pensez-vous de l'Algerie d'hier et d'aujourd'hui?
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