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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

Le livre, ses sous et ses dessous !

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 A coup de feuillets effeuillés, il se déclame.  Parfois, il se réclame ! Nonobstant le fait qu’il a une âme et qu’il clame qu’il calme ce désir de divertir, au travers des merveilles des mots qu’il suscite, produisant du bonheur et de la joie au lecteur qui le consulte ou l’ausculte, il crée, souvent, cette extase, qui met ce dernier en phase avec son contenu, pour vraiment bien apprécier son quotidien menu.

Il est cet éternel compagnon, enveloppé dans des jolis fanions et très beaux rubans, qui ne dit jamais non à son farouche opposant au plan des idées qu’il distille et analyse avec une très grande rigueur, dextérité et bonne maitrise des mots utilisés et, par extension, des  sujets abordés, puisque toujours assuré de le convaincre sans grande peine et sans avoir à le bousculer ou à vraiment l’influencer bien autrement.

Il est chargé de transmettre de génération en génération ce très lourd fardeau et riche trésor que constitue le Savoir dans toute l’étendue de ses définitions, notions, motions, mentions, émotions et grande dimension.

Ecrit d’une main de Maitre, il contient en son sein le génie de ces superbes plumes qui hument à la volée la belle parole et le sens de l’implacable conviction au travers juste des mots qui chantent et des phrases qui enchantent, grâce à leur musicalité, très forte tonalité,  légendaire utilité et très grande fertilité.

Il fait honneur à celui qui peine vraiment à lui donner vie et une très juste existence jusqu’à lui assurer, en retour, et sans tarder, cette postérité séculaire longtemps partagée par les citoyens de tous bords et de tous les continents.

Dans la peau d’un enfant authentique, emblématique, charismatique et très « classique », il sait  tout faire pour toujours plaire à la fois à son Grand Maitre et à ses nombreux lecteurs, tous pressés de le débusquer et de le provoquer d’un regard effaré et inquiet ou de complètement le dénuder jusqu’à toucher du doigt aux parties intimes du corps des sujets parfois brillamment traités et mis en valeur.

En enfant de bonne famille, il sacralise ce principe de ne jamais, plus tard et une fois bien majeur, lui demander (exiger) sa part à un quelconque héritage sauf celui purement biologique, étant très persuadé qu’il constituera lui-même à travers le temps et les futures générations cet autre héritage culturel inestimable qui profitera à toute l’humanité, sans distinction de race, de territoire et de religion.

Seulement, puisque souvent né sous cet autre toit de la famille hospitalière de « Madame la rotative » où il y aura à faire ses premiers pas et y grandir en futé produit intellectuel sous le

statut et dans la forme d’un vrai pensionnat, il y restera très fidèle, ne sachant par conséquent qui choisir finalement entre sa mère biologique et naturelle  et celle d’adoption.

Produit de la grande famille de la belle, riche, envoûtante et succulente littérature, il tachera -sa vie durant- à ne jamais s’écarter de produire ce Savoir et cette formidable connaissance lesquels non seulement unissent entre elles ces deux dernières familles, mais aussi celles-ci au reste de toutes les familles du monde entier.

Dans son légendaire dictionnaire, il aura depuis sa naissance à jamais banni de son étoffé dictionnaire cette censure de l’information ou autre hypocrisie qui met en doute sa fidélité envers ses nombreux lecteurs, tous considérés sur un pied d’égalité et tous charmés par ce désir immense de le consulter à tout moment, et autant de fois que leur besoin  se fait vraiment sentir.

Très soucieux de la perfection à toujours apporter à son art d’exister qu’il réalise par ailleurs avec un grand amour du métier, il ne néglige jamais le moindre  détail de nature à mieux faire percevoir les choses de la vie, sinon à bien expliquer les sujets qu’il traite profondément et très minutieusement dans leur ensemble, globalité et grande variété.

A sa toute hâtive consultation, il répond debout, ouvert et présent pour dire vrai justement, mais aussi pour produire séance tenante ou sur le champ cette utile information demandée, accompagnée de ses sources documentaires ainsi que ses différentes interprétations et autres sens donnés à l’expression usitée.

Raison pour laquelle tout le monde lui accorde cette grande importance jusqu’à bien souvent lui consacrer de très prestigieux salons, de cycliques foires, de très relevés forums où se rencontrent et se croisent le fer les plus belles plumes de la planète.

A vol d’oiseau, il parcourt à grandes enjambées ou ininterrompues navettes l’immense  planète et son très grand territoire, qu’il visite dans tous les sens et directions, bravant en véritable champion le mauvais temps et autres barrières naturelles et psychologiques, apportant à l’humanité de la lumière dans les idées mais aussi cette nécessaire dose d’espoir qui donne vie à ses nombreux consultants.

Rompu aux grands idéaux des peuples et nations aspirant à leur indépendance que consacre justement la liberté d’expression, il ne compte que des amis parmi l’humanité afin de combattre ensemble leur seul ennemi commun : l’ignorance, en l’occurrence !

Aussi précieux, sinon bien mieux que ces lingots d’or et autres prestigieuses parures dont disposent à satiété les très chouchoutées princesses des Grands Royaumes d’antan, il n’acceptera cependant jamais leur statut incommodant et très dévalorisant d’être tout le temps coffré, inutilement emprisonné, occasionnellement bradé ou même vulgairement échangé suite à un très bête coup de tête !

Des sous tout comme de leurs obscurs et très sombres dessous, il s’en moque royalement ou s’en offusque machinalement ! Il s’en fiche de leur triche à tout le temps courir après ces rusées et très lucratives niches d’enrichissement qui font pousser des ailes à ces nouveaux Seigneurs de riches d’une planète à la philosophe devenue à la longue désuète.

Seul témoin des grandes œuvres et autres choses importantes de la vie de ces très vieilles générations, il en conserve à travers le temps si minutieusement et très jalousement à la fois leurs précieuses archives et utiles documentations, telles ces solennelles déclarations d’où jaillissaient à coup de mots subtilement agencés la liberté des peuples autrefois longtemps opprimés.

A chaque rendez-vous de son habituel SILA (Salon International du Livre d’Alger), il est là à attendre impatiemment ou de pied ferme que son lecteur lui caresse à nouveau les rebords de sa nouvelle tunique de couverture aux couleurs de la saison, enfilée avec grand soin pour l’occasion, l’invitant à y entrer sans frapper et en toute tranquillité !

S’adressant aux riches comme aux pauvres de toute la planète, il leur tient un même langage et les traite de la même façon, n’accordant en revanche ses faveurs qu’à ceux dits privilégiés parmi l’humanité qui en font leur ami fidèle et confident de tous les temps.

Dans sa version papier, forme très traditionnelle, ou encore dans celle dite moderne et très numérique, il ne fait pas de jaloux autour de lui : à la première catégorie de ses lecteurs  il refile cette odeur des rotatives qui lui colle au nez, et à la seconde il offre cette commodité à s’en servir à tout moment bien loin de son antre de bibliothèque.

Il est le produit de ces mots sans lesquels la vie n’aurait aucun sens. Il est le résultat de tant de postulats que la mathématique admet dans sa thématique de raisonnement. Il contient tous ces secrets de l’humanité qui font avancer les peuples, se développer des nations.

Continuer à l’ignorer, n’est autre que s’ignorer soi-même !  C’est plutôt s’égarer dans d’inutiles considérations. En tant que créateur de richesses inestimables et de grandes découvertes scientifiques dont profite l’humanité, il reste ce précieux support didactique qui fait vibrer les cœurs, cultiver les esprits, prospérer le progrès  et avancer les peuples.

En bon ambassadeur des époques anciennes tout comme des temps modernes, il garde jalousement en son sein ces secrets inviolables qui défient le temps, les royaumes et les gouvernants.

Quoiqu’on dise quoiqu’on fasse, il restera toujours ce témoin privilégié des temps anciens qui nous fera tout le temps face, arguments à l’appui !

Et quelque en soit son prix, il n’est jamais évalué ou estimé à sa juste valeur ! Inculquer le Savoir est cette noble mission que tout l’or du monde ne saurait égaler.

Il est à saluer à chaque fois qu’on l’ouvre ou le découvre grâce à sa grande utilité au profit de l’humanité.

Par Slemnia Bendaoud

Commentaires (2)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 16/11/2015
Bonsoir à tous,

Bonsoir M. Slemnia,

Toujours autant de plaisir à vous lire M. Slemnia. Merci beaucoup pour cette rencontre intime avec cet être vivant que vous connaissez si bien, le Livre! Que serions-nous devenus, que deviendrions-nous sans lui !! D. Sallenave en dit « Le manque de livres ne fait pas mourir le corps, il ne fait même pas mourir l’âme, ou l’esprit : il empêche seulement l’homme d’être, de devenir homme. »

L’écrit se propose, la parole et l’image s’imposent. L’écrit est cette source et ressource permanente offerte au choix libre du lecteur. L’écrit ne s’impose pas, il est disponible simplement, passif même, exception faite de tous ces titres racoleurs, opportunistes qui occupent de manière ostentatoire le devant de la scène, et dont la profusion noie les écrits rares, les écrits de qualité quand ils existent, et aussi quand ils sont sollicités!

L’écrit ne vit, ne s’anime que s’il est interrogé par le lecteur en attente, en recherche de sens, de « son sens » parce que ce que nous lisons, au moment où nous le lisons se trouve éclairé par tout ce que nous sommes, par tout ce que nous savons, par notre histoire. Quand nous lisons, nous sommes en tension, nous engageons et mobilisons tout notre être vers l’écrit.

Lire, c’est vivre, et vivre c’est trouver des réponses aux problèmes qu’on se pose, avoir à sa disposition l’information la plus étendue et la plus variée possible, pouvoir accéder à l’expression de la pensée et de la sensibilité des autres, se détendre, avoir du plaisir, vivre des émotions, s’évader… à travers les écrits littéraires.

Lire, c’est agir sur l’écrit pour qu’il agisse à son tour sur nous. Lire, c’est pousser les murs, les limites, les frontières, c’est élargir son champ de vision, s’ouvrir, découvrir, apprendre, comprendre, approfondir son expérience et son intelligence humaine en s’abreuvant à de multiples sources de savoirs, en puisant dans l’infinie créativité de l’esprit humain.

Enfin, lire c’est l’invitation à entrer dans une histoire passionnante, belle de ses rencontres : rencontre avec soi, avec l’auteur, avec les autres, avec le monde, avec l’humanité, avec l’univers.
Miliani2Keur
  • 2. Miliani2Keur | 16/11/2015
Merci Slemnia pour cette fraiche livraison

Gageons que le livre perde peu a peu cette odeur de rotative dont se remplis les poches et faux auteurs et les marchands de verbe mort, au plus grand plaisir des vrais auteurs et lecteurs attentifs

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