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Noms francisés

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Suite à une lecture d'une revue ''Cahiers Nord-africains'' N°99 Nov-Dec.1963, mon attention a été attirée par la francisation de noms algériens, dont voici une liste de « francisations » que, sans expliquer chacune l'on s'est borné à relever. Les traductions ont été notées par (t).
 

Noms francisés

 

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Le moulin de Si Amar/ Épisode 4

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LE MOULIN DE SI AMAR

Textes et dessins : de Benyoucef ABBAS-KEBIR

         Épisode 4

Si Amar / Épisode 4

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POMPLAMOOSE / Les yeux noirs

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Le moulin de Si Amar/ Épisode 3

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LE MOULIN DE SI AMAR

Textes et dessins : de Benyoucef ABBAS-KEBIR

         Épisode 3

Le moulin Si Amar

 

Hassiba Ben-Bouali

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Une page de notre histoire / La dernière lettre de Hassiba Ben-Bouali

Histoire vraie.

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Le moulin de Si Amar/ Épisode 2

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LE MOULIN DE SI AMAR

Textes et dessins : de Benyoucef ABBAS-KEBIR

Épisode 2

Le moulin de Si Amar/  Épisode 2

Le moulin de Si Amar/ Épisode 1

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LE MOULIN DE SI AMAR

Textes et dessins : de Benyoucef ABBAS-KEBIR

  Épisode 1

Si Amar 1

Sourires et Gestes Délicats

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« Dans un monde où les sourires sont interdits, un homme heureux est un homme dangereux », ai-je lu quelque part. Combien juste ! Le lien avec la suite n’a pas grand chose à voir, ou du moins rien qui saute aux yeux, si ce n’est le sourire. Parce que des sourires, on n’en voit plus beaucoup depuis l’ère des masques, en tout cas de ce côté-ci ? On a même l’impression que c’est souvent aussi le cas lorsque l’on ne porte pas de masque. Un monde sans sourires ou presque ! Désarçonnant, perturbant même, vous ne croyez pas ? Pour compenser, on se focalise sur la partie haute du visage, les yeux, les sourcils quand il n’y a pas de lunettes de soleil, parce qu’autrement, c’est carrément flippant ! Egalement sur la mobilité des pupilles. On interprète ses mouvements à l’aune de nos représentations soit comme signe de curiosité, soit d’agitation, de mensonge, ou d’anxiété. On scrute de même le regard : tendre, amoureux, profond, chaviré, pétillant, brillant, larmoyant, courroucé, fuyant, impénétrable, fixe, joyeux, triste… toujours selon nos perceptions. Inépuisable le regard. Les sourcils eux, ne sont pas en reste puisqu’ils ont également leur mot à dire quand ils montent sur leurs grands chevaux pour signifier l’étonnement, l’incrédulité, la peur, la circonspection, la désapprobation, l’ironie, le mépris même ou, quand ils se froncent pour exprimer la surprise, la frustration, le reproche, la concentration, l’incompréhension, la réflexion, l’oubli, la préoccupation, l’énervement... Mais bon, ne cédons pas à l’emballement ou à l’emballage ? Je ne sais plus ! On sait que nos représentations nous jouent bien des tours, nous mènent dans bien des détours, et l’on sait que l’on peut se tromper du tout au tout, se fourvoyer complètement tant le propre du sens nous reste indéchiffrable, insaisissable dans son entièreté avec ou sans masque. Combien de fois n’a-t-on pas dit le sens m’échappe ! Normal si on garde à l’esprit les propos de Martin Luther King qui nous rappelle que : « Tout ce que nous voyons n'est qu'une ombre projetée par les choses que nous ne voyons pas » ou Saint-Exup. qui nous dit en teneur et très justement que l’essentiel reste invisible aux yeux. Ils ne se tromperaient quand même pas tous les deux, si ? Et la bouche alors ? Cet autre organe extraordinaire qui a le pouvoir d’illuminer un visage, de le faire rayonner par un simple sourire, une bouche dotée de parole belle, élégante, douce, mélodieuse, précieuse et si poétique en prime. Bien entendu, elle peut aussi être rictus, grimace, cri, et ses mots pas jolis, jolis. Elle se rattrape vite par le rire qui est libération tonitruante d’une folle énergie subversive. Le rire pourrait bien faire de l’ombre au sourire, mais cela dépend évidemment du contexte. Imaginons-nous dire bonjour à quelqu’un et éclater de rire ! Ça pourrait être mal perçu. Le sourire, non. Il s’adapte à tous types de contexte et s’offre à tout un chacun en toute circonstance ou presque. Et quand bien même il serait pauvre, timide, contrit, pâle, fragile, il appelle néanmoins un sourire encourageant, engageant en retour.

On serait tenté de dire que la bouche et les yeux constituent les pivots de la communication tant ils sont complémentaires. Non, non, je n’oublie pas le nez. Il a aussi sa caractère et sa propre expression. Accommodant, il accompagne, accentue volontiers les diverses expressions de la bouche et des yeux en se retroussant, se dilatant, ou palpitant selon l’intensité des émotions, il nous offre tout un éventail de senteurs florales ou culinaires gourmandes. Il a aussi cette capacité de se pincer, mais il peut aussi s’avérer infaillible à la détection du mensonge lorsqu’il est soumis à une caméra thermique. Mais revenons à nos sourires et à ce qui les empêche. C’est un fait, on se retrouve là à être tous masqués (cf. texte « un après-midi presque banal »), mais à des degrés divers, et pas de la même manière, ni pour les mêmes raisons non plus. Passablement compliqué, n’est-ce pas ? Entre ceux qui avancent masqués, mais qui ont un sourire accrochés aux yeux, et ceux qui cumulent les masques comme on le ferait d’un capital, tiens, et ceux qui finissent par (se) confondre à force de clonage, et là, les medias en sont l’illustration parfaite ! Il y aurait de quoi s’arracher les cheveux car même largement démasqués, ils foncent tous la tête la première, normal question d’intérêts et de pouvoir ! Vous ne comprenez rien à ce charabia ? Moi non plus, rassurez-vous ! Rappelez-vous juste que : l’essentiel…

Allez, un dernier petit clin d’œil sur l’importance de l’humour en tandem avec le sourire « l’humour n’est pas une humeur, c’est une vision du monde. Et c’est pourquoi, si l’on a raison de dire que l’humour fut banni de l’Allemagne nazie, cela ne signifie pas simplement que l’on n’y était pas de bonne humeur, mais quelque chose de beaucoup plus profond et beaucoup plus important ». Et c’est de Ludwig Wittgenstein
 

 

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Brève histoire du voile

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Histoire du voileDans les années 60, majoritairement, les jeunes filles ne se voilaient. Certaines d’entre elles portaient un treillis, une casquette, une arme, et se battaient contre l’oppresseur pour faire triompher la liberté, la justice. D’autres, voilées se servaient de leurs haïks pour convoyer argent, armes et autres documents, c’était le temps de la lutte pour que triomphe une Algérie libre. Pour d’autres jeunes filles encore, c’était une fois mariée qu’elles mettaient le haïk ou pas. Nos mères, nous les avons toujours connues avec le haïk et le 3jar (voilette). Voilées ou pas, à l’intérieur de leurs foyers ou à l’extérieur, les femmes ont été présentes, engagées, actives, pour l’atteinte d’un idéal commun : vivre dans un pays libre, indépendant, juste et équitable.

Dans les années 70, beaucoup de jeunes filles qui avaient arrêté leurs études prématurément et ce, pour diverses raisons, se voilaient dès que leurs corps s’épanouissaient et suggéraient plus la femme que l’adolescente. Elles mettaient alors une gabardine (un imperméable de couleur claire généralement) et une toute petite pointe (petit foulard) assortie, et le 3jar bien sûr. C’était plutôt les parents et en particulier les pères qui imposaient ce voile qui ne couvrait ni les jambes puisque ces gabardines arrivaient juste au niveau du mollet, voire au-dessus, ni complètement les cheveux vu que les pointes en question étaient petites, tout comme les voilettes d’ailleurs. A cette époque-là, c’étaient les maris qui autorisaient ou pas leurs femmes à enlever ce voile. Parfois cela faisait partie des « Chrouts » (conditions) sur lesquelles on pouvait s’entendre avant de conclure un mariage. D’autres femmes, celles qui n’avaient pas besoin d’être affranchies par un père, un frère ou un mari, décidaient elles-mêmes de se défaire du voile. C’étaient en général des femmes divorcées ou veuves qui suscitaient la méfiance, la défiance en raison de leur statut de femmes « seules ». Bien sûr, ce n’était pas simple parce qu’elles devaient faire face à la désapprobation, parfois au dénigrement de la famille, et du voisinage.

Dans les années 80, on commençait à voir des femmes portant des hidjabs. Cela restait assez marginal. C’était encore inhabituel, et cela surprenait un peu. Parmi les femmes qui portaient le hidjab, il y en avait qui revendiquaient timidement, discrètement leur liberté de choix, leur différence. D’autres plus offensives le revendiquaient haut et fort, et multipliaient les réunions et autres assemblées pour convaincre de la pertinence d’un retour aux préceptes de l’Islam. Celles qui ne le portaient pas, encore majoritaires en ce temps-là, affirmaient quant à elle leur choix de ne pas porter ce hidjab (le problème ne se posait même pas en fait), et n’arrivaient parfois pas même à comprendre ce qui avait bien pu motiver celles qui portaient le hidjab à faire ce choix. En ce temps, les unes et les autres se lançaient des gentillesses du genre : « yal kafrine wach rahou yastenna fikoum fi djahannam, ennar takoulkoum mane 3aynikoum ! » Les autres répliquaient : « ya les 404 bâchées, ya les frustrées ! » C’était aussi l’époque du vitriol et autres agressions physiques et verbales sur celles qui ne portaient pas le hidjab qui commençait.

Dans les années 90, les femmes portant le hidjab étaient de plus en plus nombreuses. Une pression de plus en plus forte pesaient sur les autres femmes en conséquence. Beaucoup d’entre elles ont tenté de résister à cette pression, aux intimidations, aux menaces de représailles, aux représailles effectives même. Des pères, des frères, des collègues, parfois des femmes aussi, exhortaient les femmes réfractaires à porter un hidjab, à se couvrir les bras, la tête, les mollets pour être respectées, pour qu’on les laisse tranquilles, « essentri rouhek, raki bahdeltina, ou behdelti rouhek ! ». Ou alors, essentri rouhek, walla youkoutlouk ». Ces femmes, de plus en plus minoritaires ont progressivement fini par abdiquer, « choisissant » de mettre le hidjab par manque de choix ! Petit-à-petit aussi, nos mères ont également adopté le hidjab. Elles le trouvaient beaucoup plus pratique que le haïk, parce qu’il permet une plus grande aisance dans les mouvements (le haïk tel que porté non par nos grand mères était coincé dans la ceinture de leur Serouel Mdouar, ou retenu avec une Tekka (longue ceinture tricotée), ce qui libérait leurs mains. Souvent aussi, et surtout pour les femmes de la campagne, elles le faisaient tenir autour du visage en le coinçant entre leurs les dents (si, si je vous assure). Bon, il est vrai que ça ne couvrait que le menton ! Autre moyen une épingle à nourrice en dessous du menton. La manière dont les plus jeunes, portaient le haïk était plus compliquée. Une fois le haïk mis sur la tête, elles en prenaient les deux bords, les tiraient vers le haut pour le raccourcir, et mettaient le tout sous un bras qui devait rester serré pour que le haïk ne tombe pas. Pas évident d’y arriver avec un haïk glissant tout le temps ! Il faut un minimum d’expérience pour qu’il reste en place ! Avec la main de ce même bras, elles tenaient fermement le haïk sous le menton. Elles n’avaient donc qu’une main disponible pour tenir la main d’un enfant, pour tenir un couffin, un sac… Pas très pratique ! Et je comprends bien nos mères d’avoir adopté le hidjab même si je les trouvais belles avec leurs haïks en soie, leurs haïks El Mrama ! Et c’était une partie de nous-mêmes qui partait avec ce haïk. Mais là, n’est pas le propos.

Dans les années 2000, la tendance s’est inversée, les femmes sans voile minoritaires devenaient très visibles comme l’étaient les femmes vêtues d’un hidjab dans les années 80. Les toutes jeunes filles « choisissaient » librement ou pas de mettre le hidjab. Il est à noter que les espaces déjà restreints des femmes, se rétrécissaient comme une peau de chagrin. Les sorties des femmes ont toujours été et sont toujours utilitaires. Elles vont d’un point à un autre. Leurs sorties ont toujours un but : travail, courses, hammam, coiffeuse, médecin, famille, amies. Il n’est pas question d’aller flâner, de sortir faire un tour, de trainer le pas, d’avoir l’air de na pas savoir où on va. Cela s’avère tout de suite très suspect ! Mais cela n’est pas bien nouveau ! Détail intéressant par rapport aux écrits du site : ceux des abnounettes sont plutôt tournés vers des souvenirs d’intérieur, ceux des ferroukhiens plutôt d’extérieur même si parfois il y a des exceptions.

Mais, revenons au voile. Les années de plomb ont lourdement pesé sur les femmes, mais pas que, bien sûr ! Ça me fait penser à l’Espagne franquiste. Le pays avait besoin après près de 40 années de répression et de censure de vivre et de le manifester bruyamment ! La Movida (un pais que se mueve : un pays qui bouge) un mouvement collectif d’explosion de la vie, de la création, de la joie et du divertissement. Bon, je ferme la parenthèse, décidément je n’arrive pas à ne parler que du voile qui était le thème principal ! Donc, les hidjabs ont fleuri partout. Les motivations étaient diverses et variées : la foi et la conviction, la culpabilité et une sorte de rédemption, la facilité (plus besoin de se changer, de se coiffer pour sortir), l’opportunisme…. Les hidjabs étaient sombres, austères, uniformes, semblables. Cela a duré quelques années mais, c’était sans compter sur la capacité de la femme algérienne à s’adapter, à s’aménager une petite porte de sortie, à créer (même si influencée par les flots ininterrompus de séries égyptiennes qui se sont déversées dans les foyers des années durant. Certaines jeunes filles commençaient à parler couramment l’égyptien au détriment de l’algérien !), et voilà que je sors de mon thème, ah la, la !!
A l’approche des années 2010, les hidjabs tels que décrits ci-dessus n’ont pas complètement disparu, mais ils sont devenus peu nombreux. L’air était à la couleur, à la fantaisie, à la personnalisation des hidjabs. Pour d’autres femmes, les jupes ou robes ont fait leur retour, mais en version longue, les vestes aussi sont à manches longues. Pour d’autres, ce sont des pantalons et des liquettes, pour d’autres encore ce sont les mêmes tenues vestimentaires qu’avant le hidjab. Les femmes ont retrouvé une certaine coquetterie, une envie de plaire et d’abord à elles-mêmes, prenant la main pour reprendre un peu les choses en mains, ne serait-ce que sur leur apparence. Comme tout un chacun et à-fortiori les jeunes, les jeunes filles aiment la vie, ont besoin d’exister, d’être vues et reconnues. Elles sont en « conformité » avec la tendance générale de la société qui va vers plus de contrôle, mais Il semble y avoir plus de tolérance dans les choix faits par les unes et les autres. Dans quel contexte ont grandi ces jeunes filles, et qu’ont-elles connu ? Et quel projet de société leur a-t-on proposé ? C’est la génération des années 90 !! Et ça recommence, je m’éloigne du sujet, bon je reprends l’histoire du voile.

Les contextes socio-politico-économiques qui prévalaient en arrière plan de ces différentes périodes de mon histoire du voile sont volontairement tus. Je souhaitais surtout rendre hommage à la femme algérienne, la femme courage, qui a toujours su reprendre la voix qu’on a de tout temps essayé de lui confisquer, qu’on essaie toujours de lui confisquer, une voix de la résistance qui a toujours été au cœur de son combat face à ses détracteurs de tout acabit. Une voix de la résistance de tous les temps, de toutes les époques de son histoire, et de celle de l’Algérie. Cette fois-ci, je sors bel et bien du thème du voile, mais c’est volontaire ! Respect et admiration pour la femme algérienne voilée ou pas, là n’est pas la question !