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Le télégramme bleu

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Le télégramme bleu

 

  Quatre cents kilomètres plus loin au nord, quelques parts dans la cité universitaire du Vieux Kouba, de jeunes étudiantes et étudiants s’apprêtent à célébrer l’anniversaire d’un de leurs amis. C’est le 08 avril, la fête est pour demain ! On prend le bus qui descend sur Alger, traversant Kouba, Ruisseau, Hussein Dey puis Belcourt et enfin, on arrive aux environs de la Grande Poste. C’est à partir de là que chacun vaque à ses occupations. On « se rince les yeux » du coté de la fac centrale, on s’attarde un peu à feuilleter quelques livres dans l’austère salle de la bibliothèque universitaire, guettant du regard un éventuel signe de ces demoiselles apparemment absorbées dans leurs abusives lectures ! On longe le tunnel des facs, direction : Le cercle Taleb abderrahmane où un phénoménal serveur se distinguait par ses tours d’adresse.

 

  C’était un petit homme plein de tact, au visage à moitié englouti dans sa tignasse touffue et bien noire, d’une agilité et d’une souplesse dignes d’un acrobate, capable de retenir de mémoire une bonne douzaine de commandes mais surtout de la servir d’un seul trait. Il fallait le voir à l’œuvre avec ses deux mains maîtrisant tasse de café, bouteille de limonades et toute autre boisson ! Toujours aux lèvres le sourire et jonglant avec son plateau, il vous apportait votre consommation intacte avec ce luxe de faire de l’esprit ; ce qui est tout à fait valorisant dans un endroit fréquenté par des étudiants ! Rien que pour ça, il méritait amplement son pourboire. Dommage que de pareilles prestations ne soient plus de mise !

 

  Nous commandons de grands-crèmes accompagnés de sandwichs bourrés de camembert, les filles prennent congé de nous, prétextant l’urgence de faire des emplettes !

 J’aimais déjà avril, et j’étais ravi d’être né un jour de printemps, synonyme de germination, d’effloraison, d’amour et de lumière ! Revenu au Vieux Kouba, je me dirigeai vers le restaurant de l’E.N.S (Ecole Normale Supérieure) quand M. Méziane me tendit un télégramme parvenu depuis ce matin. Avant de l’ouvrir, des choses déplaisantes avaient effleuré mon esprit mais ma tête éprise de joie les repoussa tout de suite ! Je pris congé de mon ami et allai m’enfermer dans ma chambre d’étudiant, le télégramme dans ma poche. J’ai toujours eu une peur bleue de ce papier bleu. En général, dans le « conscient collectif des étudiants », ce genre de messagerie est rarement apprécié : C’est un oiseau de mauvais augure. Demain, c’est ma fête, mon anniversaire !  Tout à l’heure j’ai vu le déploiement de mes amis et leur coquin plaisir à peaufiner la surprise qu’ils comptaient me faire dans les heures imminentes. Cette seule réflexion m’insuffla une soudaine détermination et j’ouvris le télégramme :

 

  « Mère décédée. Venir vite assister à l’enterrement »

                                                                                         Khaled                                                                                               

  La terrible machette qui sectionne les feuillages luxuriants de la forêt amazonienne n’aurait pas fait mieux ! Coupée, votre tête, vous ne l’avez plus et votre corps déambule tel un attelage déboîté dont les vis de serrage viennent de lâcher ! J’eus l’impression que toute la terre se dérobait sous mes pieds. J’étais dans un état second et sans savoir en combien de temps ni comment, je me retrouvais dans le train de nuit Alger/Oran. Le visage de ma mère avec son sourire impérissable, sa dernière accolade scandée de recommandations habituelles qu’elle me glissait à l’oreille avant que je ne la quitte pour la fac, me hantèrent dans ce train nocturne qui me ramenait chez nous. J’étais atrocement seul dans la foule qui arpentait le couloir interminable des compartiments. Ce voyage-là me parut une éternelle descente aux enfers et je sombrais dans un épais brouillard de tabac.

 

  La vie sans cette femme formidable à mes cotés avait perdu tout attrait. Une bonne part de ma chair et de mes ambitions s’en allait…Dire que dans quelques heures, j’étais supposé être l’homme le plus heureux, le plus important, le plus entouré d’attentions, de gâteaux et de cadeaux ! J’imaginais ma grande émotion devant cette succulente tarte de l’amitié que je m’apprêtais à couper sous l’hymne de l’universel « Joyeux anniversaire ! » (Vous devinez un peu l’ambiance hippie des années 70 et des belles folies estudiantines !)…Et j’eus terriblement honte de penser à moi, à ma vie ! Je m’en voulais à mort d’avoir eu ce moment de faiblesse et de m’être permis de pareilles pensées. Ma mère, mon meilleur cadeau, ma meilleure chanson, ma seule amie n’étant plus de ce monde, je ne devais donc plus avoir envie de vivre ! C’est vrai, le télégramme le dit cruellement bien ! Je le repris et relis un nombre incalculable de fois cette sentence énoncée en une phrase simple et à la fois meurtrière ! Plus aucun doute, on ne badine pas avec ça et enfin libre et lucide, tout mon corps pleurait jusqu’à la dernière larme de son cœur.

 

  J’arrivais à l’aurore d’une horrible nuit blanche, les yeux rougis de pleurs solitaires et obscurs. On m’emmena tout de suite dans ma famille et c’est autour d’une multitude de bras anonymes que je dus vider à sang mon entier désespoir ! Mon martyre s’aggrava davantage quand je sus que la mise en terre du corps de ma mère fut décidée illico presto sur avis médical le jour même de sa mort ! Et moi qui échouais un 09 avril ! Quoi ? Je n’avais même plus ce triste privilège d’embrasser une ultime fois sa précieuse dépouille, le jour où je suis né ?

   Ma mère venait de mourir une deuxième fois !

  Dès le lendemain au petit matin à l’heure où blanchit le patelin, je suis déjà parti seul au cimetière, rien dans les mains et le cœur lourd de mon immense chagrin, me recueillir auprès de sa sépulture où désormais elle se repose sous la bonne odeur d’une terre de l’avant veille encore fraîche et tendre. J’aurais aimé couvrir sa tombe de toutes les fleurs du printemps mais cette femme n’en avait cure car son âme sentait si bon. De son vivant, elle avait embaumé une multitude de pauvres gens par les arômes de sa générosité et de sa charité ! Elle avait cette légèreté déconcertante de leur offrir tout ce que sa main pouvait au passage saisir sans jamais rechigner ou sentir un quelconque remord. Son altruisme était sa première qualité. Subitement, je m’entends dire ces paroles qui vous vont droit au cœur « Maman, je garde de toi une image poignante : celle d’une mère au seuil de la porte faisant ses adieux à un fils dont elle était fière » ! C’est désormais ce souvenir d’elle vivante et bien debout, qui peuple mon esprit chaque fois que je l’évoque.

 

  Aujourd’hui, mon père et ma mère reposent à l’ombre d’un figuier pas loin d’un mausolée, si près l’un de l’autre comme ils l’ont toujours été, à la vie comme à la mort !

    Éternellement…

Neville Brothers / Yellow Moon

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Yellow Moon
Neville Brothers


why you keep peeping in my window?
Do you know something I don't know?
Did you see my baby
walking down the railroad tracks?
You can tell me if the girls
ever coming back.
Is she hid out with another
or is she trying to get back home?
Is she wrapped up in some other's arms?
Or is the girl somewhere all alone?
Can you see if she is missing me,
or is she having a real good time?
Has she forgotten all about,
or is the girl still mine all mine?
With your…

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Hamza Namra / يا ضريف الطول

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Angelina Jordan / Gloomy Sunday

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Billie Holiday : I'm A Fool to Want you

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A Million Years Ago / Adele

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Payez pour vos mots, déjà !

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GAZA-Palestine / Debka

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Debka Palestiniénne executuée durant la grande marche du retour de 2018, devant les snippers Israéliens

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Les Femmes, Le Ramadan et le Hirak

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Le Hirak nous a donnés une image idyllique de nous mêmes ; En l’espace de deux mois, et sur un coup de baguette magique, nous avons cru que sommes devenus pacifistes, alors que nous étions violents ; civilisés, alors qu’on se croyait indisciplinables ; tolérants , alors qu’on nous disait fanatiques. Puis l’image des filles, agressées dans la rue, parce qu’elles « cassaient » le ramadan des jeunes, (ceci dit il faut être une bête pour jouir en un clin d’œil et dans la rue), ou celles de l’étudiante poursuivie par une meute parce qu’elle ne respectait pas le jeûne, nous ramènent à notre triste réalité : celle d’une société qui n’accepte ni la différence ni la liberté des individus. Cette intolérance se voit d’une manière flagrante quand il s’agit des femmes. Et cela se retrouve dans le slogan même du hirak, khawa, kwawa. Nous sommes « frères, frères, », mais où sont passées nos sœurs ?

Quand les flics aspergent les jeunes de gaz ou les fracassent avec des lances à eau, ces derniers se précipitent pour leur offrir des fleurs, des bonbons ou les embrasser, mais il suffit qu’une jeune fille hisse une pancarte avec le mot laïcité, moins nocif que le lacrymogène, et là c’est le hallali. Le lynchage ! Dès que les femmes ouvrent la gueule pour parler de leurs libertés, là, on ne rigole plus, on voit rouge, on siffle la fin de la récréation nationale, pour les accuser de vouloir briser le hirak, ou de casser le ramadan des hommes et on menace de les tabasser. Pourtant on nous a toujours enseigné.

Durant la colonisation, un sociologue avait remarqué que l’homme algérien humilié dans l’espace public par le colon, se vengeait dans l’intimité sur sa femme. Les choses n’ont guère changé : piétiné, dans l’histoire, par l’armée et la police, l’algérien se refait une virilité en piétinant la femme dans la vie. Et ce machisme millénaire a fait le lit de l’islamisme qui n’est rien d’autre que la forme violente de la misogynie qu’on fait croire sortie de la bouche même de Dieu !

Dans tous les pays arabes, le ramadan se vit en bonne intelligence, les gens peuvent prendre leur café à Tunis en plein jour, fumer une chicha à Damas le matin, s’avaler un foul au Caire à midi, ou se bâfrer dans les stations service d’Arabie, mais en Algérie, le ramadan est devenu une affaire, non pas de spiritualité, mais de virilité ! on le fait pour prouver aux autres qu’on est un homme et qu’on en a. L’islam est devenu une discipline olympique en Algérie, c’est à celui qui montre à tout le monde qu’il fait le plus la prière, le pèlerinage, même si ses enfants crèvent la dalle, le ramadan, même s’il est diabétique ou cardiaque, que reviendra la médaille d’or.

La preuve, l’Algérie est le seul du monde islamique où les cantines des écoles primaires sont fermées, obligeant des enfants, qui n’ont pas atteint la puberté, de passer la journée sans boire ni manger en plein cagnard, ce qui est en soi un acte criminel qu’aucun rite de l’Islam n’a prescrit.

Beaucoup vont dire que ce n’est pas le moment, que je suis en train de briser le consensus national, que je romps la trêve civile par ce débat, mais il faut tirer la sonnette d’alarme. Ce n’est pas en taisant nos carences, et nos failles que nous les ferons disparaître.

Le Hirak n’est pas un rêve que nous vivons, et si chaque critique risque de nous arracher à ce rêve, tant il est illusoire, ce n’est pas la peine, il vaut mieux ouvrir les yeux. Le Hirak est un élan collectif merveilleux que vivent 40 millions d’algériens pour construire, enfin, une société libre et démocratique.

Mais, il faut le dire, une bonne fois pour toutes : une société qui opprime les femmes ne peut être libre. Une société qui violente, ou laisser violenter, les femmes ne trouvera jamais le chemin de la démocratie.

Fidélité quand tu nous manques !

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Mon histoire dit encore

Que bien trop jeune, on m’a appris à ne point mentir
je ne dois dire que vérité, être décent surtout ne point voler
C’était une devise dans la famille après la prière qui est devoir
Ce qui devait arriver arriva pour moi
Pour le dire Il arriva qu’un beau jour j’ai trahi que j’ai volé, que j’ai menti que je n’ai pu faire de prière
Jamais Rien de tel dans la famille n’avait lieu

En cette première fois j’ai vu Mère et Père mécontents
En moi devant eux, Ils ne reconnaissaient plus leur cher chérubin
Ce jour, pour eux le ciel au dessus paraissait tel un lourd fardeau à supporter
Et chacun se sentant mourir, comme neige l’espoir posé en moi pour un droit chemin fondit
Debout, à regarder ne sachant que faire Mère et Père se tournèrent à Dieu
Comme pour chercher à me dire si on ment on ne doit pas oublier le mal qui est fait il n’y a pas plus pire qu’un menteur qui ment.

Mère et père m’ont dit ce ci que je l’’ai retenu à jamais.
- On peut chercher partout, on ne trouvera jamais sur terre quelqu’un qui soit loyal, qui ne vous trahisse jamais, ou qui ne vous mente jamais. Aucune personne, si ce n'est Dieu, qui ne vous laisse jamais tomber.
Tremblant comme un enfant sans parent
Sentant confusément revenir mes remords
Accusant le destin qui n’épargne personne

A Mère et Père qui me sont fidèles et qui jurèrent fidélité et attachement à Dieu Je me suis attaché
Mon histoire pour ces ces derniers temps est loin d’être finie.