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Le coin de Jade

Errourma

Permettez-moi de joindre, mais cette fois-ci pas de moi mais de Lazhari Labter, un écrivain Algérien, un passage où il décrit ses moments de jeux, autrefois comme tous les garçons de son âge avec un moyen de transport hors du commun qu'est le "roulement", je suis sûre que vous allez l'aimer vous aussi, surtout vous les gars ! mais peut être aussi vous les filles, comme il m'a plu à moi qui me souviens de ce jeu exclusivement masculin !!



Voici donc "Errourma"Images 1

Je me souviens qu’en dehors de la chasse aux oiseaux avec des lance-pierres bricolés ou des pièges, du jeu des billes, du jeu du trou, du gendarme et du voleur, de colin maillard, de la pelote, du sig (jeu de bâtonnets pratiqué dans les hauts plateaux et le sud algérien) et, ô délice, des heures complices des siestes d’été des grands, du chapardage de fruits dans les jardins ou de la lecture quand j’avais la chance de mettre la main sur un roman ou une bande dessinée, on avait très peu de distractions et pas de jouets du tout. Les seuls jouets dont nous disposions étaient ceux qu’on fabriquait de toutes pièces. Errourma par exemple, nom qui signifie simplement « roulement » à cause des roulements à billes qui permettaient de faire rouler ces voiturettes qui nous donnaient tant de bonheur et tant de tracas et de fracas.

Il suffisait de quelques planches, l’une servant de plate-forme, les autres de guidon et de supports, cinq roulements à billes, de préférence provenant de gros camions, et c’était parti pour les folles courses sur toutes les pentes qui s’offraient à nous. Nos courses finissaient parfois dans un mur ou dans une seguia, mais la grisante sensation de rouler valait toutes les blessures et toutes les égratignures. Bien sûr, parfois le guidon mal fixé se détachait brutalement ou l’un des roulement cassait ou se bloquait, mais, bricoleurs de génie que nous étions, nous arrivions toujours à dépanner nos engins dont le bruit mettaient hors d’eux les habitants du quartier où l’on jouait, surtout si c’était à l’heure de la sieste.

Et comme la sieste, si je puis dire, n’a jamais été ma tasse de thé, je ne pouvais que faire les murs des jardins à la recherche
des fruits défendus ou faire rouler mes roulements dans mes aires de prédilection.


Extrait de "La cuillère et autres petits riens"

N'oublie pas d'aider toi aussi...

Images 21  "C'est l'hiver et c'est le soir, mais quand on a juste un peu plus de vingt ans, on ne pense jamais à reporter un voyage, je décide donc de faire près de deux cents kms alors que la nuit a commencé à répandre son obscurité sur les villes où la vie semble avoir cessé depuis longtemps. Les kilomètres se gagnent peu à peu, sans radio ni aucune musique sauf quelques refrains d'Aznavour, de Brel ou de Mathieu... ou d'autres best of de l'époque qui me venaient sur la langue et que je fredonnais en boucle pour me tenir compagnie en cette nuit très fraîche mais à vrai dire agréablement douce pour moi qui venait juste d'avoir mon permis et conduisait déjà ma R4 toute neuve des années 70. Quelques cigarettes tirées de temps à autres et une petite pause de rien du tout pour avaler un café presque froid qui est resté au fond de ma thermos que je prenais depuis quelques temps avec moi au boulot ... Une ou deux autres pauses pour laisser le moteur se reposer comme l'exigeaient les voitures d'autrefois... Et après un peu plus de 23 heures, ma belle stoppa d'un coup!!! Quelle chance pour moi qu'elle ait choisi le centre d'une belle ville côtière pour m'annoncer une panne d'essence !!! Aux environs de minuit, je savais que je n'avais pas le choix , je me dirigeais alors vers un bar dans cette rue, je frappe à la porte et on m'introduit après quelques interrogations. Je regarde tout autour de moi mais personne ne me regarde !!! Je décide d'aborder un monsieur debout contre le comptoir qui n'hésite pas à se retourner vers moi pour me permettre de lui raconter ce qui me fit venir dans ce lieu où je ne connaissais personne. Sans prononcer un seul mot, me fait signe de le suivre dehors et là, il me demande où était ma voiture. Je pointe le doigt sur ma R4 que j'avais poussé au bord du trottoir. Le monsieur prend alors la clé de sa Fiat qui ironie du sort était garée juste derrière ma beauté bleue et me permet d'en puiser du carburant. Je finis l'opération sous le regard serin de mon hôte... Je le remercie pour ce geste et en même temps je lui demande combien je lui dois?? Mais mon sauveteur dans un large sourire empoigne fortement ma main et me souhaite un bon voyage et ne manque pas d'ajouter "n'oublie pas d'aider toi aussi toute personne qui vient te demander de l'aide" Il tapa de sa main gauche sur mon bras droit et partit me laissant à jamais le souvenir d'un ANGE avec son visage illuminé dans cette nuit si obscure!!!...

Narration d'un proche alors que moi je n'étais qu'une enfant.
       ___Joyeux Ramadhan___

Les Mannarattes ... autrefois dans mon village natal

Img 4842 Fi lilt el Mouloud (la veille du Mouloud) juste à la tombée de la nuit, les Mannarattes portées par les enfants embrasaient mon village qui en ces temps là, seules de faibles lueurs de quelques lampadaires éclairaient.
Les préparatifs qui durent plusieurs jours font que la soirée soit une fête si exceptionnelle. Ils consistent en la collecte de papiers de bonbons. Dans les commerces du village c'est la fête aussi. Les quantités de friandises s'épuisent aussitôt étalées. Les gosses doublent leurs va et vient dans ces lieux en cette période; non pas seulement pour satisfaire leur gourmandise mais surtout pour les amballages qu'ils convoitent!!!
Quant à l'étui d'un "Safi" (marque de cigarettes) vide qui trainerait au bord d'un trottoir, il tournerait facilement en une querelle enfantine avant de finir déchiqueté et sans grand intéret pour enfin ramener la trêve!! ( Mais voyons, ce n'est pas du tout ce que vous croyez c'est seulement le papier argenté qui tapisse l'intérieur de l'étui qui serait la cause de la bagarre !! )
Ces gosses prennent un réel plaisir à la réalisation de leurs manarattes. Pour cela, il faut tout simplement avoir six bouts de roseau de dimenssions égales trois à trois qui une fois bien raccordés entre eux avec du fil de fer ou une ficelle donneront une forme pyramidale. Puis vient le tour de la décoration. Tous ces emballages de bonbons de différentes couleurs vont rentrer en jeu. Ils sont pliés en noeud de papillon et collés sur la carcasse en roseaux. Le système de collage est très simple: un petit bout de chewing gum maché et le tour est joué!! Sur les plus beaux c'est à dire les ambalages argentés ou dorés on découpe des étoiles, des croissants, des coeurs, des fleurettes ... Chaque motif est percé d'un trou où on attache un bout de fil qu'on noue soigneusement aux trois extrémités de roseaux qui forment le sommet de la pyramide. Les motifs restent alors suspendus, dansant et scintillant de mille feux que reflèteraient les bougies portées par les enfants ce jour là ou encore par les noualattes qu'on accrocherait aussi à la Mannara .
Juste après sallat elmaghrib (prière au coucher du soleil) le jour du Mouloud, les gosses formant des petits groupes de fillettes ou de garçons, portant leur mannarattes sillonnent le village en chantant devant chaque maison la chanson du "Mouloud" :

   Mouloud ya Mouloud, Mouloud eNbi
   Lala Yamina waldat eSbi
  Houdjadj ya Houdjadj, Houdjadj bit Allah
  Machaftouch Rassoul Allah
  Chafnah ou rinah, fi Makka khalinah
  Yatwadha wa issali ou yakra fi ktab Allah
  Mouloud ya Mouloud, Mouloud eNbi
  .......


Ils reçoivent dans leurs petits couffins en doum (palmier nain) des friandises, des oeufs et quelques fois aussi de l'argent qui les comblent de joie qui se traduit alors en un refrain de remerciements :    "hadha dar eSoltane fih elkhokh wa Rommane" ... Mais s'il ne reçoivent rien, c'était plutôt un refain qui disait : "hadha dar echaytane fih lakmale wa sibane", et ils repartent dans les deux cas dans la joie de la fête ... pendant que dans le tout le village, parviennent de la mosquée les lectures incessantes du Coran ... de partout les chants des enfants ... et de temps à autre des éclats de pétards bien timides ...

La ballade des mannarattes s'achève selon les saisons vers 21, 22 ou 23h par le partage des dons entre les gosses du même groupe. Mais la soirée est loin d'être finie ... des tam tam, des chants et des youyous se font entendre et se prolongent encore dans la nuit ...
Le lendemain, c'est la tamina qui est échangée entre voisines ... et dehors entre copains et copines, on exhibe les mains bien rouges de henné mis la veille en famille, juste avant que le sommeil ne close cet air si chaleureux !!

Que de joie, que de convivialité était. Le Mouloud dans mon village adoré !!

N B : La Mannara symbolise une mosquée, et ça se comprend, mais alors avec une forme pyramidale !!?? Je voudrais bien le savoir moi aussi !!

L'amour et l'amitié

-------------L'amour et l'amitié--------------
Choses qui nous poursuivent aussi, comme tant d'autres choses et continuellement dans notre vie ...
Je vous invite à les retrouver à travers cette voix et ce conte qui vont faire vibrer l'enfance qui a grandi en chacun de vous .

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