Variétés cultivées : La région de Miliana cultive un certain nombre de variétés, bien adaptées au climat et aux terrains ; nous les classerons comme suit :
Ici, comme dans presque toutes les régions proudctrices de cerises de France et d'Algérie, la standardisation à la base est réalisée pour les variétés cultivées ; cependant, comme nous l'avons écrit au début de cette étude, il serait intéressant de propager d'autres variétés de maturité progressive pour ne pas avoir une récolte qui arrive en masse au moment donné, provoquant parfois un avilissement désastreux des cours.
Vente : De très nombreux petits producteurs vendent leur récolte sur pied à des commerçants exportateurs indigènes qui alimentent surtout les grands centres de consommation comme Alger et Constantine, et les marchés régionaux : Affreville, Teniet-el-Haad, le Sersou, Orléansville, Duperré.
L'approvisionnement du marché local n'est pas toujours assuré d'une façon régulière. Les cerises sont apportées au marché ou livrées aux exportateurs en marchandises tout venant, car souvent la cueillette n'est faite qu'en une seule fois, provoquant un mélange de cerises à point et de cerises pas mûres. Avec une fruticoop bien organisée, il serait possible de faire une récolte échelonnée qui permettrait de classer les fruits en extra choix, en choix et en tout venant, ce qui donnerait certainement un revenu fruitier plus important aux producteurs.
Améliorations à apporter à la culture du cerisier
L'extension des cultures de cerisiers dans les jardins où les cultures maraîchères constituent l'élément essentiel du système de culture, n'est pas à conseiller pas plus d'ailleurs que dans les terres trop argileuses, trop fortes où l'aération se fait mal et où l'humidité peut être excessive. Dans les éboulis de pente, dans les sables, dans les schistes friables, tout le long de la route nationale de Miliana à Margueritte, il y a des possibilités de faire de grandes plantations commerciales de cerisiers même^ sur les pentes, en utilisant l'explosif agricole, comme nous l'avons indiqué, dans un chapitre précédent.
D'assez grandes étendues de terres, servant à l'heure actuelle de pacquage pour les chèvres ou mal cultivées dans la région de Hammama surtout, pourraient être revalorisées en cultures fruitières (cerisaies surtout) et accroîtraient ainsi la prospérité des petits propriétaires indigènes et européens, pas encore édifiés, malgré les exemples qu'ils ont sous les yeux sur les avantages de l emploi de l'explosif dans les plantations d'arbres en terres non irriguées.
Il serait possible de revivifier certains vieux cerisiers des vergers milianais en sous-soldant, à l'automne, au moyen de l 'explosif, et en employant le sulfate de fer, au moment du départ de la végétation. Nous estimons que le Mahable ou Sainte-Lucie n'a pas, comme porte-greffe, dans notre région, la place qu'il devrait occuper dans les terrains légers du Zaccar ; dans nos vergers personnels, nous l'utilisons sur une grande échelle et sommes très satisfaits des résultats obtenus. Les traitements contre les insectes et cryptogames ont d'autant plus de raisons d'être exécutés d'une façon méthodique dans les vieux vergers que, souvent les cerisiers mêlés aux autres essences en plantation serrée, souffrent de manque d'air et de lumière.
Les plantations nouvelles de cerisiers doivent se faire en lignes régulières, dans les mêmes conditions qu'une plantation de vignes, de façon à permettre l'exécution de labours et de scarifiages en toute saison pour maintenir un sol constamment ameubli.
De novembre à mars, des cultures intercalaires de légumineuses (fèves, petits pois) peuvent à la rigueur être tolérées ; à cette époque de repos des arbres, ceux-ci ne sont en rien gênés ,et ces légumineuses enrichissent le sol en azote. C'est la seule façon rationnelle d'obtenir des fruits plus fer, mes, plus g'ros, plus colorés surtout si les arbres ont été formés en basses tiges, plus abritées des vents. Il y aurait lieu, disions-nous, de rechercher de nouvelles variétés à mâturité échelonnée tant pour la consommation que pour la confiturerie, voire même pour la production du Kirsch. Nous expérimentons dans nos propriétés les variétés suivantes:
Des cerisiers à fruits noirs de l'Est de la France (Doubs, Vosges) sont aussi plantés dans un verger d'essai, en vue de leur utilisation pour la fabrication d'un Kirsch du Zaccar.
Telles sont les amélioration que nous voudrions voir se réaliser dans la région de Miliana, en vue d'intensifier, en quantité et en qualité, notre production de cerises ; les mêmes conclusions peuvent s'appliquer aux régions similaires algériennes (Tlemcen, Mascara, Kabylie, Sahel).
La cerise « Habb El Moulouk », ou fruit des rois des Indigènes, peut aussi être considérée comme le roi des fruits à l'époque où elle arrive sur nos marchés; sa consommation et son utilisation industrielle peuvent être augmentées dans de grandes proportions, si l'arbre est cultivé commercialement en vue de produire non pas des fruits de luxe, mais des fruits à la portée de tous.
Produisons donc de belles cerises, nous ne serons jamais embarrassés pour les vendre, car le marché intérieur algérien les absorbera facilement, ne craignant pas d'importation étrangère, surtout si l'organisation coopérative pour la transformation et la vente des fruits se généralise en Algérie comme en Californie.
M. CHASSET à M. MOATTI. — Je vous fais remarquer que si vous greffez des bigarreaux sur un cerisier, l'arbre produit, puis meurt.
Vous ne parlez que des variétés locales, mais nous avons, à Lyon, le bigarreau Moreau qui réussirait et dont les fruits viendraient tôt. Si vous voulez faire du commerce, il faut avoir des fruits qui ne soient pas habités et le bigarreau Pélissier a des asticots.
M. PELEGRI. — Nous avons le bigarreau Moreau ; il est chez nous en pleine vigueur ; j'en ai de neuf ans qui n'ont jamais produits. Le bigarreau japonais est plus intéressant.
M. CHASSET n'a pas fait de cerisiers en Algérie, nous savons que leurs fruits doivent être consommés sur place et ne sont pas appelés à chercher des débouchés nouveaux.
M. BRICHET. — Je suis obligé de relever quelques faits : Pour ce qui est du bigarreau, je dois dire qu'il est le seul qui résiste au climat chaud. Pour toutes les variétés il y a une question d'adaptation à la température.
La taille des arbres fruitiers revêt un caractère spécial dans notre pays. La taille est basée sur la façon de végéter des arbres. Le poirier a quelquefois une, deux et trois végétations. Parfois en mai la végétation s'arrête, les yeux se ferment, la végétation est latente. Qu’un temps plus frais revienne, le poirier repart. Ici, sous notre climat algérien, on ne peut appliquer la taille d'Europe.
M. PERRONNE. — En ce qui concerne le choix du cerisier, je préconise le Saint-Lucien. Quant à la taille du cerisier, je dirai qu'il ne faut guère le tailler, à moins qu'il ne souffre de la chaleur.
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