Titre

La beauté de l’éphémère

algermiliana Par 3

Dans Sous le figuier/ Noria

 

La beaute de l'éphémère

Ce qui nous bouleverse le plus n’est pas l’éternel, mais ce qui disparaît. La beauté de l’éphémère réside dans cette clarté fragile, cette vérité douce-amère, l'instant présent ne reviendra jamais, et c’est précisément ce qui le rend précieux.

C’est la grâce furtive d’une fleur de cerisier qui ne s’offre qu’un battement de jours, l’éclat flamboyant d’un soleil couchant englouti par la nuit, ou la caresse d’une lumière matinale glissant sur les pierres anciennes. Dans le wast eddar de nos maisons d’autrefois, le soleil dessinait des ombres mouvantes, et de ce ballet discret naissait une poésie que nul ne pouvait retenir.

Mais l’éphémère ne se limite pas aux paysages : il habite nos vies, nos rencontres, nos paroles qui ne se répètent jamais de la même manière. Chaque instant vécu est une étincelle passagère, il s’éteint aussitôt qu’il est né, mais laisse derrière lui une trace ardente, une empreinte qui continue de vibrer.

Aimer ce qui s’efface, ce n’est pas céder à la nostalgie : c’est apprendre à regarder le monde avec tendresse, à saisir la mémoire au moment même où elle s’invente, à graver dans nos cœurs la chaleur d’un souvenir avant qu’il ne devienne silence. L’éphémère ne dépouille pas le temps ; il lui confère, au contraire, toute sa splendeur.

Car la véritable grâce d’un instant ne se mesure pas à sa durée, mais à la profondeur de l’empreinte qu’il dépose en nous, une empreinte vive, ardente, qui continue de résonner bien après que l’instant s’est éteint.

 

Commentaires

  • belfedhal abderrahmane

    1 belfedhal abderrahmane Le 15/09/2026

    J’admirais dans les gouttières quelques végétations éphémères, pauvres herbes bientôt emportées par un orage…..Honoré de Balzac.
    N’oublie jamais que tout est éphémère, alors tu ne seras jamais trop joyeux dans le bonheur, ni trop triste dans le chagrin……Socrate.
    Aimer ce qui s éfface, ce n’est pas céder a la nostalgie : c’est apprendre à regarder le monde avec tendresse……Noria.
    A toutes et à tous Essalem.
    Les non-dits, la mémoire du hawche, la perte d’un être tant aimé, toutes parlent, chacune a sa manière, de ce qui se passe et de ce qui demeure. Ces enfants qui courent, traversant la cour, pieds nus, ces femmes habituées à se réunir autour d’une table toujours prête à servir, longtemps après on gardera encore la saveur dans la mémoire. Ainsi l’éphémère produit du durable. Le texte admirablement réalisé par notre chère amie avait d’emblée annoncé la couleur : L’éphémère ne dépouille pas le temps, il lui confère sa splendeur. Qu en pense le grand écrivain honoré de Balzac ? il ne dit pas : quel dommage que ces herbes vont disparaitre alors que le texte nous dit : aimer ce qui s’efface… regarder le monde avec tendresse… La splendeur littéraire apparait dans toute sa beauté entre le fait d’aimer et celui d’admirer ! Cependant les deux se rejoignent parfaitement : la nostalgie regarde souvent quelque chose après sa disparition, la contemplation regarde quelque chose pendant son existence avec la certitude que cela ne durera pas ! Un coucher de soleil disparait en quelques minutes, mais sa beauté peut rester longtemps dans l’esprit. Honoré de Balzac ne méprise pas absolument ce qui est éphémère, il l’observe avec admiration. Tandis que par la plume enchantée, on lit : aimer ce qui s’efface… Regarder le monde avec tendresse … La différence est de taille. Nous arrivons ainsi à une sorte de paradoxe : ce qui dure n’est pas nécessairement ce qui a le plus de valeur. Chère noria, encore une fois merci pour ce choix de textes qui invitent à la réflexion.
    A bientôt.
  • Miliani2Keur

    2 Miliani2Keur Le 14/09/2026

    merci pour le relooking zen et a la hauteur du site Noria
  • Miliani2Keur

    3 Miliani2Keur Le 11/09/2026

    et Quoi de plus éphémère! nos souvenirs d'enfance ou nos fragments de rêve

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