ALGER - MILIANATwitter apFb ap

Apt youtube

Retour dans mes Souvenirs

Le Coin de BELFEDHAL Abderrahmane

À la mémoire de tous les enfants privés de leur sourire

_________________________________

Je dédie cette approche,

l'Algérie pays de la tolérance vit des temps douloureux et dramatiques en enregistrant des actes sataniques orchestrés par des commanditaires occultes ayant pour cibles des créatures tendres et innocentes soumises à des méthodes qui avaient vu le jour durant la seconde guerre mondiale, que dire alors quand les victimes sont de petites filles torturées à un point où le cri du désespoir fait trembler le trône d'ALLAH.

Révoltées les femmes s'organisent non pas pour dénoncer seulement ces crimes odieux mais aussi pour traduire la rage du désespoir qui frappe chaque jour leur condition féminine dans une société où la violence sévit de manière à devenir une banalité. Que dire d'une femme qui se voit kidnappée en plein jour sans que personne n'intervienne. Chose totalement étrangère à nos principes qui ont de tout temps porté le sceau et la marque d’une société qui tire ses racines depuis l’aube des temps.

Les hommes à leur tour révoltés font appel aux autorités suprêmes pour la mise en vigueur de la peine capitale pour les condamner définitivement en dernier ressort. Cependant une réflexion de taille s'impose et nous contraint à aller de l'avant pour voir de près les causes directes et indirectes de ces crimes odieux et tenter d'expliquer les raisons profondes de leur apparition et leur propagation dans une société qui rejette en bloc toute idée de troubler la quiétude et la paix. En d'autre terme la peine capitale est-elle en mesure de garantir la sécurité dans son sens le plus élargi et parvenir à éradiquer ce fléau et le bannir à jamais.

Pour répondre à ces questions, il faut diagnostiquer en profondeur ce mal qui ronge la société sous tous ses aspects. Les criminologues soutiennent avec force que chaque société a sa propre criminalité. Est-ce à dire que la société fabrique ses délinquants pour qu'ils mettent ensuite sa propre sécurité en danger, et pour faire face à cet effet de boomerang. On fait usage de la contre violence par la violence et de ce fait on se retrouve éloigné de toute mesure capable d'éradiquer le mal car on aura perdu de vue les vrais remèdes qui résident dans l'étude, dans le diagnostic et enfin dans le médicament approprié.

Quels sont alors ces causes qui font basculer l'ordre des choses et mettent en danger la sécurité des citoyennes et des citoyens craignant pour leurs biens et leurs vies ! à titre d'exemple nous citerons quelques-unes de ces causes car jugées très influentes dans la vie de tout un chacun. Ce sont l'oisiveté qui, aux yeux des sociologues, est mère de tous les vices, les mauvaises fréquentations et les difficultés draconiennes qui entravent et rendent insurmontable toute tentative de construire un foyer conjugal.

A cela s'ajoute le prix à payer et les conséquences néfastes de l'abandon des enfants par leurs parents, à ces causes également d'autres aussi graves vont approfondir la blessure, appelées causes internationales car ils viennent d'ailleurs se définissant dans l'invasion culturelle et l'attachement sans réserve à tout ce qui brille sous l'étoffe de courants civilisationnels porteurs de maladies psychologiques et physiologiques. L'ensemble de ces facteurs inadaptés dans une société mal préparée encourageraient la propagation d'un fléau dévastateur à l'image du crime perpétré sur le corps d'une âme douce de nature innocente et claire comme l'eau de roche.

Notre pays déploie des efforts titanesques pour éradiquer EL FASSAD EL MALI SANS POUR AUTANT USER DE LA MÊME FORCE POUR ERADIQUER EL FASSAD EL AKHLAKI et sans un meilleur remède aux terribles maux qui sévissent dans le milieu des jeunes et moins jeunes à savoir l'oisiveté, les mauvaises fréquentations et les difficultés matérielles qui retardent la création de foyers stables et durables entre autres. Cependant d'autres maladies sont également à mettre à l'index et qui ont un lien direct avec la propagation des actes meurtriers, telle la corruption qui a atteint des proportions inquiétantes au point d'être codifiée dans les rapports sociaux les plus louches ajoutés à cela les défaillances sécuritaires et l'adoption de modèles de sociétés sans assurer une assise capable de se défendre contre l'invasion de courants destructeurs.

Pour conclure ma modeste contribution que pour éradiquer ce mal terrible qui nous prive de nos cœurs c'est d'abord lutter avec l'énergie du désespoir contre les causes du mal en cherchant les véritables remèdes pour arriver enfin à retrouver le sourire angélique de nos propres progénitures. Cette modeste contribution a omis volontairement de citer les grands principes de l’ISLAM qui sont nombreux et nous leur réserverons une place honorable dans une prochaine contribution IN CHAALLAH.

LES CAFÉS AUX BOLS D'AIR

______________________________

 

À toutes et A tous et a la bonne étoile de l'artiste SI FERHAOUI
JE DÉDIE CE PASSAGE

LES CAFÉS AUX BOLS D'AIR


Vendredi soir a l'heure où les lueurs du crépuscule embrasaient les cimes des montagnes, les tentes et les khaimas, sous la lumière des quinquets et des kerbiles calmes et silencieuses avaient l’allure d’un campement de guerre, qui l’as d’un long siège, se préparait à un ultime assaut. Les feux de bois crépitant ça et là dégageaient dans l’espace les parfums de la forêt, tandis que les premières étoiles chantaient la sérénade de la nuit trézélienne.

À l’intérieur de ces œuvres dressées à la belle étoile, de larges nattes, pour la plupart usées par le temps, étendues de bout en bout, couvraient un parterre débordant de fraicheur, sans avoir à en rougir face à ce que pourrait offrir la moquette en luxe et en confort, pour les habitués de la vie citadine.

De vieux bancs aux éléments serrés par des clous encore plus vieux baignant dans les arômes de la chadoulia et la romance du thé étoilé de la vieille et lointaine Chine procuraient aux burnous et aux gandouras de grands moments de sérénité de goût et de paix et au « kahwadji » de se confondre dans le meilleur accueil. Tôt le matin alors que l’aube se mettait à rosir, le marché de tous les samedis que Dieu fait est déjà prêt pour recevoir son monde habituel.

Au fil des heures, les cafés, qui la veille avaient conquis le temps et l’espace ne sont plus que de petits points baignant dans le décors de la pure tradition et les bruits indéfinis. Le marché dans son ampleur était pris en otage par l’homme et la bête. Les discussions et les pourparlers dans une atmosphère chaude mais détendue se rapportant en valeur absolue sur les prix en conformité avec les besoins exprimés. La vieille règle de l’offre et de la demande se traduisait matériellement sur le terrain de façon claire, nette et sans ambiguïté.

À l’entrée des khaimas et les tentes, de grands tonneaux en bois, alimentaient en eau claire et limpide la prouesse de la main locale qui a conçu et fabriqué la cafetière et la théière. Un morceau de tissu, jadis blanc, servant de filtre, avait depuis longtemps pris la couleur de son jus. À l’aide d’une tasse de la contenance d’un litre le sucre blanc tiré d’un gros sac est versé en entier dans un récipient rempli d’eau bouillie à haute température .Eau et sucre barbouillés à outrance sont versés dans la cafetière et la théière. Une dose unique, un goût unique et une pleine saveur pour les candidats aux bols d’air « Hé Kahwadji …wahed kahwa ….wahed tey rani jey ».

Les tasses et les verres se remplissaient et se vidaient au rythme d’un feu qui se réanimait et se réduisait au rythme des voix en vogue. De temps à autre un verre servi à la hâte ne tardait pas à rejoindre ses compères baignant dans une bassine consignée au repos d’office.

Au fil des heures qui s'envolent le calme doucement reprenait sa place au profit d une température qui balançait depuis l’aube blanchissante entre un haut et un bas.
Douze heures tapantes les tentes et les khaimas sont repliées. Les nattes, les vieux bancs, les tonneaux et le reste des ustensiles rangés, le départ vers d’autres cieux est imminent.

Des cafés aux bols d’air il ne restait qu’un bout de terre humide absorbant lentement les restes d’une lessive simple et peu exigeante et des trous qui avaient servi à renforcer les piquets et les poteaux en bois.

Un matériel des âges premiers tant indispensable, pour relever bien haut la tête à ces édifices mobiles, libres et fantaisistes. En leur état, ils voyagent encore dans le temps et dans l’espace.

La cafetière et la théière n’ont guère changé d’aspect. Le quinquet rangé dans la mémoire des contes autour des grands feux ressourcé au gaz butane souffle à ce jour la lumière en brillant dans tous ses éclats.

Reprenant les sentiers jadis battus dans la nébuleuse des rêves et la fureur de vivre, je contemple ému toutes ces années qui se sont évaporées témoignant sans recul que les tentes et les khaimas continuent encore à embrasser les étoiles dans leur chant d'il était une fois la sérénade des nuits trezeliennes.

SOLITUDE

_______________________________

Me référant aux pages d'or d'un excellent ouvrage, conçu pour les élèves de la classe de terminale, édité en 1971 réalisé par les auteurs MAURICE MOREL et DENIS HUISMAN successivement agrège des lettres et directeur de l’école française des attaches de presse.

Je propose une approche autour de la solitude que beaucoup d’écrivains inspires dans leurs méditations ont trouvé en elle un refuge des plus sécuritaires et une évasion à faire éclater aussi bien la prose que les vers poétiques animés de beauté de rêverie et de réalisme. Cependant, d’autres chevaliers de la plume avaient opté pour une limite de la solitude, car prolongée, elle provoque l’ennui pour MOLIERE elle effraie une âme de vingt ans.

VAUVENARGUES, différemment de Lamartine dans ses méditations, de Rousseau dans les rêveries d’un promeneur solitaire, de Victor Hugo dans ses contemplations avait soutenu que la solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps ; cependant longue elle est mortelle que nécessaire. En d'autres termes, un solitaire est-il par définition quelqu'un qui vit en marge de la société ou bien au contraire c’est en marge de la société qu'il découvre les profondeurs de l'âme humaine et sentir réellement la douleur des autres.

Dans une récente contribution j'ai reproduit un poème de Théophile Gautier au sujet de l'aveugle, pour cette fois-ci nous allons d'ici peu avoir le plaisir de boire le nectar de la poésie du père du romantisme Victor Hugo et l'élévation de l'homme a un degré que seul Hugo sait faire et cet homme c’est le mendiant.

Le poète compte parmi ceux qui ont chanté les mérites de la solitude perçant à la fois les signes de la pauvreté et la grandeur des pauvres ; nous déduisons donc qu'être seul c'est s'intégrer corps et âme dans la nébuleuse d'aller au-delà de l’expression humaine. Suivant les sentiers battus des chevaliers de la plume, voyons de près ce que pense saint Exupéry dans son ouvrage Terre des hommes qui affirme qu'être un homme c'est être fier d'une victoire que les camarades ont remportée, c'est sentir en posant une pierre que l’on contribue à bâtir le monde.

De ce qui précède, il semble clairement qu'il y a deux visions qui s'alternent autour de la solitude. Elle est pour certains à un certain degré une diète mais limitée dans le temps. Pour d’autres, c’est une source d'inspiration qui dynamite les sentiments au point de communier l'âme et l’esprit afin de prendre conscience des souffrances d’autrui. Théophile Gautier et son aveugle et Hugo et son mendiant illustrent magistralement cette percée humaine que l'évasion et la solitude constituent en fait un pont réel avec la réalité.

Au-delà de l'expression humaine HUGO nous livre son âme solitaire issue de la grandeur des miserables.dans ce contexte notre prophète que la bénédiction soit sur lui a prié DIEU de lui préserver lors du jugement dernier une place parmi les pauvres et les nécessiteux.

Le poème de VICTOR HUGO haut en couleur, terrible par le poids qu'il accorde au mendiant SAIT ON D OU IL VIENT SAIT ON DE QUELLE PART IL VIENT me renvoie a une célèbre chanson tirée de notre patrimoine et plus exactement de ABABSA qui avait interrogé une tête humaine que les temps avaient jalousement gardé dans le temple du silence : Ya ras ebnadem kallamni.

Sait-on d'où il vient Sait-on de quelle part il vient, seule une âme solitaire est en mesure de nous livrer sa nature et sa portée et seule une âme qui a su contourner le profil de sa propre création est en mesure de nous amener à découvrir tous les trésors de ce roseau pensant.

Poète sonore de son temps, dans le givre et le vent, je vois passer un pauvre homme si près de ta demeure et d'un geste auguste de ta main qui avait pris le pli d'élever les misérables au-delà de l’expression humaine, tu cognas sur la vitre, et ce fut l’un des plus vibrants poèmes.

Lire la suite

Quand les ailes ne repondent pas

_______________________________

Quand les ailes ne répondent pas 

À toutes et à tous
À toutes les belles plumes qui tardent a se retremper dans leurs encriers je dédie cette approche intitulée Quand les ailes ne répondent pas.

Face à mon bureau se dresse un imposant immeuble datant de l'ère coloniale compose de cinq étages dont le rez de chaussée luxueusement amenage pour les prestations de la BADR est souvent sollicite par les usagers et particulièrement les hommes de la terre. L'appartement sis au deuxième étage dont le balcon est servi par une porte fenêtre renferme dans son espace réduit une cage et un oiseau. Apprivoise, l'oiseau n' avait eu ni le temps ni la joie de construire un nid de hasard. Durant la saison des grandes chaleurs et les temps de grande fraicheur la cage et son occupant regagnent le lieu familier tandis que le balcon avec joie offrait eau et grains de blé aux pigeons a la caille et même aux corbeaux.

À l'âge enfantin, qui n'avait pas couru derrière un moineau sans réussir à le rattraper car plus rapide et mieux adapté aux espaces libres, gaiement, il savait où trouver son gite
Qui de nous n avait pas réussi à déjouer le réflexe d un tout petit moineau qui dans une tentative désespérée avait finit par accepter son sort! C'était un jeu d'enfants un simple jeu d'enfants. Plus tard pensant lui prêter attention et affection bien que privé de son âme on lui confectionna un royaume digne des dignitaires. Jonché au coin du balcon il apprendra avec le temps a mieux apprécier la douceur de ceux qui chanteront pour lui.

Me référant à un poème de Verlaine tiré de l’excellent ouvrage la composition française en 100 dissertations les auteurs avaient conclu ce qui va suivre :
On peut emprisonner les oiseaux, opposer a leur soif de liberté les barreaux d une cage, les oiseaux chantent toujours! Seulement leur chant se fait plainte, appel, sanglot, leurs ailes frémissant se heurtent au fer de la cage et si leur ivresse de ciel se délivre leur corps se meurtrit, sans cesse ils ne peuvent plus que contempler le triste filet qui coule de leurs ailes. l'illustre poète avait conclu que si la cage est prison le chant est poésie. Illustre poète, partant de cette conclusion, humblement je me permet de me poser une question sur la nature de ce chant qui selon vous est une poésie et si l'oiseau qui est en face de moi chante un chant est il alors semblable aux chants de tous les oiseaux du monde. Illustre poète, l'oiseau qui en face de moi n'a jamais vu le Zénith ni l'aurore ni le somptueux coucher du soleil.

La vision de notre poète peut elle alors égaler la sensation d'un grand chasseur du nord qui dans une expédition de chasse avait traqué et tragiquement blessé un ours. Seulement au lieu de l'achever il s'est déployé au bout des limites de son expérience pour le guérir et le sauver d'une mort certaine. Le chasseur avait consigné dans son ouvrage que la grande sensation qu'il éprouve dans la chasse ce n'est pas de tuer mais de préserver la vie. Le chasseur a compris que ces êtres sont nés pour être libres et quand le besoin et la nécessité les poussent a la lutte pour la survie ou l obligation de conquérir leur harem c'est pour préserver l'équilibre naturel et écologique et si les hyennes s'acharnent sur les carcasses au point de les blanchir, ils participent de la sorte à une grande œuvre de nettoyage autrement la nature elle même serait victime d'empoisonnement.

Dans le milieu animalier, il existe une harmonie et un parfait équilibre que seuls les êtres humains savent enfreindre au nom de l'étique et les urgences civilisationnelles. Paradoxalement, l'immeuble d'en face, le balcon et sa sinistre prison au même endroit que mon bureau se situent RUE DE LA LIBÉRATION. Libération dites vous ! L'oiseau apprivoisé est il en mesure de saisir la teneur de ce mot ou alors est il convaincu que le célèbre chateaubriand avait ses propres raisons et sa propre vision en affirmant que le bonheur est une balle, on court après, elle roule, on la frappe quand elle s'arrête où le célèbre voltaire qui avait affirmé qui est causé de bonheur pour les autres réalise son propre bonheur.

La journée s'étire mais touche à sa fin. Je regarde encore une fois cet oiseau si fortement scellé dans son lit de hasard et lui, dans son âme meurtrie, semblait me dire que si les ailes ne répondent pas dis à tes semblables que les plumes se retrempent autant de fois dans les encriers de la liberté et la libre parole et que les barreaux sautent devant l'initiative et toute idée constructive.

L'OISEAU AVAIT CONCLU QUE LE BONHEUR EST BONHEUR QUAND IL EST PARTAGÉ  ET QUE LA SOUFFRANCE EST SOUFFRANCE QUAND ELLE EST SUBIE PAR UNE SEULE PERSONNE.
Que les plumes qui nous avaient habitué aux commentaires magnétiques selon l'expression de notre ami l'artiste peintre Si Ferhaoui ressortent de leurs encriers la beauté et la noblesse du verbe et faites en sorte que les ailes se joignent aux plumes afin de redonner au site toute la vigueur et l'élan aussi puissants aussi hauts pour couvrir à la fois le ciel de Miliana Alger et tous les cieux de la pensée universelle.

AZIZ ET L'AVEUGLE

_______________________________

OPHILE GAUTIER ABDERRAHMANE Aziz  et l'Aveugle

Dans la douleur les êtres humains se retrouvent. Ils crient leur désespoir et leur tourmente dès fois en pleurant d'autres fois dans un silence stoique à faire frémir les échos les plus lointains.

Ici dans une page errant dans les sphères des temps immuables le poète et le chanteur bien au delà des containtes et les intimes convictions livrent leur destinee à tout ce qui bouge à leur place et traduisent tant bien que mal leur détermination à se manifester timidement dans la nébuleuse du JE/ NOUS pourtant nombreux sont ceux qui regardent sans saisir la potée réelle des choses.

Le poète s'est livre entièrement à la grâce de son chien fidèle alors que le chanteur s'est adressé à la foule pour le mettre au diapason de la couleur d'un clair de lune ou un rayon pale soit-il caressant froidement à la fois son âme son esprit et son corps.

 

VICTOR HUGO le chef de l'école romantique a laissé entendre qu'il ne cherche pas à démontrer logiquement mais à frapper les imaginations.
ILLUSTRE POÈTE.

CHANTEUR DES ANNÉES DE JEUNESSE
L'AVEUGLE VOUS TEND SES BRAS ET VOUS SERRE CONTRE SON CŒUR QUI A SOUVENT PLEURÉ SANS VOIR LA COULEUR DE SES LARMES.


L'aveugle

Un aveugle au coin d'une borne,
Hagard comme au jour un hibou,
Sur son flageolet, d'un air morne,
Tâtonne en se trompant de trou,

Et joue un ancien vaudeville
Qu'il fausse imperturbablement ;
Son chien le conduit par la ville,
Spectre diurne à l'oeil dormant.

Les jours sur lui passent sans luire ;
Sombre, il entend le monde obscur,
Et la vie invisible bruire
Comme un torrent derrière un mur !

Dieu sait quelles chimères noires
Hantent cet opaque cerveau !
Et quels illisibles grimoires
L'idée écrit en ce caveau !

Ainsi dans les puits de Venise,
Un prisonnier à demi fou,
Pendant sa nuit qui s'éternise,
Grave des mots avec un clou.

Mais peut-être aux heures funèbres,
Quand la mort souffle le flambeau,
L'âme habituée aux ténèbres
Y verra clair dans le tombeau !


Théophile GAUTIE

Lire la suite

Le Poète Et La Foule

______________________________

Le Poète Et la Foule de Théophile Gautier

Feuille

La plaine un jour disait à la montagne oisive :
« Rien ne vient sur ton front des vents toujours battu ! »
Au poète, courbé sur sa lyre pensive,
La foule aussi disait : « Rêveur, à quoi sers-tu ? »

La montagne en courroux répondit à la plaine :
« C’est moi qui fais germer les moissons sur ton sol ;
Du midi dévorant je tempère l’haleine ;
J’arrête dans les cieux les nuages au vol !

Je pétris de mes doigts la neige en avalanches ;
Dans mon creuset je fonds les cristaux des glaciers,
Et je verse, du bout de mes mamelles blanches,
En longs filets d’argent, les fleuves nourriciers. »

Le poète, à son tour, répondit à la foule :
« Laissez mon pâle front s’appuyer sur ma main.
N’ai-je pas de mon flanc, d’où mon âme s’écoule,
Fait jaillir une source où boit le genre humain ? »

 

Le Site à ce niveau top reflète à plus d'un titre tous les bien faits de la montagne sans pour autant amoindrir l'apport considérable du genre humain.

Lire la suite