Algermiliana banniere animee 2

Le Coin de BELFEDHAL Abderrahmane

LA PETITE PIERRE

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«Aucune société n'est irrémédiable, aucun moyen age n'est définitif, si épaisse que soit la nuit, on aperçoit toujours une lumière» VICTOR HUGO

Le poète Abou Madhi est né au Liban en 1889 après quelques années d'études il s'est déplacé en Égypte. Cette étape avait constitué pour lui le début de sa carrière littéraire avant de s'installer définitivement en Amérique ou il adhéra à la ligue des plumes présidé à cette époque par l'illustre khalil Joubrane. Très influencé par sa nouvelle situation en tant que membre de cette ligue littéraire il contribua largement à l'amélioration de la poésie arabe aussi bien dans la forme que dans le fond. Plongé dans la nébuleuse sociale avec ses aspects complexes, l'auteur avait conclu que la société était totalement prise en otage par la matière et que beaucoup qui pour avoir loupé le virage mettaient fin à leurs jours, oubliant que chacun quelque soit son rang social a un rôle à jouer, un rôle vital,utile et indispensable.

Abou Madhi dans son poème avait introduit un style nouveau dans la poésie arabe c'est l'ère du symbolisme d'où la transposition matérielle de la nuit à l'image d'un homme usant de toutes ses facultés et de tous ses sens. Cependant lors d'une nuit étoilée qui avait enveloppé la ville blanche qu'elle fut attirée par des gémissements douloureux provenant d'une petite pierre qui se voyait en elle un être vil et sans importance, au point d'être une charge dans la société et prit alors la décision fatale de mettre fin à son existence. De cette fin c'était le déluge car la petite pierre avait laissé un creux qui au fil d'un temps avait encouragé le barrage à son tour d'envahir la cité et ses habitants. l'auteur est visiblement pour l'optimisme affirmant que chaque membre dans la société a un rôle important à jouer et une responsabilité à assumer, garant d'assurer un potentiel pour tout un chacun. A titre d'exemple nous citerons le grand travail que réalise un agent dans la propreté de la cité afin qu'elle ne se noie pas dans la pollution et la saleté et le travail que réalise n'importe quel responsable dans son secteur.

Nous concluons donc que chaque membre au sein de la société a une valeur réelle résidant dans le travail qu'il réalise quel que soit sa situation et quel que soit son rang. Doit-on alors sous estimer l'apport d'une petite pierre par rapport a la force d'un grand barrage!!! mes chers amies et amis du site que cet enseignement nous sert de guide pour cette nouvelle année qui frappe a nos portes nous invitant à formuler les meilleurs vœux à tous les intervenants de l'agréable site ALGER MILIANA et que ce site soit une une ligue des plumes comme au temps de Abou Madhi. Je termine ce souhait pour relancer mon appel aux merveilleuses plumes de réapparaitre à nouveau car leur présence parmi nous est importante a plus d'un titre. A toutes et à tous je souhaite une très bonne nouvelle année en compagnie de la petite pierre qui réalise enfin qu'elle est utile, vitale, sociable et indispensable.


Bonne année



سمع الليل ذو النجوم آنينا... وهو يغشى المدينــة البيضــاء
فانحنى فوقها كمسترق الهمس ... يطيل السكوت والإصغاء
فرأى اهلها نياما كأهل الكهف ... لا جلبــة و لا ضوضــاء
ورأى السد خلفها محكم البنيان... والماء يشبــه الصحــراء
كان ذاك الأنين من حجر في السد... يشكو المقادر العميـاء
أي شأن يقول في الكون شأني...لست شيئا فيه ولست هباء
لا رخام أنا فأنحــت تمـثـــلا... ولا صخـرة تـكون بـــنــاء
لست أرضا فأرشف المـــاء...أوماء فاروي الحدائق الغناء
لست دراً تنافس الغادة الحسناء..فيــه المـليحـــة الحـسنــاء
لا أنـا دمـعـة ولا أنــا عــيـن...لست خالا أو وجنـة حمراء
حجـر أغـبــرأنــا و حقـــيـر...لا جمالا لا حكمـة ،لامضاء
فلأغادر هذا الوجود و أمضي... بسـلام إنـي كرهت البقـاء
وهوى من مكانه وهو يشكـو...الأرض والشهب والدجى والسماء
فتحح الفجـر جـفنه ... فـإذا الطـوفان يغشى ((المدينة البيضاء))


La nuit étoilée ayant entendu un gémissement couvrant la ville blanche,
S'est déployée, sensible, elle écoutait un son plaintif
Elle a vu les habitants dormir tels les gens de la grotte... pas de voix confondus ni de bruit
Elle a vu le barrage bien consolide et l'eau étendue comme un désert
Le gémissement parvenait d'une pierre du barrage, se plaignant des évaluateurs aveugles

 

Prétendant être seuls les plus utiles, tandis que moi, je n'y suis pas, je suis vain
Je ne suis pas le marbre pour sculpter une stèle ni un rocher bâ
tisseur
Je ne suis pas la terre qui, buvant l'eau, arroserait les jardins luxuriants
Ni un joyau pouvant rivaliser la beauté somptueuse de Ghada
Je ne suis pas une larme, ni un œil... Je ne suis pas non plus un point noir sur une joue rouge


Je suis une pierre sale et vile... Aucune beauté, aucune sagesse, à faire valoir
Je quitterai cette existence et partirai en paix . Je déteste rester
Du haut de sa place elle s est jeté, tout en se plaignant de la terre, des météores, des ténèbres et du ciel
Quand vint l'aurore le déluge avait déjà frappe la ville blanche et ses habitants.

LE LOUP MORALISTE

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«Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font du mal,mais par ceux qui regardent faire». ALBERT EINSTEIN
«La religion sans la conscience morale n'est qu'un culte superstitieux». EMMANUEL KANT

La morale se définit comme étant un ensemble de règles de conduite considérées comme valables, de façon absolue. la morale avait toujours occupé une place prépondérante dans les programmes scolaires et sous forme de récits, de fables ou de contes, le plaisir de la lecture et les belles illustrations étaient souvent à l'honneur pour capter nos esprits d'enfants que nous étions mais souvent le récit avec ses rebondissements nous éloignait des fois de la règle maitresse basée essentiellement sur la moralité qui illustre l'âme et le fondement du récit. Prenant pour exemples les fables de jean la fontaine, les avis des critiques littéraires sont différents les uns des autres. Pour certains, les fables ne sont ni simple récit ni pure morale, pour d'autres la fable est à l'image de l'homme "corps et âme" le récit étant le corps et la morale en est son âme.

Rousseau de son coté reproche à la fontaine dans son ouvrage l'Émile que les jeunes esprits sont portés à s'identifier au personnage le plus fort qui n'est souvent pas l'être le plus moral. Pour Rousseau il y va de la prééminence du récit sur la morale. Cependant dans plusieurs fables on constatera que la fontaine a effectivement mis l accent de façon remarquable sur la primauté de la morale à l'exemple de son récit sur le berger et son troupeau où tout était à l'honneur du berger. Pour beaucoup de critiques littéraires la fable de façon générale instruit en plaisant et plait en instruisant et c'est parce que le récit flatte l'imagination qu'il pousse à la réflexion et c'est parce qu'il donne à penser qu'il plait.

Pour plus de détails voir moralité dans les fables de la fontaine.
Nous terminons cette approche entre primauté de la morale et prééminence du récit en prenant pour exemple le récit de voltaire intitulé le loup moraliste et à vous chers amis du site de situer vos impressions autour de la primauté du texte sur la morale ou au contraire la prééminence de cette dernière par rapport au récit ou alors éviter toute forme de dualité et admettre alors que le récit et la morale ensembles constitueront le corps et l'âme à l'image de l'homme. A toutes et a tous bonne réception et très bonne réflexion.

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LE LOUP MORALISTE

Un loup, à ce que dit l’histoire,
Voulut donner un jour des leçons à son fils,
Et lui graver dans la mémoire,
Pour être honnête loup, de beaux et bons avis.
« Mon fils, lui disait-il, dans ce désert sauvage,
A l’ombre des forêts vous passez vos jours ;
Vous pourrez cependant avec de petits ours
Goûter les doux plaisirs qu’on permet à votre âge.
Contentez-vous du peu que j’amasse pour vous,
Point de larcin : menez une innocente vie ;
Point de mauvaise compagnie ;
Choisissez pour amis les plus honnêtes loups ;
Ne vous démentez point, soyez toujours le même ;
Ne satisfaites point vos appétits gloutons :
Mon fils, jeûnez plutôt l’avent et le carême,
Que de sucer le sang des malheureux moutons ;
Car enfin, quelle barbarie,

Quels crimes ont commis ces innocents agneaux ?
Au reste, vous savez qu’il y va de la vie :
D’énormes chiens défendent les troupeaux.
Hélas ! Je m’en souviens, un jour votre grand-père
Pour apaiser sa faim entra dans un hameau.
Dès qu’on s’en aperçut : O bête carnassière !
Au loup ! s’écria-t-on ; l’un s’arme d’un hoyau,
L’autre prend une fourche ; et mon père eût beau faire,
Hélas ! Il y laissa sa peau :
De sa témérité ce fut le salaire.
Sois sage à ses dépens, ne suis que la vertu,
Et ne sois point battant, de peur d’être battu.
Si tu m’aimes, déteste un crime que j’abhorre. »
Le petit vit alors dans la gueule du loup
De la laine, et du sang qui dégouttait encore :
Il se mit à rire à ce coup.

« Comment, petit fripon, dit le loup en colère,
Comment, vous riez des avis
Que vous donne ici votre père ?
Tu seras un vaurien, va, je te le prédis :
Quoi ! Se moquer déjà d’un conseil salutaire ! »
L’autre répondit en riant :
« Votre exemple est un bon garant ;
Mon père, je ferai ce que je vous vois faire. »
Tel un prédicateur sortant d’un bon repas
Monte dévotement en chaire,
Et vient, bien fourré, gros et gras,
Prêcher contre la bonne chère.

Voltaire

Ma toute première classe

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L’Enfant n'est pas un vase que l'on remplit mais une source que l'on laisse jaillir... «Citation»

Ecole indigène

BONSOIR À TOUTES ET À TOUS
BONSOIR MAÎTRE

Il y a longtemps, très longtemps, avant de rejoindre l'école indigène. Je revois encore ma petite classe si modeste avec ses lawhates, avec ses vieilles nattes et ses murs peints au bleu et au vert et une petite fenêtre qui selon les saisons laissait apparaitre le souffle des temps.

Ma classe était vieille dans le cours des âges, elle était même vieille par rapport à la naissance de l'école indigène qui disposait de tout un arsenal lié à l’état civil, au registre des inscriptions et aux manuels scolaires. Doté d’une cantine et d'un cinéma de fortune, elle représentait aux yeux des enfants indigènes les merveilles d'un autre temps. Depuis l'ère lointaine, à ce jour, elle garde jalousement son nom de LICOULE LAARAB, tandis que LICOULE FRANCISSE, juchée sur les hauteurs du Nador assurait exclusivement pour les enfants de souche française, les cours d'initiation et du primaire dans des conditions dignes de leurs semblables implantes dans l’hexagone.
Si les temps entre les deux écoles étaient répartis selon les mêmes horloges saisonnières, la différence était de taille allant du simple habit, aux programmes enseignés et jusqu'au virement vers la vie active.

Mais, avant cela, qu’en est-il de ma classe réglée aux échos des voix qui s'élèvent haut dans le ciel, perpétuant les versets coraniques sans pour autant saisir la portée réelle car l'heure étant réglée au parcoeurisme Nous y voilà au seuil de la classe et que pour renter on prendra le soin de nous libérer de nos chaussures.
Sbah el kheir sidi, Sbah el kheir sidi, sans attendre un instant, déjà le chotrog s'était mis à broyer l'atmosphère, alors que sidi, par sa voix ferme annonçait le commencement de la journée.

« tchrak » « tchrak », Haya kraw, Haya kraw, la journée s'était mise en marche de façon chaude et décidée animée de bout en bout par les petits taleb appelés gnadizes.
Le Chotrog est un bâton léger dont le bout est rattaché à une queue de bœuf bien séchée au soleil méditerranéen. Pour écrire, les plumes sont taillées dans le bambou et l’encre est obtenue suite à une fusion de l’eau et de la laine grillée, mixées autant de fois, elles produisent un extrait noirâtre. L’extrait soumis à de petites doses d’eau, remué à outrance, il devient ainsi une encre fluide pouvant reproduire lisiblement les écrits sur la surface polie de la lawha.

L’œil vigile de Sidi, les claquements du chotrog, une récitation tout azimut, rappellent sans doute aucun, que l’on est bel et bien dans une classe coranique.
Alhamdou lilahi rabi l 3alamin, Haya kraw, haya kraw, « tchrak » « tchrak », et l’atmosphère dans son amplitude baignait dans un rythme cadencé que la voix des petits TALEB entretenait en haut et en bas. Ravivée par le regard perçant de sidi qui pour chaque petit taleb n'est que le signal et surtout un sérieux rappel que la récitation individuelle qui se déroulera en fin de journée est décisive et capitale la récitation collective sorte de relaxe marquera la fin de la journée.

Le lendemain matin, la lawha prend sa toilette quotidienne, elle doit glisser heureuse dans l'eau claire et limpide baignant dans la saveur du salsal et toute la joie pour les pieds mignons d'avoir évité les caresses du compagnon d’armes de la fabuleuse falaka, elle est loin d'être une forme de torture tel que ramené par certaines plumes tendancieuse visant à ternir l'image de la religion la plus tolérante.

Cependant dans l’emploi des jours, il y avait aussi des moments de grande joie et de détente. Pour sidi et pour les gnadizes rien absolument rien, n’égalait la journée des sadakates. Le chotrog dans une attitude digne des grands fakirs est momentanément mis en veilleuse, mais si près de sidi. Les nattes brillant par mille feux recevaient gracieusement les exquises de la cuisine traditionnelle. L'honneur est au mbassas, au ftir et au kaabouche.

Sidi, d’habitude au regard franc et taciturne affichait des lors un large sourire et il avait toutes les raisons du monde d’être de la sorte car tout baignait dans la quiétude et la sérénité.

Dans peu de temps, chaque gendouz aura le privilège et l’honneur de glisser dans la main de sidi une jolie pièce de vingt francs. En somme, c’est une belle offrande fruitée d’argent.

Le jour des SADAKATE c’est aussi un jour de grande référence pour le petit TALEB qui, au prix d’efforts titanesques avait enfin soldé un HIZB entier que la mémoire ne manquera pas de retenir de façon claire, nette, et précise.

Une fois l’offrande ayant pris congé, laissant sur place les assiettes d'argile vidées de toute victuaille, sidi d’une main sobre et sereine, usant de crayons noirs et de couleurs, armé de patience, transpose sur la LAWHA un cycle de formes géométriques rappelant en leur état les talismans des époques lointaines.

Une fois l’œuvre achevée, le flambeau ainsi conçu est remis aux honneurs du petit TALEB qui, fort confiant et rassuré, est dès lors fin prêt pour la grande traversée. Le petit TALEB, poussé par l’ardeur de montrer ses capacités de parcoeuriste, s’engage dans un périple qui doit l’amener en compagnie de sa LAWHA et de son HIZB tour à tour vers les ruelles, les rues, et jusqu’aux SOUKIFAS du village. Les habitants à leur tour n’ont jamais perdu de vue cette fierté de récompenser le petit TALEB : « tiens mon fils, tu mérites plus que ça. C’est le CORAN.» le petit TALEB en guise de reconnaissance s’attaque sans faute aucune, et sans aucune hésitation à une récitation digne des grands orateurs.

Beaucoup, parmi les petits TALEB, armés de volonté ardue ont pu au fil des années, rejoindre la soixantième marche.la marche du podium de tous les podiums. « HAYA KRAW, HAYA KRAW », TCHRAK, TCHRAK, une récitation individuelle, une récitation collective et ainsi, chemin faisant, la classe coranique devait quitter son quartier pour une place de choix dans la mosquée. Sidi, fonctionnaire de l’état avait ainsi, perdu de vue les exquises d’antan, ainsi que le tintement des vingt francs. La classe coranique jadis libre et indépendante, est assujettie au règlement régissant les affaires religieuses. Le CHOTROG à son tour fut soigneusement rangé dans la mémoire « d’il était une fois ».

La LAWHA, le SALSAL, et la dwaya à leur tour se sont effacé au profit d’une ardoise magique qui, suite au frottement avec un KALEM invisible, fait apparaitre en sus d’un verset, d’un HADITH, la passion d’aller toujours vers de petites choses nouvelles. Les CHEIKHS dans leur mission d’enseigner la parole divine n’ont jamais dissocié leur devoir du CHOTROG. Cependant un seul a fait l’exception. En guise de traitement, il offrait à ses gnadizes de succulents bonbons à la menthe. Il a pour nom : SI HNINI. Peu de temps après ces moments immémoriaux l'heure était fixée au fameux livre la lecture liée au langage communément appelé ALI OMAR et c'était le commencement d'un autre temps, d'une autre époque, d'une autre façon de voir le monde. L’écho de la cloche, le bruit du chotrog et le glorieux appel de la liberté remontés sur les ailes du temps, nous rappelleront toujours que le passé est la clé de l’avenir.

Tant d'années se sont écoulées et au profond de nous-mêmes, au plus profond de nos souvenirs, sommeille le plus beau nectar de la plus belle fleur qui, trempée dans l'eau claire et limpide avait livré le meilleur d'elle-même. EL MIDAD Une lawha,un kalem, s'élevant au rythme des gestes cadencés nous rappelleront pour toujours que les sadakates bien avant les prodiges de la sociologie et de la psychologie avaient constitué l'un des élements les plus solides dans l'entraide et le rapprochement entre les humains.

Ma classe toute première c est aussi le souvenir poignant de ceux qui nous ont quitté dans l'humilité et la sagesse, c'est aussi cette âme pure qui erre dans le ciel bleu nous invitant sans cesse à nous soutenir et à nous mieux comprendre par la façon la plus naturelle et sans contrepartie. Dans ma classe première, avant d'entrer on se libère de nos chaussures tout en formulant le signe de la paix et je pense que c'est ici que se dessinent les plus belles arabesques d’une fulgurante épopée que la lawha avait transposé depuis les temps illustres.

LE CHANT DES OMBRES ET DES LUEURS

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Quand les vieillards croient gémir sur leur temps, ils se trompent. Ils ne gémissent que sur leur âge   VICTOR HUGO             

A toutes et à tous, je dédie ces impressions qui baladent sur les ailes du vent, dandinant parmi les vestiges qui témoignent qu'avec le temps on apprend à aimer ce qui est beau, simple et naturel. Heureux qui comme ce petit nuage, traversant le ciel, par un après midi ambiant d’un hiver sentant sa mort prochaine. Dans un voyage destiné à être long ou réduit selon les aléas et les circonstances, le petit nuage libérait de temps à autre une douceur fine soutenue par un soleil souriant à l’allure pale et timide. Depuis les cimes blanchies par les restes de la neige, un vent léger caressait la splendeur des vignes et les champs trempés dans la couleur des soirs prometteurs.

Des années plus tard, voila une masse grisâtre qui arrive, qui se dessine dans les horizons, couvrant d'un large manteau une existence qui semble avoir perdu de sa sérénité. Une goutte d’eau fuyante, encore une autre, un trait de fraicheur au visage et j’étais alors avisé qu’un orage faisait route vers une profonde expression. Reprenant les sentiers battus, je balançai mes yeux sur un espace entièrement gagné par des sentiments en éveil, conquis par des oiseaux en quête d’inspiration. Petit nuage des temps nantis.

Ô Compagnon des nuages en voyage, te voilà aux approches des cimes élevées, baignant dans le chuchotement des arbres enlacés et les murmures des soirs endormis. Petit nuage reprend ton vol dans l’immensité des cieux, accroche-toi aux étoiles dansantes, accompagne par ton souffle le jour et la nuit, retrace dans la voie lactée autant d’arabesques qu’il te plaira de choisir, régénère les forces de la plume pour atténuer les flammes d’un grand feu décidé plus que jamais à renaitre de ses cendres.

Ô Saga des tempêtes et hurle vent graves dans la mémoire des temps. Ô douceurs sculptées dans le bleu des mers et sur les rivages baignant dans le refrain des vagues. Ô champs des verdures voues aux grains de tous les espoirs, vous êtes sublimes, vous êtes inexplicables. Dans le crépuscule aux horizons dores. Dans l’antre des nuits éveillées. Dans la brume et le clair des lunes. Je bâtirai mes mots, je raccorderai la lyre de l’olympe aux airs du luth oriental et jusqu’aux poèmes de l’éternel Okad.

  • Quand la nuit des nuits se met en marche, déployant ses ailes obscures et téméraires.
  • Quand par la voix des loups, les chaines du silence se brisent en amont et en aval.
  • Quand les arbres s'accrochent aux vents des plaines.
  • Quand les bras suppliants se dressent vers le ciel exprimant la grasse des temps qui passent.
  • Quand les flocons de neige renvoient aux noces printanières.
  • Quand l’étoile du berger chante le repli vers l’âtre et le gite.
  • Quand le quinquet tient en haleine l’âme flottante du brasero.
  • Quand la chaleur et la lumière, la main dans la main, accompagnent la nuit des contes vers les rêves aux silhouettes dansantes.
  • Quand la nature majestueuse étend son voile impérial, invitant l’âme poétique à se confondre dans la beauté de ses couleurs.
  • Quand les cheveux bénis par les touches des nuits fuyantes, regardent impassibles le défilé de tous ces âges qui s'évanouissent dans les galères des temps.

Sommes nous alors semblables aux astres qui éblouissent par mille feux avant de s'éteindre ? Petit nuage des temps nantis, Ô force de jeunesse qui se déverse dans nos horloges réglées aux notes des lassitudes et les joies éphémères. Sommes nous à l'image du vieux volcan qui se réveille, lui qu'on croyait éteint à jamais ? Quand tout se tait, quand tout se lit d'un trait, quand tout se mêle et se démêle en s'imprégnant de profonde philosophie, alors les ombres et les lueurs, la main dans la main, nous conduiront comme des enfants vers la nuit des contes aux silhouettes dansantes.

Émerveillés, nous nous contenterons alors de notre vécu, symbolisé par ce grand peigne, que la vie nous offre une fois que nos cheveux aient exprimé leurs adieux les plus ardents.  

Amis du site ou que vous soyez, je vous invite à une profonde méditation de LÉO et son temps qui s'en va, mais est il vrai qu'avec le temps on n'aime plus ? et si ensembles on fait un crochet chez deux chevaliers de la plume qui avaient perdu leurs êtres aimés et voir comment ils avaient réagi face au temps ? LAMARTINE, dans son poème le lac, rappelle le passé et la fuite du temps, alors que Hugo ouvre le temps vers le futur. Les deux chevaliers l'un pleurant sa maitresse, l'autre sa fille Léopoldine, l'un avait imploré le temps de suspendre son vol, l'autre va au rendez vous. " Demain des l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne je partirai vois tu, je sais que tu m'attends " Le rapport avec le temps est nettement différent chez l'un et l'autre et vous mes chers amis qu'en pensez vous? en compagnie de LÉO. Je souhaite à toutes et à tous de passer un succulent bout de temps.

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LES ENFANTS AUX RÊVES USURPES

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Les enfants sont, avant de naitre : Des lumières dans le ciel bleu  Victor Hugo

Le petit jour venait de pointer. les taxis, les bus et autres moyens de transports se relayaient dans un va et vient sourd et interminable , transportant les uns vers leurs classes respectives, les uns vers leurs lieux de travail, d autres vers leurs occupations quotidiennes et d'autres encore aux grès des vents et du hasard se fiant à une étoile peu brillante quittent le gite en quête d’une occasion fortuite ou tout bonnement s’embusquer dans les galères d’el blassa et voir le monde tourner en rond.Cependant à chaque aube blanchissante que dieu fait, en dépit de l'age et des contraintes physiques, de petits hommes en alerte sont prêts pour affronter leur sort dans une épreuve inégale pour un enjeu hors du commun. Sur les gradins, la société observe ces gladiateurs armes par la seule foi de ramasser au plus haut degré ce qui peut constituer un gain en KHOBZ  YABES ET EN CHUTES DE FERRAILLE.

Dans la vadrouille des visages aux couleurs usurpées, aux rêves assassines, d'autres petits hommes, d'autres portions vivantes initiées aux caprices des temps, constituent l'outil le plus efficace pour enflammer les âmes charitables sans jamais saisir la portée de leurs mains qui, soumises aux règles de la répétition, avaient perdu de vue la saveur du lait et la blancheur des fromages.  les petits hommes ont été élevés au rang du crouton du pain rassis et les calories en perte de vitesse. Quand, vint la nuit, ils plongent dans une évasion sans étoiles,alors que que notre âme dans un silence amnésique s'alliait avec l'incertitude. L'éminent chirurgien J.HAMBURGER nous fait savoir que la main loin d'être un simple outil se limitant à exécuter les ordres transmis par l'esprit elle dessine, elle écrit, elle compose, mais elle est aussi capable de couper net les éléments d'une nuit et en faire d'elle un enfer sans précédent.

Les adultes, sirotant allègrement un thé ou un café dans un salon du bon coin réfléchissent à la résolution des mots croisés et des mots fléchés. Peu importe alors la confusion entre une main qui tremble et les doigts habitués au puzzle et au jeu des sept erreurs. Accrochées aux dents de l'enfer, les petites portions nous interpellent:  Investisseurs dans les entrepôts a ciel ouvert ou jonchent les bidons d huile et les chutes aux formes variables du fer et du plastique ne vous attelez pas trop aux  sous souilles dans le cri des gémissements. Honorables adultes et si la mélodie des  nuits  agitées vous est contée par les rides de ceux qui par votre vanité avaient loupe le virage et si les usagers de la bonne psycho et si la complainte des souffrances stoïques revendique son droit pour le droit de vivre et de rêver comme tous les enfants du monde et si  et si    les petits enfants savent que pour savourer leurs rêves ils devaient des la pointe du jour se débarrasser de leur sommeil et ne penser qu'à mieux pousser dans le soupir ces carcassents qui, autrefois, avaient réchauffe les entailles de ceux qui avaient le plein droit de croquer la vie a pleines dents  Ah yel khobz el yabes ila eyna ?

Dans les locaux de la police, dans le bureau du juge des mineurs, les éducateurs pris au dépourvu se renvoyaient réciproquement la balle: Non, moi j ai veillé à l'éducation de mon enfant, non ce n est pas mon fils, c'est surement le fils du voisin  tandis que les petits, ébahis, perplexes, regardaient sans trop comprendre ce qui se trame au niveau de la responsabilité parentale qui n'avait pas résisté face aux sons des grincements perpétués bien au delà des calculs planifiés dans la froideur des mains occultes.
En attendant la pointe de l'aube anodine incolore et anonyme, les petits hommes assommés par la cadence des roues que l'égoïsme et les calculs perfides en avaient fait une raison de vivre se maintenaient aux miettes misérables.

Le cri strident des roues adapté au tremblement des mains et à la sueur des fleurs qui n'ont jamais connu ni le printemps, ni le chant des oiseaux, ni le somptueux déclin vers l'horizon nous interpelle pour regarder en face cette face cachée que nous couvons dans notre égoïsme nous empêchant de réaliser enfin que les petits hommes sont nos propres enfants. Ils méritent de notre part l'attention la plus rigoureuse, sans doute aucun, ils sont les hommes de demain. Tous les enfants, fils de césar ou fils de rien, ils ont le même sourire et le même soupir. Avec jacques Brell et sa fleur qui tremble, je vous invite chères amies et amis du site à passer un agréable moment.

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À la mémoire de tous les enfants privés de leur sourire

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Je dédie cette approche,

l'Algérie pays de la tolérance vit des temps douloureux et dramatiques en enregistrant des actes sataniques orchestrés par des commanditaires occultes ayant pour cibles des créatures tendres et innocentes soumises à des méthodes qui avaient vu le jour durant la seconde guerre mondiale, que dire alors quand les victimes sont de petites filles torturées à un point où le cri du désespoir fait trembler le trône d'ALLAH.

Révoltées les femmes s'organisent non pas pour dénoncer seulement ces crimes odieux mais aussi pour traduire la rage du désespoir qui frappe chaque jour leur condition féminine dans une société où la violence sévit de manière à devenir une banalité. Que dire d'une femme qui se voit kidnappée en plein jour sans que personne n'intervienne. Chose totalement étrangère à nos principes qui ont de tout temps porté le sceau et la marque d’une société qui tire ses racines depuis l’aube des temps.

Les hommes à leur tour révoltés font appel aux autorités suprêmes pour la mise en vigueur de la peine capitale pour les condamner définitivement en dernier ressort. Cependant une réflexion de taille s'impose et nous contraint à aller de l'avant pour voir de près les causes directes et indirectes de ces crimes odieux et tenter d'expliquer les raisons profondes de leur apparition et leur propagation dans une société qui rejette en bloc toute idée de troubler la quiétude et la paix. En d'autre terme la peine capitale est-elle en mesure de garantir la sécurité dans son sens le plus élargi et parvenir à éradiquer ce fléau et le bannir à jamais.

Pour répondre à ces questions, il faut diagnostiquer en profondeur ce mal qui ronge la société sous tous ses aspects. Les criminologues soutiennent avec force que chaque société a sa propre criminalité. Est-ce à dire que la société fabrique ses délinquants pour qu'ils mettent ensuite sa propre sécurité en danger, et pour faire face à cet effet de boomerang. On fait usage de la contre violence par la violence et de ce fait on se retrouve éloigné de toute mesure capable d'éradiquer le mal car on aura perdu de vue les vrais remèdes qui résident dans l'étude, dans le diagnostic et enfin dans le médicament approprié.

Quels sont alors ces causes qui font basculer l'ordre des choses et mettent en danger la sécurité des citoyennes et des citoyens craignant pour leurs biens et leurs vies ! à titre d'exemple nous citerons quelques-unes de ces causes car jugées très influentes dans la vie de tout un chacun. Ce sont l'oisiveté qui, aux yeux des sociologues, est mère de tous les vices, les mauvaises fréquentations et les difficultés draconiennes qui entravent et rendent insurmontable toute tentative de construire un foyer conjugal.

A cela s'ajoute le prix à payer et les conséquences néfastes de l'abandon des enfants par leurs parents, à ces causes également d'autres aussi graves vont approfondir la blessure, appelées causes internationales car ils viennent d'ailleurs se définissant dans l'invasion culturelle et l'attachement sans réserve à tout ce qui brille sous l'étoffe de courants civilisationnels porteurs de maladies psychologiques et physiologiques. L'ensemble de ces facteurs inadaptés dans une société mal préparée encourageraient la propagation d'un fléau dévastateur à l'image du crime perpétré sur le corps d'une âme douce de nature innocente et claire comme l'eau de roche.

Notre pays déploie des efforts titanesques pour éradiquer EL FASSAD EL MALI SANS POUR AUTANT USER DE LA MÊME FORCE POUR ERADIQUER EL FASSAD EL AKHLAKI et sans un meilleur remède aux terribles maux qui sévissent dans le milieu des jeunes et moins jeunes à savoir l'oisiveté, les mauvaises fréquentations et les difficultés matérielles qui retardent la création de foyers stables et durables entre autres. Cependant d'autres maladies sont également à mettre à l'index et qui ont un lien direct avec la propagation des actes meurtriers, telle la corruption qui a atteint des proportions inquiétantes au point d'être codifiée dans les rapports sociaux les plus louches ajoutés à cela les défaillances sécuritaires et l'adoption de modèles de sociétés sans assurer une assise capable de se défendre contre l'invasion de courants destructeurs.

Pour conclure ma modeste contribution que pour éradiquer ce mal terrible qui nous prive de nos cœurs c'est d'abord lutter avec l'énergie du désespoir contre les causes du mal en cherchant les véritables remèdes pour arriver enfin à retrouver le sourire angélique de nos propres progénitures. Cette modeste contribution a omis volontairement de citer les grands principes de l’ISLAM qui sont nombreux et nous leur réserverons une place honorable dans une prochaine contribution IN CHAALLAH.

LES CAFÉS AUX BOLS D'AIR

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À toutes et A tous et a la bonne étoile de l'artiste SI FERHAOUI
JE DÉDIE CE PASSAGE

LES CAFÉS AUX BOLS D'AIR


Vendredi soir a l'heure où les lueurs du crépuscule embrasaient les cimes des montagnes, les tentes et les khaimas, sous la lumière des quinquets et des kerbiles calmes et silencieuses avaient l’allure d’un campement de guerre, qui l’as d’un long siège, se préparait à un ultime assaut. Les feux de bois crépitant ça et là dégageaient dans l’espace les parfums de la forêt, tandis que les premières étoiles chantaient la sérénade de la nuit trézélienne.

À l’intérieur de ces œuvres dressées à la belle étoile, de larges nattes, pour la plupart usées par le temps, étendues de bout en bout, couvraient un parterre débordant de fraicheur, sans avoir à en rougir face à ce que pourrait offrir la moquette en luxe et en confort, pour les habitués de la vie citadine.

De vieux bancs aux éléments serrés par des clous encore plus vieux baignant dans les arômes de la chadoulia et la romance du thé étoilé de la vieille et lointaine Chine procuraient aux burnous et aux gandouras de grands moments de sérénité de goût et de paix et au « kahwadji » de se confondre dans le meilleur accueil. Tôt le matin alors que l’aube se mettait à rosir, le marché de tous les samedis que Dieu fait est déjà prêt pour recevoir son monde habituel.

Au fil des heures, les cafés, qui la veille avaient conquis le temps et l’espace ne sont plus que de petits points baignant dans le décors de la pure tradition et les bruits indéfinis. Le marché dans son ampleur était pris en otage par l’homme et la bête. Les discussions et les pourparlers dans une atmosphère chaude mais détendue se rapportant en valeur absolue sur les prix en conformité avec les besoins exprimés. La vieille règle de l’offre et de la demande se traduisait matériellement sur le terrain de façon claire, nette et sans ambiguïté.

À l’entrée des khaimas et les tentes, de grands tonneaux en bois, alimentaient en eau claire et limpide la prouesse de la main locale qui a conçu et fabriqué la cafetière et la théière. Un morceau de tissu, jadis blanc, servant de filtre, avait depuis longtemps pris la couleur de son jus. À l’aide d’une tasse de la contenance d’un litre le sucre blanc tiré d’un gros sac est versé en entier dans un récipient rempli d’eau bouillie à haute température .Eau et sucre barbouillés à outrance sont versés dans la cafetière et la théière. Une dose unique, un goût unique et une pleine saveur pour les candidats aux bols d’air « Hé Kahwadji …wahed kahwa ….wahed tey rani jey ».

Les tasses et les verres se remplissaient et se vidaient au rythme d’un feu qui se réanimait et se réduisait au rythme des voix en vogue. De temps à autre un verre servi à la hâte ne tardait pas à rejoindre ses compères baignant dans une bassine consignée au repos d’office.

Au fil des heures qui s'envolent le calme doucement reprenait sa place au profit d une température qui balançait depuis l’aube blanchissante entre un haut et un bas.
Douze heures tapantes les tentes et les khaimas sont repliées. Les nattes, les vieux bancs, les tonneaux et le reste des ustensiles rangés, le départ vers d’autres cieux est imminent.

Des cafés aux bols d’air il ne restait qu’un bout de terre humide absorbant lentement les restes d’une lessive simple et peu exigeante et des trous qui avaient servi à renforcer les piquets et les poteaux en bois.

Un matériel des âges premiers tant indispensable, pour relever bien haut la tête à ces édifices mobiles, libres et fantaisistes. En leur état, ils voyagent encore dans le temps et dans l’espace.

La cafetière et la théière n’ont guère changé d’aspect. Le quinquet rangé dans la mémoire des contes autour des grands feux ressourcé au gaz butane souffle à ce jour la lumière en brillant dans tous ses éclats.

Reprenant les sentiers jadis battus dans la nébuleuse des rêves et la fureur de vivre, je contemple ému toutes ces années qui se sont évaporées témoignant sans recul que les tentes et les khaimas continuent encore à embrasser les étoiles dans leur chant d'il était une fois la sérénade des nuits trezeliennes.

SOLITUDE

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Me référant aux pages d'or d'un excellent ouvrage, conçu pour les élèves de la classe de terminale, édité en 1971 réalisé par les auteurs MAURICE MOREL et DENIS HUISMAN successivement agrège des lettres et directeur de l’école française des attaches de presse.

Je propose une approche autour de la solitude que beaucoup d’écrivains inspires dans leurs méditations ont trouvé en elle un refuge des plus sécuritaires et une évasion à faire éclater aussi bien la prose que les vers poétiques animés de beauté de rêverie et de réalisme. Cependant, d’autres chevaliers de la plume avaient opté pour une limite de la solitude, car prolongée, elle provoque l’ennui pour MOLIERE elle effraie une âme de vingt ans.

VAUVENARGUES, différemment de Lamartine dans ses méditations, de Rousseau dans les rêveries d’un promeneur solitaire, de Victor Hugo dans ses contemplations avait soutenu que la solitude est à l'esprit ce que la diète est au corps ; cependant longue elle est mortelle que nécessaire. En d'autres termes, un solitaire est-il par définition quelqu'un qui vit en marge de la société ou bien au contraire c’est en marge de la société qu'il découvre les profondeurs de l'âme humaine et sentir réellement la douleur des autres.

Dans une récente contribution j'ai reproduit un poème de Théophile Gautier au sujet de l'aveugle, pour cette fois-ci nous allons d'ici peu avoir le plaisir de boire le nectar de la poésie du père du romantisme Victor Hugo et l'élévation de l'homme a un degré que seul Hugo sait faire et cet homme c’est le mendiant.

Le poète compte parmi ceux qui ont chanté les mérites de la solitude perçant à la fois les signes de la pauvreté et la grandeur des pauvres ; nous déduisons donc qu'être seul c'est s'intégrer corps et âme dans la nébuleuse d'aller au-delà de l’expression humaine. Suivant les sentiers battus des chevaliers de la plume, voyons de près ce que pense saint Exupéry dans son ouvrage Terre des hommes qui affirme qu'être un homme c'est être fier d'une victoire que les camarades ont remportée, c'est sentir en posant une pierre que l’on contribue à bâtir le monde.

De ce qui précède, il semble clairement qu'il y a deux visions qui s'alternent autour de la solitude. Elle est pour certains à un certain degré une diète mais limitée dans le temps. Pour d’autres, c’est une source d'inspiration qui dynamite les sentiments au point de communier l'âme et l’esprit afin de prendre conscience des souffrances d’autrui. Théophile Gautier et son aveugle et Hugo et son mendiant illustrent magistralement cette percée humaine que l'évasion et la solitude constituent en fait un pont réel avec la réalité.

Au-delà de l'expression humaine HUGO nous livre son âme solitaire issue de la grandeur des miserables.dans ce contexte notre prophète que la bénédiction soit sur lui a prié DIEU de lui préserver lors du jugement dernier une place parmi les pauvres et les nécessiteux.

Le poème de VICTOR HUGO haut en couleur, terrible par le poids qu'il accorde au mendiant SAIT ON D OU IL VIENT SAIT ON DE QUELLE PART IL VIENT me renvoie a une célèbre chanson tirée de notre patrimoine et plus exactement de ABABSA qui avait interrogé une tête humaine que les temps avaient jalousement gardé dans le temple du silence : Ya ras ebnadem kallamni.

Sait-on d'où il vient Sait-on de quelle part il vient, seule une âme solitaire est en mesure de nous livrer sa nature et sa portée et seule une âme qui a su contourner le profil de sa propre création est en mesure de nous amener à découvrir tous les trésors de ce roseau pensant.

Poète sonore de son temps, dans le givre et le vent, je vois passer un pauvre homme si près de ta demeure et d'un geste auguste de ta main qui avait pris le pli d'élever les misérables au-delà de l’expression humaine, tu cognas sur la vitre, et ce fut l’un des plus vibrants poèmes.

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Quand les ailes ne repondent pas

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Quand les ailes ne répondent pas 

À toutes et à tous
À toutes les belles plumes qui tardent a se retremper dans leurs encriers je dédie cette approche intitulée Quand les ailes ne répondent pas.

Face à mon bureau se dresse un imposant immeuble datant de l'ère coloniale compose de cinq étages dont le rez de chaussée luxueusement amenage pour les prestations de la BADR est souvent sollicite par les usagers et particulièrement les hommes de la terre. L'appartement sis au deuxième étage dont le balcon est servi par une porte fenêtre renferme dans son espace réduit une cage et un oiseau. Apprivoise, l'oiseau n' avait eu ni le temps ni la joie de construire un nid de hasard. Durant la saison des grandes chaleurs et les temps de grande fraicheur la cage et son occupant regagnent le lieu familier tandis que le balcon avec joie offrait eau et grains de blé aux pigeons a la caille et même aux corbeaux.

À l'âge enfantin, qui n'avait pas couru derrière un moineau sans réussir à le rattraper car plus rapide et mieux adapté aux espaces libres, gaiement, il savait où trouver son gite
Qui de nous n avait pas réussi à déjouer le réflexe d un tout petit moineau qui dans une tentative désespérée avait finit par accepter son sort! C'était un jeu d'enfants un simple jeu d'enfants. Plus tard pensant lui prêter attention et affection bien que privé de son âme on lui confectionna un royaume digne des dignitaires. Jonché au coin du balcon il apprendra avec le temps a mieux apprécier la douceur de ceux qui chanteront pour lui.

Me référant à un poème de Verlaine tiré de l’excellent ouvrage la composition française en 100 dissertations les auteurs avaient conclu ce qui va suivre :
On peut emprisonner les oiseaux, opposer a leur soif de liberté les barreaux d une cage, les oiseaux chantent toujours! Seulement leur chant se fait plainte, appel, sanglot, leurs ailes frémissant se heurtent au fer de la cage et si leur ivresse de ciel se délivre leur corps se meurtrit, sans cesse ils ne peuvent plus que contempler le triste filet qui coule de leurs ailes. l'illustre poète avait conclu que si la cage est prison le chant est poésie. Illustre poète, partant de cette conclusion, humblement je me permet de me poser une question sur la nature de ce chant qui selon vous est une poésie et si l'oiseau qui est en face de moi chante un chant est il alors semblable aux chants de tous les oiseaux du monde. Illustre poète, l'oiseau qui en face de moi n'a jamais vu le Zénith ni l'aurore ni le somptueux coucher du soleil.

La vision de notre poète peut elle alors égaler la sensation d'un grand chasseur du nord qui dans une expédition de chasse avait traqué et tragiquement blessé un ours. Seulement au lieu de l'achever il s'est déployé au bout des limites de son expérience pour le guérir et le sauver d'une mort certaine. Le chasseur avait consigné dans son ouvrage que la grande sensation qu'il éprouve dans la chasse ce n'est pas de tuer mais de préserver la vie. Le chasseur a compris que ces êtres sont nés pour être libres et quand le besoin et la nécessité les poussent a la lutte pour la survie ou l obligation de conquérir leur harem c'est pour préserver l'équilibre naturel et écologique et si les hyennes s'acharnent sur les carcasses au point de les blanchir, ils participent de la sorte à une grande œuvre de nettoyage autrement la nature elle même serait victime d'empoisonnement.

Dans le milieu animalier, il existe une harmonie et un parfait équilibre que seuls les êtres humains savent enfreindre au nom de l'étique et les urgences civilisationnelles. Paradoxalement, l'immeuble d'en face, le balcon et sa sinistre prison au même endroit que mon bureau se situent RUE DE LA LIBÉRATION. Libération dites vous ! L'oiseau apprivoisé est il en mesure de saisir la teneur de ce mot ou alors est il convaincu que le célèbre chateaubriand avait ses propres raisons et sa propre vision en affirmant que le bonheur est une balle, on court après, elle roule, on la frappe quand elle s'arrête où le célèbre voltaire qui avait affirmé qui est causé de bonheur pour les autres réalise son propre bonheur.

La journée s'étire mais touche à sa fin. Je regarde encore une fois cet oiseau si fortement scellé dans son lit de hasard et lui, dans son âme meurtrie, semblait me dire que si les ailes ne répondent pas dis à tes semblables que les plumes se retrempent autant de fois dans les encriers de la liberté et la libre parole et que les barreaux sautent devant l'initiative et toute idée constructive.

L'OISEAU AVAIT CONCLU QUE LE BONHEUR EST BONHEUR QUAND IL EST PARTAGÉ  ET QUE LA SOUFFRANCE EST SOUFFRANCE QUAND ELLE EST SUBIE PAR UNE SEULE PERSONNE.
Que les plumes qui nous avaient habitué aux commentaires magnétiques selon l'expression de notre ami l'artiste peintre Si Ferhaoui ressortent de leurs encriers la beauté et la noblesse du verbe et faites en sorte que les ailes se joignent aux plumes afin de redonner au site toute la vigueur et l'élan aussi puissants aussi hauts pour couvrir à la fois le ciel de Miliana Alger et tous les cieux de la pensée universelle.

AZIZ ET L'AVEUGLE

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OPHILE GAUTIER ABDERRAHMANE Aziz  et l'Aveugle

Dans la douleur les êtres humains se retrouvent. Ils crient leur désespoir et leur tourmente dès fois en pleurant d'autres fois dans un silence stoique à faire frémir les échos les plus lointains.

Ici dans une page errant dans les sphères des temps immuables le poète et le chanteur bien au delà des containtes et les intimes convictions livrent leur destinee à tout ce qui bouge à leur place et traduisent tant bien que mal leur détermination à se manifester timidement dans la nébuleuse du JE/ NOUS pourtant nombreux sont ceux qui regardent sans saisir la potée réelle des choses.

Le poète s'est livre entièrement à la grâce de son chien fidèle alors que le chanteur s'est adressé à la foule pour le mettre au diapason de la couleur d'un clair de lune ou un rayon pale soit-il caressant froidement à la fois son âme son esprit et son corps.

 

VICTOR HUGO le chef de l'école romantique a laissé entendre qu'il ne cherche pas à démontrer logiquement mais à frapper les imaginations.
ILLUSTRE POÈTE.

CHANTEUR DES ANNÉES DE JEUNESSE
L'AVEUGLE VOUS TEND SES BRAS ET VOUS SERRE CONTRE SON CŒUR QUI A SOUVENT PLEURÉ SANS VOIR LA COULEUR DE SES LARMES.


L'aveugle

Un aveugle au coin d'une borne,
Hagard comme au jour un hibou,
Sur son flageolet, d'un air morne,
Tâtonne en se trompant de trou,

Et joue un ancien vaudeville
Qu'il fausse imperturbablement ;
Son chien le conduit par la ville,
Spectre diurne à l'oeil dormant.

Les jours sur lui passent sans luire ;
Sombre, il entend le monde obscur,
Et la vie invisible bruire
Comme un torrent derrière un mur !

Dieu sait quelles chimères noires
Hantent cet opaque cerveau !
Et quels illisibles grimoires
L'idée écrit en ce caveau !

Ainsi dans les puits de Venise,
Un prisonnier à demi fou,
Pendant sa nuit qui s'éternise,
Grave des mots avec un clou.

Mais peut-être aux heures funèbres,
Quand la mort souffle le flambeau,
L'âme habituée aux ténèbres
Y verra clair dans le tombeau !


Théophile GAUTIE

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