Recherches

  • Les Chemins d’Oran

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    Zohra BELKHITERQuand j’ai proposé à Zohra de l’accompagner dans la recherche de ses racines paternelles à Oran, je ne me doutais pas que ce serait si compliqué de la filmer dans la rue, à l’image de la place des femmes dans l’espace public en Algérie. J’ai rencontré Zohra en 1998. Nos enfants étaient amis en classe. Les assassinats se multipliant, Zohra et sa famille venaient de quitter Alger. Vingt ans plus tard, divorcée, enfin titulaire de la nationalité française et d’un poste de professeure d’anglais dans un lycée du 93, elle ressent le besoin d’aller à Oran à la rencontre d’un père qu’elle n’a pas connu. En suivant Zohra dans son enquête pour retrouver Benchaâ Belkhiter chanteur de raï et homme de théâtre, mort dans un accident de voiture controversé avant sa naissance, nous allons découvrir comment à Oran et dans le reste de l'Algérie, les femmes peinent à exister. Difficultés qui ont contribué à l'exil de Zohra en France.

    Ce film avec Zohra est un rêve de longue date. Dès notre première rencontre, j’ai eu envie de filmer Zohra, de capter son énergie, son humour. Sa façon de se mettre en scène et de s’affirmer lors de nos dîners, fêtes, réunions. Nous nous sommes connues par nos enfants, amis de la maternelle à la fin du collège. J’aime sa manière tellement courageuse de faire face aux aléas de la vie, son divorce, ses difficultés à s’insérer dans l’espace institutionnel français.

    À 35 ans, paniquée par les assassinats à répétition, Zohra quitte avec mari et enfants une existence bien établie à Alger pour les rivages incertains d’un pays inconnu. Sans se décourager elle passe sept fois le permis de conduire (qu’elle détenait en Algérie, mais ici, face à l’examinateur elle perd ses moyens). Elle passe six fois le Capes interne de l’éducation nationale, sésame d’un poste fixe de professeur d’anglais. Sa volonté et sa persévérance m’épatent.

    Quand Zohra m’a parlé de son désir d’aller à la rencontre de son père, Benchaâ Belkhiter, mort avant sa naissance, j’ai tout de suite proposé de l’accompagner. Il s’agissait d’investiguer Oran, la ville natale de Benchaâ où sa famille réside encore. Zohra n’en connaissait rien, sa mère ayant rompu tout contact avec la belle-famille à la mort de son mari dans un accident de voiture en novembre 1962.
    En me lançant dans cette aventure, je ne me doutais pas de ce que le tournage allait provoquer dans ma vie de réalisatrice. Comment la confrontation au réel aimantée par l’introduction d’une caméra serait l’occasion du tsunami que tout documentaire espère.
    En octobre 2016 je pars en repérage à Oran. Pour approcher la société oranaise, je monte un atelier de réalisation vidéo avec des femmes d’une association féministe locale.

    Suite à un tournage dans la rue, la sûreté militaire me refuse le visa pour revenir à Oran filmer Zohra. Très contrariée, extrêmement frustrée, je décide néanmoins d'accueillir ces aléas administratifs, de laisser la vie imposer sa loi au film, ce qui est au fond la visée du cinéma direct. Je tente de transformer cet obstacle en un atout supplémentaire d'immersion dans la société oranaise. Je décide de maintenir le tournage du film avec Tina, l’assistante qui m’a accompagnée dans mes repérages et qui, elle, a le visa d’entrée en Algérie.
    À Oran comme dans le reste de l'Algérie, les femmes ont du mal à exister dans l'espace public. Savoir manier une caméra est un enjeu d'autonomie et d'expression. En tissant sur l’enquête de Zohra l'histoire du film empêché à cause d'un plan tourné dans la rue par des femmes algériennes, je raconte aussi les difficultés des femmes dans la société algérienne, difficultés qui ont suscité l'exil de Zohra en France, difficultés qu’il fallait intégrer dans un film évoquant une/des femme(s) algérienne(s).

    Mettre en scène le fait que je n'ai pas eu de visa pose des questions de cinéma, sur la place du réalisateur, de la réalisatrice en l'occurrence. En introduisant dans le récit du film des séquences sur sa fabrication, se donne à voir le pouvoir et les limites du cinéma direct ainsi que les effets de la caméra sur les situations qu'elle enregistre. J'ai donc pris le parti de perdre le contrôle, de faire confiance au processus de réalisation pour que naissent d'autres possibilités formelles d'expression du réel et que soient valorisés les accidents, la contingence et l'incongruité.
    Parfaitement intégrée dans la société française, Zohra se définit comme citoyenne du monde.

  • Besoin d'aide

    Bjr à tous je m'appelle karim debbagh, et je suis le p'tit fils de M'hamed Ousfeya, ancien cycliste des années 50, dans la région de cherchell. Il a courru avec Mr Kebaili, Zaaf et les autres. Je suis à la recherche des photos de lui. Je remercie toute personne pouvant m'aider dans ce sens. Saha ramdankoum