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Le coin de Aziz OUDJIDA

Récital de la cantatrice algérienne Faïrouz Oudjida

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ALGER- Un récital de chants lyriques, rassemblant des classiques de la musique universelle et des pièces du patrimoine algérien, a été animé Mardi 16 Janvier à Alger par la cantatrice algérienne Faïrouz Oudjida accompagnée par le pianiste canadien Dominique Boulianne.

Ce récital a été organisé à l'Opéra d'Alger Boualem Bessaih par l'établissement Arts et culture de la wilaya d'Alger dans le cadre de la coopération et des échanges entre la capitale et la ville canadienne de Montréal.

La chanteuse lyrique a choisi pour son public des extraits adaptés au chant et piano de classiques italiens, russes et français montrant ainsi la puissance de sa voix et sa maitrise du chant sur certaines pièces célèbres de l'opéra universel.

Avec une voix de soprano, Faïrouz Oudjida a commencé son spectacle avec des classiques comme "O sole mio", "Non ti scordar di me" ou encore "Funiculi Funicula" avant de passer à des compositions françaises dont "Habanera" tiré du célèbre opéra "Carmen".

Cependant certaines de ces pièces, habituellement interprétées avec des orchestres philarmoniques et des choeurs, ont perdu de leur puissance musicale avec une orchestration limité au piano.

"Le rossignol et la rose" et "Mon sang brûle d'amour" sont également des romances, écrites par des compositeurs russes avec des influences orientales, qui figuraient au programme de cette chanteuse qui a représenté l'Algérie dans plusieurs manifestations internationales.

En seconde partie du récital, le duo a présenté au public relativement nombreux un programme tiré du patrimoine musical algérien et transcrit pour un concert chant et piano à l'image des succès du chanteur Idir "Sendou" et "Vava Inouva" qui ont été revisité pour en adapter la mélodie.

Faïrouz Oudjida a également interprété "Billah Ya Hamami", un classique du malouf, en version valse ainsi que le succès "Habaytek" de la grande voix libanaise Faïrouz.

Ce spectacle s'est déroulé en présence du ministre de la Culture Azzedine Mihoubi, de la ministre de l'Education nationale Nouria Benghabrit et du ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche scientifique Tahar Hadjar, ainsi que du Wali d'Alger Abdelkader Zoukh.

Plusieurs représentants du corps diplomatique agrées à Alger ont également assisté à ce récital.

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Balcon du Rhoufi

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Carte géologique de la vallée et du Balcon du Rhoufi

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MESSAGE EXCEPTIONNEL DU PAPE FRANÇOIS

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Message exceptionnel du Pape François, et on n'a pas besoin d'être Catholique pour le comprendre(Traduction de l’espagnol).

En vieillissant et devenant plus sages, nous réalisons lentement que :

- Une horloge de 3000€ marque le même temps qu'une montre de 30€.

- Un porte-monnaie de 300€ contient la même quantité qu'un portefeuille de 30€.

- La solitude dans une maison de 70m2 ou de 300m2 est la même.

J'espère qu'un jour vous réaliserez que votre bonheur intérieur ne vient pas des choses matérielles du monde. Peu importe si vous voyagez en première classe ou en économie, c’est le même tarif si l'avion tombe.

J'espère que vous réalisez que lorsque vous avez des amis et des frères et soeurs avec qui parler, rire et chanter, c'est le vrai bonheur.

5 faits indiscutables de bonheur :

1 - Ne pas éduquer vos enfants à être riche, les éduquer à être heureux, afin qu'ils voient la valeur des choses et non leur prix.

2 - Mangez votre nourriture comme si c'était votre médicament, autrement vous devriez prendre votre médicament comme s'il s'agissait de nourriture.

3 - La personne qui t'aime ne te quittera jamais. Même s'il y a 100 raisons d'abandonner, vous trouverez une raison de rester.

4 - Il y a une grande différence entre être un humain et être humain. Très peu le comprennent.

5 - Vous êtes aimés quand vous êtes nés et vous serez aimés quand vous mourrez. Entre les deux cela dépend de vous.

Les six meilleurs médecins du monde : Lumière du soleil, repos, exercice, régime, confiance en soi et ... amis. Garde-les pendant toutes les étapes de ta vie et profites-en d'une vie saine.

C’est difficile un être humain : il ne demande pas à naître, il ne sait pas vivre et il ne veut pas mourir !!!!!!! Le meilleur cadeau que vous pouvez donner à quelqu'un est votre temps et il faut TOUJOURS en donner à la famille ou à un bon ami.

 
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Et une blague pour finir,
 
Un salafiste hospitalisé à Paris, se réveille d'un premier coma et interroge son médecin :
- Docteur, qui êtes-vous ?
- Je suis le professeur Israël. (Véridique !) L'émotion est trop forte.
C'est l'alerte cardiaque à nouveau. Les médecins se précipitent et réussissent à le réanimer .
- Ou suis-je ? demande-t-il alors.
- Vous êtes à Villejuif, répondent en choeur les médecins.
Nouvelle alerte.... une 2ème attaque.
Le cardiologue prévient :
- Encore une alerte comme celle-ci et je ne réponds plus de rien...
Le barbu ouvre alors une dernière fois les yeux :
- Quel temps fait-il dehors ?
Et tous de répondre en choeur :
- Maussade (Mossad)
La troisième attaque lui a été fatale
 
Bonne journée à tous,

Récital Lyrique à l’Opéra d’Alger le 16 Janvier

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La soprano algérienne Fairouz Oudjida  se produira  le mardi 16 janvier à l’Opéra d’Alger en un récital unique où elle revisitera les classiques de la musique occidentale et berbéro-arabe.

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Vivant au Canada depuis 2010, la Soprano Fairouz Oudjida s’est produite il y a un peu plus d’une année au Palais de la culture d’Alger dans le cadre des Journées scientifiques et culturelles de la diaspora algérienne du Canada.  Mais « c’est l’opéra d’Alger qui convient à une Soprano comme elle », souligne sa productrice Sara Nacer de SN Production.  Depuis cette date, le focus a été mis sur l’institution culturelle inaugurée en octobre 2016 et baptisée du nom de l’ancien président du Conseil  constitutionnel Boualem Bessaïh - un don de la Chine à l’Algérie d’une valeur de 36 millions de dollars américains.

Elle a été invitée par le Wali d’Alger qui l’a découverte lors de sa visite en juin dernier à Montréal. « Quand le wali d’Alger était à Montréal [12e Congrès mondial Metropolis, NDLR], on avait discuté des possibilités d’échange et de coopération entre la wilaya et la diaspora.  Il y avait un côté artistique. Nous lui avons parlé d’une artiste dont le rêve est de se produire à l’Opéra d’Alger. Il a été tout de suite favorable », rappelle Abdelghani Cheriaf, le Consul d’Algérie à Montréal.

La Soprano qui a passé toute son enfance à Hassi Messaoud dans le sud algérien où travaillait son père, a préparé un programme qui ravira les oreilles les plus exigeantes.

Elle va revenir sur l’ensemble de sa carrière en commençant par son répertoire classique (l’école italienne, russe…).  « C’est en artiste universelle qu’elle se produira à Alger », explique sa productrice.

D’ailleurs le récital devrait démarrer très fort avec un air de l’opéra Tosca que peu de Sopranos sont capables d’y toucher. 

La deuxième partie du récital ira puiser dans le patrimoine arabe et berbère.  Des choix conscients puisque la soprano revendique toutes ces cultures.  Beaucoup se rappellent sa reprise magistrale de la chanson Ssendu  de Idir qui vient de se produire à Alger dans un concert mémorable après 39 ans d’absence.  Elle partage avec lui « un amour incroyable du pays », souligne son entourage.

Fairouz Oudjida reprendra aussi une partie de son récital Fairouz chante Fairouz donné à Montréal en octobre dernier dans le cadre du Festival du monde arabe. Elle y a rendu un hommage à la diva libanaise.

Elle sera accompagnée du pianiste canadien Dominic Boulianne.  Lauréat du  Prix du Conservatoire de musique de Montréal, il a l’habitude d’accompagner les stars québécoises du chant lyrique comme Nathalie Choquette et Marie-Josée Lord. Il a travaillé aussi avec le Maestro Kent Nagano à l’Orchestre symphonique de Montréal.
Fairouz Oudjida a fait ses preuves avant son arrivée au Canada. Elle a été la soliste de l’Orchestre symphonique national (Algérie) pendant plusieurs années. Elle a parfait sa culture musicale à Milan (Italie), entre autres. Elle obtient le prix du Président de la République pour les jeunes talents.
En 2015, c’est la fondation Club Avenir, un organisme qui promeut l’excellence dans la diaspora algérienne du Canada, qui lui décerner un prix d’excellence.
Mais la meilleure reconnaissance, dit-on, vient des pairs. Et c’est en ces mots fort élogieux que la décrit Martin Dubé, chef de chant à la Julliard School of Music de New York et à l’Opéra de Philadelphie : « La soprano Fairouz Oudjida a une voix riche, ronde et pleine. Elle a un charme, une grâce et un timbre des plus chauds nous rappelant les grandes chanteuses italiennes. Émotions et plaisirs seront au rendez-vous dès les premières notes de Fairouz. ».

Le paradis des cèdres

D’après un texte de Boualem Sansal, un natif de Theniet El Haad.

Dans les monts boisés de l’Ouarsenis dressés comme une cathédrale au cœur de l’Atlas Tellien, cette épine dorsale qui traverse le Maghreb d’est en ouest, et fait frontière entre le nord qui va se jeter mollement dans la mer et le sud qui s’enfonce dans le désert, se trouve un village ayant pour nom Theniet-el-Haâd. C’est mon village natal. Il s’est toujours appelé ainsi, il était trop petit, pauvre et isolé, pour que les conquérants venus d’orient ou d’occident se fatiguent à le prendre et à le baptiser selon leurs coutumes.

Si haut placé dans la montagne, niché dans son immense forêt de vénérables et majestueux cèdres, Theniet est resté lui-même et jamais la solitude ne lui a pesé. Il n’y avait pas de raison, il était au paradis des cèdres. Les étrangers s’y sont installés et il en est qui sont venus de loin, étaient les ardents défenseurs de sa quiétude. Theniet a réussi ce que la vielle sagesse du monde recommande depuis les origines : vivre caché pour être heureux. Et ainsi, ou qu’ils soient dans le monde, ses enfants vivent-ils dans la plus parfaite discrétion……Te 1

……On ne connait pas d’histoires à ce village sinon celles qu’il s’est inventé lui-même. Et elles sont merveilleuses, ce sont des histoires de montagnards et d’hommes des bois, tous un peu chamans, druides sur les bords. Derrière les apparences immuables, il y a le mystère et toutes les résonnances que les bruissements et les silences, les lumières et les ombres, les odeurs et les respirations, les pensées et les images entretiennent quand le temps n’obéit qu’à son rythme et que le ciel veille sur la sérénité du monde.

La route qui y mène n’a jamais été qu’une sente et personne n’a cru devoir jamais lui imposer un chemin. Elle s’est faite toute seule, allant par-ci par-là longer un précipice ,contourner un éboulis, affronter un raidillon ,bifurquer pour aller visiter une chênaie hébergée depuis un bon millénaire par nos amis les cèdres ou s’abreuver à une source qui coule d’une vieille blessure faite par la foudre dans le mur de granit. Parfois, comme si elle s’était oubliée dans ses pensées ou simplement par jeu, elle tourne autour d’un pic en forme de bétyle géant ,et pas un n’a tenté de la sortir de ce cercle. On la suit et on reprend son chemin au point d’entrée dans la ronde. Tout cela coûte du temps mais le temps n’avait pas d’importance.et puis l’air est si pur que la fatigue est un plaisir recherché. Arrivé au village, la route se ramifie en rues ruelles jusqu’à la dernière demeure .Au-delà on avance comme on peut. On va errer dans sa foret, chasser, ramasser du bois, des glands des caroubes, des champignons, point n’est besoin de route pour cela. L’essentiel est de revenir avant le coucher du soleil et le réveil des habitants de la forêt. On ne les craint pas, sauf les loups et les esprits malins, mais les choses étaient ainsi réglées depuis longtemps, à nous le jour, à eux la nuit .Au crépuscule et à l’aube naissante, il advenait parfois d’étranges rencontres mais nul n’en est mort. Au contraire ça mettait de la vie dans la conversation et donnait à rêver aux enfants que nous étions.Teu 1

Maupassant qui nous a rendu visite en 1889 a écrit »Ce qui m’a laissé au cœur les plus chers souvenirs ;Ce sont les marches de l’après-midi le long des chemins boisés d’où l’on domine un immense pays onduleux et doux, depuis la mer bleuâtre jusqu’à la chaine de l’Ouarsenis qui porte sur ses faîtes la foret des cèdres de Theniet-el Haâd »Teut 2

Massif de L'Ouarsenis - Algérie - L'Ouarsenis (arabe: الونشريس El'Ouanchariss, berbère Warsnis ) signifie « rien de plus haut » en berbère, est un massif de montagnes du nord-ouest de l'Algérie.il culmine au pic Sidi Amar (1 985 m) près de Bordj Bou Naama, à 30 km à l’ouest de Theniet El Haad.P 1

La forêt des Cèdres de Theniet El Haad avec notre majestueux et seigneurial Kef Sidi Amar dans le back ground.

Emir Abdelkader‏

 Le Dr. Harrie Teunissen (un ami), professeur d’Histoire à l’Université de Leiden, aux Pays Bas et qui a un intérêt particulier pour l’histoire de l’Algérie, précoloniale et particulièrement pour notre Emir Abdelkader.  D’ailleurs en 2008, il a visité Mascara, le lieu de naissance de l’Emir, sa zaouia et tous les endroits où se sont déroulées les fameuses batailles de l’Emir contre l’occupant français : bataille de la Tafna, bataille de Mostaganem, bataille du Mactaa et bien d’autres. Il a aussi visité le musée et l’armurerie de l’Emir à Miliana. Mais aussi (important), il a visité tous les endroits en France, où l’Emir a été emprisonné, Toulon, Pau, Ambroise et enfin, il est parti à Damas en Syrie où l’Emir a aussi vécu, après sa détention en France, et où il s’est éteint. .

Il a pu récolter énormément de documentation d’époque,  dont la copie d’une véritable photo de l’Emir, une carte d’Alger, début des années 1800. J’inclus aussi, à l’intention des historiens algériens et particulièrement Mr Ghebalou,  les coordonnées du Musée National d’Ethnologie des Pays Bas, à toute fin utile.

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Saint Augustin

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 Amies et Amis 

 Je suis entrain de lire les Confessions de Saint Augustin, quelqu'un bien de chez nous puisque né a Thagaste en 354, ou encore Souk Ahras, et tué par les Vandales lors du siège de Hippone, ou encore Annaba, en 430 dans l'Est de l’Algérie.
 
 Pourquoi je vous raconte tout cela ?  
 
 Apparemment le XVII eme siècle français a été par excellence le siècle Augustinien. Blaise Pascal est sans doute un mathématicien et un physicien de génie, mais c'est aussi un théologien et moraliste, dont les Pensées, publiées en 1669, traduisent l'imprégnation de la lecture spirituelle d'Augustin, alors que son contemporain, un autre illustre génie, René Descartes, en fait le fondement de sa philosophie. Un siècle plus tard, Rousseau, le philosophe du Contrat social, cherchera a rivaliser avec lui dans ses propres Confessions (1782). Après la Révolution française, le catholicisme renaissant s'emparera a nouveau d'Augustin. On multiplie alors les traductions et les éditions de ses oeuvres.
 
 Augustin a inventé un style de vie, centré sur le partage, la prière, et la mise en commun des biens, qui donnera une règle encore en usage aujourd'hui. Peut être même que Karl Marks, Lénine et bien d'autres illustres personnages de ce monde, se sont inspirées du Contrat social de Saint Augustin, le fils de Souk Ahras.
 
Et le mot de la fin, il vient bien de chez nous et on n'a pas que des Zidanes !

Jakarta 2015

 

Amies et amis,

je viens juste de rentrer d’Indonésie, après un formidable séjour de trois semaines avec ma famille.

 

 

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Feraoun, Camus et l'Algérie

 Je suis en train de relire ‘’l’Etranger’’ de Camus, avant de lire ‘’Meursault Contre-Enquête’’ de Kamel Daoud et enfin relire aussi ‘’ La Condition Humaine’’ d’André Malraux.

José Lenzini né à Sétif a passé sa jeunesse en Algérie. Auteur de ‘’Camus et l’Algérie (Edisud, 2010)’’ et ‘’ Les derniers jours d’Albert Camus (Actes Sud, 2013)’’ entre autre, et il rapporte :

‘’En 1950 Feraoun, alors instituteur en Kabylie, publie à compte d’auteur,  le fils du pauvre. L’année suivante, son ami Emmanuel Roblès lui écrit que Camus a beaucoup aimé ce livre. Feraoun admire Camus, mais a été choqué par ses articles sur la Kabylie. Rien que la misère, les aspects positifs d’une culture dont Camus n’a montré que la misère. Et dans la Peste, pas un arabe ! Il lui écrit son admiration, mais aussi sa déception. C’est ainsi que débute leur correspondance. ‘’

 Et 60 ou 70 ans après Feraoun, on se réveille ! Nous autres, toujours durs à la détente ! Feraoun, voilà un très grand Homme, un très grand Algérien, que notre pays se doit de mettre sur un piédestal, qui déjà en 1950, avant notre révolution et avant beaucoup d’autres algériens qu’on glorifie aujourd’hui, a parlé pour nous tous et a rappelé à cet autre illustre fils de l’Algérie, Albert Camus,  que nous existions.

« Les Arabes dans La Peste et L’Étranger, » disait Edward Saïd, dans un des essais fondateurs de la théorie postcoloniale, « sont des êtres sans nom qui servent d’arrière fond à la grandiose métaphysique européenne qu’explore Camus. ». Edward Saïd, est un théoricien littéraire, un critique et un intellectuel palestino-américain. Il a enseigné, de 1963 jusqu'à sa mort en 2003, la littérature anglaise et la littérature comparée à l'université Columbia de New York.

Kamel Daoud en 2014 dans son livre ‘’Meursault Contre-Enquête’’ (Finaliste prix Goncourt 2014), ne dit pas le contraire. Mais là n’est pas son propos. Pour lui, le fait que le personnage Meursault tire cinq fois sur un Arabe sans nom, qu’il y a vingt-cinq mentions d’Arabes dans le texte sans que l’Arabe assassiné compte dans l’acte d’accusation contre Meursault. L’Arabe portera désormais comme nom Moussa, qui fait si joliment écho à Meursault.

Ce pourquoi je ne suis pas « solidaire » de la Palestine...

Un article remarquable par le chroniqueur Algerien Kamel Daoud, un constat lucide mais terrible.

Non, le chroniqueur n'est pas « solidaire » de la Palestine. Le mot solidaire est entre guillemets. Car il a deux sens. D'abord non à la « solidarité » sélective. Celle qui s'émeut du drame palestinien parce que se sont des Israéliens qui bombardent. Et qui, donc, réagit à cause de l'ethnie, de la race, de la religion et pas à cause de la douleur. Celle qui ne s'émeut pas du M'zab, du Tibet ou de la Kabylie il y a des ans, du Soudan, des Syriens et des autres douleurs du monde, mais seulement de la « Palestine ». Non donc à la « solidarité » par conditionnement religieux et « nationaliste ». Cette « solidarité » qui nuit à la victime et au solidaire parce qu'elle piège la Palestine comme « cause arabe et musulmane », dédouanant le reste de l'humanité par appropriation abusive. La « solidarité » qui se juche sur l'histoire d'un peuple malmené et presque sans terre au nom de la haine de l'autre. Cette « solidarité » concomitante que le chroniqueur a vomi dans les écoles, les manuels scolaires, les chants et l'arabisme et l'unanimisme religieux. 

Le drame palestinien a été « arabisé » et islamisé à outrance au point où maintenant le reste de l'humanité peut se sentir débarrassé du poids de cette peine. C'est une affaire « arabe » et de musulmans. Cette solidarité qui a transformé un drame de colonisation entre clashs de religions, de haines et d'antiques mythologies exclusives. Cette solidarité VIP que le chroniqueur ne veut pas endosser, ni faire sienne. Cette « solidarité » qui préfère s'indigner de la Palestine, mais de chez soi, et ne rien voir chez soi de la « palestinisation » du M'zab ou du Sud ou des autres territoires du monde. Cette solidarité au nom de l'Islam et de la haine du juif ou de l'autre. Cette solidarité facile et de « droit public » dans nos aires. Qui au lieu de penser à construire des pays forts, des nations puissantes pour être à même d'aider les autres, de peser dans le monde et dans ses décisions. Cette « solidarité » pleurnicharde et émotive qui vous accuse de regarder le mondial du Brésil au lieu de regarder Al Jazeera. Cette « solidarité » facile qui ferme les yeux sur le Hamas et sa nature pour crier à l'indignation, sur les divisons palestiniennes, sur leurs incapacités et leurs faiblesses au nom du respect aux « combattants ». Au nom de l'orthodoxie pro-palestinienne que l'on ne doit jamais penser ni interroger. 

Non donc, le chroniquer n'est pas solidaire de cette « solidarité » qui vous vend la fin du monde et pas le début d'un monde, qui voit la solution dans l'extermination et pas dans l'humanité, qui vous parle de religion pas de dignité et de royaume céleste pas de terre vivante ensemencée. 

Si le chroniqueur est solidaire, c'est par une autre solidarité. Celle qui ne distingue pas le malheur et la douleur par l'étiquette de la race et de la confession. Aucune douleur n'est digne, plus qu'une autre, de la solidarité. Et solidarité n'est pas choix, mais élan total envers toutes et tous. Solidarité avec l'homme, partout, contre l'homme qui veut le tuer, le voler ou le spolier, partout. Solidarité avec la victime contre le bourreau parce qu'il est bourreau, pas parce qu'il est Israélien, Chinois ou Américain ou catholique ou musulman. Solidarité lucide aussi : que l'on cesse la jérémiade : le monde dit « arabe » est le poids mort du reste de l'humanité. Comment alors prétendre aider la Palestine avec des pays faibles, corrompus, ignorants, sans capitaux de savoir et de puissance, sans effet sur le monde, sans créateurs ni libertés ? Comment peut-on se permettre la vanité de la « solidarité » alors qu'on n'est pas capable de joueur le jeu des démocraties : avoir des élus juifs « chez nous », comme il y a des élus arabes « chez eux », présenter des condoléances pour leurs morts alors que des Israéliens présentent des condoléances pour le jeune Palestiniens brûlé vif, se dire sensible aux enfants morts alors qu'on n'est même pas sensible à l'humanité. Le chroniqueur est pour l'autre solidarité : celle totale et entière et indivise. Celle qui fait assumer, par votre dignité, au reste du monde, sa responsabilité envers une question de colonisation, pas de croyances. Celle qui vous rehausse comme interlocuteur, négociateur et vis-à-vis. Celle qui vous impose la lucidité quant à vos moyens et votre poids, à distinguer votre émotion de vos élans. Celle qui commence par soi, les siens pour justement mieux aider l'autre, partout, dans sa différence comme dans sa communauté. La solidarité avec le chrétien pourchassé en Irak et en Syrie, des musulmans de Birmanie, des habitants de l'Amazonie ou du jeune encore emprisonné à Oum El Bouaghi pour un casse-croute durant un ramadan. 

Les images qui viennent de Gaza sont terribles. Mais elles le sont depuis un demi-siècle. Et nos indignations sont encore aussi futiles et aussi myopes et aussi mauvaises. Et nos lucidités et nos humanités sont aussi rares et mal vues. Il y a donc quelque chose à changer et à assumer et à s'avouer. La « solidarité » n'est pas la solidarité. 

Ce que fait Israël contre Gaza est un crime abject. Mais nos « solidarités » sont un autre qui tue le Palestinien dans le dos. 

Que les amateurs des lapidations se lèvent donc : c'est la preuve que mis à part les jets de cailloux, ils ne savent rien faire d'autre.