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LOUIS PHILIPPE ET NAPOLÉON III, LEUR EXIL

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LOUIS PHILIPPE,ROI DE FRANCE, 1830-1848.

Louis-Philippe, roi des Français, gouvernât la France d’Aout 1830 à Février 1848, succédant au roi Charles X. C’est sous ce dernier que l’invasion de l’Algérie a été entamée par ledébarquementde l'armée française d'AfriqueàSidi-Ferruch,le14juin1830commandée par legénéral de Bourmont.Mais Le 24 février 1848, c’estl’insurrection populaire dans Paris. La France connait sa troisième révolution depuis 1789 et le peuple manifeste contre son «Roi-Citoyen ». Jusqu’alors, Louis-Philippe pensait y échapper mais cette fois-ci, il craint le pire. Le roi des Français se résigne et rédige son acte d’abdication à la hâte, pensant encore sauver la monarchie et sa dynastie, en désignant son petit-fils comme héritier. Pourtant, en fin de journée, Alphonse de Lamartine, président du Conseil de Saône-et-Loire et membre du nouveau gouvernement provisoire proclame la Seconde République. Une semaine plus tard, le roi déchu Louis-Philippe embarque pour l’Angleterre incognito.Louis Phillipe abdiqua en 1848 et déménagea en Angleterre où il fut reçuet hébergé parla reine Victoria. Il vécut avec sa famille à Claremont, Esher, Sud-Ouest de Londres. Deux années après avoir quitté la France, il meurt à Claremont le 26 août 1850. Il sera enterré pour la première fois à lachapelle St. Charles Borromeo à Weybridge, Surrey, à côté de Londres.En 1876, ses restes et ceux de sa femme sont emmenés en France et enterrés à la Chapelle royale de Dreux, la nécropole de la famille d'Orléansen 1816.

 

NAPOLÉON III, PREMIER PRÉSIDENT DE FRANCE: 1848-1852 et EMPEREUR DES FRANÇAIS: 1852-1870.

Napoléon III fut le premier président de la France (en tant queLouis-Napoléon Bonaparte) de 1848 à 1852 et empereur des Français de 1852 à 1870. Neveu de Napoléon Ier, il fût le dernier monarque à régner sur la France. Élu pour la première fois à la présidence de la Seconde République en 1848, il prend le pouvoir par la force en 1851, alors qu'il ne peut être réélu constitutionnellement;il se proclama plus tard empereur des Français. Il fonde le Second Empire, régnant jusqu'à la défaite de l'armée française et sa capture par la Prusse et ses alliés à la bataille de Sedan en 1870.Napoléon III est rapidement détrôné et la IIIe République est proclamée à Paris. Il partit en exil en Angleterre, reçuet hébergé lui aussi parla reine Victoria. Trois annéesaprès avoir quitté la France, il mourut en 1873à Chislehurst, Hampshire, dans le sud de l’Angleterre.

Dans un article récent d’un journal britannique, Le Daily Télégraphe, réputé de droite, et en titre on peut lire: « Il serait fou (barmy) de rendre les restes de Napoléon III en France -il est mieux en Grande-Bretagne ».les Français ont toujours voulu que la dépouille de l'empereur Napoléon III soit restituée à Paris. Exilé en Angleterre, après la désastreuse défaite de Sedan en 1870, dans laquelle la France perd au profit de la Prusse, l’Alsace et la Lorraine, il va résider dans le Hampshire, à Chislehurst en 1971, au nord de Southampton. Il décède de maladie en 1873. Initialement enterré dans l'église catholique de Chislehurst, ses cendres furent transférées au mausolée impérial de l’abbaye Saint-Michel, une abbaye bénédictine de Farnborough, Hampshire, Angleterre.Dans une crypte de l’église de cette abbaye et à ce jour, reposent dans trois sarcophages, l’empereur Napoléon III, sur la droite, son fils,le Prince Napoléon Eugène Bonaparte, ou Prince Imperial, sur la gauche, et au centreet surélevé, celui de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

LOUIS PHILIPPE, ROI DE FRANCE: 1830- 1848 et NAPOLÉON III, PREMIER PRÉSIDENT DE FRANCE : 1848-1852 et EMPEREUR DES FRANÇAIS : 1852-1870. CE QU’ILS ONT FAIT EN ALGÉRIE.

Au XIXe siècle, entre 1830, année du débarquement de l'armée française d'Afrique à Sidi-Ferruch et 1870, année de l’exil de Napoléon III, tous ce qui a été fait en Algérie, en mal ou en bien, était sous la responsabilité des tenants du pouvoir français de l’époque, à savoir Louis Phillipe et Napoléon III.

Depuis le républicain Cavaignac, jusqu’aux futurs bonapartistes Pélissier et De Saint-Arnaud, en passant par le monarchiste Bugeaud, les hommes les plus représentatifs de l’armée coloniale française ont trempé directement dans des actes odieux, aujourd’hui enfin connus de tous.

Au XIXe siècle, quarante ans de combats, de meurtres et de pillages. Quarante ans durant lesquels chaque région fut "pacifiée" à coup de "razzia" et de massacres, puis régulièrement "repacifiées" d’après les mêmes méthodes à chaque nouvelle tentative de soulèvement des populations indigènes. Quarante ans de guerre opposant, d’un côté, un peuple dépourvu de toute organisation matérielle moderne, et de l’autre, l’armée française, alors une des plus puissantes d’Europe.

Mais laissons parler Victor Hugo : Dans Choses vues, il écrivait le 15 Octobre 1852, pp. 286-287: « Dans les razzias, il n’était pas rare de voir les soldats (français) jeter à leurs camarades des enfants qu’ils recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreilles des femmes, les oreilles avec, et coupaient les doigts pour avoir les anneaux. Atrocités du général Négrier. Le colonel Pélissier. Les Arabes fumés vifs ».

On ferme ici la parenthèse sur les atrocités commises car, ce n’est aujourd’hui un secret pour personne ce qui a été fait en Algérie, pendant les quarante années de règne de Louis Philippe et de Napoléon III, et des  états de services de leur chefs militaires, qui ne font certainement pas honneur à la France.

Il faut attendre la première moitié du XXe siècle, pour commencer à voir un autre visage de la France que la conquête effrénée et atroce qui a été menée.

D’après le Figaro Histoire :  Algérie du 6 Février 2021

Au début du XXe siècle, donc certainement bien après Louis Philippe et Napoléon III, l’œuvre française en Algérie est importante. Des milliers d’hectares de terres et de forêts ont été défrichés et des marais ont été asséchés. Des milliers de kilomètres de routes ont été construits, des dizaines de villes, de villages, de ports, de barrages, de bâtiments administratifs, de casernes, d’hôpitaux, d’écoles et d’édifices religieux ont été bâtis. Des mines ont été ouvertes, des usines mises en service, un réseau de chemin de fer a été édifié.

La médecine surtout, a été l’une des grandes richesses dont la France a fait profiter ce pays qui était jadis la proie des fièvres et des épidémies. C’est en Algérie que le médecin militaire Alphonse Laveran a isolé l’agent du paludisme, découverte qui lui vaudra le prix Nobel en 1907. Grâce à d’incessantes campagnes de vaccination, la typhoïde, la variole et le typhus ont été éliminés, et plus tard, la tuberculose et la syphilis seront combattues grâce aux antibiotiques. Alors que, vers 1860, la mortalité infantile pouvait atteindre la proportion effrayante de 30% des naissances, celle-ci sera descendue à 13 % en 1954. Un taux encore trop élevé, mais qui ira sans cesse en décroissant.

Dans le domaine scolaire, la réussite sera moindre. Au début des années 1950, si 96% des enfants d’origine européenne vont à l’école primaire, le taux est de 12% chez les musulmans. Dans l’enseignement secondaire, en 1954, on compte 6 000 lycéens musulmans (soit 13 % des enfants scolarisés) contre 40 000 Européens (soit 87 %), pour une population huit fois moins nombreuse. Quant au nombre d’étudiants universitaires musulmans, il est alors exactement de 589.

Résidence de ClaremontRésidence de Claremont, à Esher dans le Surrey, résidence de Louis Philippe pendant son exil en Angleterre.

L’EXIL DE LOUIS PHILLIPE ET DE NAPOLÉON III EN ANGLETERRE, EN IMAGES.

LOUIS PHILLIPE.

La reine Victoria a mis à la disposition du roi et de la reine de France exilés Louis-Philippe et Marie-Amélie, après les révolutions de 1848, la résidence de Claremont, à Esher dans le Surrey, à une vingtaine de kilomètres de Londres, dans la banlieue résidentielle Sud-Ouest. Le roi exilé y mourut en 1850.

Chapelle St Charles Borromée

Chapelle St Charles Borromée à Weybridge, Surrey ou fut enterré Louis Phillipe et 11 membres de sa famille.

 

Louis Phillipe et sa famille assistaient à la messe à la chapelle St Charles Borromée à Weybridge, Surrey. A sa mort en 1850, il fut enterré dans cette chapelle, qui aujourd’hui n’existe plus. Entre 1850 et 1869, onze membres de la famille d'Orléans furent enterrés dans la crypte. Lorsqu’en 1871, la chute de Napoléon III permit le retour de la famille en France, des dispositions furent prises pour faire transférer la dépouille royale à la chapelle mortuaire d'Orléans à Dreux en Normandie.

Palais de Camden

 

NAPOLEON III.

Exilé en Angleterre, après la désastreuse défaite de Sedan en 1870, Napoléon III va résider dans le Hampshire, à Chislehurst en 1971, au nord de Southampton, une résidence mise à sa disposition par la reine Victoria. Il décède de maladie en 1873.  Initialement enterré dans l'église catholique de Chislehurst, ses cendres furent transférées au mausolée impérial de l'abbaye Saint-Michel, une abbaye bénédictine de Farnborough, Hampshire, Angleterre.

Abbaye Saint-Michel

Abbaye Saint-Michel, une abbaye bénédictine de Farnborough, Hampshire, Angleterre, ou est enterré l’Empereur, son épouse et son fils, encore à ce jour.

 

 

Dans une crypte de l’église de cette abbaye et à ce jour, reposent dans trois sarcophages, l’empereur Napoléon III, sur la droite, son fils, le Prince Napoléon Eugène Bonaparte, ou Prince Imperial, sur la gauche, et au centre, celui de l’Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III.

Lors de ma visite à la crypte où se trouvaient les trois sarcophages, la question qui me revenait sans cesse à l’esprit pendant que je me recueillais sur sa tombe de Napoléon III, était pourquoi et comment a-t-il pu cautionner tacitement toutes les atrocités que les militaires sous ses ordres ont fait en Algérie ?

Pourquoi toute cette haine ? Pourquoi les Algériens ont été si sévèrementpunis alors que l’histoire nous dit qu’ils n’ont jamais été responsables de la piraterie qu’on a utilisé comme prétexte de cette atroce colonisation ? 

Tombeau de Napoléon IIITombeau de Napoléon III.  

Tombeau de l’impératrice EugénieTombeau de l’impératrice Eugénie au-dessus du maître-autel

Tombeau du Prince Napoléon Eugène Bonaparte

Tombeau du Prince Napoléon Eugène Bonaparte, ou Prince Imperial, fils de Napoléon III et de l’Impératrice Eugénie.

Note de l’auteur :

 J’habite Surrey, banlieue Sud-Ouest de Londres, depuis de bien longues années. J’ai visité ces dernières demeures, celle d’un roi et celle d’un empereur de France, tous deux déchus, par la volonté de leur peuple. Lors de mes visites à ces endroits historiques, qui ne sont qu’à une trentaine de kilomètres de là où j’habite, je n’ai pu m’empêcher d’avoir une pensée pour tout ce qui a été fait, durant ces quarante années durant lesquelles ces deux tenants du pouvoir de l’époque ont régné sur la France et l’Algérie et de toutes les innocentes victimes de tout bord, qui ont été sacrifiés en Algérie dans cette triste seconde moitié du XIXe siècle sur l’autel de la colonisation. Je ne peux m’empecher de citer Simone Weil :

Je n'oublierai jamais le moment ou, pour la première fois, j'ai senti et compris la tragédie de la colonisation. [. .. ] Depuis ce jour, j'ai honte de mon pays. Depuis ce jour, je ne peux pas rencontrer un Indochinois, un Algérien, un Marocain, sans avoir envie de lui demander pardon. Pardon pour toutes les douleurs, toutes les humiliations qu'on lui a fait souffrir, qu'on a fait souffrir à leur peuple. Car leur oppresseur, c'est l'Etat français, il le fait au nom de tous les Français, donc aussi, pour une petite part, en mon nom. C'est pourquoi, en présence de ceux que l'Etat français opprime, je ne peux pas ne pas rougir, je ne peux pas ne pas sentir que j'ai des fautes à racheter.’’

Qui est coupable des menées antifrançaises » (1938), dans Écrits historiques et politiques - Simone Weil

Que tous ces innocents reposent tous en paix et puisse l’histoire nous servir de leçon et de guide pour apprendre à mieux se respecter et mieux vivre ensemble. Et je rejoins en cela Cédric Villani, éminent mathématicien français quand il dit que « l’avenir doit être fait de rêves partagés ».

Il faudrait aussi peut-être rappeler aux historiens d’un côté comme de l’autre qu’ils évitent de tomber dans « le syndrome de Churchill » : History will be kind to me for I intend to write it myself.”  Winston Churchill. (L’Histoire me sera bonne car j’ai l’intention de l’écrire moi-même.). Six décennies après la fin de la guerre d’Algérie, il semble qu’on continue à écrire séparément notre histoire et chacun clame la véracité de sa version avec force et persuasion en ignorant délibérément l’autre, sans soucis aucun de complémentarité d’une histoire, qu’on le veuille ou pas, bien commune.

Par Aziz OUDJIDA Teniet El Haad et Londres