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Un regard sur l'Algérie

  • Alger, Mecque des révolutionnaires

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    Alger, Mecque des révolutionnaires - Documentaire ARTE - Mai 2017

    Réalisé par Mohamed Ben Slama.

    Du début des années 1960 au milieu des années 1970, l’Algérie indépendante apporte un soutien important aux mouvements anticoloniaux et aux révolutionnaires du monde entier. Les Présidents successifs, Ahmed Ben Bella puis Houari Boumédiène, font d’Alger une terre d’accueil de militants en lutte contre l’oppression coloniale ou raciale. Alger la Blanche devient Alger la Rouge. L’internationaliste Che Guevara y établit la base arrière pour ses activités de guerilla en Afrique. Le leader afro-américain Eldridge Cleaver en fait le centre de rayonnement international du Black Panther Party. Alger est appelée, durant cette période, "La Mecque des Révolutionnaires".

  • Téniet el-Hâad et les montagnes du Meddad

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    Téniet el-Hâad et les montagnes du Meddad...

    Mes souvenirs de toujours !

     

    De l’Algérie avant le 1er Novembre 1954, je n’ai en mémoire que des souvenirs d’enfance. Mes souvenirs de cet âge innocent sont profondément enracinés dans un terroir que mes ancêtres ont fécondé des siècles durant. Le village de Téniet el-Hâad et les montagnes du Meddad éveillent des sensations dans une nature sauvage, voluptueuse, odorante et provoquent en moi de fortes émotions.

    Téniet el-Hâad, le "col du Dimanche", mon village natal, fût tour à tour une capitale de tribus belliqueuses, un noyeau de résistance à la colonisation, un centre administratif de l’Algérie française... pour redevenir un village rebelle ! Sa vocation française prit corps dès 1843 lorsqu’un poste militaire, appelé alors bordj, y fut installé pour protéger les populations conquises et couper les communications entre les troupes de l’Émir Abdelkader. Il fut consacré centre de colonisation le 2 Août 1858 et devînt le siège d'une commune mixte, chef-lieu de canton et, plus tard, sous-préfecture du département d'Orléansville. Ce qui distinguait Téniet des autres “villages de colonisation” était le peu de colons qui s'étaient installés dans la région. La terre était pauvre et ingrate et les habitants européens, plus de 600 étaient des fonctionnaires, des entrepreneurs et des forestiers. Le contentieux né des appropriations de “terres indigènes” étant inexistant, les relations entre les communautés étaient harmonieuses.

    Mon imageMais c'est surtout la montagne du Meddad et sa forêt de cèdres qui ont immortalisé Téniet. Guy de Maupassant écrivait : “Mais ce qui m'a laissé au cœur les plus chers souvenirs en cette excursion, ce sont les marches de l’après-midi le long des chemins un peu boisés sur ces ondulations de côtes d'où l'on domine un immense pays onduleux et roux depuis la mer bleuâtre jusqu'à la chaîne de l’Ouarsenis qui porte sur ses faîtes la forêt de cèdres de Teniet-el-Haad”. (Allouma, de Guy de Maupassant. Texte publié dans L’écho de Paris des 10 et 15 Février 1889, puis dans le recueil La main gauche).

    Il s’agit du Parc National des Cèdres du Meddad, connu sous le beau nom de “Paradis des Cèdres”. Il se trouve à quatre ou cinq kilomètres au nord de Téniet, dernière étape avant les immensités désertiques sahariennes. La plupart de mes souvenirs d’enfance sont étroitement liés à cette majestueuse montagne couverte de cèdres. J’en connaissais tous les recoins, tous les mystères, toutes les odeurs... elle était aussi le paradis des enfants.

    Elle était le champ de nos escapades interminables vers le Kef Siga et son sommet le Ras el Braret, qui culmine à 1.787 mètres. Les chemins forestiers y étaient bien tracés et couverts d’herbes fraîches et vertes, douces aux pieds. De là-haut, le regard se promène dans un paysage alpin, sensation visuelle que j'ai retrouvée plus tard en Suisse ; le Meddad avait même son chalet, le Chalet Jourdan ! A cette altitude, les cèdres sont superbes : les branches les plus élevées prennent la forme de champignons, de parasols, de dômes ; les autres branches semblent plonger vers le sol. Puis c’étaient des courses effrénées sur les pentes du Kef Siga vers le Rond-Point des Cèdres et nos jeux de cache-cache. Il était le lieu de prédilection de nos jeux d’enfants qui ne demandaient que des objets simples, billes, noyaux d'abricots, osselets et toupies de bois.

    “Un monde à la mesure de nos rêves”

    Les seuls habitants du Parc étaient le garde champêtre et son adjoint. Nous les évitions autant que possible pour échapper aux nombreuses règles qu'ils voulaient nous imposer. A l’exception des pique-niques du weekend et des journées où les villageois fuyaient vers la montagne pour trouver un peu de répit lors des chaleurs caniculaires de l’été, il n’y avait pas âme qui vive au Meddad. Nous étions en liberté dans le paradis des cèdres. L’immensité du Meddad nous appartenait, nous devenions les pionniers d’un monde à la mesure de nos rêves. Comme il n’était qu’à quelques minutes à bicyclette du village, nous y allions souvent, parfois plusieurs fois dans la même journée et il était devenu l'asile idéal de mes nombreuses heures d’écoles buissonnières... C’est encore au Rond-Point des Cèdres, centre d’un pré recouvert par un épais tapis d’une herbe moelleuse et odorante, que je volai mon premier baiser à une jolie vacancière. Le Meddad accueillait une colonie de vacances renommée et possédait une source ferrugineuse carbonatée, analogue aux SPA d'Europe, qui attiraient beaucoup d’estivants et de touristes. La saison touristique au Meddad était aussi celle de la chasse aux baisers et la rivalité entre toute une ribambelle de don juans en herbe était farouche.

    Mon imageLa place du village est l’autre réserve de mes souvenirs d’enfance. Elle était le lieu de nombreuses rencontres de la communauté ténietoise. Téniet semblait vivre continuellement à l’heure de festivités : fêtes nationales et locales, mariages, baptèmes... la place, transformée en jardin public pour une grande part, prolongeait le parvis de l’imposante église de style gothique. Tout en longueur, le jardin était clôturé d’une grille impressionnante terminés en fer de lance. Un pavillon en forme de parasol avait été érigé pour abriter les musiciens lors des concerts en plein air. Des dalles plates et polies constituaient la piste de danse entourée de bancs rustiques et de plates-bandes fleuries. Le long de la grille qui ceinturait la place et le jardin, des dizaines d’arbres taillés à hauteur d'homme semblait isoler les participants à la fête du reste du monde.

    Les Ténietois étaient avides de bonne chair et de musique. Toute rencontre était prétexte à festin! En fait, elle devenait un concours gastronomique au cours duquel chaque famille cuisinait ses meilleures recettes. Les plats, plus appétissants les uns que les autres, les sucreries et les pâtisseries s’amoncelaient sur la table commune ; nous goûtions à la cuisine de tous les coins de France comme l’omniprésent couscous... la journée finissait toujours en dansant et la soirée prenait alors des allures d'un bal populaire où plus d’une cinquantaine de familles européennes et trois à quatre familles d’Algériens “francisés” envahissaient la piste de danse. Les enfants faisaient leurs premiers pas, gauches et hésitants, sur les airs d’un accordéon ou ceux d’un vieil électrophone et sous l’œil attendri de parents fiers de leur progéniture. Je revois aussi, de l’autre côté de la barrière, les douzaines d’autres enfants moins fortunés, essayant d’escalader la haute grille, que les deux policiers du village, gourdin à la main, gardaient à distance. J’avais bien l’impression qu’ils auraient voulu être associés aux flonflons de la fête.

    Tous ces lumineux souvenirs m’ont longtemps semblé être autant de rêves fracassés mais le cri d’espoir d'un écrivain algérien raisonne toujours dans ma mémoire “rendez-moi ma vallée qu'un ancêtre inventa

  • Interview de Mohamed Boudiaf

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    Tellement Actuel !!!

    À écouter attentivement, il avait été tellement lucide..........

  • Un Vendredi de Février

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    22 Février 2019, une date historique...

  • Un beau voyage

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     Il m'est éternellement impossible de penser au mont du Guergour, de décrire son site si surprenant par sa féerique harmonie, de côtoyer sa chaleureuse et conviviale population sans un sentiment intense de bonheur.

    Le bonheur d'appartenir à cette terre si attachante et qui recèle en elle tant d'histoires ancestrales, d'évènements glorieux et de traditions fidèles. Dans les regards des femmes et des hommes, dans leur façon de raconter leur paisible vie, leurs espoirs, se dissimule une contagieuse fierté. Pour nous qui prenons rendez-vous chaque été avec ce *beau pays*, tout reste à découvrir. Sur la longue route qui nous y conduit, le paysage se transforme au fur et à mesure, découvrant une magnifique région, aride et rocailleuse par ses monts, verte et fleurie dans ses vallées. L'impression d'un long serpentin qui se déroule et nous entraine vers les sommets sans cesse élevés, est étourdissante. En arrivant enfin, le regard reste subjugué par le plus parfait équilibre de ce décor naturel, tel un dessin inspiré d'un livre de contes. Les montagnes éternelles ont la forme et la beauté impressionnante des volcans, recouvertes ou ceinturées d'arbres qui les embellissent, elles dominent et protègent le village.
    Les multiples chemins de traverse facilitent leur escalade et conduisent vers les maisons difficile d'accès par la route. Ils font aussi la joie des gamins qui les grimpent à tour de jambes, rivalisant de vitesse.

    En aval, on découvre l'Oued au long cours qui traverse le village. Offrant certainement son plus grand charme à ce beau village, il provoque la curiosité des touristes. La source qui ne tarit pas, la verdure, les algues, les nénuphars, les multiples et jolis arbres l'ornent et le parent comme s'il devait prouver qu'il est le plus beau. A l'abri des regards coquins, de souriantes jeunes filles s'y déploient. Régulièrement, la lessive est le prétexte à des rencontres et de gais bavardages prévus pour durer jusqu'au moment où le linge est sec et bien plié. Patiemment installés le long des berges de l'Oued, les pêcheurs à la ligne y passent des journées agréables et quand bien même ils rentreraient bredouilles, la promenade restera mémorable.
    Pour ne rien gâcher de ce beau tableau, le pont qui le surplombe apporte une dernière et jolie touche et quand on le traverse, le vertige nous envahit tant il parait flotter sur les eaux.

    C'est à contre coeur que nous arrêtons notre récit, en promettant d'y revenir, avec notre attention pour d'autres voyages.

  • Batna Capitale des Aurès

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      Batna - باتنة  

    Batna vue panoramique

    Batna (en chaoui Bathenth ),  est une ville d'Algérie, chef-lieu de la wilaya de Batna. La ville de Batna est considérée historiquement comme étant la "capitale" des Aurès. Située à 1058 mètres d'altitude, elle est la 5ème plus importante ville du pays et la plus haute agglomération d'Algérie malgré le fait qu'elle ait été construite dans une cuvette.

    Elle est située dans la région des Aurès, à la jonction de l'Atlas tellien et de l'Atlas saharien. Démographiquement, la wilaya occupe le 5ème rang avec une population de 1 128 030 habitants en 2008.

    Batna a été construite sur un relief en cuvette, entourée de montagnes.

    La ville, et plus largement la région des Aurès, est principalement peuplée de berbères chaouis, souvent bilingues parlant chaoui et arabe algérien.

    Au nord-ouest, Batna possède un nouvel aéroport international situé à 30 km du centre-ville.

     

    Avant la colonisation française

    La terre de Batna faisait partie de la Numidie et des premiers royaumes indépendants Berbères comme l'atteste le monument de Madracen non loin de la ville. La vallée dans laquelle est installée la ville de Batna faisait jadis partie d'un territoire sous la domination de la vieille ville romaine de Lambèse. Les effets du temps et de l'érosion, notamment des pluies diluviennes et des glissements de terrain, ont peu à peu conduit à l'enfouissement de la ville romaine de Batna et d'une bonne partie des vestiges de la ville de Lambèse. La vallée était habitée par des Berbères chaouis. La tribu Fezzan (Fezazna), d'origine tripolitaine, elle sera concentrée à la Zaouïa de Zmella ou le village de Zmella, situé dans la vallée. Les Français l'ont baptisé à leur arrivée "Village Nègre", car il y avait une population noire les Zenagas (parlent le Berbère subsaharien), des descendants des Sanhadjas. Les Ayth Adi, tribu arabo-berbère possédaient la plus grande partie de la terre de la vallée. Les Ayth Ali, tribu berbère, avaient aussi des parcelles de terre dans cette vallée. Les Ayth Sidi Yahia, tribu berbère, habitaient la vallée jusqu'à Lambèse, eux aussi avaient une zaouïa. Les Ayth Chlihs, tribu berbère étaient également établis dans la vallée et avaient, eux aussi, une zaouïa. Les Hraktas tribu berbère avaient des terres pour leurs pâturages et des lieux saints dans cette vallée.

    Les routes étaient protégées par toutes ces tribus contre les Razzias des autres tribus proches et des attaques ottomanes. Le commerce était prospère dans cette vallée, les gens passaient par cette vallée pour aller à Constantine. Ils venaient d’Arris, de Menaa, de Biskra, etc. Le voyage durait une journée à dos de cheval ou d'âne. Plusieurs zaouïas étaient, à cette époque, des lieux de visite mystique de culte des saints.

     

    Pendant la colonisation française

    Le 12 février 1844, près de l'endroit de l'embranchement des routes des Batna-Bemelle et Batna-Condorcet et de la Zmella, Henri d'Orléans, duc d'Aumale, lieutenant général de l'armée française menant l'expédition de Biskra, décide de camper à cet endroit. Les traducteurs indigènes dirent N'bet H'na (Batna) (en français qui veut dire bivouac, nous passons la nuit ici). Les Français ont cru en entendant les autochtones dire « N'bet H'na » que l'endroit s'appelait Batna. C'est ainsi, raconte-t-on, que le nom de Batna trouve son origine. Se rendant vite compte de la situation stratégique de l'endroit (à mi-chemin entre Constantine et Biskra), l'expédition décida, dès 1844, la construction d'un camp militaire fixe destiné à contrôler les différents axes routiers. Devenue un carrefour incontournable, la ville de Batna se développa rapidement et plusieurs familles vinrent y vivre. Des commerçants sont venus de partout pour y investir et y travailler alors que des soldats restèrent après leur service pour construire leurs vies sur place. La ville était cosmopolite, il y avait des personnes d'origines et de confessions extrêmement diverses ( Chaouis, Kabyles, Mozabites, Soufis, Arabes ( originaires de diverses régions d'Algérie et d'autres pays, notamment du Maroc et de Tunisie, etc ), Africain, Kouloughlis, et toutes sortes de métissages entre ces différentes origines ethniques. Ils étaient Musulmans pour la plupart, mais il y avait également, avant la guerre d'indépendance, des Juifs d'Algérie et de nombreux Chrétiens également originaires de France (de Corse, notamment) de Malte, d'Italie, Sicile notamment, des Allemands, et même des Russes. À ce sujet, un proverbe contemporain dit : "Batna réussit à ses étrangers". Plusieurs confédérations d'autochtones étaient concentrées dans le vieux Quartier du Camp de la ville et de la Zmela alors que beaucoup d' Européens habitaient le quartier du Stand où vivait aussi des Musulmans Algériens de classe plus ou moins aisée, ainsi que quelques familles de Juifs d'Algérie.

    Les écoles, le théâtre, l'hôpital, les cinémas, les jardins, les routes, les installations sportives, les immeubles d'habitation et d'administration, la gare, etc., toutes ces activités s'y sont développées et ces infrastructures ont été baties pendant cette période et restent fonctionnelles à ce jour. Il y avait aussi un aéroport de l'armée à Batna qui devenait de plus en plus stratégique du point de vue économique et militaire. L'hôtel d'Orient et d'Angleterre sera construit pour accueillir les touristes avant la Première Guerre mondiale, vers 1885. Quelques célébrités mondiales y ont séjourné comme John Wayne et Mohammed Abdel Wahab.

    Batna devient en 1957, le chef-lieu d'un département qui porte son nom.

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  • Enseignement : entre la qualité d’hier et la quantité d’aujourd’hui

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    Supposons que les coopérants enseignants étrangers, qui particulièrement européens exerçaient dans le pays au cours des années 70, revenaient subitement sur leurs traces d’hier pour reprendre leur métier après au moins 40 années d’absence.

    Que penseraient-ils alors du niveau actuel de nos lycéens et de nos étudiants notamment par rapport à l’ancien temps ou comparativement aux étudiants des universités européennes d’aujourd’hui ? Quoique les moyens matériels d’hier étaient totalement dérisoires. En tous les cas, je ne souhaiterais pas être en leur compagnie lorsqu’ils découvriront le traumatisme éducatif que nous subissons. Je me sentirais certainement tout minuscule et humilié, non pas par complexe d’infériorité mais de ce qu’on a fait de notre enseignement.
     
    Et pourtant, les étudiants du lendemain de l’indépendance des années 70, n’avaient absolument accès aux livres qu’en salle de bibliothèque universitaire avec seulement 2 ou 3 exemplaires par spécialité pour un nombre dépassant 4 sections d’au moins 200 étudiants chacune, à titre d’exemple à l’université d’Oran. Il fallait tout le temps pister son camarade qui rendait le bouquin recherché pour l’emprunter de nouveau le temps de quelques heures uniquement tel un trésor précieux. Les documents étaient dans un état d’usage avancé par la force d’être abondamment feuilletés. C’étaient de vraies archives à classer. La plupart des étudiants se contentaient uniquement des cours et des travaux dirigés dispensés lors des séances hebdomadaires. Il n’y avait ni photocopieuse miraculeuse ni documents illimités qui sont diffusés sur le Net avec tous genres de livres, des cours des prestigieuses universités mondialement connus, ou des célèbres lycées, téléchargeables à souhait. De nos jours, je parie qu’il existe au fin fond des étalages de nos bibliothèques universitaires des bouquins empoussiérés qui n’ont jamais été consultés depuis la nuit des temps.

    Hier, le stylo marchait à merveille, on écrivait à la main du matin au soir tout en assimilant les cours prodigués. Il ne fallait louper aucun détail car la répétition était bannie. Les questions ridicules étaient presque taboues. Il fallait tourner sept fois sa langue avant de poser une question. On recopiait tout à la main tous les documents fournis par les camarades de classe du simple ancien sujet au moindre exercice de travaux dirigés qui passaient sous les yeux. Il est vrai qu’on était tous entraînés en se servant des punitions d’antan avec l’écriture de 100 fois en autant de fois, par exemple du type : "je ne parle plus en classe".

    Les fameux Bordas étaient une denrée très rare. La première chose à visiter lorsqu’on descendait le week-end en ville était de faire le tour des librairies étatiques et privées où on n’avait aucun choix sauf pour les ouvrages soviétiques de couleur rouge des éditions Mir qui garnissaient à satiété les vitrines. Ils n’avaient rien de pédagogique, rien à voir avec les livres des éditions européennes ou nord-américaines avec ces dessins et représentations à vous couper le souffle mais chers et inabordables pour notre condition de parents à la limite de la pauvreté. C’était une différence entre le jour et la nuit.

    Pour le lycéen que j’étais, il fallait user de son temps pour dénicher un ancien sujet du baccalauréat sans son corrigé bien sûr ni les annales qui se trouvent de nos jours à chaque librairie du coin ou ceux publiés dans les journaux. Pour la préparation des examens, on naviguait aveuglément. Il n’y avait ni cours privés, ni de soutien. On se contentait de ce qu’on faisait en classe du jour avec il est vrai des enseignants pleinement dévoués à la noble cause. Il n’y avait ni triche, ni complaisance. La volonté et la motivation y étaient présentes pour vous maintenir dans cet état de constante mobilisation.

    L’Algérie venait de sortir du joug du colonialisme et ses enfants avaient soif de l’apprentissage et du savoir. N’est-ce pas qu’une grande majorité des enfants de l’indépendance ont été auréolés de grands diplômes d’enseignants, d’ingénieurs, de médecins et de docteurs universitaires issus de familles rurales et totalement analphabètes ? Toutes les compétences algériennes qui font le bonheur des hôpitaux et des universités à l’étranger ne datent-elles pas pour leur grande majorité de cette période bénie ? N’était-ce pas un miracle cette extraordinaire progression ? Passer du néant à cette sensationnelle situation en un laps de temps.

    Est-ce que les étudiants tardaient à l’époque de reprendre le chemin de l’université que vers la fin d’octobre après avoir avalé le mouton de l’aïd sans qu’ils soient traduits en conseil de discipline pour être expulsés après avoir au moins raté le quart du volume horaire des enseignements semestriels sans que l’on crie au scandale ? Sauf en médecine où l’on dispose des étudiants les plus brillants et disciplinés principalement par la branche qui donne de meilleurs atouts pour l’avenir.

    Est-ce qu’il serait possible pour un enseignant universitaire d’aujourd’hui de noter par un zéro absolu en devoir surveillé un tiers d’une section d’étudiants en physique de première ou de seconde année du cycle des sciences exactes à l’instar de chez Monsieur Bernard Held en physique atomique et nucléaire à l’université d’Oran sans qu’il soit menacé d’être renvoyé ou accusé de blocage des étudiants par l’administration d’aujourd’hui ? Pourtant Monsieur Held ne tolérait jamais qu’un étudiant entre en salle après avoir fermé derrière soi la porte d’entrée de l’amphithéâtre, c’était un silence de mosquée lorsque le cours débutait à midi. Le repas était automatiquement sacrifié sans que l’on rouspétait ou revendiquait le changement d’emploi du temps dont on n’avait d’ailleurs aucun droit de regard. Est-ce que les étudiants d’alors qui étaient parmi les plus lumineux de l’époque en mathématiques oseraient-ils de remettre en question leurs notes si ce n’est de se remettre à travailler davantage ? On ne demandait jamais à consulter nos copies sauf si l’enseignant décidait de nous les montrer dans l’objectif de nous dévoiler nos lacunes. Alors oser demander un point supplémentaire à son enseignant était senti comme une véritable hérésie ou un blasphème qui ne passait absolument par votre esprit. Par ailleurs, on ne signait aucune pétition pour la remettre au doyen et partir avant les fêtes de l’aïd sans que l’on nous donnait une autorisation officielle, prétextant un manque de moyens de transport à ne rien avoir avec ceux des années 70 à 80 où c’était un parcours du combattant.

    Plus les examens se rapprochaient et plus on redoublait d’effort à réviser. On remplaçait le dîner en resto U par une simple omelette ingurgité à la va-vite pour ensuite veiller tard le soir grâce à une tasse de café noir et être debout tôt le matin identiquement à un soldat en mission recommandé. Si tu ne travailles pas bien à un devoir surveillé, tu n’as droit à aucun examen de rattrapage ni de système de compensation. C’était le quitte ou double à prendre ou à laisser. On n’arrêtait pas de trembler avant la distribution des sujets le considérant comme étant le plus décisif de son parcours d’études. L’ami Abdelkader Kenniche ne cessait de supplier son camarade Khaled, qui s’assoyait à l’examen sur une table plus basse que lui, de cesser de vibrer sinon il allait lui-même, par son influence à distance, entrer en résonance par la transmission de l’inévitable crainte en tremblant de tout son corps ! Ce fût un temps où les études étaient la chose la plus importante, un visa nécessaire et indispensable pour réussir dans la vie.

    Il n’y avait ni téléphone portable, ni kit-mains, ni Bluetooth, ni le copier-coller pour leurrer. A la moindre fraude, te voilà expulsé de la salle en sortant tête baissée avec un zéro à la clé et une traduction en conseil de discipline sans aucun moyen de recours de reconsidérer les mesures prises à votre encontre où vous pouvez risquer l’exclusion de l’année ou encore plus pire sans aucun recours ni circonstances atténuantes ni encore moins une minime intervention. Ni grèves des étudiants, ni influence du directeur et de ses adjoints, ni pression de là-haut ni message des autorités, ne venaient déstabiliser les décisions indélébiles prises en toute âme et conscience selon la réglementation en vigueur et en toute liberté.

    Actuellement, vous risquez l’arrêt et la barricade des entrées avec des portes cadenassées de toute l’université sans que les autorités n’interviennent pour mettre de l’ordre et de la discipline en faisant respecter la loi. Touche pas au désordre ! Il ne faut pas être la cause de l’effet de la boule de neige qui peut prendre forme à n’importe quel instant surtout si nous sommes à portée de mains des élections. Il faut attendre que les instructions atterrissent d’en haut ! Quand on ouvre des petites brèches, elles s’ouvrent continuellement en devenant des boulevards où tout le monde s’y engouffre à satiété. Le calice jusqu’à la lie a été bu ces derniers temps où on permet aux fraudeurs à la dernière session du baccalauréat cuvée 2013 d’avoir gain de cause après avoir revendiqué sans aucune pudeur que leurs sanctions soient revues à la baisse, en les épongeant telles les dettes financières publiques et privées ! Dîtes-moi S’il vous plait, mes chers lecteurs, qu’est-ce qu’on encourage à travers ces nouvelles dérives ?

    Les valeurs ne se sont-elles pas malheureusement inversées ? Après trente années d’une carrière où vous assistez chaque jour sans résistance à une tendance vers le bas. Vos étudiants de l’année 1983 ne ressemblent en aucune manière, ni de près ni de loin, à ceux de 30 années plus tard. Pourtant, vous n’avez pas changé d’un iota si ce n’est l’expérience en plus doublée de la dégringolade en sus. Malgré cela, vous vous sentez être le centre de l’embarras si vous ne changerez point dans vos jugements. Vous vous sentez être le dernier maillon de la chaîne qui résiste tant bien que mal à ce déluge qui est en train de tout détruire sur son passage. Tous les responsables vous regardent de travers, identiquement au dernier gardien du temple. Tôt ou tard, vous subissez le même sort que vos prédécesseurs. Le bulldozer va indéniablement écraser tout sur son passage.

    Lorsque des étudiants d’aujourd’hui veulent imposer le choix les enseignants qui leur dispenseraient les cours de leurs cursus en recherchant par là à obtenir par tous les moyens le diplôme que le savoir et la connaissance, vous vous soupirez en souhaitant votre retraite anticipée. Peu importe les méthodes, l’important c’est le papier qui ouvre grandement la voie aux carences relevées. N’est-il pas réel que toutes les structures de l’état en souffrent péniblement de la formation bâclée. Si vous remettez un zéro sur une copie d’examen, vous êtes remis à l’ordre mais si c’était un 20/20, tous les responsables vous regardent du bon œil car vous leur évitez les réprimandes du supérieur hiérarchique et d’une pierre deux coups avec le poste in-extrémis sauvé. Tu te dis : où va le pays comme certains ne cessent de le hurler sans que les consciences soient en mesure d’être écoutées car leurs voix sont écrasées et rendues inaudibles par le brouhaha de la médiocrité. De nombreux enseignants ont abandonné la lutte et ont jeté depuis longtemps l’éponge pour ne se consacrer qu’à leur carrière et à leur butin. Ils ne soucient guère de ce qu’il adviendra. Par leur silence, ils sont devenus l’allié par excellence de ce système.

    Faut-il condamner ces étudiants ? Non ! C’est tout ce système, en particulier, qui est à proscrire en voulant faire de l’école et de l’université qu’une grande garderie, assistée mais éloignée de tous les enjeux et en marge de tous les défis qui attendent le pays. Entre la qualité d’hier et la quantité d’aujourd’hui, il faut faire le choix en associant les deux. Le populisme et la démagogie ne riment à rien et n’ont aucun avenir sauf, tôt ou tard, que le mur infranchissable à rencontrer.

  • DE YENNAYER A LAADJOUZA

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    Yennayer, Yennar, Nnayer , ou encore Rass El-âam, Laâdjouza,… Autant de déclinaisons en amazighe ou arabe algérien, pour désigner une même célébration, à savoir le passage au nouvel an Amazigh, « amezwar n usugwas ».

    Cette réjouissance cyclique qui remonte à une époque qui se perd dans la nuit des temps, fait partie des rituels populaires qui ont survécu contre vents et marées, pour s’imposer comme une source identitaire rassembleuse. Mais si Yennayer a toujours été fêté, la datation du nouvel an berbère est plus récente.

    C’est au début des années 1970*, que l’Académie Berbère (Agraw YimaziƔen) a choisi un événement historique marquant, pour symboliser l’an zéro du nouvel an amazigh. Cet événement, c’est l’accession de l’Aguellid Sacnaq ** 1er (-950 à -929) au trône égyptien pour devenir le fondateur de la 22ème dynastie pharaonique.

    Cependant aucun indice historique, ne vient attester que Imazighen avaient commencé à chiffrer les années à partir de cet événement affirmé.En dépit de l’absence endémique d’écrits, qui ont desservi la connaissance de l’histoire du peuple amazigh, son attachement aux traditions a permis, un tant soi peu, de compenser ce handicap, grâce à la passerelle inter générations.

    Toutefois les us et coutumes relatifs à Yennayer, ne semblent pas évoluer à la même vitesse ; si le volet culinaire se perpétue sans peine en s’adaptant aux nouvelles habitudes gastronomiques, ce n’est pas le cas d’autres traditions qui sont délaissées ou simplement en passe d’être oubliées : ainsi en est - il de la maison qui se voulait totalement nettoyée comme pour la purifier (ce qui n’est pas sans nous rappeler cette coutume de la population de la Casbah d’Alger, à l’approche du ramadhan “dalla essaboune”) ou encore de l’imposition d’achever ce jour là, tout ouvrage manuel entamé.

    Si ce patrimoine commun que nous tenons en héritage du passé subsiste encore, les générations suivantes, désormais gérantes de cette mémoire, ont la lourde responsabilité de non seulement le préserver, mais surtout le valoriser.

    Son inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité et sa reconnaissance comme fête nationale officielle, ne seraient donc que justice.

  • 1962/ La joie des Algériens en images

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    Des femmes membres du FLN lors d'un rassemblement le 27 juin 1962

    Des jeunes scouts brandissent des drapeaux quelques jours avant l'indépendance, le 30 Juin 1962 à Alger

    Des enfants jouent dans la Casbah, le 3 Juillet 1962. Dans le dessin sur le mur derrière, un soldat s'apprête à planter le drapeau algérien entre ceux marocain et tunisien. Les deux pays voisins ont acquis leur indépendance en 1956.

    L'ambiance dans les rues d'Alger, le 3 juillet 1962

    Des femmes font la queue pour voter au référendum d’autodétermination

    Des femmes algériennes votent lors du référendum d’autodétermination

    Alger, le 3 Juillet, après l’annonce des résultats du référendum d’autodétermination de l’Algérie

    Un homme en moto porte le drapeau algérien, le 4 Juillet 1962 à Alger

    Des vendeurs de rue, juillet 1962 à Alger après le référendum d'autodétermination

    Un couple chez le boucher à Alger, après le référendum d'autodétermination

    Le 4 juillet 1962, des drapeaux partout, même sur la statue du duc d'Orléans devant la mosquée de la pêcherie à Alger.  La statue a été démontée et rendue à la France.

    Des jeunes scouts chantent des chants patriotiques quelques jours avant l’indépendance

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  • LE SCOUTISME, UNE ECOLE DE COMBAT...

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    Le scoutisme est une école de l’engagement et du travail. Ses valeurs dictent et façonnent une attitude et une philosophie de la vie dans lesquelles Dieu, la religion, le pays, les parents et le travail sont les axes de référence.

    Ces valeurs sont représentées par l’anagramme S.C.O.U.T. Servir son pays, Croire en Dieu, Obéir à son chef, Unir les rangs, Travailler pour vivre.

    Le scoutisme algérien est né au lendemain de la célébration par la France du centenaire de la colonisation. Les fêtes organisées pour célébrer cet événement étaient une provocation de plus, que ne pouvaient supporter les Algériens actifs au sein des Scouts de France. La France en a perverti le sens et la portée.

    Tous ou presque, se retirèrent et formèrent des groupes autonomes dont le plus en vogue était celui de Miliana. Hommage à Saddek El Foul . Un congrès pour fédérer tous ces groupes qui essaimaient dans le pays a été organisé à Alger sous l’impulsion du regretté Mohamed Bouras qui fut désigné Commissaire Général.

    En forêt, le jeune scout était initié à la vie dans la nature, avec ses contraintes qu’il faut apprendre à dompter. L’éveil des consciences, puis l’apprentissage de la discipline, de la maîtrise de soi, de la connaissance du terrain et de la vie dans la nature, parfois hostile, faisaient de ce mouvement, une organisation paramilitaire. On la retrouvera bientôt prête au combat libérateur.

    La lutte contre l’aliénation, l’acculturation, était menée par des Morchids, des guides instruits de la morale religieuse et qui inculquaient l’amour de la patrie, la défense de l’identité nationale en opposition à l’identité française. Le discours englobait la nécessité de libérer toute l’Afrique du Nord, Maroc, Algérie, Tunisie. On parla aussi de la Libye, puis de l’Égypte.

    Mahmoud Bouzouzou, et Omar Lagha deux combattants pour l’amour de Dieu et de la patrie, inscriront leurs noms dans l’histoire de notre pays aux côtés de leurs compagnons, toujours célébrés par les scouts : Mohamed Bouras, Hamou Boutlilis, Mourad Bouchkoura, Tahar Tedjini, Mohamed Derouiche, Hamdane Bel-Abdelouaheb, Mahfoud Kaddache et beaucoup d’autres martyrs de la guerre nationale pour l’indépendance du pays.

    Mahmoud Bouzouzou, d’une famille bien connue à Béjaïa, estimée et respectée, est décédé le 27 septembre 2007 à l’âge de 89 ans. Son enterrement s’est déroulé dans l’humilité, l’un des traits de caractère de cet homme de légende qui a fini sa vie Imam de la mosquée de Genève.

    Si Mahmoud a été avec le regretté Mohamed Bouras, l’un des membres fondateurs des Scouts Musulmans Algériens et de la revue El Manar soutenue par le MTLD. Morchid général « il était l’un des pionniers du scoutisme musulman algérien.

    En tant que guide général, il a contribué à la formation de toute une génération de militants de la cause nationale dont certains ont été les initiateurs de la révolution » témoigna le Dr Abbas Aroua.1

    De Omar Lagha, je ne connus jusqu’à ces derniers temps, que le nom, porté par plusieurs groupes scouts.

    Qui était-il ?

    J’apprends en parcourant le livre édité par l’association des anciens SMA, « Le Scoutisme = La bonne école, » qu’il était né en 1908, à Taourirth Ahmed Moussa dans la région d’Akbou, qu’il avait fréquenté le cours complémentaire à Béjaïa après sa scolarisation dans le primaire à Ighil Ali.

    Il fut le président du groupe El Kotb à Alger, et joua un rôle de premier plan dans la fondation des Eclaireurs Musulmans Algériens. Vice-président des SMA il activa lors du camp de Tlemcen en 1944, pour réaliser l’unité du scoutisme algérien.

    Omar Lagha dirigea la délégation de chefs et de scouts qui se rendit au Caire en 1954, fondue dans celle du PPA, montrant ainsi, que la jeunesse algérienne faisait partie du mouvement national en Algérie. Elle fut reçue par le président égyptien Djamal Abdelnasser.

    Omar Lagha lutta toute sa vie aux côtés des combattants pour l’indépendance. Arrêté en 1957, il fut sauvagement torturé par les parachutistes, et disparaîtra comme bon nombre d’Algériens ayant subi les sévices d’une armée française en désarroi.

    Parmi les dirigeants du FLN/ALN une bonne partie était issue de cette organisation qui mérite d’être célébrée avec tous les honneurs de la République reconnaissante.

    LE TEMOIGNAGE DE AIT AHMED SUR MOHAMED BOURAS (3)
    Paix à leurs âmes

    Sur Mohamed Bouras, Hocine Ait Ahmed1, Chef de l’Organisation Secrète (l’OS) de 1948 à 1952, écrira :

    « …La presse officielle ne cachait pas les victoires de l’Axe. Rommel était à nos portes, comme on le disait, deux millénaires plus tôt, d’Hannibal. Mais il ne filtrait rien de la rumeur nationaliste, dont je n’ai vraiment su quelque chose qu’en allant chez moi en Kabylie…C’est (Aït Hamou) qui m’a appris les raisons de la dissolution du mouvement de SMA (Scouts musulmans algériens) par le régime de Vichy qui encourageait pourtant systématiquement les mouvements de jeunesse.

    Aït Hamou avait entretenu des relations amicales et politiques avec le chef des SMA, Bouras, de Miliana. Or, en 1941, ce dernier avait conçu un projet insurrectionnel avec l’aide non des commissions d’armistice allemande ou italienne présentes à Alger, mais des autorités allemandes installées à Vichy, où il avait fait plusieurs voyages en Algérie, tout en organisant des groupes scouts ici ou là, il avait surtout pris des contacts dans les casernes avec certains officiers, notamment à Maison-Carrée (El-Harrach).

    Un officier allemand devait venir à Alger pour mettre au point les préparatifs avec Bouras. Ce dernier invita Aït Hamou à l’accompagner au rendez-vous ; pressentant un piège, Aït Hamou tenta l’impossible pour le dissuader de s’y rendre. Effectivement c’était un piège, et de la grande manipulation.

    Bouras fut arrêté, et il devait être passé par les armes avec tout un groupe de soldats et d’officiers algériens. La presse annonça ces exécutions en parlant de mutinerie ! ».

    Karim Younes
    De la Numidie à l’Algérie, Grandeurs et Ruptures, Casbah Editions, p 179

    Karim Younes
    De la Numidie à l’Algérie, Grandeurs et Ruptures, Casbah Editions, pages 178 et 179
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    1.Saddek el Foul : L’un des tous premiers cadres des Scouts Musulmans Algériens des années 1930 originaire de Miliana comme son compagnon le Chahid Mohamed Bouras).
    2. Dr Abbas Aroua. Revue des Anciens SMA, Scoutisme=La bonne école page 124, (lire également l’article de Hamid Tahri paru le 18/09/08 dans El Watan).
    3. Hocine Aït Ahmed, mémoires d’un combattants- L’esprit d’indépendance 1942-1952, Editions Bouchene, p.21

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    Sur la photo :
    Les scouts algériens au Caire. 1-Djamel Abdennacer (Président de la république d'Egypte). 2- Lagha Omar. 3- Aknouche Hamdane Tadj-Eddine. 4- Belabdelouhab Hamdane. 5. -Ait-Ahmed Hocine. 6- Adim Ahmed. 7- Basta

  • Histoire de l'Algérie/ Période antique

     

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    L'histoire de Timgad m'était racontée Part 1
    Avec les explications de l'Archéologue algérienne Nacéra BENSEDDIK...

  • D'autres Miliana

      Dans le cadre de la duplicité des noms de certaines de nos villes et de nos villages, celui d’une ville qui m’est très chère. En effet, en allant de Reggane vers Aïn-Salah, passant la nuit à Aoulef, dans le cadre de ma bourlingue professionnelle, recherche minière, dans la plaine du Tidikelt,  j'avais bien lu, sans avoir la berlue ou un quelconque mirage, sur une plaque de signalisation, un mot que j'aime tant, un mot parmi ceux que j’adore: Miliana. Yeh ? Miliana, ici ? Ya hawdji ? Ce mot, plus que familier, apparait soudainement dans l'immensité du désert et qui me retire de cette absorption que la nature m'impose pour mon premier passage dans ce coin, de cette torpeur des longs voyages, de sa monotonie comme celle du paysage. Une petite plaque de signalisation me surprend portant un nom qui évoque bien des choses pour moi. Non, j’ai beau cherché une faute quelque part mais c’est bien écrit : MILIANA surmonté par le même nom en arabe dans la même impeccable orthographe et dans une écriture officielle. Quoi de plus rassurant. Miliana ? Tous mes amis milianais passèrent dans mon esprit. La connaissent-ils cette ville ou village ? Je vais leur apporter cela, foi de bourlingueur. Effectivement, ils ne la connaissant pas. Mais la petite piste, pas trop sollicitée, montre bien qu'il s'agit d’une petite bourgade. Je la repère sur ma carte topo et elle se situe à une petite encablure seulement  de la RN52 qui relie  Reggane à Tam passant par In Salah. Juste entre Aoulef et In Ghar. J’aurai du noté le PK sur une borne kilométrique. Fallait y penser pour les milianais qui sont dans les environs et qui veulent en savoir davantage. La petite sœur de notre Miliana serait-elle perdue, là ? C’est que c’est le vrai désert. Aucun signe de vie. Un calme plat, aplati encore par un soleil de plomb. Algérie ! Comme tu es magnifique ! Je vois pourquoi vraiment il y a un million et demi  de chouhada. Je veux mourir dans ton champ d’honneur. J'aurai bien aimé la visiter, cette bourgade et prendre une photo mais... le boulot ne l’avait pas permis.

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  • Qu’ont-ils fait de ton pays ? Un pays de barrages, de garages et de décervelage ?

    5 Juillet 2015

    Ils en ont fait un pays fermé, triste, voilé, « hidjabisé », « barragé », « garagé », « haddadisé », « saadanisé » et « hamadachisé » où les mercantis, les arrivistes et les incultes, ont pris le dessus et salissent tout ce qu’ils approchent ou touchent, où triomphent les faux bitumeurs, les vrais politicards, les charlatans et les rakis de tous poils… où les Algériennes et les Algériens ne sourient plus, ne s’amusent plus, ne s’aiment plus, ne vivent plus… Tragique dans un pays où l’écrasante majorité est constituée de jeunes ! Ils en ont fait une prison à ciel ouvert, ces accapareurs de pouvoir, ennemis de la liberté, de la démocratie, des droits de l’homme, de la poésie, de la musique, de la beauté, de l’amour, prédateurs insatiables, faux moudjahidines, combattants de la dernière heure, martiens de tout acabit troquant le brassard de la force locale contre celui de moudjahidine, traîtres recyclés en patriotes à l’heure du cessez-le-feu, qui ont pris le pays en otage et l’ont mis en coupe réglée depuis qu’ils ont confisqué son indépendance et sa liberté chèrement acquise en assassinant ses martyrs une seconde fois et en réduisant au silence, au sens propre et figuré du terme, ses vrais moudjahidines que la France n’a pas réussi à éliminer. Leur Algérie est à l’exacte image de ces laides constructions inachevées, véritables bunkers de béton et de briques, appelées pompeusement villas, des terrasses desquelles dépassent aux quatre coins le fer à béton des futurs piliers où l’on a accroché un pneu usagé ou un CD gravé de Ayat el coursi pour se protéger du mauvais œil. Pauvres autoconstructeurs qui ne cessent d’élever, étage sur étage, leurs bâtisses comme pour monter toujours plus haut et ainsi échapper aux saletés pestilentielles et repoussantes qui gangrènent le bas alors que l’odeur du pourri vient de la tête. Rien, ni les magnifiques étendues steppiques, ni le désert, ni même la mer n’ont échappé au saccage commis impunément depuis plus de cinquante ans par ces flibustiers sans foi ni loi qui ont mis en place un système redoutable de pillage systématique des richesses du pays et de formatage de ses hommes à coup de marchés de gré à gré et de fatwas valorisant la mort contre la vie. « Il faut tout raser et reconstruire », m’avait dit un jour un ami qui me confiait son désespoir de voir les choses changer. « Non, lui avais-je répondu, non, cher ami, la seule "chose" qu’il faille raser, c’est leur système et eux avec ! » Ce système qui a fait que l’Algérien ne vit pas mais survit. En se serrant la ceinture ou en s’empiffrant. Tout dépend de sa situation sociale. Tenez, dès le matin, l’Algérien est agressé. Des saletés sur les trottoirs, sur la chaussée défoncée, et partout où il tourne le regard, des sacs poubelles éventrés l’accueillent. Ainsi que la poussière, la boue, les flaques d’eau, les routes qui se transforment en lits d’oued en crue dès les premières pluies, les égouts à ciel ouvert, le soleil écrasant. Des marchandises diverses étalées sur les trottoirs : du pain au soleil, de la limonade au soleil, des jus de fruits au soleil, de l’eau minérale au soleil, du miel au soleil, du riz, de la semoule, des lentilles, des amandes, des pois chiches, de la farine, du café, du sucre, des cacahuètes, de la menthe séchée, etc. dans des sacs ouverts exposés au soleil ; des fruits, des légumes, des œufs, des quartiers de viande au soleil. Des têtes de moutons et de veaux égorgés, encore sanguinolentes, au soleil. Du cachir au soleil ! En période de ramadan, en plus de toute cette marchandise, des gâteaux, de la zalabia, du kalbellouz, de la cherbette, boisson jaunâtre au goût douteux, véritable bouillon de culture, vendue dans des sachets en plastique transparents, toutes « bonnes » choses qui attirent autant d’abeilles, de guêpes et de mouches que de clients, au soleil. L’Algérien, affamé, en manque de nicotine et de caféine, au bord de l’inanition, ne voit rien de tout cela. Les marchands de microbes le savent. Ils vendent. Et lui achète. Bonjour le botulisme ! Qu’importe les maladies, même mortelles ! Il achète, achète, achète, se ruine pour des produits qui finiront pour la plupart dans la poubelle, augmentant considérablement les ordures qu’il trouvera inévitablement sur les trottoirs le matin, en sortant de chez lui. S’il a la chance de posséder un véhicule, il est tout de suite confronté aux embouteillages interminables, aux nids de poules, aux dos d’âne, aux klaxons, aux injures, aux insultes, aux coups parfois, surtout en période de ramadan, à la mauvaise humeur des autres conducteurs, aux crachats que certains envoient par la portière ouverte, à l’indiscipline des piétons qui ne traversent jamais dans les clous (quels clous ? Il n’y a pas de clous !) aux barrages, aux policiers acariâtres, eux-mêmes dégoûtés de voir à longueur de journées passer des voitures sur lesquels ils pointent un « renifleur », un soi-disant détecteur d’explosifs qui ne détecte rien (les chiens dressés pour cela sont plus efficaces), à la chaleur, aux « bonnes nouvelles » de la radio, toujours les mêmes depuis l’indépendance (tout va bien !), aux rackets de gamins qui ont squatté les trottoirs publics pour en faire des lieux de parcage privé, au manque de parkings, au retrait de permis, au retrait de sa vie par un chauffard. Dégoûté par tout cela, après voir différé la « corvée » de jour en jour et de semaine en semaine, le jeune Algérien (mais ils sont tous jeunes) s’est enfin décidé à se rendre à la daira (qui signifie cercle, comme pour mieux tourner en rond !) afin de se faire établir ou de renouveler son passeport (qui ne lui servira à rien de toute façon parce que dans chaque consulat où il ira pour en demander, la réponse est invariablement : « Circulez, y a pas visa ! » Mais il s’est dit : « Je vais tenter ma chance avant d’opter, si ça ne marche pas, pour la harga. » Arrivé à la daira, il trouve devant chaque guichet des dizaines d’hommes et de femmes qui attendent depuis l’aube et même avant, et aucune chaise ou banc où s’assoir. Il fait contre mauvaise fortune bon cœur et attend qu’une place se dégage. Au bout de trois heures d’attente et après avoir observé les yeux dans les yeux le portait du Président qui le fusille du regard, pesté contre son pays où rien ne marche, où tout va travers, lis et appris les noms de tous les guichets (quand il sait lire) , lis à plusieurs reprises les sourates du Coran, mal orthographiées et scotchés à même les murs au-dessus de guichetières en hidjab qui plus qu’elles ne travaillent bavardent avec leurs collègues, les yeux fixés sur leur portable, il arrive enfin, son dossier complet (et même plus) à la main : 1. Son extrait d’acte de naissance spécial n° 12 S, délivré sur imprimé spécial ; 2. Son certificat de nationalité ; 3. Son passeport parvenu à expiration, accompagné de l’acte de naissance ou de l’acte de décès de l’un de ses deux parents ; 4. Son certificat de résidence datant de moins de six mois ; 5. Son attestation de travail ou son certificat de scolarité ; 6. Quatre photos d’identité en couleur, numériques, récentes et identique ; 7. Sa quittance fiscale ; 8. La copie de sa carte de groupe sanguin. Il a prévu, à tout hasard, les voies de l’administration algérienne étant plus impénétrables que celle de Dieu, un 13S et les suivants jusqu’à 20S, la facture d’électricité, la facture d’eau, la facture de téléphone, sa carte d’identité nationale, son permis de conduire (qui ne lui sert d’ailleurs à rien puisqu’il n’a pas de véhicule), sa carte d’électeur, son ticket de bus, de tramway et de métro de la veille. Il le sait pour l’avoir vécu à maintes reprises : l’administration algérienne est l’une des pires au monde, laxiste, corrompu, lente, lourde, incompétente, archaïque, dépassée. Sans bonjour ni bonsoir, sans salam ni sabah ni massa al kheir, la fille en hidjab lui demande sans même le regarder : « C’est pourquoi ? Pour un passeport ? Il faut le formulaire de l’Intérieur dûment rempli et signé, le S12, quatre photos… », etc., etc. Qu’ils se trouvent devant ou derrière un guichet, les jeunes algériens ne vivent pas, ils végètent. Ils meurent à petits feu. En un peu plus de 50 ans, les différents pouvoirs ont réussi le miracle de leur inculquer la haine de leur pays J’aurais tant aimé souhaiter à toutes les Algériennes et à tous les Algériens « Bonne fête de l’Indépendance » en cette 53e année du recouvrement de notre souveraineté nationale dans un pays LIBRE et non seulement LIBÉRÉ.

    Peut-être l’année prochaine. Peut-être !

  • Un documentaire réalisé par les Américains en 1962

    Ce documentaire a été réalisé à l'occasion de l'indépendance de l'Algérie et de son adhésion à l'Assemblée générale des Nations-Unies. Après une présentation du pays, de ses potentialités économiques et touristiques, et de ses richesses naturelles, le documentaire évoque les relations privilégiées algéro-américaines et se conclue sur un extrait de l'allocution du président Kennedy dans laquelle il salue l'indépendance de l'Algérie.

     

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  • Vues d'Alger (1961)

     

    Autrefois Alger était splendide et très belle

  • L'Algerie vue du ciel

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    Documentaire de Yann Arthus-Bertrand et Yazid TIZI

  • Belouizdad (ex-quartier Belcourt) Alger

    __________Photos  de MIDOU Malek__________

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  • El Biar

    Bonsoir M. Yves Cointe

    Je lisais machinalement votre participation sur le site «Le retour au pays natal» puis, je suis tombé sur le mot "El-Biar" que j'ai dépassé sans y attacher de l'importance, au début. J'y suis revenu jusqu'au début pour voir si je n'ai rien raté. Je me rends compte que vous avez fréquenté la même maternelle que la plupart des gens de ma famille. Je suis à peu près le seul qui n'y a pas été dans sa petite enfance.

    Voici un cadeau d'un coin à El Biar. J'espère qu'il vous plaira.

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