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LE SCOUTISME, UNE ECOLE DE COMBAT...

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Le scoutisme est une école de l’engagement et du travail. Ses valeurs dictent et façonnent une attitude et une philosophie de la vie dans lesquelles Dieu, la religion, le pays, les parents et le travail sont les axes de référence.

Ces valeurs sont représentées par l’anagramme S.C.O.U.T. Servir son pays, Croire en Dieu, Obéir à son chef, Unir les rangs, Travailler pour vivre.

Le scoutisme algérien est né au lendemain de la célébration par la France du centenaire de la colonisation. Les fêtes organisées pour célébrer cet événement étaient une provocation de plus, que ne pouvaient supporter les Algériens actifs au sein des Scouts de France. La France en a perverti le sens et la portée.

Tous ou presque, se retirèrent et formèrent des groupes autonomes dont le plus en vogue était celui de Miliana. Hommage à Saddek El Foul . Un congrès pour fédérer tous ces groupes qui essaimaient dans le pays a été organisé à Alger sous l’impulsion du regretté Mohamed Bouras qui fut désigné Commissaire Général.

En forêt, le jeune scout était initié à la vie dans la nature, avec ses contraintes qu’il faut apprendre à dompter. L’éveil des consciences, puis l’apprentissage de la discipline, de la maîtrise de soi, de la connaissance du terrain et de la vie dans la nature, parfois hostile, faisaient de ce mouvement, une organisation paramilitaire. On la retrouvera bientôt prête au combat libérateur.

La lutte contre l’aliénation, l’acculturation, était menée par des Morchids, des guides instruits de la morale religieuse et qui inculquaient l’amour de la patrie, la défense de l’identité nationale en opposition à l’identité française. Le discours englobait la nécessité de libérer toute l’Afrique du Nord, Maroc, Algérie, Tunisie. On parla aussi de la Libye, puis de l’Égypte.

Mahmoud Bouzouzou, et Omar Lagha deux combattants pour l’amour de Dieu et de la patrie, inscriront leurs noms dans l’histoire de notre pays aux côtés de leurs compagnons, toujours célébrés par les scouts : Mohamed Bouras, Hamou Boutlilis, Mourad Bouchkoura, Tahar Tedjini, Mohamed Derouiche, Hamdane Bel-Abdelouaheb, Mahfoud Kaddache et beaucoup d’autres martyrs de la guerre nationale pour l’indépendance du pays.

Mahmoud Bouzouzou, d’une famille bien connue à Béjaïa, estimée et respectée, est décédé le 27 septembre 2007 à l’âge de 89 ans. Son enterrement s’est déroulé dans l’humilité, l’un des traits de caractère de cet homme de légende qui a fini sa vie Imam de la mosquée de Genève.

Si Mahmoud a été avec le regretté Mohamed Bouras, l’un des membres fondateurs des Scouts Musulmans Algériens et de la revue El Manar soutenue par le MTLD. Morchid général « il était l’un des pionniers du scoutisme musulman algérien.

En tant que guide général, il a contribué à la formation de toute une génération de militants de la cause nationale dont certains ont été les initiateurs de la révolution » témoigna le Dr Abbas Aroua.1

De Omar Lagha, je ne connus jusqu’à ces derniers temps, que le nom, porté par plusieurs groupes scouts.

Qui était-il ?

J’apprends en parcourant le livre édité par l’association des anciens SMA, « Le Scoutisme = La bonne école, » qu’il était né en 1908, à Taourirth Ahmed Moussa dans la région d’Akbou, qu’il avait fréquenté le cours complémentaire à Béjaïa après sa scolarisation dans le primaire à Ighil Ali.

Il fut le président du groupe El Kotb à Alger, et joua un rôle de premier plan dans la fondation des Eclaireurs Musulmans Algériens. Vice-président des SMA il activa lors du camp de Tlemcen en 1944, pour réaliser l’unité du scoutisme algérien.

Omar Lagha dirigea la délégation de chefs et de scouts qui se rendit au Caire en 1954, fondue dans celle du PPA, montrant ainsi, que la jeunesse algérienne faisait partie du mouvement national en Algérie. Elle fut reçue par le président égyptien Djamal Abdelnasser.

Omar Lagha lutta toute sa vie aux côtés des combattants pour l’indépendance. Arrêté en 1957, il fut sauvagement torturé par les parachutistes, et disparaîtra comme bon nombre d’Algériens ayant subi les sévices d’une armée française en désarroi.

Parmi les dirigeants du FLN/ALN une bonne partie était issue de cette organisation qui mérite d’être célébrée avec tous les honneurs de la République reconnaissante.

LE TEMOIGNAGE DE AIT AHMED SUR MOHAMED BOURAS (3)
Paix à leurs âmes

Sur Mohamed Bouras, Hocine Ait Ahmed1, Chef de l’Organisation Secrète (l’OS) de 1948 à 1952, écrira :

« …La presse officielle ne cachait pas les victoires de l’Axe. Rommel était à nos portes, comme on le disait, deux millénaires plus tôt, d’Hannibal. Mais il ne filtrait rien de la rumeur nationaliste, dont je n’ai vraiment su quelque chose qu’en allant chez moi en Kabylie…C’est (Aït Hamou) qui m’a appris les raisons de la dissolution du mouvement de SMA (Scouts musulmans algériens) par le régime de Vichy qui encourageait pourtant systématiquement les mouvements de jeunesse.

Aït Hamou avait entretenu des relations amicales et politiques avec le chef des SMA, Bouras, de Miliana. Or, en 1941, ce dernier avait conçu un projet insurrectionnel avec l’aide non des commissions d’armistice allemande ou italienne présentes à Alger, mais des autorités allemandes installées à Vichy, où il avait fait plusieurs voyages en Algérie, tout en organisant des groupes scouts ici ou là, il avait surtout pris des contacts dans les casernes avec certains officiers, notamment à Maison-Carrée (El-Harrach).

Un officier allemand devait venir à Alger pour mettre au point les préparatifs avec Bouras. Ce dernier invita Aït Hamou à l’accompagner au rendez-vous ; pressentant un piège, Aït Hamou tenta l’impossible pour le dissuader de s’y rendre. Effectivement c’était un piège, et de la grande manipulation.

Bouras fut arrêté, et il devait être passé par les armes avec tout un groupe de soldats et d’officiers algériens. La presse annonça ces exécutions en parlant de mutinerie ! ».

Karim Younes
De la Numidie à l’Algérie, Grandeurs et Ruptures, Casbah Editions, p 179

Karim Younes
De la Numidie à l’Algérie, Grandeurs et Ruptures, Casbah Editions, pages 178 et 179
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1.Saddek el Foul : L’un des tous premiers cadres des Scouts Musulmans Algériens des années 1930 originaire de Miliana comme son compagnon le Chahid Mohamed Bouras).
2. Dr Abbas Aroua. Revue des Anciens SMA, Scoutisme=La bonne école page 124, (lire également l’article de Hamid Tahri paru le 18/09/08 dans El Watan).
3. Hocine Aït Ahmed, mémoires d’un combattants- L’esprit d’indépendance 1942-1952, Editions Bouchene, p.21

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Sur la photo :
Les scouts algériens au Caire. 1-Djamel Abdennacer (Président de la république d'Egypte). 2- Lagha Omar. 3- Aknouche Hamdane Tadj-Eddine. 4- Belabdelouhab Hamdane. 5. -Ait-Ahmed Hocine. 6- Adim Ahmed. 7- Basta

Par Karim Younès

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