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LES CAFÉS AUX BOLS D'AIR

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À toutes et A tous et a la bonne étoile de l'artiste SI FERHAOUI
JE DÉDIE CE PASSAGE

LES CAFÉS AUX BOLS D'AIR


Vendredi soir a l'heure où les lueurs du crépuscule embrasaient les cimes des montagnes, les tentes et les khaimas, sous la lumière des quinquets et des kerbiles calmes et silencieuses avaient l’allure d’un campement de guerre, qui l’as d’un long siège, se préparait à un ultime assaut. Les feux de bois crépitant ça et là dégageaient dans l’espace les parfums de la forêt, tandis que les premières étoiles chantaient la sérénade de la nuit trézélienne.

À l’intérieur de ces œuvres dressées à la belle étoile, de larges nattes, pour la plupart usées par le temps, étendues de bout en bout, couvraient un parterre débordant de fraicheur, sans avoir à en rougir face à ce que pourrait offrir la moquette en luxe et en confort, pour les habitués de la vie citadine.

De vieux bancs aux éléments serrés par des clous encore plus vieux baignant dans les arômes de la chadoulia et la romance du thé étoilé de la vieille et lointaine Chine procuraient aux burnous et aux gandouras de grands moments de sérénité de goût et de paix et au « kahwadji » de se confondre dans le meilleur accueil. Tôt le matin alors que l’aube se mettait à rosir, le marché de tous les samedis que Dieu fait est déjà prêt pour recevoir son monde habituel.

Au fil des heures, les cafés, qui la veille avaient conquis le temps et l’espace ne sont plus que de petits points baignant dans le décors de la pure tradition et les bruits indéfinis. Le marché dans son ampleur était pris en otage par l’homme et la bête. Les discussions et les pourparlers dans une atmosphère chaude mais détendue se rapportant en valeur absolue sur les prix en conformité avec les besoins exprimés. La vieille règle de l’offre et de la demande se traduisait matériellement sur le terrain de façon claire, nette et sans ambiguïté.

À l’entrée des khaimas et les tentes, de grands tonneaux en bois, alimentaient en eau claire et limpide la prouesse de la main locale qui a conçu et fabriqué la cafetière et la théière. Un morceau de tissu, jadis blanc, servant de filtre, avait depuis longtemps pris la couleur de son jus. À l’aide d’une tasse de la contenance d’un litre le sucre blanc tiré d’un gros sac est versé en entier dans un récipient rempli d’eau bouillie à haute température .Eau et sucre barbouillés à outrance sont versés dans la cafetière et la théière. Une dose unique, un goût unique et une pleine saveur pour les candidats aux bols d’air « Hé Kahwadji …wahed kahwa ….wahed tey rani jey ».

Les tasses et les verres se remplissaient et se vidaient au rythme d’un feu qui se réanimait et se réduisait au rythme des voix en vogue. De temps à autre un verre servi à la hâte ne tardait pas à rejoindre ses compères baignant dans une bassine consignée au repos d’office.

Au fil des heures qui s'envolent le calme doucement reprenait sa place au profit d une température qui balançait depuis l’aube blanchissante entre un haut et un bas.
Douze heures tapantes les tentes et les khaimas sont repliées. Les nattes, les vieux bancs, les tonneaux et le reste des ustensiles rangés, le départ vers d’autres cieux est imminent.

Des cafés aux bols d’air il ne restait qu’un bout de terre humide absorbant lentement les restes d’une lessive simple et peu exigeante et des trous qui avaient servi à renforcer les piquets et les poteaux en bois.

Un matériel des âges premiers tant indispensable, pour relever bien haut la tête à ces édifices mobiles, libres et fantaisistes. En leur état, ils voyagent encore dans le temps et dans l’espace.

La cafetière et la théière n’ont guère changé d’aspect. Le quinquet rangé dans la mémoire des contes autour des grands feux ressourcé au gaz butane souffle à ce jour la lumière en brillant dans tous ses éclats.

Reprenant les sentiers jadis battus dans la nébuleuse des rêves et la fureur de vivre, je contemple ému toutes ces années qui se sont évaporées témoignant sans recul que les tentes et les khaimas continuent encore à embrasser les étoiles dans leur chant d'il était une fois la sérénade des nuits trezeliennes.

 

Par BELFEDHAL Abderrahmane

Commentaires (3)

ferhaoui
  • 1. ferhaoui | 19/10/2020
ils etaient beaux et intelligents nos chanteurs et chanteuses de l'epoque... des chansons indémodables lorsque j'écoute ces voix, je suis fort étonné d'une par , du niveau de qualité des textes arabe utilisé des uns et des autres si on pense que el motrib lamari n'avait pas fait des etudes et c"etait un peu elevé par lui meme de plus un artiste très classe sur scène je me rend compte aujourd'hui c'est du n'importe quoi de la bagarre de bac à sable..
Belfedhal Abderrahmane
  • 2. Belfedhal Abderrahmane | 16/10/2020
BONSOIR A TOUTES ET A TOUS
QUAND LE BONHEUR NOUS INTERPELLE AU CARREFOUR DE NOS SOUVENIRS ,UN DEUXIEME TEMPS SE REVEILLE POUR DEMANDER l' lINDULGENCE DANS L'ECART DE LA JEUNESSE
A TOUTES ET A TOUS JE DEDIE LA VALSE DE TOUS LES TEMPS
Trezel sougueur, c’est revivre l’allégresse du premier orchestre qui, des années durant avait enflammé les roses nuits de mon village. Les répartitions et les répétitions musicales tenaient lieu dans le sous sol de l’unique bâtiment diar el farah ertierement demoli il ne reste de lui que l ombre de l ALBATROS . Stupéfaits, pour la première fois on côtoyait les instruments de musique ainsi réunis. L’accordéon et la batterie entre les mains des frères regad créaient en nous la sensation de vouloir s’envoler le plus loin possible. Les adultes et les enfants de tous les fileges s’en donnaient corps et âmes à l’euphorie d une danse qui pour la plupart des temps était dominée par le fleuron A. khaled. Sur la piste de la danse, le joli brun s attirait les foudres de guerre. Il était tout simplement une star.
Orchestre de mon village, musiciens formés dans la complainte de la rue et dans les cœurs d’une jeunesse profondément secouée par les aléas d’une vie difficile soutenue par le flux des ambitions acharnees a surmonter les hautes cimes sans battre des ailes.
Vaillants animateurs éclairant les voies de moulay essoltane, sous l’ ovation éternelle liant le ciel a la terre et la lumière aux lumières des lumières sallou sallou ala nbina allah allah mohamed yachfa fina allah allah ( Prions pour notre prophete mohamed notre sauveur de tous les doutes ) Le sacre depuis les époques lointaines se dessinait lentement au fil des heures retraçant les repères d une tradition ancestrale que les générations avaient toujours honore et scrupuleusement respecte.
Le ciel étoile scintillait encore à la faveur d’un calme qui venait de s’instaurer, les danseurs a leur tour avaient libère la piste. Les tasses de the et de café se vidaient et se remplissaient dans une atmosphère de détente et de grande joie. Brusquement des you you soutenus par la derbouka jaillirent de nouveau liberant du coup les sens et les voix sallou sallou ala nbina allah allah mohamed yechfa fina allah allah moulay essoltane visiblement atténué, le front humide, dans une joie indescriptible recevait le sacre que la tradition des vieux avait jalousement gardé. Le satin blanc confondu dans une emotion profonde s accrochait encore aux éléments d’une nuit qui s emblait être sans fin.
A la pointe de l’aurore, dans un émouvant bkaou ala kheir wehna mchina welli hebna ihaoues alina, le village libérait ses dernières étoiles dans l’attente d’un jour qui avait déjà commence.
O valse de jeunesse pourra-tu pour une soirée, pour un instant si court soit il, te reproduire sur les lieux jadis témoins des fanfares et des parades s’exécutant fièrement dans la blancheur croisée au rouge des sacrifices et au vert des champs d’honneur.
Orchestre aux lueurs vivantes, si les cheveux ont abandonné leur force de jeunesse, les doigts et la foi sont la pour redonner vie aux aléas endormis. De l’accordéon a la batterie, en passant par la ghaita des nuits inoubliables du mawlid ennabaoui echarif, le fier village se souviendra de ses enfants et de ses merveilleuses epoques.
Sur la piste de leurs aines, le fameux trio el hidhab et les rossignols de l’andalousie ont magistralement illustré la splendeur d un village qui n a pas oublie.
A L'OMBRE DU CHENE DES SOUVENIRS IMPERISSABLES, LES FLEURS AUX COULEURS FASCINANTES PLANTEES ET ARROSEES PAR LES LARMES DE LA TENDRE EXISTENCE ONT L IMMENSE JOIE DE RECEVOIR LES AMIES ET AMIS DU SITE POUR UNE GAADA ANIMEE PAR LE DUO LAMARI ET MERIEM ABED. mon cher ami bradai vous etes cordialement sollicité pour la traduction de ces belles fleurs et nous nous chargerons à notre tour de les offrire gracieusement à notre amie chantal. Si nous avions en tous temps chanté la gloire des temps de jeunesse nous gardons encore la foi de croire que la plus belle jeunese est celle de l'esprit baignant dans les aromes de la valse de tous les temps.

ferhaoui
  • 3. ferhaoui | 03/10/2020
bonjour tout le monde depuis wahran. mon cher ami abderahman, je viens à l"instant meme de tomber nez à nez au sujet du texte pour titre" ls cafés aux bols d"air" d'ailleurs comme promis merci, merci et de me l'avoir dédicacer merci pour cette charmantes attention ah, que c'est magnifique rien à dire, vous etes un puits d'imagination ca me rappel un peu le journal de eugène delacroix, lors de son voyage dans le maroc, traversant ainsi alger puis oran et fromentin un été dans le sahara , quant à votre papier je l "ai lu une phrase appelle une autre d'un seul trait , je me suis projeté dans chaque scène, chaque situation, chaque décor en l'espace de quelques minutes de transcender le temps. un texte qui merite d"etre lu voire meme offrir... le sujet est impeccablement bien fait et pour un artiste on y trouve ce qu"il faut pour en tirer quelques idées sur la toile d'ailleurs pourquoi pas, à bientot pour une autre aventure.

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