Le Passage des Murmures/ Par Noria
Commentaires
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Ami(es) du noble site, enchanté de reprendre avec vous, la suite de la représentation d’Antoine sur la scène. Il demanda au chef d’orchestre de l’accompagner en exécutant l’une des œuvres les plus célèbres des temps nantis : le grand air de figaro du barbier de Séville. Le chef d’orchestre acquiesça d’un signe de tête. Tant mieux on allait bien rire. L’orchestre attaqua les premières mesures de l’œuvre immortelle. Rossini n’avait sans doute jamais imaginé pareil interprète. Muette de surprise, la salle écoutait la voix prenante, la voix puissante au timbre de ténor, s’élever sous les voutes ou elles enfilaient démesurément. Antoine chantait avec une remarquable justesse. Sa voix ample et souple aux vigoureuses intonations nuancées de sensibilité détaillait l’œuvre à merveille. S’accompagnant de gestes sobres et précis, il révélait une parfaite connaissance du grand art, un talent affiné. Lorsque la voix se tut enfin, il resta figé sur place, bras ouverts et le regard levé dans une attitude de prosternation. Presqu aussitôt, spontanément, d’un même élan, la foule crépita en applaudissements chaleureux. A la surprise avait fait place l’enthousiasme puis un sentiment unanime d’admiration. Antoine salua gravement l’assistance puis fuyant les mains tendues, il s’élança dans les coulisses et à partir de ce moment personne ne le revit plus jamais. Ayant révélé son secret, Antoine ne voulait plus que ceux qui venaient de l’applaudir le revoient dans la rue, trainant sa misère. De tels souvenirs ne s évoquent jamais deux fois. Oui, Antoine, l’homme déchu, l’idiot, avait connu d’autres foules, d’autres succès, lorsque quinze années plus tôt, à l’apogée de sa gloire et sous un nom prestigieux, il se produisait sur les plus grandes scènes lyriques du monde. Ami(es) du vaillant site, l’histoire d’Antoine prend fin. Cependant elle a été décrite dans sa forme la plus simple, la plus naturelle, la plus époustouflante, voire la plus applaudie. Celui qui trainait la misère avait peut-être, sans le vouloir, réussi à gagner l’assistance qui allait enfin découvrir un secret que les aléas de la vie avaient enfouis dans la nébuleuse des temps immuables. A bientôt.
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Mes chers amis (ies)
Je m’absente pour quelque temps. Le site sera donc en pause, mais vos commentaires continueront d’être lus et validés.
En attendant mon retour, je vous garde tous dans ma pensée et vous remercie pour votre fidélité et votre amitié.
À très bientôt. -
Les souvenirs restent, même quand les lieux disparaissent.
Ces petits coins de rien du tout qui sont en fait tout, ça parle à tout le monde.
Merci Noria
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