À Mme A.BENGUERINE (ALI-OUSALAH), surveillante générale du lycée Mohamed Abdou "Miliana", je dédie ces mots en hommage à une femme qui, derrière son autorité affirmée, a su révéler une bienveillance discrète et profondément humaine.
Ce modeste hommage s’élève, tel un murmure d’admiration et de gratitude, pour honorer une femme dont l’autorité, d’apparence rigide et inébranlable, dissimulait une profondeur humaine rare et une bienveillance qui, même aujourd’hui, éclaire mes souvenirs.
Dans les couloirs froids de l’internat, où chaque pas résonnait comme un écho lointain, je me retrouvais souvent en proie à un sentiment d’injustice. L’administration, semblable à une armure implacable, m’avait cataloguée parmi les indisciplinées, me réduisant à une catégorie dépourvue de voix et privée du droit de révolte. Pourtant, c’est dans cet enchevêtrement de règles impitoyables que j’ai appris à nourrir, en silence et en secret, la résistance de mes convictions. Et c’est là, au cœur de ce combat intérieur, que Mme BENGUERINE s’est imposée, telle une silhouette de fer incarnant l’intransigeance d’une règle que je percevais alors comme un carcan étouffant.
Mais le temps, ce maître patient et sage, a lentement effrité le masque de froideur qui la couvrait, révélant sous sa surface une humanité vibrante et une finesse de pensée insoupçonnée. Ce que j’avais pris pour de la dureté s’est révélé être une forme subtile de justice, où chaque geste, chaque parole, portait la trace d’une compréhension profonde et intime de l’être humain. Là où d’autres n’auraient vu qu’une jeunesse indocile, Mme BENGUERINE discernait l’étreinte d’une quête sincère, celle de la vérité, de la reconnaissance et de l’humanité.
Elle ne cherchait pas à imposer sa bienveillance par de grands gestes ou de majestueuses déclarations. Elle agissait dans l’ombre de la simplicité, là où les grandes idées se heurtent à la trivialité du quotidien. Un mot posé avec une précision presque divine, un regard furtif mais chargé de sollicitude, une main tendue avec une discrétion infinie, elle incarnait la pureté d’une force tranquille, celle qui sait allier la rigueur de l’autorité à la douceur de la compassion.