Il y a des vies qui se réinventent sans jamais se trahir. Celle d'Abdeslam BOUZAR en est une belle illustration. Après une longue carrière au service de l'État algérien, où il exerça comme haut cadre bilingue de l'Administration Centrale et fut membre du Cabinet du Ministre de l'Information et de la Culture, cet homme de rigueur et de culture a choisi, à quatre-vingts ans, de se consacrer pleinement à une passion qui l'accompagnait depuis toujours : la peinture.
Car Abdeslam BOUZAR n'a jamais vraiment cessé de peindre. Dans les interstices d'une vie professionnelle exigeante, il trouvait déjà le temps de saisir sur la toile ce qui le touchait. Aujourd'hui, la retraite lui offre ce que le temps administratif lui refusait : la liberté entière de peindre à son rythme, au fil de ses envies et de ses émotions.
Son univers pictural est celui d'un impressionniste sensible à la lumière et à la générosité de la nature. Paysages luxuriants, jeux d'ombre et de clarté, il compose avec une touche souple et vibrante, laissant à chaque toile le soin de raconter un lieu, un instant, une émotion.
Miliana, sa ville natale, demeure le cœur battant de son inspiration. Il y retourne souvent, arpente ses rues et ses environs au gré de promenades sans itinéraire fixe, s'arrête là où la mémoire le retient, retrouve les paysages qui ont accompagné son enfance et sa jeunesse. De ces retrouvailles naissent des toiles empreintes de tendresse et de vérité.
Sa méthode tient en quelques mots, qu'il livre avec simplicité : « Quand un détail me gêne, je le supprime carrément. Je reste fidèle à ma thématique de la nature. J'apprécie ce qui est ancien et également tout ce qui est beau, surtout quand je retourne chez moi à Miliana. » Cette exigence de justesse, cette capacité à épurer pour ne garder que l'essentiel, dit beaucoup de sa rigueur d'ancien commis de l'État, mise cette fois au service de l'émotion pure.
Ses voyages, enfin, nourrissent une autre veine de son œuvre. Les souvenirs qu'il en rapporte, les lumières et les paysages découverts ailleurs, viennent enrichir sa palette et élargir son regard, sans jamais l'éloigner de cet attachement profond à sa terre natale.
Ainsi peint Abdeslam BOUZAR : avec la patience de celui qui a longtemps servi, la liberté de celui qui n'a plus rien à prouver, et la fidélité de celui qui n'a jamais vraiment quitté Miliana.