Miliana, Algérie/ Par Claudia Moatti
Commentaires
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Bonjour
Une réelle mine d’or, un site à la hauteur de cette ville emblématique et fascinante qu’est Miliana. J’ai parcouru plusieurs sites et inévitablement, je reviens toujours vers celui là.
Par moment les beaux souvenirs de notre enfance nous aident à vivre et nous permettent d'avancer dans les jours de grande lassitude pour nous ressourcer.
A bientôt -
Bonsoir tout le monde,
Ce texte dégage une grande souffrance morale .La douleur creuse dans le coeur de l homme des profondeurs insoupçonnées et les déracinements profonds laissent de grands vides sillonnés par de multiples blessures et meurtrissures.
Les souvenirs viscéralement imprimés au fond de nos etres se bousculent et
bondissent comme l eau d un impétueux torrent ,toute fumante d écume .
C est vrai, le passé ne s enterre pas mais se recoud.Les etres et les choses ne
meurent vraiment que quand on les oublie.
je perçois aussi dans le récit de Claudia Moatti une grande nostalgie face à un monde qui n éxiste plus pour elle et qui a poursuivi sa marche sans elle.
L histoire des relations entre Musulmans et Juifs nés en Algerie présente le
paradoxe de 2 communautés qui avaient liés des relations de proximité et furent
séparées par un sillon prenant au fil du temps l aspect d un fossé se creusant
inéxorablement à mesure que s écrivait l histoire.
Je me rappelle le 6 juillet 1999 un tournant a eu lieu avec le discours prononcé
par le Président Bouteflika à l occasion des 2500 ans de la ville de constantine.
Dans le cadre de la réconciliation nationale il rappela et salua le role des Juifs
dans l enrichissement du patrimoine culturel Algerien.Ce qui a provoqué un
immense écho parmi les Juifs d Algerie en France.
Une chose parait sure cependant :le passé ,présent de maniere quotidienne ,
semble idéalisé à mesure qu il s éloigne ;mais sans doute cela peut-il faciliter
de nouvelles modalités de dialogue.......
Comme les relations culturelles principalement musicales qui unissent musulmans et juifs originaires d Algerie et d au-delà ,depuis des siécles et comme
la musique constitue de fait, un puissant symbole d éspoir ,de paix et de fraternité
je vous dis SHALLUM Claudia Moatti ! -
Bonjour Chantal,
Bonjour à tous,
J’ai lu et relu ce texte, admirablement bien écrit. Pourtant, quelque chose me mettait mal à l’aise. Comme un malaise diffus mais bien présent, que je ne comprenais pas, que je n’arrivais pas à saisir, à définir. J’ai bien laissé passer du temps entre une lecture et l’autre pensant que c’était juste une impression qui allait s’émousser, s’estomper au fil des lectures. Il n’en fut rien. L’impression pèse, dérange à cause de l’absence (du père, de sa terre, d’une partie d’elle-même), un silence assourdissant alors même que l’auteur s’exprime.
L’absence ! C’est ce qui frappe mais pas d’emblée, et sans que l’on en mesure la profondeur, sans fond ! Une absence d’émotions, de sentiments se traduisant dans le style narratif de l’auteure qui se situe à l’extérieur, comme désincarnée, loin de ce qu’elle exprime, dans une parole qui masque mais qui découvre à la fois. L'auteure se met en scène comme sujet du discours, mais s’enferme en même temps dans une forteresse de silence comme pour échapper à ce qui lui est renvoyé de ces lieux et ces êtres en même temps familiers mais si étrangers, qui risqueraient peut-être, si elle les « entendait », de remettre en cause le monde qu’elle s’est construit. La parole de l’autre est là, mais elle ne s’en saisit pas. Elle ne peut pas. Pas encore. Dans le choix du vocabulaire qu’elle emploie, elle alimente, et conforte ce monde du silence fait de désolation, d’aridité, de violence et d’éléments épars de souvenirs agréables, tendres mais qui ne se projettent pas, enfermés en elle.
Une distance et une distanciation telles entre ce qui a été construit dans une souffrance extrême et dont chaque mot est chargé, et ce qui est, que la rencontre entre ces deux mondes ne semble pas pouvoir se faire à ce premier retour. Silence tragique sont les mots qui me viennent à l’esprit. Une douleur et une souffrance si fortes, ancrées si profondément dans les moindres fibres de l’être de Claudia Moatti que cette rencontre, au sens fort, au sens humain profond, impliquant de libérer, de laisser s’exprimer ses émotions et ses sentiments et d’accueillir ceux des autres ne se fait finalement pas.
L’impression que dégage le texte est dure, pleine de rancœur, de souffrance et même lorsque l’auteur parle de ses émotions, de ses sentiments, de son amour, de son histoire imbriquée dans celle de l’Algérie, sa mémoire, et finalement tout son être, elle se situe là aussi en extériorité. Elle n’exprimera jamais, et elle le regrette, à cet Algérien ou l’homme (qui reste anonyme, dont on ne saura rien, pas même la nature du lien qui l’unit à lui) ce qu’elle est venue chercher, ce qu’elle ressent au fond de son être. Emmurée dans un silence infranchissable, une solitude profonde, extrême qui emprisonne, enferme la parole, sa parole, un mur épais qui ne lui permettra pas d’aller à la rencontre spontanée, forte, affranchie de sa terre, des personnages qui l’ont peuplées, qui l’accueillent, qui sont là pour elle, tels cette vieille femme tendre, chaleureuse, affectueuse, spontanée dont la description contribue à entretenir ce sentiment de malaise « yeux inquiétants », « fichu tout collant de crasse », ou ce regard porté sur ses montagnes natales « Le massif apparaissait (…) partout ravagé par le temps, ses chemins semés de crevasses et d'éboulis », ou sur ses habitants qui semble être le même « des hommes marchaient lentement, les mains ballantes, le visage caché sous le capuchon de leur burnous. Certains, assis sur le bas-côté, levaient des yeux indifférents », que du temps de cette lutte si inégale, menée par « les fellagas », « Là où il n'y avait plus que des souffles âpres et froids, de vaines présences nées de frayeurs anciennes ». Le passé occulte le présent, mais pas totalement, les lieux et les êtres sont flous enchainés dans le passé, mais en même temps présents et réels aujourd’hui. La confrontation est brutale, les images contradictoires : celles du passé et celles du présent, partielles et partiales, des images de fantômes allant de l'un à l'autre de ces deux espaces temporels sans se fixer quelque part. Il y a des moments forts en émotions, intenses de tendresse certes dans ces rencontres, mais le sentiment persistant que LA Rencontre est à chaque fois empêchée de l’intérieur, un sentiment assez prégnant, tenace.
A mon sens, ce texte ne laisse pas indifférent. Il fait partie des expressions qui opèrent un changement en soi. Ce texte est touchant, remuant parce que ce qui est en question, au-delà de l’Histoire, des incompréhensions et autres malentendus, c’est la dimension foncièrement humaine de ce drame, son caractère universel, ce que l’on occulte si souvent ! Finalement, ce retour aura permis à Claudia Moatti de pouvoir lancer ce cri, ce cri de survie si longtemps, trop longtemps contenu ! Peut-être cette rencontre avec elle-même, avec sa terre, avec son histoire personnelle, avec les fantômes de son passé pourra-t-elle, se faire ? Peut-être que ce cri favorisera ce cheminement vers une Rencontre, pleine, entière, affranchie des démons de cette mémoire faite de silence, de mensonges, de désengagement, de déni, de souffrance, pour renaitre à une connaissance, à une reconnaissance mutuelles entre son histoire de vie et les histoires de vie de ces autres Algériens, forte, humaine, pacifiée pour retrouver cette parole longtemps tue, longtemps prisonnière.
Merci ma chère Chantal d’avoir favorisé ma propre expression par ton commentaire qui m’a fait réfléchir, comparer ton parcours à celui de Claudia pour tenter de comprendre son expression et par conséquent de comprendre ce sentiment de malaise diffus mais persistant que je ressentais. -
Merci Noria de faire réapparaître de temps à autre d'anciennes rubriques. J'ai pu constater que ce texte était paru en mai 2011 et que je n'avais jamais eu l'occasion de le lire jusqu'à ce jour. Ce voyage dans le temps est merveilleusement écrit. Je le trouve très touchant et émouvant d'autant plus qu'il me renvoie, sur le plan affectif et sentimental, à certains de mes propres souvenirs même si le contexte en était complétement différent. Mon retour à Miliana le 1er mai 2013 restera à jamais gravé dans ma mémoire non seulement comme l'un de mes plus beaux souvenirs mais également comme un merveilleux « cadeau » de la vie. -
Ce récit soulève un problème très sérieux qui mérite d'être étudié. L' homme peut il vraiment ignorer d'où il vient? Une chose est sure, rien ne fait si mal que de connaître ses origines par la voix des autres.
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D'UNE PART,COMBIEN MÊME C'EST LE CAS,ELLE N'EST PAS DU TOUT COMPTABLE DE LA VOLONTÉ DE SES ARRIERES PARENTS DE SE NATURALISER.D'AUTRE PART,IL FAUT CONTEXTUALISER LA QUESTION DES NATURALISATIONS QUI PRÎT TOUTE SA FORME AVEC LE DECRET CREMIEUX.C'EST UN SUJET QUE L'ON NE PEUT TRAITER A TRAVERS UNE REMARQUE LEGEREMENT EMPREINTE D'ARROGANCE FAITE A UNE PERSONNE DONT LE SEUL TORT EST D'EVOQUER SES SOUVENIRS.
CHENGAB KHALED. -
cette Claudia Moatti, ne serait ce point une arrière petite fille du Sieur Moatti qui formula un vœu relatif à la naturalisation des israélites indigènes, auprès de Napoleon III lors de sa visite à Miliana? la grande trahison! Inutile de pleurer sur un pays perdu, qu'on a voulu un paradis pour soi, et un enfer pour les indigènes!
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