Titre

Elle m'a prise dans ses bras !

Texte de Safia BELHOCINE

La première fois que je l'ai vue, elle tronait dans un écrin de verdure.

Les neuf kilomètres qui serpentaient à travers les vergers de Zougala me semblèrent interminables vue l'impatience de voir cette ville dont mon père nous avait dressé un portrait plutot attirant.
Il ne croyait pas si bien dire!

L'écrin de verdure ne l'entourait pas seulement! Il la traversait de part en part!
Les arbres lui faisaient un collier comme pour lui garantir d'éternels atours.
La rue principale enlacée de platanes s'ouvrait fièrement sur l'horloge qui carillonait les quarts d'heure.


Enracinée au pied du Zaccar, elle se plaisait à dominer l'immensité de la vallée du Chellif.
On pouvait s'enivrer de cette vue à partir de l'esplanade à la pointe de la ville, assis sur les remparts qui avaient dù la garder jalousement dans le passé.

Miliana, c'était son jet d'eau qu'elle vous donne en offrande pour vous accueillir.
Miliana, ce n'était pas uniquement cette belle architecture mauresque ou coloniale que l'on croisait aussi bien sur les grandes artères que dans les ruelles...
C'était les petites écoles et les grands lycées, le"Grand Hotel", l'église et l'hopital et la majestueuse sous-préfecture et la caserne.

Miliana, c'était les " wast eddar " aux colonnes torsadées avec les effluves de jasmin et de fell, les "Hammams" et leur rituel du bain agrémentés de "tassa" et de "mahbess".

Miliana, c'était aussi la généreuse et hospitalière mosquée de Sidi H'med Benyoucef où l'on pouvait aller à tout instant allumer une bougie, chercher la communion avec Dieu, chercher le calme solennel de ce lieu ou partager discrètement un moment avec les autres.

Miliana, c'était la maison de l'Emir dont les murs disaient tant et tant de choses sur le passé lointain de cette ville, son atelier d'armement et sa résistence de tous les temps.

Miliana, c'était "Le Splendide" et "Variétés, ces salles de cinéma mythiques dont la deuxième abritait les soirées artistiques, les pièces de théatre et les projections phare de l'époque.
Fadhila Dziria, Noura, El Ankis...
Nouria, Djaafer Bek, Moh Bab El Oued
Abdelhalim et Chadia, Farid El Attrache et Faten Hamama, et les plus beaux westerns...

C'était "La Bataille d'Alger" qui racontait la bravoure d'un enfant de la ville, "L'opium et le Bâton", "Mourir d'Aimer" et tant d'autres qui nous inoculèrent l'amour du 7ème Art.

Miliana c'était ce havre de verdure et de sérénité qu'était le luxuriant "Jardin Public" avec ses poissons rouges qui faisaient du charme à "la belle" qui les surplombait.
.
C'était le Cinéma plein air quand on déménageait l'écran vers le jardin public pour les deux mois d'été.
C'était la piscine, où l'on pouvait aller profiter de la fraicheur et échapper à la chaleur torride de la ville.

Miliana c'était les vergers, les ruisseaux et les jardins. C'était le Zaccar avec à son sommet Sidi Abdelkader.

C'était les sorties-ascension vers ce lieu, auxquelles prenaient part les jeunes (filles et garçons) pour passer une journée au sommet, apprécier la vue panoramique, la nature et l'ambiance au rythme des guitares, chansons et blagues.

Miliana c'était la mine et son école. C'était les mineurs se dirigeant vers leur travail, lampe de "Kerbile"à la main et casque avec lampe sur le front. On pouvait à peine deviner leurs ombres dans le brouillard lourd du petit matin.

Miliana, c'était le tintement des barres de fer en préparation du marché hebdomadaire avec mille et un étals. C'était "El Goual" avec son "guellal" et ses histoires rocambolesques. C'était toutes les odeurs qui montaient des gargottes.

Miliana, c'était "Soug Enssa" tous les lundi, dans un coin discret du côté de Bab El Gherbi. Les femmes paysanes venaient des alentours pour vendre herbes aromatiques ou plantes sauvages, poterie, quelques légumes et même des bijoux qu'exhibaient les "dellalates".

Miliana c'était l"SCM" et ses victoires, c'était le stade les dimanches avec la trompette de Landjrit et la "Zorna"de circonstance. C'était le retour en fanfare du club lorsqu'il jouait à l'extérieur.
Le car des joueurs avait droit à une escorte digne des VIP avec des mobylettes tout autour et qui faisaient le tour d'honneur en ville.

Miliana, c'était la "Fête des Cerises" chaque mois de Juin.
Une occasion pour la ville de se parer de ses plus beaux atours: Guirlandes en forme de cerises, fanions, la grande arche qui ouvrait sur le lieu principal de la soirée artistique de clôture. Cela se déroulait en plein air, à la Pointe des Blagueurs.
C'était le bal à la piscine pour ceux que les variétés chantées par nos artistes n'intéressaient trop.

Miliana, c'était le Rakb de chaque printemps. Il ramenait avec lui tout un rituel dans les rues de la ville. Des confiseries traditionnellles, des "guérisseurs", des talebs, des gouels.
Le moment crucial était quand quelqu'un accourait de Bab El Gharbi pour annoncer aux citoyens l'arrivée imminente de la procession de pélerins qui auront parcouru des kilomètres à pieds à destination du Saint Patron de la ville, Sidi H'med Benyoucef.
Petit à petit, les clameurs de la ville s'éteignaient .Elles faisaient place aux chants religieux de la procession qui nous parvenaient de Bab El Gherbi. On pouvait alors s'attendre à voir leurs étendards de couleurs vives portées par des mats en cuivre.

Miliana, c'était le défilé des "M'nara" chaque Mouloud. Elles venaient d"El Anassers", la perle de Miliana, et de tous les autres quartiers de la ville. Elles convergeaient vers la mosquée pour une soirée religieuse.

Miliana, c'était le "Carrefour de la Jeunesse", cette compétition radiophonique inter-lycées proposée par la Chaine Trois et qui consistait à faire se mesurer deux lycées d'Algérie.

Quand Miliana était concernée, c'était toute la ville qui le vivait. Le cinéma "variétés" hébergeait cet évènement. Les lycéens occupaient l'orchestre, et les lycéènnes le balcon.
Sur scène les groupes de musique amateurs se relayaient pour animer, pour détendre l'atmosphère et pour faire de l'après midi un moment convivial.

Tous les enseignants, le proviseur, les inspecteurs , les cadres et les autorités de la ville étaient là, aux premiers rangs avec les lycéèns sélectionnés pour la compétition. Devant eux de larges tables supportaient des colonnes de livres et encyclopédies. Ils servaient à chercher les réponses aux questions posées. Cela parlait de culture générale et de savoir universel. Tous prenaient part à la recherche des réponses ce qui rassurait les candidats.

C'est dans ce nid là, que j'ai appris à voler!

Mais Milana, ce fut aussi cette nuit terrible où la sirène de la ville ne cessait de déchirer un silence de mort.
Ses hurlements prémonitoires faisaient penser à une mère désespérée sachant qu'un malheur allait s'abattre sur ses enfants.
Cette nuit de Novembre vit le deuil frapper Miliana de plein fouet.
Elle allait perdre vingt deux de ses fils à la fleur de l'âge, sacrifiés sur l'autel de l'incompréhensible. Une tragédie dont personne ne s'est jamais remis.

Sans crier gare, Miliana m'a échappé, car séparées sans préavis, pour me revenir trente huit ans plus tard.

Le coeur meurtri par ces longues années d'absence, le corps traversé par des sanglots de frustration mélée de joie, les yeux brouillés par les larmes, j'y ai fait mon pélerinage un matin d'automne...Et je m'y suis enfin ressourcée!

Le Premier Regard

La première fois que je l'ai vue, elle trônait dans un écrin de verdure.

L'Attente

Les neuf kilomètres qui serpentaient à travers les vergers de Zougala me semblèrent interminables vue l'impatience de voir cette ville dont mon père nous avait dressé un portrait plutôt attirant. Il ne croyait pas si bien dire!

L'Écrin de Verdure

L'écrin de verdure ne l'entourait pas seulement! Il la traversait de part en part! Les arbres lui faisaient un collier comme pour lui garantir d'éternels atours. La rue principale enlacée de platanes s'ouvrait fièrement sur l'horloge qui carillonnait les quarts d'heure.

Vue et Histoire

Enracinée au pied du Zaccar, elle se plaisait à dominer l'immensité de la vallée du Chellif. On pouvait s'enivrer de cette vue à partir de l'esplanade à la pointe de la ville, assis sur les remparts qui avaient dû la garder jalousement dans le passé.

Miliana, C'est...

Miliana, c'était son jet d'eau qu'elle vous donne en offrande pour vous accueillir... C'était les petites écoles et les grands lycées, le "Grand Hotel", l'église et l'hôpital, la majestueuse sous-préfecture et la caserne.

Les Traditions et Lieux

Miliana, c'était les "wast eddar" aux colonnes torsadées avec les effluves de jasmin et de fell, les "Hammams" et leur rituel du bain agrémentés de "tassa" et de "mahbess". Miliana, c'était aussi la généreuse et hospitalière mosquée de Sidi H'med Benyoucef...

Le Cinéma et La Culture

Miliana, c'était "Le Splendide" et "Variétés", ces salles de cinéma mythiques... C'était "La Bataille d'Alger" qui racontait la bravoure d'un enfant de la ville, "L'opium et le Bâton", "Mourir d'Aimer" et tant d'autres qui nous inoculèrent l'amour du 7ème Art.

Nature et Loisirs

Miliana c'était ce havre de verdure et de sérénité qu'était le luxuriant "Jardin Public"... C'était le Cinéma plein air quand on déménageait l'écran vers le jardin public pour les deux mois d'été. C'était la piscine...

Les Ascensions et Traditions

Miliana c'était les vergers, les ruisseaux et les jardins... C'était les sorties-ascension vers ce lieu, auxquelles prenaient part les jeunes (filles et garçons) pour passer une journée au sommet, apprécier la vue panoramique...

Les Événements et Fêtes

Miliana, c'était la "Fête des Cerises" chaque mois de Juin. Une occasion pour la ville de se parer de ses plus beaux atours: Guirlandes en forme de cerises, fanions, la grande arche qui ouvrait sur le lieu principal de la soirée artistique de clôture...

Le Tragique Événement

Mais Miliana, ce fut aussi cette nuit terrible où la sirène de la ville ne cessait de déchirer un silence de mort. Ses hurlements prémonitoires faisaient penser à une mère désespérée sachant qu'un malheur allait s'abattre sur ses enfants...

Le Retour

Sans crier gare, Miliana m'a échappé, car séparées sans préavis, pour me revenir trente-huit ans plus tard. Le cœur meurtri par ces longues années d'absence, le corps traversé par des sanglots de frustration mêlée de joie...

Miliana, écrin de verdure

La première fois que je l'ai vue, elle trônait dans un écrin de verdure.

Les neuf kilomètres qui serpentaient à travers les vergers de Zougala me semblèrent interminables vue l'impatience de voir cette ville dont mon père nous avait dressé un portrait plutôt attirant.

Il ne croyait pas si bien dire!

Miliana et ses paysages

L'écrin de verdure ne l'entourait pas seulement! Il la traversait de part en part!

Les arbres lui faisaient un collier comme pour lui garantir d'éternels atours. La rue principale enlacée de platanes s'ouvrait fièrement sur l'horloge qui carillonnait les quarts d'heure.

Enracinée au pied du Zaccar, elle se plaisait à dominer l'immensité de la vallée du Chellif.

Les lieux emblématiques de Miliana

Miliana, c'était son jet d'eau qu'elle vous donne en offrande pour vous accueillir. Miliana, ce n'était pas uniquement cette belle architecture mauresque ou coloniale que l'on croisait aussi bien sur les grandes artères que dans les ruelles...

C'était les petites écoles et les grands lycées, le "Grand Hotel", l'église et l'hôpital, et la majestueuse sous-préfecture et la caserne.

Les fêtes et traditions

Miliana, c'était la "Fête des Cerises" chaque mois de Juin. Une occasion pour la ville de se parer de ses plus beaux atours: Guirlandes en forme de cerises, fanions, la grande arche qui ouvrait sur le lieu principal de la soirée artistique de clôture.

C'était le bal à la piscine pour ceux que les variétés chantées par nos artistes n'intéressaient trop.

Miliana, écrin de verdure

La première fois que je l'ai vue, elle trônait dans un écrin de verdure. Les neuf kilomètres qui serpentaient à travers les vergers de Zougala me semblèrent interminables vue l'impatience de voir cette ville dont mon père nous avait dressé un portrait plutôt attirant. Il ne croyait pas si bien dire!

Miliana et ses paysages

L'écrin de verdure ne l'entourait pas seulement! Il la traversait de part en part! Les arbres lui faisaient un collier comme pour lui garantir d'éternels atours. La rue principale enlacée de platanes s'ouvrait fièrement sur l'horloge qui carillonnait les quarts d'heure. Enracinée au pied du Zaccar, elle se plaisait à dominer l'immensité de la vallée du Chellif.

Les lieux emblématiques de Miliana

Miliana, c'était son jet d'eau qu'elle vous donne en offrande pour vous accueillir. Miliana, ce n'était pas uniquement cette belle architecture mauresque ou coloniale que l'on croisait aussi bien sur les grandes artères que dans les ruelles... C'était les petites écoles et les grands lycées, le "Grand Hotel", l'église et l'hôpital, et la majestueuse sous-préfecture et la caserne.

Les fêtes et traditions

Miliana, c'était la "Fête des Cerises" chaque mois de Juin. Une occasion pour la ville de se parer de ses plus beaux atours: Guirlandes en forme de cerises, fanions, la grande arche qui ouvrait sur le lieu principal de la soirée artistique de clôture. C'était le bal à la piscine pour ceux que les variétés chantées par nos artistes n'intéressaient trop.

Commentaires

  • Meskellil

    1 Meskellil Le 09/11/2015

    Bonsoir à tous,

    Bonsoir Noria, Safia,

    Quelle magnifique expression Safia! L’émotion, la sensibilité, la tendresse, l’amour y sont intenses, souverains ! Comme une soif inextinguible qui a trouvé à se désaltérer à l’eau fraiche et chantante de la source, une digue longtemps, douloureusement contenue qui a cédé, enfin ! Safia la narration de ta Miliana m’émeut, me remue, me touche profondément, et je ne sais comment j’ai pu manquer un aussi beau texte édité en avril, il suffit que l'on s'absente un peu et puis...! Merci Safia de nous offrir, de nous partager ces beaux et précieux sentiments, émotions, retrouvailles, rencontre avec toi-même, avec ta ville, avec ta mémoire, avec la mémoire de Miliana de manière aussi belle, sensible, spontanée, sincère, entière et avec grand talent, celui de faire vibrer nos âmes et cœurs à l’unisson. De la joie émerveillée de revivre Miliana de mon souvenir à la tristesse de la lire en creux.

    Merci beaucoup à toi Noria d’avoir réédité cette douce et chaleureuse tendresse, oui Safia, ton expression m’a prise dans ses bras !

    Noria, je trouve que la fusion entre le texte de Safia et la vidéo est un excellent choix. L’expression de Safia débordante d’émotion et le film un peu neutre, distancié du metteur en scène et le cameraman se complètent merveilleusement bien, l’un enrichissant l’autre, l’un prenant le relais de l’autre.

    Le film ! Près d’une heure de plaisir à revoir Miliana dans presque ses moindres recoins, des images auxquelles viennent se superposer d’autres, celles de la Miliana d’antan, des images communes et partagés de tous et d’autres plus personnelles, plus subjectives. Imaginaires et représentations, souvenirs évanescents et miroirs déformants. Alternance de joie et de tristesse, où l’avant ne correspond plus vraiment au maintenant, mais qui en même temps est toujours là. Des images qui en suggèrent d’autres, des impressions fugaces, insaisissables. Des émotions, des sentiments, des souvenirs suscités et livrés en vrac, dans le désordre.

    Beaucoup d’émotions dans certaines séquences pour ce qu’elles m'évoquent telle la cérémonie d’el hena qui rappelle aussi les célébrations des naissances, des fiançailles « Mohamed, Mohamed sallou ya louma 3lih, sallou ya louma 3lih seyedna wa hbibna yarbah mane sala 3lih ». Ce chant féminin unique, fort, intense, tellement émouvant qu’il me fait systématiquement pleurer. Souvenir lointain de personnes aimées qui le chantaient avec beaucoup de ferveur peut-être…

    Bab El Gharbi qui n’en a gardé que le nom ! Ignorance, et gâchis, blessure cuisante ! Allez un peu de musique andalouss pour desserrer l’étreinte même si la séquence est un peu courte.

    On retrouve avec plaisir les fontaines.L'eau, c’est la mélodie jaillissante de la vie « Nous avons fait de l’eau toute chose vivante » (Coran XXI, 30).

    Bien sûr on peut regretter que ces fontaines ne soient point inspirées des belles fontaines propres à l’architecture arabo musulmane avec zellidj, bassin…, la halte pour se désaltérer à cette eau claire, fraiche n'en serait que plus inspirée et inspirante. M'enfin...!

    El djenina ou la conjonction de l’eau, de l’arbre, de l’ombre, pour des moments de douceur parfumés aux senteurs des différentes essences, bercés par le chuchotement, le murmure d’une eau limpide courant le long des rigoles. J’ai découvert la même fontaine que celle qui nous désaltérait fel djenina de son eau glacée, dans un des jardins parisiens. Bien sûr l’émotion fut grande. Retour en enfance immédiat, à el djenina! Je me suis arrêtée pour actionner « la poignée », des mouvements rotatifs de plus en plus rapides faisant jaillir des flots d’eau ! j’ai recueilli l’eau au creux des mains et en ai bu. Tout était identique à mon souvenir sauf l’eau !

    Il y eut à un moment cheb khaled ????? Puis Ouf la zorna et lemdaïh pour la procession de la Mnara, qui m’a rappelé, allez savoir pourquoi, les fêtes organisées les premières années de l’indépendance pour la circoncision des enfants de chouhadas tout de blanc vêtus avec leur 3bayates en satin. Beaucoup d’émotions là également. Une grande tristesse que j'éprouvais en ce temps pour ces enfants qui étaient de mon âge, mais qui eux avaient perdu leurs pères au maquis.

    Le rakb extraordinaire ambiance chair de poule aussi. Tout le monde en communion hommes, femmes, enfants. C’est une découverte pour moi qui n’ai jamais vu le rakb de l’intérieur. Une voix de femme domine le brouhaha ambiant « nchallah iteffi 3lina hedh enirane….. wan nwallou khawa kima zmène, Amin » ». Des chants sacrés. Très beau message de paix et de fraternité.

    El gasba et la poésie profane pur produit du terroir, belle, crue, expressive. Le sacré et le profane s’exprimant dans des espaces différents mais en même temps communs. Alors, « el halwa baraka » rose fuschia, que de souvenirs gourmands ! Et toutes ces djefnates de couscous généreusement garnies de viande, d’œufs, de dragées ?… offrandes des femmes pour tous ces pèlerins. Union, fraternité, partage.

    Le Zaccar ! Vidé de ses entrailles jusqu’à l’usure, jusqu’au néant pour construire ce monument fier et arrogant qu’est la Tour Eiffel. Si proche cette Tour Eiffel parce que faite avec le minerai de mon Zaccar, et si lointaine par les pillages, les sacrifices, les injustices occasionnés.

    Superbe ! J’aime beaucoup ce grand nid de cigognes perché au sommet du minaret de Sid Ahmed Benyoucef !

    Allez, je vais arrêter cette évocation très personnelle de Miliana, des images, des émotions, des sentiments, des impressions, des parallèles, des superpositions en vrac. Je finis sur la fin du film avec le Retour où
    Miliana reste Miliana chère à nos cœurs, Miliana qu'on a aimée, qu'on aime, et qu'on continuera d'aimer en dépit de tout

    ndjik ndjik mali qodra ndjik
    Wana nabghik moula Meliana
    ndjik ndjik ya lqoba lala
    qalbi yabghik ya chbah Meliana
    qoba wa shinewa 3raech el yasmine
    lemyah tsile tarwi el 3atchana
    You you you you you you you you you you you you you you yo yeh !

    Un très chaleureux et immense merci à Noria pour avoir concocté, favorisé, édité cette magnifique surprise rien que pour nos précieuses mirettes, Miliana et le texte de Safia ! une belle et heureuse combinaison perspicace pleine de sensibilité, de réceptivité, d’émotions. Merci encore à toi Noria pour ce magnifique cadeau!

    Merci au caméraman et au metteur en scène pour ce beau reportage qui a nécessité beaucoup de temps je pense. J’aurais aimé que certaines séquences soient plus longues telles par exemple la musique arabo andalouse.

    J’aimerais faire une petite remarque dont l’esprit est positif. Je trouve dommage que ce formidable outil qu’est le site algermiliana ne soit pas exploité à sa juste valeur, et à la juste valeur de ce qui se fait, se passe, se vit à Miliana. Le site pourrait être en effet un vecteur potentiel pour diverses expressions sous forme de reportages tel que celui-ci.
  • fatiha

    2 fatiha Le 08/11/2015

    génial ce reportage, j'en ai eu les larmes aux yeux, belle vidéo. Merci
  • belhocine safia

    3 belhocine safia Le 18/04/2015

    petit rectificatif:
    Dans le message d'hier, je m'adressais à Kéryma et non Meskellil, bien que ce que je disais concerne tous les lecteurs. désolée!
  • belhocine safia

    4 belhocine safia Le 18/04/2015

    Bonsoir à tous,
    Mourad, tu as utilisé des termes très élogieux me concernant!
    Je n'ai pas l'étoffe d'un auteur talentueux malheureusement, mais je suis d'accord pour dire que l'émotion et les sentiments profonds nous donnent parfois le déclic de l'expression qu'elle soit orale ou écrite.
    Je réponds donc à Meskellil par la même occasion.
    Tu sais, Miliana m'a tellement manqué que j'en rêvais la nuit, et j'étais toujours en larmes dans mes rêves.
    Oui ,le texte était spontané .Cependant, il a transcrit toutes les émotions gardées, les images enfouies,et l'imaginaire nourri par tant d'années d'absence.
    En tout cas, je suis heureuse de partager cet écrit avec vous tous et surtout d'avoir eu tant d'échos!
  • ZOUAOUI mourad

    5 ZOUAOUI mourad Le 17/04/2015

    BONSOIR SAFIA
    QUAND UN AUTEUR DE TON TALENT CONJUGUE CULTURE ET PASSION EN DÉCRIVANT MILIANA AVEC UNE AIRE LUDIQUE OU L'AFFECTIF ET LE VÉCU OCCUPENT UNE PLACE PRÉPONDÉRANTE CELA ENTRAINE L'ÉBLOUISSEMENT DE SON LECTEUR COMME MOI ..........BRAVO !!
  • Benchaib Larbi

    6 Benchaib Larbi Le 16/04/2015

    salam à tout le monde ,
    belle description , beaucoup d'émotion ,c'est bien de Miliana qu'il s'agit . Bravo .
  • Benrabah Mohamed

    7 Benrabah Mohamed Le 16/04/2015

    Madame Safia Belhocine

    Votre texte est magnifique.Vous nous avez transposé dans un monde qui me parait presque irréel devant la nullité du quotidien.Dommage que Miliana ne se chante qu'à l'imparfait.
  • belhocine safia

    8 belhocine safia Le 16/04/2015

    Bonjour Mr Ferhaoui, Benyoucef et Azizi,
    Mr Ferhaoui, Merci de comparer mon texte à un tableau! Vous continuez à nous instiller des connaissances en Art et à nous encourager!
    Oui, j'ai conçu ce texte comme un hommage à Miliana, la ville de mon enfance et adolescence. En réalité, mon départ brutal et sans retour pour plusieurs décénnies a peut-être donné cette expressivité des mots!
    Il n'en demeure pas moins que pour moi, ma ville natale est Miliana, même si je n'y suis pas née!
    Merci pour vos encouragements!
  • M.Djellal

    9 M.Djellal Le 16/04/2015

    J'ai visite Miliana le mois de janvier dernier,aux soufflés de l'hivers,.Elle etait transie de froid,et de grands vents glapissants la balayaient,courbant la nudite frele de ses arbres.Elle etait morose,sans charme,parce que la magie de la civilization ne l'enveloppe plus,et les pierres roumaines et islamiques ne parlent plus qu'une langue morte a cote du beton arme anarchique.
    Elle etait une ville banale comme toutes les villes algeriennes ,salete partout,stationnement anarchique,les marchandises sur les trottoirs,des personnes agressives ...... une vue chaotique dans l'ensemble.
    Elle n'est plus la petite capitale de la vallee de chelif,esseulee dans la foret entre l'eperon abrupt du djebel Zekkar et la haute muraille de Ouarsenis..Miliana meurt a petit feu.
    (Allah ne change pas l'etat d'un peuple tant que celui-ci ne change pas ce qui est en lui meme.) Sourat 13-Verset 11
  • benyoucef

    10 benyoucef Le 16/04/2015

    Bonjour Safia Belhocine
    Merci de nous offrir ces quelques clichés rétrospectifs qui dégagent une certaine nostalgie d'une coquette ville aux richesses culturelles multiples ,histoire,eau,verdure,architecture. Aujourd’hui, Miliana ,hélas ne présente plus cette belle image d'autan.Elle a perdu de son charme.L'intérêt de son histoire se dévalorise,les pans de son patrimoine s effritent,les valeur s de ses traditions disparaissent.Miliana reste cet album de vieilles photos de souvenir.
    Avec mes sincères amitiés
  • ferhaoui

    11 ferhaoui Le 16/04/2015

    bonjour tout le monde, bonjour safia, très belle escale! alors! vous etes l'auteur (e) de cette palette aux mille et une couleurs de miliana, elle m'a prise dans ses bras (titre) dans ce beau texte bien tissé... j'y ai trouvé plus de beauté que partout ailleurs, dans cette ville. merci, bonne journée
  • mohamedazizi

    12 mohamedazizi Le 16/04/2015

    Bonjour, une description de ma ville préférée qui m'a donné la chair de poule, me renvoyant à ma tendre enfance, très bien écrit comme j' aurai souhaité pouvoir le faire, je ne trouve d'ailleurs pas les mots pour vous manifester me reconnaissance. Merci.

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