Titre

La force d'être Soi

algermiliana Par 2

Dans Sous le figuier/ Noria

Je n'ai jamais été faite pour les sentiers balisés. Mon énergie, brute et indomptable, s'est toujours insurgée contre les limites. Âme vagabonde, cri de liberté projeté à la face du monde, j'ai choisi ma propre voie. J'ai gravi ma montagne avec une détermination inébranlable, refusant de m'éteindre ou de me plier. J'étais tempête et incendie, embrassant chaque instant avec l'intensité d'une existence affranchie, sans compromis ni renoncements.

La perfection ? Un mirage édifié par la peur. Je ne cherchais pas l'impeccable, mais la beauté à l'état brut, celle qui se rit des masques et des jugements. Je ne vivais pas pour plaire, mais pour être. Mon regard, ancré sur l'horizon, ne cédait à rien. J'avançais, audacieuse, et si la chute m'attendait, je l'accueillais avec la grâce d'un envol : seul le renoncement m'effrayait, jamais l'abîme.

Tour à tour exubérante, excessive, insaisissable, je n'ai jamais cédé aux attentes d'autrui. Ceux qui espéraient des excuses ou des justifications face à mes failles n'ont trouvé qu'un silence fier. Ce que je donnais était entier, sans réserve ; ce que je refusais, je le rejetais avec une certitude absolue.

Je n'ai jamais prétendu être la mère idéale ou l'amie toujours disponible. J'ai simplement voulu être présente, avec mes lumières et mes ombres. Parfois lointaine, parfois maladroite, mais toujours sincère. Ceux qui m'ont réellement connue savent que je ne savais pas tricher. Je n'offrais que ce qui palpitait en moi, vrai et inaltéré. J'ai appris, parfois à mes dépens, qu'il est impossible de tout concilier, et que s'oublier par abnégation revient à s'effacer dans un rôle étouffant. L'amour, tel que je le conçois, se manifeste parfois dans un simple murmure ou un geste humble, mais jamais dans le mensonge. Nul ne saurait entraver ma liberté, car elle est mon essence même.

La vie vient de m'arracher un pilier, celui qui croyait en moi sans condition. Et pourtant, j'avance, portée par la même ardeur. Les critiques glissent sur moi comme la brise sur la pierre polie par le temps. Je n'ai plus rien à prouver. Mon combat n'a jamais été de plaire, mais d'exister pleinement, en fidélité absolue à ma vérité.

Et ainsi je resterai. Libre, indomptée, entière. Car l'authenticité est mon seul serment, et je le tiendrai jusqu'au bout.

Commentaires

  • belfedhal abderrahmane

    1 belfedhal abderrahmane Le 17/08/2026

    A toutes et à tous Essalem.
    Seul le renoncement m’effraie, jamais l’abime…………………………………………………… Noria.
    Ce qui est passé a fui, ce que tu espères est absent, mais le présent est à toi……… Proverbe arabe.
    Celui qui conquiert les autres est fort, celui qui se conquiert lui-même est puissant….Lao Tseu.
    La force ne vient pas des capacités physiques, elle vient d’une indomptable volonté…Gandhi.
    Depuis quelque temps, l’occasion m a été donnée de lire et de relire cette force de soi, il ya aussi des moments ou je me surprends a l’arrêt sans doute interpelé par le souci de répondre a une question qui s’est mise de la partie : Suis-je en face d’un manifeste d’une femme libre ? Deux mots clés s’articulent dans la structure du texte : montagne et pilier. L’un se définit comme étant le symbole de capacité de résistance, l’autre qui aide à tenir. Loin de sombrer dans la contradiction, le texte s’élève dans le rang d’une hiérarchie littéraire convaincante à plus d’un titre. De cette dualité se dégage deux (elle), la femme d’avant qui se décrit comme tempête, incendie, âme vagabonde, énergie indomptable, regard ancré sur l’horizon et cette autre (elle) qui découvre brutalement : la vie m a arraché mon pilier. Le texte encore une fois nous renvoie vers une vérité propre à la personnalité de l’autrice qui se découvre au fil de mots forts, laissant clairement entrevoir qu’il ne s’agissait pas de défendre une personnalité indépendante, mais une manifestation de cette personnalité au moment ou un évènement urgent risque de la vaciller. Face à ce dilemme, notre amie, a déjà tranché la question : j’ai simplement voulu être présente, avec mes lumières et mes ombres. D’un côté, tempête, incendie, liberté, abime, refus, combat. De l’autre : présente, mère, amie, lumière…Ce contraste est loin de réaliser un simple portrait de femme rebelle, il regorge de qualités : l’indépendance, l’authenticité, la lucidité et enfin et surtout la dignité. Cependant l’indomptable avait un pilier ! Et c’est peut-être là un portrait des plus crédibles et profondément humains. Loin d’être une femme isolée du monde, elle avait quelqu un sur qui elle pouvait s’appuyer. De fil en aiguille, elle ne dit pas : j’ai perdu un homme extraordinaire, elle ne dit pas : j’ai perdu le père de mes enfants, elle dit : la vie vient de m’arracher un pilier, celui qui croyait en moi sans conditions, et pourtant j’avance, portée par la même ardeur. Chère noria, sans doute aucun, en perdant un pilier arraché par le destin, votre courage et votre dignité ne font que consolider d’autres piliers aussi forts, si humains, capables de surmonter les aléas de la vie. Que vos enfants soient fiers de leur maman. Celle qui vient de résumer son cri littéraire en affirmant avec force qu’elle a simplement voulu être présente. Allah yarham el eb wa zewj Amine. A bientôt.
  • Milianais

    2 Milianais Le 19/07/2026

    Quelle puissance dans vos mots !
    C'est le portrait d'une âme droite, fière et admirablement libre.

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