Annoncée en grande pompe, la fête est partagée dans toute la famille, l’enfant tout choyé dans un environnement de liesse, serait vêtu d’une belle djellaba et d’une chéchia en prenant la direction du Mausolée Sidi Ahmed Benyoucef pour une visite spirituelle accompagné de ses proches. Boire une gorgée d’eau bénite est un fait incontournable pour les visiteurs, signe de baraka, une cruche à remplir également par ce liquide vertueux, photo de mémoire pour la circonstance (1960, Midjou tenant la cruche). Le jour de la cérémonie, il est pris rendez-vous avec un circonciseur (khetane) à l’ancienne, disposant d’un matériel anodin se limitant à un rasoir de coiffeur, des rondelles, de la ficelle et la magie à opérer en oubliant les risques à courir et le mal à endurer par l’enfant sans anesthésie.
Au moment des faits, le cri des douleurs se fond dans l’ambiance tout autour et les youyous stridents, un des fêtards brisa alors la cruche sur le sol dans un fracas projetant débris de poterie et gouttes d’eau, il est dit que c’est un symbole de puissance, de maturité des lors que le préposé vient de se forger une autre personnalité en rejoignant la filiation des grands.
Allongé, les larmes dégoulinantes sur des joues pimpantes, le circoncis est envahi aussitôt par l’assistance le félicitant de son courage et recevant des billets de banque à lui faire oublier le supplice. Il aura retenu une chose, le souhait de bienvenue dans le monde des adultes.
De nos jours, la célébration épouse le même fond mais change de forme par l’instauration d’un cortège klaxonnant et fredonnant des airs de Zorna-hawzi, des ensembles reluisants allant du gilet au tarbouche et aux babouches à l'honneur du futur circoncis en lui offrant parfois par amour parental, une tasdira et un lot de tenues rutilantes pour se changer. L'opération est programmée à l'hôpital et exécutée par un spécialiste en chirurgie, aucune négligence n'est tolérée.
Bonne santé pour l’enfant et félicitations aux parents.