Crésus : Madame Vincent, si vous pouvez nous parler un peu de vous avant d’entamer les questions concernant votre spécialité, la Somatothérapie.
Chantal Vincent : Je suis née le 20 août 1947 à Palestro (Lakhdaria aujourd'hui). Mes parents ont quitté Palestro lorsque j'avais trois ans pour se rendre à l'Alma, puis à Miliana d'où je suis partie en 1962, l'année de mes quinze ans, le coeur brisé par l'émotion. Pour des raisons économiques et familiales, il ne m'a pas été possible de poursuivre mes études. J'ai donc dû travailler dès mon arrivée en Métropole. Par contre, je me suis très rapidement aperçue que si je voulais progresser, je devais d'une part étudier et, d'autre part, être diplômée. Le "sésame" pour trouver un poste intéressant sur le plan intellectuel. Tout en faisant des petits boulots "alimentaires", j'ai suivi avec acharnement, et ce, pendant plusieurs mois, des cours du soir et des cours par correspondance. J'ai également passé plusieurs examens en candidate libre. Après avoir décroché mon diplôme de la Chambre de Commerce britannique, j'ai aussitôt trouvé du travail. C'est ainsi que j'ai été cadre en entreprise pendant trente-deux ans (Organisation internationale, filiales françaises de groupes britannique, allemand et suisse). Si j'ai été passionnée par ma vie professionnelle en entreprise, j'ai toujours eu la chance de collaborer étroitement avec des dirigeants non seulement d'un très haut niveau intellectuel et culturel mais possédant également un grand sens de l'humain. Une chance que j'ai toujours su apprécier à sa juste valeur.
Crésus : L’Algérie, Miliana… est-ce juste un souvenir ou autre chose de plus fort ?
Chantal Vincent : L'Algérie et, Miliana en particulier, ne sont pas de simples souvenirs, loin de là ! Les huit années de guerre, je les ai vécues à Miliana et j'en ai été profondément marquée. J'ai ainsi compris, malgré moi, et dès mon plus jeune âge, ce qu'était l'abomination de la colonisation d'un pays. Les injustices, les humiliations, les souffrances vécues par le peuple algérien dont j'ai été le témoin bien involontaire resteront à tout jamais gravées dans ma mémoire.
Crésus : Revenons si vous le voulez bien à votre métier de somatothérapeute, qui est, plus ou moins, nouveau, j’imagine. Qu’en estil au juste ?
Chantal Vincent : Mon métier de somatothérapeute n'est pas réellement nouveau mais, je dois bien le dire, j'ai commencé à l'exercer tardivement.Lorsque, en 1987, l'année de mes quarante ans, j'ai pris de plus en plus conscience, malgré une vie professionnelle en entreprise passionnante, des "turbulences" de ma vie privée, j'ai réalisé alors que la femme cadre énergique et dynamique que j'étais devait se faire "aider" si elle ne voulait pas totalement "sombrer". Cette étape très importante de ma vie, je devais la franchir coûte que coûte. C'est ainsi que je découvrirais la somatothérapie qui est une thérapie globale alliant l'efficacité des techniques corporelles et émotionnelles. Trois mois seulement après ma première séance en somatothérapie, je commencerais à en ressentir les bienfaits. C'est au bout de plusieurs mois de cette thérapie que j'envisagerais de suivre une formation de somatothérapeute.
Crésus : Quel cursus scolaire faut-il suivre pour devenir spécialiste en somatothérapie ?
Chantal Vincent : Personnellement, j'ai suivi mes cinq années de formation de somatothérapeute avec deux médecins psychiatres : le Dr Wassilis Zaruchas et le Dr Richard Meyer. Au cours de ces cinq années, j'ai donc étudié, entre autres, les maladies mentales et leurs causes, à savoir, la psychopathologie.
Commentaires
1 deghrar djilali Le 23/01/2017
Djilali
2 Ezziane Rachid Le 22/01/2017
Merci. R. Ezziane
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