Articles de algermiliana
Histoire d'un village
___________________________
Cette histoire rappelle ,simplement une vie dans un temps passé qui se raconte maintenant de part et d'autres. Elle est l'histoire d'un village.ecrite par Max Hasholder avecla participation de Ibrahim Meghoufel .
- C'est l'histoire de leur village .
- De 1902 À 1962, Les soixantes années de vie
- Fait à Montauban le 25 Juin 1999
- Ecrit par Max Hasholder, participation par Ibrahim Meghoufel
Ain Lechiakh, Ex Voltaire
Un village d’Algérie
C’est au début du siècle seulement, que l’armée et l’administration françaises décidèrent d’implanter un village de colons à AIN LECHIEKH et de le baptiser du nom de VOLTAIRE. L’Algérie était alors FRANÇAISE.
L’administration coloniale a acheté les terrains, d’une superficie de dix mille hectares environ, aux indigènes. Ces terrains ont été répartis en deux cents lots de cinquante hectares comprenant un terrain à bâtir et un jardin potager en terrasses, au nord du village.
L’armée s’est chargée de mettre en place la voirie et les adductions d’eau par captage de sources naturelles. Les jardins étaient irrigués par des canaux déviant les eaux du TELBENET sur plus de cinq kilomètres.
Il a alors été proposé à des candidats colons, inscrits sur des listes d’attente, d’acheter un lot moyennant une somme relativement faible par rapport à ce qui se pratiquait en métropole, par exemple, mais le candidat à l’achat n’était réellement propriétaire qu’après avoir vécu cinq années sur ses terres. Les colons arrivèrent, certains avec une grande expérience de la vie à la ferme, d’autres tentant leur chance dans ce métier tout à fait nouveau pour eux. Il y’avait des émigrés de l’Isère, les JACQUET, GUILLERMIER, JAUVION, TURC, PRA, CHARLES, GUIRAUD, des Alsaciens et des Lorrains qui avaient quitté leur région en 1870 et qui, depuis, ne s’étaient pas encore fixés, les PETER, HASHOLDER, GOETZ, BEYER, FOURNAISE, CHMER, MARTIN, HILD; des gens du Midi, les DUSSERRE, RENAUDIN, LEOTHAUD, LASSIME, PETIT, HONORAT, CARAGUEL,; des gens du Sud-ouest, les ROQUES, ENJALRAN, GARDON, FOURTON, MORLA, GASTON, SAINT-SERNIN, GALANTINI, BERNHARD, DALONNEAU, CAPDEVILLE, BLOUVAC, BRISAC; des gens du Jura, près de la Suisse, les DUNANT, des Corses, les DELLATANA, PEDATELLA, ROMANETTI; des Bretons, les GUERRIEC. Quelques uns arrivaient d’Espagne, les SERVERA, PONS, ALVAREZ, ARTERO, DE HARO, PRATZ et même d’Italie, les FACIOTTI. Tous s’entraideront les premières années pour construire leur maison et les dépendances sur les lots du village, d’autant mieux que certains étaient maçons ou charpentiers de métier. Par contre, tous ne réussiront par leur jardin potager et leur volailles qu’un opuscule, distribué par l’administration coloniale, les engageait à soigner particulièrement les premières années. Pour défricher les terres arables qui devaient porter récoltes de céréales, il a fallu acheter deux bœufs et quatre mulets aux marchés à bestiaux indigènes de KHEMIS-MILIANA qui se trouve à une trentaine de kilomètres qu’il fallait parcourir à cheval. Les palmiers nains et les cailloux de tuf couvraient le sol à ensemencer. Les palmiers nains étaient arrachés en si grand nombre, que dès les premières années, trois usines à crin ont vu le jour. Le crin était utilisé par les bourreliers pour confectionner principalement les colliers de mulets, mais il était aussi expédié vers ALGER. Les pierres de tuf servirent à bâtir les murs de soutènement des maisons.
VOLTAIRE se situe à cent cinquante kilomètres d’ALGER environ, au Sud-ouest. Ce village est installé sur les coteaux de la plaine de CHELIEF, à égale distance de MILIANA, de MÉDEA et de BOUGHARI. Une route carrossable reliait VOLTAIRE à la route de MILIANA-MÉDEA mais seule une piste permettait d’accéder à BOGHARI. Cette piste était empruntée l’été par les nomades du SAHARA (GBAL’A) qui remontaient vers le nord avec leurs dromadaires chargés de sel gemme; ce sel était échangé à VOLTAIRE contre des céréales. Concassé, il permettait de saler les carcasses de cochons que l’on préparait dès le début décembre; les plus gros morceaux de sel étaient placés dans les mangeoires des bœufs, des vaches et des moutons.
Le jardinage, les volailles, le cochon, le lait de la vache indigène…ont permis aux plus chanceux de tenir durant ces fameuses cinq années et de devenir propriétaire de leur lot. Beaucoup n’ont pas tenu les cinq ans et des lots ont été mis à la vente, le plus souvent aux enchères, et c’est ainsi que les plus argentés ont acquis cent, voire cent cinquante hectares supplémentaires.
Cinq ans étaient passés et, déjà, on avait creusé des tombes pour les plus faibles et, surtout, pour les jeunes enfants. Le curé de LAVIGERIE (Djendel), petite ville située à huit kilomètres de VOLTAIRE, et le pasteur de MILIANA venaient régulièrement visiter leurs ouailles et l’office se tenait chez l’un ou l’autre.
On arrive ainsi vers 1910 et alors les tracteurs font leur apparition. On peut labourer plus profondément; on peut défoncer grâce à un moteur fixe en bout de champ et une grosse charrue brabant tirée par un câble relié à un treuil. Dans les terres défoncées, on plante de la vigne et des oliviers.
L’administration a construit une école, deux classes et deux logements, un bureau de poste, une mairie et a planté l’arbre de la liberté qui trône au milieu de la grande place du village, toute caillouteuse. Des fonctionnaires sont arrivés : les instituteurs, le couple MALTE, le postier, Mr. MONDE, sa femme et ses deux enfants, les facteurs qui sont des KABYLES : GALLOUZE, BOUDJEMILE. D’autres Kabyles, BOUSSAAD par exemple, sont venus tenir boutique d’épiceries et de tissus. L’école n’est pas mixte; il y’a une classe des filles et une classe de garçons. Si parmi les garçons on rencontre quelques indigènes, Kabyles et Arabes fils de notables, seules les filles Kabyles fréquentent la classe des filles. Tous les européens sont scolarisés et préparent le certificat d’études primaires.
Il s’est installé un maréchal ferrant, Mr. MANDON, qui fait des merveilles pour affûter les socs de la charrue DOMBASLE et ferrer les chevaux. Quelques arabes entreprenants ont ouvert deux cafés maures, un souk, ou se sont improvisés marchand de légumes ou boucher : GUESSOM, BOUCHICHIA, BENYAGOUB, BOURGHA. Les indigènes du bled, trouvant du travail au village, s’installent dans des DOUARS près du centre et y construisent des GOURBIS comprenant une ossature de perches, liées entre elles et une couverture de DISS, herbe longue et sèche. Au lever du jour et à la tombée de la nuit, la place de recréation de l’école est réservée à la prière des MUSULMANS tournés vers LA MECQUE.
Des familles aisées, les GERMAIN’ KLENE, acquièrent vingt mille hectares de terres en friches non loties et y installent un grand domaine de vignes, oliviers et même orangers près du CHELIFF. C’est sous leur impulsion qu’une église sera construite, en face de l’arbre de la liberté, au dessus de la place du village.
Et la guerre de 14-18 éclate. Tous les hommes valides sont mobilisés. Leur absence se poursuivant, ce sont les femmes qui font marcher la maison et la ferme. Elles disposent de main d’œuvre bon marché en la personne des prisonniers RUSSES logés chez l’habitant au village. Beaucoup d’hommes ne reviendront pas ou reviendront traumatisés : gazés dans les tranchées de VERDUN ou naufragés en mer, ballottés les vagues, accrochés à une épave pendant plus de douze heures. Certaines femmes continuèrent seules avec beaucoup d’enfants en bas âge, cinq voire six. Douze ou quinze années plus tard, les enfants pourront, pour la plupart, continuer le métier d’agriculteur. Les fermes de deux cents hectares, redeviennent des lots de cinquante hectares ou moins.
Beaucoup de mariages se font entre jeunes du village où l’on danse, au son des phonographes, tous les dimanches à la terrasse des deux cafés qui sont très fréquentés tous les jours à l’heure de l’apéritif où l’on boit force ANISETTES pour accompagner la KHEMIA fortement salée et même pimentée. Chaque année, le comité des jeunes conscrit organise une fête avec orchestre, sur la place du village dont une partie a été dallée pour favoriser l’évolution des danseurs. Des forains s’installent tout autour de la piste de danse et l’on vient à cette fête depuis LAVIGERIE, AFFREVILLE, MILIANA, BORLEY LA SAPIE, MEDEA…
Pour le jour de l’an, les ménagèrent préparent, en particulier, des corbeilles à linge pleines d’oreillettes qu’elles distribuent aux enfants européens et indigènes qui passent de maison en maison souhaiter la bonne année. Le père Noel n’a oublié personne même s’il n’a apporté qu’une quille à chacun des enfants de la famille. A eux tous ils auront un jeu complet.
La vigne étant une culture qui rapporte davantage que les céréales, il y’a d’abord beaucoup de petites caves particulières qui sont construites et c’est en 1936 que les viticulteurs de VOLTAIRE se regroupent et fondent la cave coopérative, créant par la même occasion quelques emplois stables qui sont occupés pour la plupart par des indigènes : SEDDICK, le caviste, M’HAMED HARRIZI, son aide et DJELLOUL BOUSSAAD le secrétaire. Le comité directeur de la cave coopérative négocie les ventes de vin en gros et répartit les sommes d’argent reçues au prorata des récoltes et de leur qualité. On y fait un vin chaleureux qui titre quatorze ou même quinze degrés d’alcool et qui provient des cépages CARIGNAN et GRENACHE qui apportent la couleur et la teneur en alcool et CINSAULT (arabe) qui apporte la quantité et la saveur; la production de la région des couteaux est classée Vin de Qualité Supérieure. Le CINSAULT était consommé comme un raisin de table par beaucoup de gens. Si au tout début, il n’y avait qu’un seul garde champêtre s’occupant surtout du village et des jardins potagers tout proches, il faut maintenant tripler l’effectif pour surveiller les cultures fruitières telles la vigne, les melons, les pastèques, les olives et les amandes et les cultures céréalières : blé, orge, avoine. Les trois gardes champêtres dont deux sont des indigènes, sont, de temps en temps, aidés par le peloton de gendarmerie stationné à LAVIGERIE.
Arrive la guerre de 1940. La encore, les hommes sont mobilisés. La plupart d’entre eux participera aux débarquements en CORSE, en Italie ou dans les environs de TOULON avec les TIRAILLEURS ALGÉRIENS, les SAPHIS ou les ZOUAVES dont la tenue de parade a survécu à toute les modes, BURNOUS blanc ouvert sur le costume rouge des BERBERES avec le ceinturon de flanelle blanche et, sur le tête, la CHECHIA brique. Quelques uns ne reviendront pas, fauchés par la mort en pleine jeunesse; d’autres resteront prisonniers jusqu’en 1945; certains ont rejoint DE GAULLE en ANGLETERRE. Les femmes du village se sont organisées; elles n’entraident. Elles accueillent aussi des enfants, du HAVRE en particulier, réfugiés en ALGÉRIE pour échapper aux bombardements que subit le NORD DE la France. Il y a, parmi eux, les enfants de la famille FREVAL et ceux de la famille COISY. Ces enfants retourneront chez eux en 1945, mais trois d’entre eux reviendront vivre à VOLTAIRE dans leur famille d’accueil et se marieront en ALGÉRIE et même à VOLTAIRE pour deux d’entre eux. Ils font partie de la grande famille des VOLTEROIS. Les automobilistes avaient fait apparition avant la guerre, les camions et l’autocar aussi. Le transporteur CLUCHIER de LAVIGERIE assure une liaison quotidienne entre VOLTAIRE et AFFREVILLE, près de MILIANA la préfecture, en passant pas LAVIGERIE. Beaucoup d’automobilistes malmenées par les chemins caillouteux et les conducteurs maladroits, pas entretenues pendant les quatre années de guerre, finiront dans un terrain vague. Mais après la guerre, l’économie repart : Le boucher et le poissonnier ambulants viennent d’AFFREVILLE un jour par semaine. Les boulangers de LAVIGERIE, CHABRE ET SAUREL nous ravitaillent en pain puisque le boulanger du village n’est pas revenu de la guerre et que les fours à pain des particuliers et même le four communal sont tombés en désuétude. Les indigènes commencent à se servir chez les boulangers, eux dont les femmes fabriquaient d’excellentes galettes dans les COUCHAS, fours rudimentaires hémisphériques, fait d’un mélange de paille et d’argile séchée, comportant une ouverture basse sur le devant et une autre au sommet pour laisser échapper les fumées de combustions des bois secs et des bouses de vaches séchées placées entre trois pierres plates qui servaient de sole à la cuisson des KESRAHS. Elles étaient délicieuses ces galettes, MATLORS, mangées encore chaudes, ouvertes en deux avec, à l’intérieur, un piment cuit sur les braises et épluché chaud.
D’une main on tenait la galette et le piment que l’on croquait à belles dents et de l’autre main on tenait soit une grappe de raisin cinsault gorgé de soleil, soit trois ou quatre figues BAKHORS, soit trois figues de barbarie, des KARMOUS AN’SARA cueillies bien mûres avec moult précautions dues à leurs innombrables et très désagréables épines qu’il fallait casser en bouchonnant le fruit avec un tampon de paille. Les fruits étaient destinés à calmer par leur fraîcheur, le feu du piment dans la bouche.
D’ailleurs, le four des MAURESQUES, en plein d’air, devant le GOURBI dont l’entrée était gardé par un CHIEN ARABE, hargneux au possible, attaché qu’il était à longueur de vie à une longue chaîne fixée à un piquet, ne pouvant qu’aboyer furieusement après tout ce qui bougeait dans son environnement, le four des mauresques donc était un vrai joyau d’où sortait de nombreuses préparations et friandises, le FTIHRS, galettes d’orge plates et compactes, grillés des deux côtés, les M’BESSES faits de semoule salée et huilée. Pour cuire les TADJINES, elles utilisaient plutôt les braises du KANOUN et réussissaient et délicieux MAHROCS, crêpes alvéolées que l’on dégustait garnies de miel tiré de ruches artisanales faites en osier et que l’on éventerait à la récolte. Elles préparaient aussi, des MAKROUTS avec de la semoule de blé dur qui entourait un cœur de dattes ou de figues sèches pilées et aromatisées à la fleur d’orange.
Revenons à l’après guerre, pour voir les agriculteurs s’équiper de matériels nouveaux : les premières moissonneuses batteuses, les tracteurs à roues caoutchoutées, les camions RENAULT de deux tonnes cinq de charge. On a maintenant besoin de beaucoup moins de bras pour un rendement supérieur d’autant que les produits phytosanitaires évoluent et que les engrais chimiques détrônent La fumure traditionnelle. D’ailleurs le cheptel vif de chaque ferme se réduit comme peau de chagrin; il n’y’a pas de fumier naturel que pour les jardins potagers. Mais tout d’abord rappelons ce qu’était le travail de ferme du bon vieux temps; dès le mois de juin, les blés sont mûrs et la période des moissons commence. On fauche les épis de chaume à la moissonneuse lieuse ou alors carrément à la faucille avec l’aide de moissonneurs venus du sud qui travaille à la tâche et à moitié. Le salaire du groupe représente la moitié de la récolte; ajoutons à cela, les épis glanés, après leur passage, par tout les membres de familles et soyons sûrs que les GUEBLIS repartent de la région qu’ils ont habité pendant tout ce temps en logeant sous des tentes de Nomades, avec leur provision de blé de l’année. Les rendements sont maigres dans ces parcelles difficiles d’accès. On récolte moins de dix quintaux à l’hectare les années de sécheresse. Néanmoins, les superficies des champs sont en moyenne de dix hectares et les gerbes rassemblées sur place puis apportées par chariots entiers sur l’aire commune de battages représentent d’importantes meules. Un entrepreneur de battages venait d’Affreville avec sa grosse batteuse, trieuse et botteleuse. C’était un événement d’importance. Il en avait pour un mois complet de travail. Les sacs de grains pesant un quintal chacun que, dès l’âge de dix huit ans, tout homme devait porter sur ses épaules, s’entassaient sur l’aire de battage et, toutes les nuits, il fallait garder ce précieux bien, très convoité par les indigènes dont c’est la nourriture essentielle. Un transporteur d’Affreville, venait avec camion et remorque, une fois par jour à partir de la deuxième semaine de battages pour emmener ce blé aux DOCKS privés qui se chargeaient de la commercialisation. Chacun récupérait la paille, la POUSSE et la CRIBLURE pour nourrir les bêtes en complément du fourrage et faire leur litière. On cultivait, aussi, de l’orge pour les cochons et un peu d’avoine pour les chevaux. Sur ces terres maigres, les agriculteurs pratiquaient l’alternance. Pendant la guerre, on s’est mis à la culture du LIN dont on récupérait les graines pour l’huile et les tiges qui étaient expédiées en France. On voyait aussi des champs de lentilles, des étendues de pois chiches et des fèves que l’on récoltait sèches. La pomme de terre et les salsifis ne se trouvaient que dans les jardins bien irrigués. L’époque des vendanges, dès le début du mois de septembre, était aussi très animée. Tous les moyens de transport à plate-forme étaient réquisitionnés et bâchés, pour transporter jusqu’à la cave coopérative, les grappes juteuses coupées par des équipes d’indigènes venus de DJEBEL voisin en renfort des employés agricoles annuels. Ces derniers avaient quelques responsabilités, assurant les fonctions de GARDIEN DE VIGNE, CHEF DE CHANTIER, PORTEURS À DOS ou CONDUCTEURS D’ENGINS ou d’ATTELAGES car on utilisait encore des chariots à bœufs et mulets.
Un peu plus tard dans l’année, la cueillette des olives mobilisant les énergies. Les olives qui n’étaient pas préparées à la ferme dans des grandes jarres en grés (olives cassées et épicées; olive à la grecque) étaient transportées jusqu’aux huileries près de LAVARANDE et les récoltants ramenaient leur huile pour l’année.
Vers les années cinquante, c’est la culture du TABAC qui occupera les indigènes les plus entreprenants qui travaillent moitié avec un propriétaire européen ou indigène. Le propriétaire donne le terrain et les outils aratoires; le commis se charge de faire venir, dans une terre très riche, les petits plants de tabac avec les graines sélectionnées par la TABACOOP d’EL AFROUN. Il transplante, arrose au haquet tiré par un mulet, bine et récolte feuille par feuille les cinq à six hectares de plants maigrichons mais très parfumés. Les feuilles sont travaillées par les femmes et les enfants du groupe familial; mises en guirlandes ou ZRONGAS, suspendues dans les séchoirs préfabriqués qui sont sortis de terre comme des champignons de fenouil au printemps après un bon orage, puis serrées en MANOQUES. La main d’œuvre est payable à la tâche : cinq francs en 1950 pour une ZRONGA réalisée. Les ballots de manoques partent alors pour EL AFROUN où la coopérative donne immédiatement une prime en fonction de la qualité, puis le revenu total de la vente avec des acomptes très appréciés. Les sommes sont partagées en égales parties entre le propriétaire du terrain et le commis, par la coopérative elle-même.
Au village, quelques mauresques sont plus connues que les autres; elles sont laveuses ou assurent la traite du lait. Ce sont, le plus souvent, des veuves ayant beaucoup d’enfants à charge. Matin et soir, on les voit traversant le village, voilée et rasant les murs pour ne pas se faire remarquer. On les identifie néanmoins à leur allure et on sait que la CHELLALIA va mettre en train la lessiveuse chez PRA ou que la grande qui les dépasse toutes d’une tête et qui est surnommée MONT’PAILLE ou TOUILA se dépêche d’aller traire les vaches chez TURC avant le départ au pacage; tous les mardis, c’est LHALLIA qui passe sa journée à laver les draps, les serviettes et les nappes du seul Hôtel-Restaurant du village. Depuis que les lessiveuses ont fait leur apparition, le LAVOIR COMMUNAL est déserté par les lavandières qui s’interpellaient en OCCITAN. Il tombe en ruine et personne ne se préoccupe de son sort. Le lait est vendu aux indigènes surtout, qui le commandent en RHBOR, quart de litre. Mille neuf cent cinquante quatre ! La REBELLION s’installe en ALGÉRIE. La région de VOLTAIRE sera relativement épargnée par la GUERRE. On a su par la suite, que c’était en raison de sa situation entre deux WILAYAS, qui se faisait un point de passage et de repos pour les FELLAGHAS. Les indigènes du bled on été impliqués mais rarement, sauf les deux dernières années, les indigènes du village. La guerre a, tout de même, amené son lot de désolation. Alexis PRA a été tué en sautant, avec son tracteur, sur une mine placée sur le chemin de sa ferme, par une équipe des PONTS ET CHAUSSÉES étrangère au village et qui entretenait les routes dans le secteur. Son fils de trois ans était assis entre ses jambes et n’a rien eu, protégé qu’il était par son père. Ensuite, Édouard ROQUES a été assassiné un matin alors qu’il arrivait à sa ferme située à sept kilomètres du village, en plein bled. Il n’habitait plus cette ferme et s’était réfugié au village comme beaucoup d’autres fermiers. D’ailleurs plus aucune maison du village n’était inoccupée, la lente désaffection des campagnes par les jeunes était contrebalancée par l’afflux des fermiers et des fonctionnaires. Les fermes abandonnées la nuit, étaient souvent incendiées ainsi que les récoltent de céréales. Dans toutes les fermes qui sont restées habitées pendant cette période de guerre, s’élève maintenant un MIRADOR dans lequel les familles passent la nuit. Une HARKA a été installée à AIN LAPSI ou l’armée a rouvert une école qui a connu son temps de gloire. Cette école, située dans le bled à sept kilomètres du village était patronnée par l’armée de Terre qui y recrutait des ENFANTS DE TROUPE. Un instituteur, nommé par l’INSPECTION ACADÉMIQUE y était en poste régulièrement et il se passait parfois des mois sans qu’il ne rencontre un seul européen. Cependant, chaque année, au moins de juin s’y déroulait une grande fête au cours de laquelle avait lieu la distribution des prix en présence de nombreux officiels avant la dégustation du traditionnel MECHOUI.
Les HARKIS dans le bled, les GENDARMES à LAVIGERIE, les LEGIONNAIRES en patrouille et la GARDE TERRITORIALE au village, constituée de réservistes mobilisés sur place, armés du fameux fusil LEBEL, assuraient une tranquillité trompeuse, mais le COUVRE-FEU était en vigueur et les déplacements s’effectuaient en CONVOIS. Après la création de l’ORGANISATION ARMÉE SECRÈTE (OAS) du général SALAN, les gardes territoriales ont été dissoutes car il ne fallait pas laisser d’armes de guerre aux mains des européens.
C’est à cette époque que VOLTAIRE est promu au rang de COMMUNE DE PLEIN EXERCICE. Jusqu’à lors le village faisait partie de la COMMUNE MIXTE DU DJENDEL, avec les villages de LAVIGERIE, BORLEY LA SAPIE, DULFUSVILLE ET BARRAGE DU GRHIB. Un administrateur était à sa tête et chaque village élisait au suffrage universel un ADJOINT SPECIAL et des conseillers. Temps de guerre oblige, le premier maire de voltaire a été nommé par l’Administration et l’armée; n’empêche que les fonds propres et les subventions en font une commune riche qui se dote d’une mairie neuve, de deux nouvelles écoles, d’un logement communal, d’un grand bâtiment abritant le FOYER RURAL, d’un ABBATOIR rudimentaire, utilisé surtout le jour du marché hebdomadaire et d’un square fleuri et ombragé. C’est l’Abreuvoir des premiers jours de la création du village qui fait les frais de cette rénovation et se sont sept ou huit personnes de la région qui ont eu un emploi stable. Un couple, secrétaires de mairie, deux instructeurs, titulaires du B.E.P.C, aux écoles, un jardinier communal, MAAMAR BOUAMRA, deux éboueurs, l’albinos “CHOUBLANC” et son aide MOHAMED, deux nouveaux facteurs. Par contre, le CAID, BENTAIEB SALAH, cousin du député de même nom, perdait ses prérogatives. Le foyer rural, animé bénévolement par un instituteur du village, Gérard WATIER est le lieu de rencontre privilégié de tous les jeunes et même des plus. Anciens à l’occasion de projections de films cinématographiques par exemple ou lors de la perpétuation, en plus intime, de la fête de VOLTAIRE.
Arrive mille neuf cent soixante deux et le jour de la proclamation du cessez le feu en ALGÉRIE. À midi pile, les arabes du village manifestent leur joie mais il y’avait là une arrière pensée. Alors que les européens se sont barricadés chez eux, les Algériens en puissance commencent à défoncer les portes et les fenêtres, armés de pioches, de haches, de faux et de faucilles. Les fils du téléphone ont été coupés; impossible d’appeler au secours. Un sous-officier de la HARKA, se trouvait au village ou il résidait. Pistolet au poing et moteur emballé, il se force un passage à travers la meute d’enragés et gagne son campement d’où il avertit les gendarmes de Lavigerie. Quinze minute plus tard, les gendarmes par le bas, les harkis par le haut, les deux formations militaires encerclent le village et remontent les rues, repoussant devant eux, à coup de grenades offensives, les manifestants. Quelques coups de feu seront échangés et il y’aura des morts. Les Accords d’Évian sont loin d’être respectés. Aussi, les Français décident-ils de quitter Voltaire, la mort dans l’âme, et en abandonnant tous leurs biens, sans même lever les récoltes qui étaient magnifiques cette année-là. Les moins optimistes tablaient sur des rendements de quarante quintaux à l’hectare pour blé dur OUED ZENATTI dont la région était devenue une zone de sélection. Les vignes promettaient aussi des grappes nombreuses et bien remplies.
Les voltairois grossiront le flot des rapatriés qui regagnent la métropole ne sachant pas du tout ce qui les attendaient. Quelques uns restés en Algérie, coûte que coûte, et l’ont payé cher en vies humaines et en humiliations. Les vendanges terminées et l’argent empoché, ils sont tous rentrés en France avant la fin de l’année.
En juillet mille neuf cent soixante deux, voltaire cessait d’être et le nom qui était rebaptisé AIN LECHIEKH. L’Algérie française avait vécu; l’Algérie Algérienne naissait.
Le peuple et Nous
______________________________________
- Et ,il n’en a fallu qu’ une toute petite seconde du temps à ce siècle 21 pour qu’ une année 2018 s’en va , lui laissant place à tout une autre nouvelle 2019 qui arrive doucement.
- AH ! C’était La meilleure année parmi les meilleures années avant elle qui sont parties et voilà qu’elle s’en va aussi sans détour ,sans retour et pour toujours
- Mais tu devrais savoir que celle qui est arrivée, , on l’a bien fêtée mème à sa venue en pleine nuit et elle n'en est que bonne et un bien inestimable pour « nous tous ».
- OH… OH …là .. Tu devrais dire pour "nous » ,mais pas pour « nous tous »
- Mais mon cher , si dans l’hémicycle on dit « nous tous « c’est bien pour le peuple qu’on le dit ’ dans ce cas « nous tous» c’est le peuple et le peuple pour cette année déjà partie est très…très satis….
- Arrête !!! …arrête ne termine pas un joli mot pour un vide existentiel . tu veux flatter le peuple quand le peuple n’est pas du tout ce « nous tous » .
- Tu veux dire que le peuple c’est pas « nous tous »et qu’il n’est pas satisfait du tout avec « nous . ».
- Le peuple n’a jamais été compris dans votre expression tumultueuse » nous tous »et ceux qui l’ont dit ce sont ceux comme Vous qui ont trempés leurs doigts dans un penchant amoral malsain et corrompu et sont très très satisfaits. ,
- Si le peuple c’est pas « nous », c’est quoi alors ce « nous » après vous dans la conjugaison ?
- Le peuple est une foule ,et une foule on ne la conjugue jamais pas avec ce « nous tous »
- Tu crois que si le peuple ne lève pas la tête ne connait toujours pas encore la conjugaison
- Ah ! le peuple !!! Ce peuple méconnu, il en restera encore méconnu dans la conjugaison
- Que dit le peuple alors pour » nous « .
- Le peuple ne dit plus rien , on ne lui a laissé que ce don du regard avec une bouche cousue pour mieux hurler SA colère..au lieu de la crier .
- Mais mon cher ,on dit dans notre hémicycle c’est pour mieux calmer sa colère et qu’ on lui a bien dit de ne pas crier mais de hurler: Crier c’est une honte !
- Mais le peuple doit crier au moins ,au moins pour calmer ses nerfs…C’est ce qui d’ailleurs le console à tout temps qu’il lui reste à vivre jusqu’à ce qu’on l’ embaume.
- Tu ne penses que le peuple vit comme un brave dans ces temps qui courent .
- Le temps pour lui à vivre encore en brave il lui faut une volonté du dégout : ..
- Alors si le dégout est bien sa volonté la mort par noyade pour lui est plus propre est plus réalisable que mendier sa vie sans espoir aucun.
- Le peuple avec ses 60 peines ne peut voir sa vie davantage en rêve . ..et si le peuple peine avec ses 60peines : la mort par noyade pour lui est la plus propre qu’à celle de l’angoisse.
- C’est ce qu’on préfère dire à hémicycle ’ dans l'ordre du jour : que Les deux sont bons pour lui
- Mais là le peuple dit que L’Élodie , l’amoureuse de la vie, ne le supporte pas pour lui et Se sentir au mieux dans sa thébaïde c’est être aimé et tant entourée d’amis sans. Non, le peuple tient vraiment à cette meilleure façon à eux de rester dignes.
- Alors on doit encore lever nos mains dans l’hémicycle pour l’amadouer et lui faire don d’une bienfaisance,
- Le peuple dit qu’il est préférable de lui assurer avant tout foyer , mariage, travail dans les règles
- Tu crois que c’est une manière à « nous » de le consoler à devoir rester fidèlement dans son pays
- Dans ce temps qui court ,le peuple le dit si bien pour vous qu'il prie prie pour qu’on ne le prenne pas pour un gouailleur, ça devient pour lui après désolant .
- Dans ce cas ,notre solution va jusqu’à lui faire dire qu’il doit faire le rigolo et se faire encore tout petit.
- Alors tu vois bien qu’avec cette nouvelle 2019, vos mèmes sentiments reviennent toujours en scène pour ce bon peuple quand vous étudiez son cas social ,vous dites pour lui que là où il doit vivre il doit savoir nager que marcher aveugle tout son temps..
Les retraités, une population qui embarrasse !
_______________________________________
Les retraités, une population qui embarrasse !
Publié par Malika Boussouf EL WATAN
le 30.12.2021
Il est courant, lorsque l’on entend quelqu’un se plaindre d’un proche, de penser à la célèbre phrase de Voltaire «Protégez-moi de mes amis, je m’occupe de mes ennemis» ! Parce qu’il arrive souvent que ce soit les proches qui exposent au pire. Dans le cas précis qui nous intéresse, ceux censés incarner les proches sont les hauts responsables qui avaient annoncé, il y a une dizaine de mois environ, qu’ils allaient revaloriser les pensions de plus de 3 millions de retraités.
À deux jours de la fin 2021, rien n’a encore été entrepris dans ce sens. Ces derniers n’ont toujours pas tenu leur engagement. La baisse du pouvoir d’achat l’ayant tirée vers le bas, la catégorie de retraités qui tentait, depuis quelques années, de tenir encore le coup, a rejoint celle qui vit sous le seuil de pauvreté. Nul besoin, par conséquent, de s’occuper des proches et des ennemis. Les deux se confondent misérablement. Ce sont ceux censés leur faire du bien qui leur tournent le dos.
«On a servi le pays du mieux que l’on pouvait et de toutes nos forces et voilà comment on nous rétribue de nos efforts ! On ne doit rien à l’administration. Nous n’avons pas à lui être reconnaissants puisque nous avons, toute notre vie durant, payé nos impôts et que, même retraités, nous continuons à être taxés. Nous ne demandons pas l’aumône, c’est notre argent que nous réclamons. Si le pays tient encore debout, c’est bien grâce à nous et pas à ceux qui annoncent qu’ils vont augmenter les retraites et ne tiennent pas leurs promesses. Pourriez-vous, s’il vous plaît, leur faire parvenir nos requêtes ? À qui d’autres nous adresser, sinon aux journaux ? Vous avez plus de chance d’être lus que nous d’être écoutés. Et, vous aussi, un jour, vous serez dans la même situation. Qui défendra votre cause ?»
Ils sont pas mal de retraités, comme l’auteur de ce mail, à ne plus savoir à quel saint se vouer pour faire valoir leurs droits aux augmentations qui leurs sont dues et ne sont jamais satisfaites.
C’était ma dernière chronique pour 2021 ! À toutes et à tous, je souhaite le meilleur pour le futur proche ! Prenez soin de vous et des vôtres, pour mieux protéger vos rêves !
M.B.
Le chemin implacable.
1ère partie
L’après-midi tirait à sa fin, que le vent du soir commença à manifester sa présence sur le feuillage restant de quelques arbres plantés autour du petit ranch du vieux Sam Benson .Laura, la petite fille occupée à faire rentrer les dernières poules trainait derrière sa mère anxieuse. Malgré que tout parait paisible dans cette journée qui se termine, la mère était bien trop inquiète ce jour là. Son fils ainé n’est pas encore rentré .Elle trouva le seau qu’elle portait pour traire le lait bien trop lourd à son poignet et à chacun de ses pas comme un fardeau.
Les quelques vaches laitières oubliées sont ramenées des pâtures à l’enclos par Hall .Ils vont bientôt être trait dans l’étable avant le coucher de soleil. A l’intérieur de l’enclos Le meuglement assourdissant des vaches s’accentuaient à leurs approches de l’étable ou se trouvent leurs petits veaux. Perché comme à ses habitudes sur l’une des poutres en bois à l’entrée de l’enclos Hall s’est mis à aider les dernières bêtes trainardes à entrer sans se donner de cornes entre elles. Il lui restait comme dernière besogne de la journée, juste ce moment de fermer le portail de l’enclos, Levant la tête. il vit s’élever une trainée de poussière à l’horizon.
Dis m'àn ! cria soudainement Hall !. Comme si le souci qui angoissait sa mère le préoccupait aussi. C'est Billy ! c’est lui m’an ! Là, au loin sur la piste qui mène aux Morgan .Je le vois qui vient à bride abattue !.Prise dans l’effroi, la mère laisse tomber de ses mains le sceau, dit d'une voix saccadée. Quelque chose lui est arrivée dit elle...Hall! vite !, avertis ton père... , il est à l’écurie à s'occuper de la jument. Lorsque Billy arriva, posa pieds à terre, couru droit à la maison .Le père comprit que ça n'allait pas du tout pour son fils. Avant que la tête de Billy ne disparaisse à l’intérieur. Le père gravement lui demande.. Billy Veux-tu me dire ce qui se passe.C'est rien Pa !répond Billy tout essoufflé, le père savait son fils qu'il ne mentait pas pour rien. Exubérant! il se retourna vers Hall, l’appela d’un ton ferme qui ne pouvait attendre...Hall! Laisse ta mère, viens vite m'aider. Le père, au regard de la mère qui ne comprenait toujours rien, se dirigea droit cette fois vers la seule selle suspendue dans l’étable .IL la tira vers lui, le vieux tapis de selle traina avec.Une selle usée par le temps et le vent, devenue bien lourde pour ses deux bras. Hall !.Haall !.. Où est ce que tu traines encore…, dépêche-toi de m’emmener Black.! Et va remplir les deux gourdes du puits. Et si le père à Billy eut à choisir un tel ou tel cheval,’ dans certaines circonstances, il savait sur quelle bête compter. Black était ce cheval pour le père, le plus préféré, et que Billy aimait aussi. Un vrai pur sang. Hall le môme de la famille, au cri sans rappel du père s’emballa à exécuter sa tache de consignes, sans tarder se dirigea vers le cheval, mit la bride à la bête et l’emmena, , il se dépêcha aussi vite après de remplir les gourdes de l'eau du puits. En mains expertes d’un vieux cavalier, Le père mit le tapis de selle et plaça dessus la selle. Le cheval, la robe luisante, attendait patiemment le prochain geste de l'homme. Désemparée, la mère regardait le père mettre la selle au cheval en toute hâte .Elle était là à observer sans brancher.son cœur faible lui disait autre chose. Quand Billy sorti ,il était vêtu de ce long manteau de cuir qui lui descendait tout bas, un manteau de cow –boy du temps qui évoque le rassemblement des grands troupeaux ,sa main tenait une carabine winchester et une couverture enroulée couvrait son avant-bras. Son chapeau large au bord rabattu par devant descendant le front lui couvrait les épaules. Je veux savoir ce qui se passe, dit maman toute angoissée en voyant son fils sortir vêtu de la sorte, une arme à la main...Tout en serrant les courroies, se souciant guère de ses paroles, ses mains en expertes bouclèrent plus fortement les sangles de la selle à un long voyage,. il répondit enfin d'une voix bien crispée. Ton fils vient d'avoir des ennuis avec le shérif et son adjoint à Dock- City. comme d’habitude.. Et il vaut mieux qu'il s'en aille chez son oncle à Tombstone là -bas en Arizona jusqu'à ce que les choses se soient tassées.
Car être pris pour un voleur de chevaux en ce temps ou se mettre en travers d'un shérif fédéral, au Texas, en 1869, ajouta le père c'était comme prendre un aller simple pour la potence.
Hall ramena les gourdes pleines, leurs extérieurs bien mouillés. Elles furent attachées comme à l’accoutumé en bandoulière à l'avant de chaque coté de l’épaule du cheval, sans prendre la peine de regarder le fils, le père d'une main fit une claque brutale sur la croupe du cheval. Au coup reçu, le cheval cabra, de lui s’échappa ce long hennissement d'un départ ...lorsque Billy y eut tiré la longe et prit les rênes, Black dressa ses oreilles ;au coup de l’éperon prit l’élan au triple galop. Adieu fiston! dit le père à Billy. N’oublie surtout pas de prendre le chemin connu..C’était les seuls paroles qu'il adressa à son fils.
D'une voix rauque de loin on entendit Billy dire :...adieu m’an ne t’inquiète surtout pas ! A son jeune frère il dit. Garde bien ta sœur Laura Hall. Le vent apporta quelques voix .Les autres phonations furent mêler au bruit des sabots laissant derrière eux leurs poussières.
D’une voix faible, la mère lui répond. Prends soin de toi mon fils, murmura t elle à son passage, serrée entre le tablier et les bras de sa mère Laura la petite sœur, regardait d'un air pensif, son grand frère partir. Déjà au loin, le soleil allait disparaitre à l’horizon, laissant sa clarté jaunâtre terminer la courbe du jour. Las, le père Tête baissée, le poing d'une main fermé, ,il empoigna de l'autre main son vieux chapeau en daim et en frappa avec son genou .Une habitude à lui qui lui revenait souvent pour atténuer une colère. Quand il sorti de l’intérieur de l'enclos et regarda les dernières lueurs du jour disparaitre derrière les collines, les mots lui manquaient à la gorge pour dire quelque chose. Ses yeux amoindris de douleur voyaient son fils partir....
Billy est déjà loin Quand le Shérif -fédéral William Randal et son acolyte de Shérif adjoint se présentèrent pour l’emmener et forcer le père à le faire sortir et leur remettre le fugitif caché. Le père fut bien narquois à leur demande d’arrêt en leur montrant par le canon de son fusil les cimes des montagnes où il se trouve ….les deux représentants de justice levèrent des yeux hargneux vers la montagne et se disent qu’ils leur restent encore un peu de temps.. Enfourchèrent leurs montures avec la conviction que le vieux Sam qu’ils connaissent ne pouvait les tromper ni mentir à la loi …Impassible envers ces hommes de loi qui s’éloignaient de sa vue, sur le perron de l’entrée le vieux Sam implacable, retrouva son calme.
Son fils chevauchait dans une toute autre direction.et savait qu’en ce moment, Billy est bien loin pour être inquiété d’être rattrapé.
2eme partie
Billy, chevauchait maintenant sous un ciel étoilé, se fiant à son étoile qui lui indiquerait le sens à prendre toujours en direction du nord.
Suivant le conseil de son père, Billy avait choisi la route à prendre qu’il connaissait et qu’il a déjà empruntée avec pas mal de cow boys au temps de ces grands départs de convois de bétail au nord du pays. La route la plus difficile mais la plus sure pour lui.
En ce mois des grandes chaleurs, il savait qu’il avait prit ce risque du choix de chemin qui représente devant lui l’immensité de ses terres arides en été que le soleil implacable dardait de ses rayons de feu. Le point d’eau qui sera le plus proche est à quelques miles un peu loin encore, mais à cet endroit il en fera et en sera une halte pour un repos et provisions d’eau. Même black en a grand besoin d’un repos mérité. Les deux gourdes emportées remplies de nouveau suffiront pour le voyage Parfois il sentit la selle fendre sous son poids. Black tenait bon et, Billy en bon cavalier savait donner l’allure au cheval. Parfois l’allure au pas ou au galop, parfois au trot, parfois il maintenait l’allure du cheval au galop régulier. Le vieux père à Billy en plaçant cette confiance aveugle en lui, connaissait bien l’endurance de la bête.
Durant tout le parcours à travers la grande étendue qui, s’affiliait à perte de vue régnait le grand silence..Pas un bruit à part le bruit devenu familier pour Billy du martellement continu des sabots contre le sol .Et, d’un horizon à l’autre, on ne distinguait que les quelques corbeaux hasardeux au sommet d’une crête d’un rocher en quête d’une proie moribonde d’un coyote. Leurs croisements inlassables parvenaient comme pour annoncer un malheur..
Du dernier puits d’eau laissé, Il chevauchait maintenant depuis déjà plusieurs jours.sur une piste désertique, poussiéreuse et sans fin. La route lui était longue jusqu'en Arizona .Il devra parcourir encore tout l'état du Nouveau Mexique toujours vers le nord et à traverser le Rio Grande, ce fleuve qui descend du Colorado venant des montagnes ROCHEUSES. .Il était là à penser à tout ce trajet, quand soudain il aperçut à une clairière prés d'un arbre à un mille de lui plusieurs cavaliers De loin, il ne pouvait apercevoir ou comprendre ce qui se passait. Billy ne voulait prendre le risque de s'aventurer à aller à leur encontre..Par prudence caché derrière le gros rocher qui le dissimulait complètement il resta là à observer leurs mouvements,..;.
Là, à une distance où il se trouvait, il distingua deux hommes ^parmi eux sur un même cheval sans selle Les cinq autres dont un immobile avec un grand et large chapeau de mexicain le masquant complètement. A l’ écart, il paraissait leur chef, .les quatre autres caballeros tournaient tout autour de leurs prisonniers aux braillements hilares ajoutés aux mélanges de cris de haine et d'injures.
Au signe du geste de leur chef , l’un des hommes prit son lasso et un autre que son compagnon lui remit .Sans tarder , il s'immobilisa avec la bête au dessous d'une branche de l'arbre .IL vint à exécuter avec adresse à passer la première corde et la deuxième autour de cette branche choisie donnant un relief de la plus robuste de toutes .Billy comprit que c'est à une pendaison qu'il va être témoin de cette scène malgré lui. Quand soudain, Il entendit l’un des hommes élevait un cri , un coup de feu retenti . Parmi les hommes de la bande, un homme a utilisé son arme et à faire feu .Les des deux hommes ligotés à un moment d’inattention, dans leur ultime espoir ont tenté de fuir et prendre le large. Le pistolero n’eut pas le loisir de presser la détente une deuxième fois : Le coup parti a atteint sa cible. Le fuyard atteint au dos glissa de cheval entraînant son compagnon avec lui à terre .Ils étaient menottés ensemble ! Dans son élan, leur cheval fougueux, continuait son grand galop dans la plaine qui s'étendait à perte de vue devant lui ., Sans charge sur lui , libre de tout mouvement il ne s'arrêta pas., Le groupe surpris savaient dans ce cas qu'ils ne pouvaient rattraper le cheval.
Pour en finir leur sale besogne, des quatre hommes deux descendirent de leurs chevaux, s’avancèrent vers les deux bonhommes gisants à terre.
Chef Valdés ! Cria le plus proche. L’un des gringos vit encore il n’est que blessé .Valdés était le nom du chef. Serein sur sa monture, un bout de cigare à moitié consommé pendait du coté de ses lèvres. Une gourde suspendue à son cou qui de temps à autre dégageant le cigare noirâtre, IL déversait le contenu de quelques gorgés à son gosier laissant d’autres gouttes lui coulaient sur son buste poilu .Essuyant par la suite, ce qui restait de liquide sur ses lèvres par la manche de sa veste en cuir. Jovial, IL regardait paisiblement avec enthousiasme ses hommes emportés par leur graine de violence.
A peine pieds à terre, que celui qui détenait l’arme encore fumante cria à son chef. Est ce qu'on l'achève… dit l'un d'eux.
Et sans attendre le mot de son chef, il sorti son revolver de gros calibre de son étui. S’avança en laissant entendre à chaque pas le tintement de métal des éperons de ses bottes. Arrivé jusqu'au corps inerte du blessé il essuya avec dégout, son nez du revers de sa manche, et de ce qui est en reste de poussière et de tabac à mâcher sur ses lèvres et les lui cracha dessus. Non satisfait, ajusta son colt en direction de la tête pour y faire feu .Relevant un peu plus son sombrero couvrant son visage poilu d’une barbe de quelques jours, d'un regard perçant Valdes de loin l'arrêta .Valdes en homme aguerri depuis qu’il a connu tout jeune une arme à feu, avait déjà une idée autre en tête pour les achever. Une mort lente qui lui rappelle un temps de combats endurcis de règlement de compte entre bandes rivales. Une mort de supplice voilà ce qu’il a trouvé pour ces pestes de chasseurs de primes. Il ricana si fort à l’idée, que son rire devint subitement des toussotements continus Se laissa glisser de selle se mit à terre en vacillant à quatre pattes et vida tout ce qu’il a pu boire de tequila.IL était hilare et complètement ivre, Il s’étala ensuite de tout son long, bras tendus au ciel avec un grognement de bête cherchant une proie pour assouvir sa faim.
, Avant de se relever, Valdés toussa une dernière fois qu’il fera suivre après d’un cracha avec répugnance.
Il ordonna à ses hommes de mettre à genoux le blessé sans lui enlever les menottes qui le retiennent à son compagnon. et de faire passer la corde autour du cou du deuxième homme de la tendre et l’attacher à l’arbre..
IL alla récupérer son large chapeau un peu plus loin et d’une fente de sa botte retira un couteau de chasse. Son visage cette fois avait cette expression bestiale et vile, devenu dur et glacial …. Les hommes exécutèrent en se rappelant leurs bonnes astuces de méchancetés. Ils soulevèrent celui qui avait la corde au cou et placèrent ses pieds sur les épaules du blessé ; chaque pied sur une épaule. Leurs poignets gauches menottés les obligeront à être solidaires dans ce sort cruel de mourir et sentir par la suite davantage le supplice infligé.
Un bout de temps après, Valdès prit d’une fente des sacoches de sa selle une longue lanière de cuir vert, la coupa en deux, une plus longue que l’autre..De sa gourde il en verse dessus le contenu de tequila.
Cette fois, Valdés s’approcha du blessé qui gémit de douleur, mais le cri qui montait dans sa gorge fut étouffé par la lanière de cuir vert que le mexicain ’enroulait autour de son cou, serrée par un nœud solide..IL prit l’autre morceau de lanière, souleva les vêtements et la chemise du bonhomme pendu lui faisant exposer sa peau au soleil et lui entoura le buste avec en serrant bien fort le nœud..
Billy suivait la scène, dissimulait derrière le rocher prêt à fuir au cas où son cheval humera l’odeur d’un autre cheval, hennira et les avertirait de sa présence toute proche d’eux.
Billy savait de son père, l’efficacité de ce supplice d’une mort lente et certaine, appliqué par les mexicains pour un prisonnier qui doivent haïr.
La mort de l’homme suspendu par la corde au cou dépendra de la durée de vie de l’homme à genoux. La lanière en cuir vert au fur et à mesure qu’elle sèche on meurt lentement étranglé, et en resserrant la poitrine ça vous empêche de respirer. Des que l’homme agenouillé suffoquera et tombera il entrainera dans sa chute le pendu qui se brisera le cou par son poids suspendu jeté à l’avant.
La torture va commencer à produire son effet. Le soleil flamboyant dardait ses feux impitoyables. La positon du soleil n’était qu’à mi chemin de sa courbe.
Les rayons du soleil dans ce temps qui coule vont faire évaporer l’alcool du cuir vert qui s’enfoncerait dans la chair..
Seul Billy ne pouvait venir d’aucun secours aux pauvres malheureux .Il voulait partir, s’éloigner au plus vite de cet endroit sans se faire remarquer.
Mais il resta là, à suivre la scène impitoyable .Avec une implacable indifférence, Valdés et ses hommes observaient l’ agonie des deux chasseurs de primes... Jetant un dernier regard effronté sur eux qui ne révèle aucune pitié, il décida enfin de partir laissant seul un homme assistait à l’atrocité et lente agonie que subissent les deux prisonniers.
Les quatre caballeros disparaissaient au loin, le mexicain restant paraissait ivre et fatigué, vacillait jusqu’à l’arbre soupira et s’adossa à son tronc, rabattant le grand sombrero, il le tira sur son visage le protégeant du soleil brulant et se laissa choir à un profond sommeil.
Thalassa:Algérie la mer retrouvée...
Un magnifique reportage sur l’Algérie diffusé récemment et que beaucoup d'entre nous du site n'ont pas eu l'occasion et le plaisir de le regarder.
