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    • Education

Centres d'intérêts : Miliana

À propos de l'auteur : <p><span style="font-size: small;">Témoigner c'est Souvenir</span></p>

Citation préférée :

L'enfance. Cette heureuse et brève période de l'existence où l'on a tout juste assez de conscience pour savourer la joie d'être et d'inconscience pour ignorer les difficultés de la vie.

  • Fatima La fille du fleuve

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    F a t i m a

    la fille du fleuve

    _=_=_=_=_

    • bd historique
    • Editions Dalimen 2021
    • 32 pages
    • Prix 700 DA

    Couverture Fatima la fille du fleuve

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  • DE NOS SOEURS ÉGORGÉES

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    DE NOS SOEURS ÉGORGÉES

    Rachid Ezziane

    Editions : "Les Presses du Chélif"

    M'hamdia, Naïma, Hafida, Kheira, Sahnounia, Zohra, Fatima, Amina, Aziza, Kheira, Rachida : ces prénoms sont ceux des onze jeunes femmes institutrices, assassinées par des terroristes islamistes, sans foi ni loi, également appelés : "fous de Dieu", le 27 septembre 1997 près de Sfisef, dans la Wilaya de Sidi Bel-Abbès (Algérie).DE NOS SOEURS ÉGORGÉES

    Elles avaient, certes, reçu des menaces de mort si elles ne s'arrêtaient pas d'enseigner et elles savaient pertinemment qu'elles couraient un risque démesuré. Cependant, elles ont persisté dans leur volonté de poursuivre leur métier d'enseignantes car elles étaient persuadées que l'école, ce temple du savoir, était le chemin vers la liberté et l'épanouissement.

    C'est à partir de cette tragédie innommable que Rachid Ezziane a écrit son "roman". Certes, le parcours de ces femmes est imaginé par l'auteur mais il apporte à son récit de tels arguments, notamment, sur le combat réellement mené contre le terrorisme et l'obscurantisme au cours de cette décennie noire qu'on se laisse totalement porté par le parcours de ces jeunes femmes (la plus âgée avait 40 ans !) au travers de leur vie quotidienne, de leurs peurs, chaque matin, avant d'aller prendre ce bus qui les emmène dans leur classe respective. Ces institutrices étaient mieux placées que quiconque pour savoir que si les guerres prennent naissance dans l'esprit des hommes, c'est dans leur esprit que peuvent s'élever les défenses de la paix, d'où l'intérêt de l'éducation dès le plus jeune âge.

    Ce récit est un hommage à toute la population algérienne et à ces enseignantes en particulier. Certes, l'auteur y dénonce des atrocités mais il le fait avec l'intelligence, l'émotion et l'empathie qui le caractérisent. Ce livre est également tellement captivant et bouleversant que, une fois ouvert, nous ne pouvons pas le refermer avant de l'avoir terminé !

  • La glaise qui fait les Grands Hommes

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     Je suis comme secoué par un besoin de raviver un souvenir qui raconte une histoire des plus édifiantes, bourrée de sagesse et de sagacité, appartenant à ces hommes dont toute leur grandeur avait été pétrie d’humilité. A vouloir connaitre le secret qui élève au rang des nobles, on le trouve chez ces hommes qui s’abreuvent de modestie, de gratitude et de bien ; fait dans le silence et contraire à tout écho . Les choses que nous connaissons sur les hommes ne font que leurs noms ; c’est peut-être ce que nous ignorons d’eux qui fait beaucoup plus leur grandeur.

    En 1978, me trouvant au service national, en qualité d’aspirant chargé des prérogatives de chef de service comptabilité, j’étais appelé, entre autres, à remettre les paies mensuelles au Personnel civil que comprenait notre administration.
    Mon attention était particulièrement attirée par une seule personne ; un gardien pas comme les autres. Un homme dépassant de loin l’âge de la retraite, vivait seul dans un centre de colonies de vacances et jugeant lui être utile, je lui ai proposé mes services pour l’aider à partir en retraite.
    Souriant, il m’a répondu par un refus qui m’intrigua du fait que c’était le contraire à quoi je m’y attendais. Voulant conforter ma bonne intention, il m’invita à m’asseoir près de lui et, comprenant toute la beauté du geste ; se résumant dans un sourire de sage qui ne le quittait pas, il va me conduire dans une pérégrination, dans le temps, pour me raconter son histoire… et quelle histoire !!!

    Chaque famille Algérienne, racontant en film ce qu’elle a vécu pendant la guerre de libération nationale, décroche inévitablement un « Oscar » au festival de Cannes.
    Il me conduisit à Béchar où il naquit et vivait pour me faire part de son histoire insolite.
    Un soir, quand tomba la nuit dans un douar à la périphérie de Béchar, les habitants furent alertés par des aboiements de chiens. Dans ces conditions de guerre, tout le monde était aux aguets et on s’attendait bien sur au pire ; raison pour laquelle on ne fermait pas totalement l’œil.
    Ils ont su tout de suite que c’étaient les Moudjahiddine qui passaient, à leur mot d’ordre : « nous sommes el Khaoua », voulant dire : nous sommes vos frères.
    Ils furent vite reconnus et pris en charge avec tout ce qu’on pouvait offrir de mieux aux invités. Le vieil homme qui était en face de moi était bel et bien la personne qui a pris soin de ces maquisards ; leur offrant une chèvre au souper, sa maison, sa literie et tout ce dont ils avaient besoin. Tôt le matin, ils prirent le café et continuèrent leur mission.
    Quelques années après l’indépendance, un colonel, en la personne de Si Abdellah Belhouchet , partit en mission à Béchar, dans le cadre de ses fonctions d’officier supérieur de l’A.N.P .

    Arrivé sur les lieux et après sa mission, il demanda à être dirigé vers le douar qui l’a si bien accueilli, nourri et logé en ces moments difficiles de guerre. Si je me rappelle bien de la narration du vieil homme, le colonel avait été conduit par hélicoptère.
    Son arrivée au douar ne pouvait passer inaperçue, c’était un événement criard, rassemblant tous les habitants ; venus nombreux émousser leur curiosité …Dire que les invités sont bien reçus dans notre bled, surtout au Sud, serait un grossier pléonasme.
    Après une entrevue des plus conviviales, le rideau est tombé sur le secret de cette visite si inattendue dans un coin perdu, pour susciter une euphorie mêlée de nostalgie et de confusion…des moments difficiles à contenir ; aux états d’âmes graves.

    Au moment du retour, le colonel avait demandé à voir, seul, l’homme généreux et hospitalier qui leur avait fait don de tout ce qui était en sa possession en ces moments pénibles que fut la guerre et, tête à tête, ils avaient parlé de tant de choses.
    Informé de la situation et des conditions de vie déplorables que menait cet homme après avoir tout perdu pendant la guerre, Si Abdellah Belhouche lui demanda de faire sa valise pour le suivre et aller vivre avec lui pour le restant de sa vie sans qu’il ne manque de rien. L’homme qui n’avait personne et rien à prendre avec lui s’était certainement contenté d’un regard d’au revoir ou d’adieu pour partir et ne plus revenir à cet océan de sable.

    Ce jour là et étant très jeune, j’avais situé - COMME UN EVEREST- ce petit homme (Colonel,son grade à mon époque) qui avait refusé un jour, de se peser devant nous ; tellement chétif ( sur une bascule de la coopérative militaire de Blida) ; qu’aucun Général au monde ne peut égaler…Allah irahmou.
    Sous le sceau de la reconnaissance, je rends un vibrant hommage et galvanise la mémoire de ce si grand homme des Aurès qui a marqué indélébilement l’histoire de notre révolution ; cet homme qui a toujours trouvé une place pour ranger avec ses armes, la caméra de René Vautier et la plume de l’intellectuel. Chapeau bas à ce Grand Homme qui payait ses factures d’eau et d’électricité, qui considérait le soldat chargé de ses commissions comme son propre fils et qui prenait en voiture des auto stoppeurs, croyant qu’ils sont des appelés manquant d’argent pour rentrer chez eux.

  • Silence coupable

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    • ho, oh mais GM tu apportes deux paquets avec toi GM?
    • c'est un don du ciel fiston?.
    • tu m'autorises à voir ce qu'il y a dedans GM ?
    • Ce sont deux chatons errants ils ne savaient où aller par ce froid
    • j'ai horreur des chats GM
    • Nous avons fait un pacte toi et moi on est des GENS civilisés maintenant et nous avons établi une démocratie dans ses trois formes l'égalité devant la loi, l'égalité des chances, l'égalité de considération.
    • c'était entre toi et moi uniquement GM pas avec d'autres créatures.
    • La vie nous oblige maintenant à vivre fraternellement et socialement
    • ici chez nous GM je n'attends pas mieux de ces aigris qui viennent de montrer déjà leurs ê.
    • Regarde regarde fiston ils montrent déjà leurs tetes.ils sont si malheureux ne vois tu pas?.
    • OH ! GM ils ne se ressemblent absolument pas l'un est blanc et l'autre il est tout noir .
    • Tu me montrées ton véritable visage fiston
    • De ces deux dons du ciel on ne doit accepter que le blanc GM .
    • Honte à toi de dire çà,tu es déjà civilisé je crois .
    • Regarde CES VOISINS tout autour de toi qui nous entourent ce sont tous des civilisés de la première heure GM ; mais ils ont tous une pancarte sur leur porte .PAS DE NOIR CHEZ NOUS UNIQUEMENT LES BLANCS.
    • On fera comme eux GM on garde le blanc et on chasse le noir
    • tu es vraiment un véritable raciste fiston j'aurais dû me douter de toi depuis longtemps.
    • alors si je suis comme tu le dis pourquoi tu ne souffles pas mot de la honteuse discrimination qui se montre à tes yeux GM envers ces voisins ?
    • Fiston il faut me comprendre eux c'est par excellence ce sont les champions de la liberté et de la démocratie et tout le monde est derrière eux pour dire; Silence même si on n' accepte pas ceux qui ont la peau noire.
    • Alors GM nous aussi on refoule et on ne dit rien ...
    • Pour toi je vais garder en moi ce silence coupable fiston .
    • Tu vois bien que c'est bien facile de se montrer et à parler pour rien dans ce monde quand on garde un silence coupable.

  • Histoire d'un village

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    Cette histoire rappelle ,simplement une vie dans un temps passé qui se raconte maintenant de part et d'autres. Elle est l'histoire d'un village.ecrite par Max Hasholder avecla participation de Ibrahim Meghoufel .

    • C'est l'histoire de leur village .
    • De 1902 À 1962, Les soixantes années de vie
    • Fait à Montauban le 25 Juin 1999
    • Ecrit par Max Hasholder, participation par Ibrahim Meghoufel

    Ain Lechiakh, Ex Voltaire
    Un village d’Algérie


    C’est au début du siècle seulement, que l’armée et l’administration françaises décidèrent d’implanter un village de colons à AIN LECHIEKH et de le baptiser du nom de VOLTAIRE. L’Algérie était alors FRANÇAISE.

    L’administration coloniale a acheté les terrains, d’une superficie de dix mille hectares environ, aux indigènes. Ces terrains ont été répartis en deux cents lots de cinquante hectares comprenant un terrain à bâtir et un jardin potager en terrasses, au nord du village.
    L’armée s’est chargée de mettre en place la voirie et les adductions d’eau par captage de sources naturelles. Les jardins étaient irrigués par des canaux déviant les eaux du TELBENET sur plus de cinq kilomètres.

    Il a alors été proposé à des candidats colons, inscrits sur des listes d’attente, d’acheter un lot moyennant une somme relativement faible par rapport à ce qui se pratiquait en métropole, par exemple, mais le candidat à l’achat n’était réellement propriétaire qu’après avoir vécu cinq années sur ses terres. Les colons arrivèrent, certains avec une grande expérience de la vie à la ferme, d’autres tentant leur chance dans ce métier tout à fait nouveau pour eux. Il y’avait des émigrés de l’Isère, les JACQUET, GUILLERMIER, JAUVION, TURC, PRA, CHARLES, GUIRAUD, des Alsaciens et des Lorrains qui avaient quitté leur région en 1870 et qui, depuis, ne s’étaient pas encore fixés, les PETER, HASHOLDER, GOETZ, BEYER, FOURNAISE, CHMER, MARTIN, HILD; des gens du Midi, les DUSSERRE, RENAUDIN, LEOTHAUD, LASSIME, PETIT, HONORAT, CARAGUEL,; des gens du Sud-ouest, les ROQUES, ENJALRAN, GARDON, FOURTON, MORLA, GASTON, SAINT-SERNIN, GALANTINI, BERNHARD, DALONNEAU, CAPDEVILLE, BLOUVAC, BRISAC; des gens du Jura, près de la Suisse, les DUNANT, des Corses, les DELLATANA, PEDATELLA, ROMANETTI; des Bretons, les GUERRIEC. Quelques uns arrivaient d’Espagne, les SERVERA, PONS, ALVAREZ, ARTERO, DE HARO, PRATZ et même d’Italie, les FACIOTTI. Tous s’entraideront les premières années pour construire leur maison et les dépendances sur les lots du village, d’autant mieux que certains étaient maçons ou charpentiers de métier. Par contre, tous ne réussiront par leur jardin potager et leur volailles qu’un opuscule, distribué par l’administration coloniale, les engageait à soigner particulièrement les premières années. Pour défricher les terres arables qui devaient porter récoltes de céréales, il a fallu acheter deux bœufs et quatre mulets aux marchés à bestiaux indigènes de KHEMIS-MILIANA qui se trouve à une trentaine de kilomètres qu’il fallait parcourir à cheval. Les palmiers nains et les cailloux de tuf couvraient le sol à ensemencer. Les palmiers nains étaient arrachés en si grand nombre, que dès les premières années, trois usines à crin ont vu le jour. Le crin était utilisé par les bourreliers pour confectionner principalement les colliers de mulets, mais il était aussi expédié vers ALGER. Les pierres de tuf servirent à bâtir les murs de soutènement des maisons.

    VOLTAIRE se situe à cent cinquante kilomètres d’ALGER environ, au Sud-ouest. Ce village est installé sur les coteaux de la plaine de CHELIEF, à égale distance de MILIANA, de MÉDEA et de BOUGHARI. Une route carrossable reliait VOLTAIRE à la route de MILIANA-MÉDEA mais seule une piste permettait d’accéder à BOGHARI. Cette piste était empruntée l’été par les nomades du SAHARA (GBAL’A) qui remontaient vers le nord avec leurs dromadaires chargés de sel gemme; ce sel était échangé à VOLTAIRE contre des céréales. Concassé, il permettait de saler les carcasses de cochons que l’on préparait dès le début décembre; les plus gros morceaux de sel étaient placés dans les mangeoires des bœufs, des vaches et des moutons.

    Le jardinage, les volailles, le cochon, le lait de la vache indigène…ont permis aux plus chanceux de tenir durant ces fameuses cinq années et de devenir propriétaire de leur lot. Beaucoup n’ont pas tenu les cinq ans et des lots ont été mis à la vente, le plus souvent aux enchères, et c’est ainsi que les plus argentés ont acquis cent, voire cent cinquante hectares supplémentaires.

    Cinq ans étaient passés et, déjà, on avait creusé des tombes pour les plus faibles et, surtout, pour les jeunes enfants. Le curé de LAVIGERIE (Djendel), petite ville située à huit kilomètres de VOLTAIRE, et le pasteur de MILIANA venaient régulièrement visiter leurs ouailles et l’office se tenait chez l’un ou l’autre.

    On arrive ainsi vers 1910 et alors les tracteurs font leur apparition. On peut labourer plus profondément; on peut défoncer grâce à un moteur fixe en bout de champ et une grosse charrue brabant tirée par un câble relié à un treuil. Dans les terres défoncées, on plante de la vigne et des oliviers.

    L’administration a construit une école, deux classes et deux logements, un bureau de poste, une mairie et a planté l’arbre de la liberté qui trône au milieu de la grande place du village, toute caillouteuse. Des fonctionnaires sont arrivés : les instituteurs, le couple MALTE, le postier, Mr. MONDE, sa femme et ses deux enfants, les facteurs qui sont des KABYLES : GALLOUZE, BOUDJEMILE. D’autres Kabyles, BOUSSAAD par exemple, sont venus tenir boutique d’épiceries et de tissus. L’école n’est pas mixte; il y’a une classe des filles et une classe de garçons. Si parmi les garçons on rencontre quelques indigènes, Kabyles et Arabes fils de notables, seules les filles Kabyles fréquentent la classe des filles. Tous les européens sont scolarisés et préparent le certificat d’études primaires.

    Il s’est installé un maréchal ferrant, Mr. MANDON, qui fait des merveilles pour affûter les socs de la charrue DOMBASLE et ferrer les chevaux. Quelques arabes entreprenants ont ouvert deux cafés maures, un souk, ou se sont improvisés marchand de légumes ou boucher : GUESSOM, BOUCHICHIA, BENYAGOUB, BOURGHA. Les indigènes du bled, trouvant du travail au village, s’installent dans des DOUARS près du centre et y construisent des GOURBIS comprenant une ossature de perches, liées entre elles et une couverture de DISS, herbe longue et sèche. Au lever du jour et à la tombée de la nuit, la place de recréation de l’école est réservée à la prière des MUSULMANS tournés vers LA MECQUE.
    Des familles aisées, les GERMAIN’ KLENE, acquièrent vingt mille hectares de terres en friches non loties et y installent un grand domaine de vignes, oliviers et même orangers près du CHELIFF. C’est sous leur impulsion qu’une église sera construite, en face de l’arbre de la liberté, au dessus de la place du village.

    Et la guerre de 14-18 éclate. Tous les hommes valides sont mobilisés. Leur absence se poursuivant, ce sont les femmes qui font marcher la maison et la ferme. Elles disposent de main d’œuvre bon marché en la personne des prisonniers RUSSES logés chez l’habitant au village. Beaucoup d’hommes ne reviendront pas ou reviendront traumatisés : gazés dans les tranchées de VERDUN ou naufragés en mer, ballottés les vagues, accrochés à une épave pendant plus de douze heures. Certaines femmes continuèrent seules avec beaucoup d’enfants en bas âge, cinq voire six. Douze ou quinze années plus tard, les enfants pourront, pour la plupart, continuer le métier d’agriculteur. Les fermes de deux cents hectares, redeviennent des lots de cinquante hectares ou moins.
    Beaucoup de mariages se font entre jeunes du village où l’on danse, au son des phonographes, tous les dimanches à la terrasse des deux cafés qui sont très fréquentés tous les jours à l’heure de l’apéritif où l’on boit force ANISETTES pour accompagner la KHEMIA fortement salée et même pimentée. Chaque année, le comité des jeunes conscrit organise une fête avec orchestre, sur la place du village dont une partie a été dallée pour favoriser l’évolution des danseurs. Des forains s’installent tout autour de la piste de danse et l’on vient à cette fête depuis LAVIGERIE, AFFREVILLE, MILIANA, BORLEY LA SAPIE, MEDEA…
    Pour le jour de l’an, les ménagèrent préparent, en particulier, des corbeilles à linge pleines d’oreillettes qu’elles distribuent aux enfants européens et indigènes qui passent de maison en maison souhaiter la bonne année. Le père Noel n’a oublié personne même s’il n’a apporté qu’une quille à chacun des enfants de la famille. A eux tous ils auront un jeu complet.
    La vigne étant une culture qui rapporte davantage que les céréales, il y’a d’abord beaucoup de petites caves particulières qui sont construites et c’est en 1936 que les viticulteurs de VOLTAIRE se regroupent et fondent la cave coopérative, créant par la même occasion quelques emplois stables qui sont occupés pour la plupart par des indigènes : SEDDICK, le caviste, M’HAMED HARRIZI, son aide et DJELLOUL BOUSSAAD le secrétaire. Le comité directeur de la cave coopérative négocie les ventes de vin en gros et répartit les sommes d’argent reçues au prorata des récoltes et de leur qualité. On y fait un vin chaleureux qui titre quatorze ou même quinze degrés d’alcool et qui provient des cépages CARIGNAN et GRENACHE qui apportent la couleur et la teneur en alcool et CINSAULT (arabe) qui apporte la quantité et la saveur; la production de la région des couteaux est classée Vin de Qualité Supérieure. Le CINSAULT était consommé comme un raisin de table par beaucoup de gens. Si au tout début, il n’y avait qu’un seul garde champêtre s’occupant surtout du village et des jardins potagers tout proches, il faut maintenant tripler l’effectif pour surveiller les cultures fruitières telles la vigne, les melons, les pastèques, les olives et les amandes et les cultures céréalières : blé, orge, avoine. Les trois gardes champêtres dont deux sont des indigènes, sont, de temps en temps, aidés par le peloton de gendarmerie stationné à LAVIGERIE.
    Arrive la guerre de 1940. La encore, les hommes sont mobilisés. La plupart d’entre eux participera aux débarquements en CORSE, en Italie ou dans les environs de TOULON avec les TIRAILLEURS ALGÉRIENS, les SAPHIS ou les ZOUAVES dont la tenue de parade a survécu à toute les modes, BURNOUS blanc ouvert sur le costume rouge des BERBERES avec le ceinturon de flanelle blanche et, sur le tête, la CHECHIA brique. Quelques uns ne reviendront pas, fauchés par la mort en pleine jeunesse; d’autres resteront prisonniers jusqu’en 1945; certains ont rejoint DE GAULLE en ANGLETERRE. Les femmes du village se sont organisées; elles n’entraident. Elles accueillent aussi des enfants, du HAVRE en particulier, réfugiés en ALGÉRIE pour échapper aux bombardements que subit le NORD DE la France. Il y a, parmi eux, les enfants de la famille FREVAL et ceux de la famille COISY. Ces enfants retourneront chez eux en 1945, mais trois d’entre eux reviendront vivre à VOLTAIRE dans leur famille d’accueil et se marieront en ALGÉRIE et même à VOLTAIRE pour deux d’entre eux. Ils font partie de la grande famille des VOLTEROIS. Les automobilistes avaient fait apparition avant la guerre, les camions et l’autocar aussi. Le transporteur CLUCHIER de LAVIGERIE assure une liaison quotidienne entre VOLTAIRE et AFFREVILLE, près de MILIANA la préfecture, en passant pas LAVIGERIE. Beaucoup d’automobilistes malmenées par les chemins caillouteux et les conducteurs maladroits, pas entretenues pendant les quatre années de guerre, finiront dans un terrain vague. Mais après la guerre, l’économie repart : Le boucher et le poissonnier ambulants viennent d’AFFREVILLE un jour par semaine. Les boulangers de LAVIGERIE, CHABRE ET SAUREL nous ravitaillent en pain puisque le boulanger du village n’est pas revenu de la guerre et que les fours à pain des particuliers et même le four communal sont tombés en désuétude. Les indigènes commencent à se servir chez les boulangers, eux dont les femmes fabriquaient d’excellentes galettes dans les COUCHAS, fours rudimentaires hémisphériques, fait d’un mélange de paille et d’argile séchée, comportant une ouverture basse sur le devant et une autre au sommet pour laisser échapper les fumées de combustions des bois secs et des bouses de vaches séchées placées entre trois pierres plates qui servaient de sole à la cuisson des KESRAHS. Elles étaient délicieuses ces galettes, MATLORS, mangées encore chaudes, ouvertes en deux avec, à l’intérieur, un piment cuit sur les braises et épluché chaud.
    D’une main on tenait la galette et le piment que l’on croquait à belles dents et de l’autre main on tenait soit une grappe de raisin cinsault gorgé de soleil, soit trois ou quatre figues BAKHORS, soit trois figues de barbarie, des KARMOUS AN’SARA cueillies bien mûres avec moult précautions dues à leurs innombrables et très désagréables épines qu’il fallait casser en bouchonnant le fruit avec un tampon de paille. Les fruits étaient destinés à calmer par leur fraîcheur, le feu du piment dans la bouche.
    D’ailleurs, le four des MAURESQUES, en plein d’air, devant le GOURBI dont l’entrée était gardé par un CHIEN ARABE, hargneux au possible, attaché qu’il était à longueur de vie à une longue chaîne fixée à un piquet, ne pouvant qu’aboyer furieusement après tout ce qui bougeait dans son environnement, le four des mauresques donc était un vrai joyau d’où sortait de nombreuses préparations et friandises, le FTIHRS, galettes d’orge plates et compactes, grillés des deux côtés, les M’BESSES faits de semoule salée et huilée. Pour cuire les TADJINES, elles utilisaient plutôt les braises du KANOUN et réussissaient et délicieux MAHROCS, crêpes alvéolées que l’on dégustait garnies de miel tiré de ruches artisanales faites en osier et que l’on éventerait à la récolte. Elles préparaient aussi, des MAKROUTS avec de la semoule de blé dur qui entourait un cœur de dattes ou de figues sèches pilées et aromatisées à la fleur d’orange.
    Revenons à l’après guerre, pour voir les agriculteurs s’équiper de matériels nouveaux : les premières moissonneuses batteuses, les tracteurs à roues caoutchoutées, les camions RENAULT de deux tonnes cinq de charge. On a maintenant besoin de beaucoup moins de bras pour un rendement supérieur d’autant que les produits phytosanitaires évoluent et que les engrais chimiques détrônent La fumure traditionnelle. D’ailleurs le cheptel vif de chaque ferme se réduit comme peau de chagrin; il n’y’a pas de fumier naturel que pour les jardins potagers. Mais tout d’abord rappelons ce qu’était le travail de ferme du bon vieux temps; dès le mois de juin, les blés sont mûrs et la période des moissons commence. On fauche les épis de chaume à la moissonneuse lieuse ou alors carrément à la faucille avec l’aide de moissonneurs venus du sud qui travaille à la tâche et à moitié. Le salaire du groupe représente la moitié de la récolte; ajoutons à cela, les épis glanés, après leur passage, par tout les membres de familles et soyons sûrs que les GUEBLIS repartent de la région qu’ils ont habité pendant tout ce temps en logeant sous des tentes de Nomades, avec leur provision de blé de l’année. Les rendements sont maigres dans ces parcelles difficiles d’accès. On récolte moins de dix quintaux à l’hectare les années de sécheresse. Néanmoins, les superficies des champs sont en moyenne de dix hectares et les gerbes rassemblées sur place puis apportées par chariots entiers sur l’aire commune de battages représentent d’importantes meules. Un entrepreneur de battages venait d’Affreville avec sa grosse batteuse, trieuse et botteleuse. C’était un événement d’importance. Il en avait pour un mois complet de travail. Les sacs de grains pesant un quintal chacun que, dès l’âge de dix huit ans, tout homme devait porter sur ses épaules, s’entassaient sur l’aire de battage et, toutes les nuits, il fallait garder ce précieux bien, très convoité par les indigènes dont c’est la nourriture essentielle. Un transporteur d’Affreville, venait avec camion et remorque, une fois par jour à partir de la deuxième semaine de battages pour emmener ce blé aux DOCKS privés qui se chargeaient de la commercialisation. Chacun récupérait la paille, la POUSSE et la CRIBLURE pour nourrir les bêtes en complément du fourrage et faire leur litière. On cultivait, aussi, de l’orge pour les cochons et un peu d’avoine pour les chevaux. Sur ces terres maigres, les agriculteurs pratiquaient l’alternance. Pendant la guerre, on s’est mis à la culture du LIN dont on récupérait les graines pour l’huile et les tiges qui étaient expédiées en France. On voyait aussi des champs de lentilles, des étendues de pois chiches et des fèves que l’on récoltait sèches. La pomme de terre et les salsifis ne se trouvaient que dans les jardins bien irrigués. L’époque des vendanges, dès le début du mois de septembre, était aussi très animée. Tous les moyens de transport à plate-forme étaient réquisitionnés et bâchés, pour transporter jusqu’à la cave coopérative, les grappes juteuses coupées par des équipes d’indigènes venus de DJEBEL voisin en renfort des employés agricoles annuels. Ces derniers avaient quelques responsabilités, assurant les fonctions de GARDIEN DE VIGNE, CHEF DE CHANTIER, PORTEURS À DOS ou CONDUCTEURS D’ENGINS ou d’ATTELAGES car on utilisait encore des chariots à bœufs et mulets.
    Un peu plus tard dans l’année, la cueillette des olives mobilisant les énergies. Les olives qui n’étaient pas préparées à la ferme dans des grandes jarres en grés (olives cassées et épicées; olive à la grecque) étaient transportées jusqu’aux huileries près de LAVARANDE et les récoltants ramenaient leur huile pour l’année.
    Vers les années cinquante, c’est la culture du TABAC qui occupera les indigènes les plus entreprenants qui travaillent moitié avec un propriétaire européen ou indigène. Le propriétaire donne le terrain et les outils aratoires; le commis se charge de faire venir, dans une terre très riche, les petits plants de tabac avec les graines sélectionnées par la TABACOOP d’EL AFROUN. Il transplante, arrose au haquet tiré par un mulet, bine et récolte feuille par feuille les cinq à six hectares de plants maigrichons mais très parfumés. Les feuilles sont travaillées par les femmes et les enfants du groupe familial; mises en guirlandes ou ZRONGAS, suspendues dans les séchoirs préfabriqués qui sont sortis de terre comme des champignons de fenouil au printemps après un bon orage, puis serrées en MANOQUES. La main d’œuvre est payable à la tâche : cinq francs en 1950 pour une ZRONGA réalisée. Les ballots de manoques partent alors pour EL AFROUN où la coopérative donne immédiatement une prime en fonction de la qualité, puis le revenu total de la vente avec des acomptes très appréciés. Les sommes sont partagées en égales parties entre le propriétaire du terrain et le commis, par la coopérative elle-même.
    Au village, quelques mauresques sont plus connues que les autres; elles sont laveuses ou assurent la traite du lait. Ce sont, le plus souvent, des veuves ayant beaucoup d’enfants à charge. Matin et soir, on les voit traversant le village, voilée et rasant les murs pour ne pas se faire remarquer. On les identifie néanmoins à leur allure et on sait que la CHELLALIA va mettre en train la lessiveuse chez PRA ou que la grande qui les dépasse toutes d’une tête et qui est surnommée MONT’PAILLE ou TOUILA se dépêche d’aller traire les vaches chez TURC avant le départ au pacage; tous les mardis, c’est LHALLIA qui passe sa journée à laver les draps, les serviettes et les nappes du seul Hôtel-Restaurant du village. Depuis que les lessiveuses ont fait leur apparition, le LAVOIR COMMUNAL est déserté par les lavandières qui s’interpellaient en OCCITAN. Il tombe en ruine et personne ne se préoccupe de son sort. Le lait est vendu aux indigènes surtout, qui le commandent en RHBOR, quart de litre. Mille neuf cent cinquante quatre ! La REBELLION s’installe en ALGÉRIE. La région de VOLTAIRE sera relativement épargnée par la GUERRE. On a su par la suite, que c’était en raison de sa situation entre deux WILAYAS, qui se faisait un point de passage et de repos pour les FELLAGHAS. Les indigènes du bled on été impliqués mais rarement, sauf les deux dernières années, les indigènes du village. La guerre a, tout de même, amené son lot de désolation. Alexis PRA a été tué en sautant, avec son tracteur, sur une mine placée sur le chemin de sa ferme, par une équipe des PONTS ET CHAUSSÉES étrangère au village et qui entretenait les routes dans le secteur. Son fils de trois ans était assis entre ses jambes et n’a rien eu, protégé qu’il était par son père. Ensuite, Édouard ROQUES a été assassiné un matin alors qu’il arrivait à sa ferme située à sept kilomètres du village, en plein bled. Il n’habitait plus cette ferme et s’était réfugié au village comme beaucoup d’autres fermiers. D’ailleurs plus aucune maison du village n’était inoccupée, la lente désaffection des campagnes par les jeunes était contrebalancée par l’afflux des fermiers et des fonctionnaires. Les fermes abandonnées la nuit, étaient souvent incendiées ainsi que les récoltent de céréales. Dans toutes les fermes qui sont restées habitées pendant cette période de guerre, s’élève maintenant un MIRADOR dans lequel les familles passent la nuit. Une HARKA a été installée à AIN LAPSI ou l’armée a rouvert une école qui a connu son temps de gloire. Cette école, située dans le bled à sept kilomètres du village était patronnée par l’armée de Terre qui y recrutait des ENFANTS DE TROUPE. Un instituteur, nommé par l’INSPECTION ACADÉMIQUE y était en poste régulièrement et il se passait parfois des mois sans qu’il ne rencontre un seul européen. Cependant, chaque année, au moins de juin s’y déroulait une grande fête au cours de laquelle avait lieu la distribution des prix en présence de nombreux officiels avant la dégustation du traditionnel MECHOUI.
    Les HARKIS dans le bled, les GENDARMES à LAVIGERIE, les LEGIONNAIRES en patrouille et la GARDE TERRITORIALE au village, constituée de réservistes mobilisés sur place, armés du fameux fusil LEBEL, assuraient une tranquillité trompeuse, mais le COUVRE-FEU était en vigueur et les déplacements s’effectuaient en CONVOIS. Après la création de l’ORGANISATION ARMÉE SECRÈTE (OAS) du général SALAN, les gardes territoriales ont été dissoutes car il ne fallait pas laisser d’armes de guerre aux mains des européens.
    C’est à cette époque que VOLTAIRE est promu au rang de COMMUNE DE PLEIN EXERCICE. Jusqu’à lors le village faisait partie de la COMMUNE MIXTE DU DJENDEL, avec les villages de LAVIGERIE, BORLEY LA SAPIE, DULFUSVILLE ET BARRAGE DU GRHIB. Un administrateur était à sa tête et chaque village élisait au suffrage universel un ADJOINT SPECIAL et des conseillers. Temps de guerre oblige, le premier maire de voltaire a été nommé par l’Administration et l’armée; n’empêche que les fonds propres et les subventions en font une commune riche qui se dote d’une mairie neuve, de deux nouvelles écoles, d’un logement communal, d’un grand bâtiment abritant le FOYER RURAL, d’un ABBATOIR rudimentaire, utilisé surtout le jour du marché hebdomadaire et d’un square fleuri et ombragé. C’est l’Abreuvoir des premiers jours de la création du village qui fait les frais de cette rénovation et se sont sept ou huit personnes de la région qui ont eu un emploi stable. Un couple, secrétaires de mairie, deux instructeurs, titulaires du B.E.P.C, aux écoles, un jardinier communal, MAAMAR BOUAMRA, deux éboueurs, l’albinos “CHOUBLANC” et son aide MOHAMED, deux nouveaux facteurs. Par contre, le CAID, BENTAIEB SALAH, cousin du député de même nom, perdait ses prérogatives. Le foyer rural, animé bénévolement par un instituteur du village, Gérard WATIER est le lieu de rencontre privilégié de tous les jeunes et même des plus. Anciens à l’occasion de projections de films cinématographiques par exemple ou lors de la perpétuation, en plus intime, de la fête de VOLTAIRE.
    Arrive mille neuf cent soixante deux et le jour de la proclamation du cessez le feu en ALGÉRIE. À midi pile, les arabes du village manifestent leur joie mais il y’avait là une arrière pensée. Alors que les européens se sont barricadés chez eux, les Algériens en puissance commencent à défoncer les portes et les fenêtres, armés de pioches, de haches, de faux et de faucilles. Les fils du téléphone ont été coupés; impossible d’appeler au secours. Un sous-officier de la HARKA, se trouvait au village ou il résidait. Pistolet au poing et moteur emballé, il se force un passage à travers la meute d’enragés et gagne son campement d’où il avertit les gendarmes de Lavigerie. Quinze minute plus tard, les gendarmes par le bas, les harkis par le haut, les deux formations militaires encerclent le village et remontent les rues, repoussant devant eux, à coup de grenades offensives, les manifestants. Quelques coups de feu seront échangés et il y’aura des morts. Les Accords d’Évian sont loin d’être respectés. Aussi, les Français décident-ils de quitter Voltaire, la mort dans l’âme, et en abandonnant tous leurs biens, sans même lever les récoltes qui étaient magnifiques cette année-là. Les moins optimistes tablaient sur des rendements de quarante quintaux à l’hectare pour blé dur OUED ZENATTI dont la région était devenue une zone de sélection. Les vignes promettaient aussi des grappes nombreuses et bien remplies.
    Les voltairois grossiront le flot des rapatriés qui regagnent la métropole ne sachant pas du tout ce qui les attendaient. Quelques uns restés en Algérie, coûte que coûte, et l’ont payé cher en vies humaines et en humiliations. Les vendanges terminées et l’argent empoché, ils sont tous rentrés en France avant la fin de l’année.
    En juillet mille neuf cent soixante deux, voltaire cessait d’être et le nom qui était rebaptisé AIN LECHIEKH. L’Algérie française avait vécu; l’Algérie Algérienne naissait.

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  • PETIT TOUR HISTORIQUE DE RONDA, L'ANDALOUSE

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    PETIT TOUR HISTORIQUE DE RONDA, L'ANDALOUSE,

    Aziz Oudjida, Février 2022

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    Cette année va faire 5 ans que je traine mes guetres dans cette merveilleuse région du Sud de l'Andalousie et chaque jour j'apprends de plus en plus de choses. Laissez moi vous y amener pour une courte ballade.

    Ronda faisait partie du royaume wisigoth jusqu'en 713, date à laquelle elle est tombée aux mains des Berbères, qui l'ont nommée Hisn Ar-Rundah.

    C'était la ville natale du polymathe Abbas Ibn Firnas (810-887), inventeur, ingénieur, aviateur, chimiste, médecin, poète musulman et musicien andalou.

    Après la désintégration du califat de Cordoue, Ronda est devenue la capitale d'un petit royaume gouverné par les Berbères Banu Ifran, la taifa de Ronda. Au cours de cette période, Ronda a acquis la majeure partie de son patrimoine architectural islamique. En 1065, Ronda est conquise par la taifa de Séville dirigée par Abbad II al-Mu'tadid. Le poète Salih ben Sharif al-Rundi (1204-1285) et le savant soufi Ibn Abbad al-Rundi (1333-1390) sont nés à Ronda.

    La domination islamique de Ronda a pris fin en 1485, lorsqu'elle a été conquise par le marquis de Cadix après un bref siège. Par la suite, la plupart des anciens édifices de la ville ont été rénovés ou adaptés aux rôles chrétiens, tandis que de nombreux autres ont été construits dans des quartiers nouvellement créés tels que Mercadillo et San Francisco. La Plaza de Toros de Ronda a été fondée dans la ville en 1572.

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  • Le cinéma c’est l’art de sculpter le temps…

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    Le cinéma c’est l’art de sculpter le temps

    Andrei Tarkovski

    Mon village avait ce grand honneur d’avoir son univers cinématographique, les enfants de mon village ont toujours pris d’assaut ces coins de rêve… pour rêver. Trézel, sougueur c est revoir cet enfant prodigue portant en bandoulière un tableau de moyenne dimension sur lequel sont épinglées quatre petites affiches tirées du film du jour. Usant d’une clochette, notre ami Miloud, faisait pratiquement le tour du village, les tintements qu’il magnait avec tant de prouesse étaient si familiers qu’aux premiers sons on ne s empêchait de crier : voilà Miloud qui arrive, allons voir de près ce qu’il nous ramène. Les pas se précipitaient, les esprits ont déjà regagné les lieux choisis par les maitres de la mise en scène, au beau milieu des canyons géants, une rude bataille entre visages pâles et peaux rouges faisait rage, l’odeur de la poudre taquinait déjà nos narines avant même d’avoir eu accès aux premières loges du Nador.

    L’enfant faiseur des beaux rêves, quotidiennement, véhiculait le film et ses héros soutenus par un enthousiasme hors pair pour réussir le pari publicitaire. L’imagination, tambour battant, faisait le plein. La projection du film était programmée selon trois séances reparties entre une première matinée fixée à 14 heures, une deuxième matinée à 17 heures et enfin une soirée à 21 heures. Selon les saisons, un décalage horaire de trente minutes était de rigueur avant le démarrage du film. A travers le petit tableau tenu en bandoulière, sur le terrain ou on jouait au ballon, on saisissait au vol le double plaisir de jouer et d’être à jour de ce qui allait se dessiner sur les confins du Nador. Miloud ne manquait pas l’occasion de donner un coup de pied à notre ballon l’envoyant un peu plus loin, histoire de prolonger un peu plus le temps de gouter à son menu. Notre ami ne souffrait pas du manque d’idées. Oui, je crois bien qu’il était toujours à la hauteur des exigences de son devoir de faiseur de joie et de bonheur. A ce stade ou en sont les choses, j’avais déjà ressenti le désir ardent de mettre en pratique une manœuvre émotionnelle qui le plus souvent se soldait par une réussite. Mon atout majeur était ma tendre maman… Ma très chère maman, hier j’ai vu en rêve… je connais la suite…( ma mère était persuadée que le rêve n’a jamais frôlé mon esprit ) et que par contre il s’agissait tout simplement d’un tour innocent afin d attendrir son grand cœur … s assurant qu’ il n’y avait aucun témoin gênant ( particulièrement mon frère Saïd) elle me fait signe de la suivre vers le fameux sandougue, une sorte de fourretout ( il y a du café, du sucre, des bougies, des allumettes, du parfum ploum ploum, etc..etc..) il faut croire que les abc de l’économie politique se traduisaient en termes clairs dans l’apport de ce sandougue miraculeux… finalement ma mère m’avait, sans surprise aucune de ma part, remis une jolie pièce de 100 francs (un total de 20 doros…à ne pas confondre avec euros) ce qui me permettait à la fois de gagner une place honorable dans la salle romanesque agréablement agrémentée d’un succulent casse-croute. Chose étrange, vraiment étrange, à chaque coup Saïd était à côté de moi !!! On se rappellera les deux cette légende aussi longtemps qu’avait duré cet éternel prochainement sur cet écran. A l’occasion de la projection des super productions, le pousse pousse trempé de sueurs chaudes et froides nous acculait dans cette terrible angoisse de voir que le ciné allait afficher complet. Le grincement que dégageait la porte d’entrée s’enfonçait profondément dans nos corps, éliminant toute possibilité d’avoir un ticket pour une place a même le sol. Une gargote aussi vieille que le temps des pas premiers de notre cher cinéma s’offrait a nos menus francs pour calmer notre déception. Une maakouda bien grillée à l’huile Lesieur nous aidait tant bien que mal à supporter les heures qui nous séparaient de la prochaine séance. A ce jour, depuis des lustres, le cinéma et la gargote sont face à face. L un consigné dans le registre de l’indifférence et de l’oubli tandis que l’autre, alléchante et fumante, refusait la noyade dans la mémoire d il était une fois. IL m’arrive souvent de passer par la rue menant à ces deux endroits, là où les souvenirs s’entrecroisent, de voir et de ressentir les éclats d’antan. Pensif, l’air hagard, écoutant cette lointaine chanson d’avant le lancement des grandes aventures que nous attendions avec une joie impatiente. La chanson disait : ya Mustafa, ya Mustafa, ana bahibek ya Mustafa. Je revois encore les éclats de la MGM, La Columbia picotures, la Paramount, la Twenty century fox, avec des acteurs de renommée de l’envergure de Kirk douglas, de Randolph Scott, de Jeff Chandler, de Garry Cooper, de Steve Reeves, de Victor mature, de Johnny Weissmuller, et la liste était longue…très longue. Qui se souvient de Samson et Dalila ? De mangala fille des indes, Attila, les dix commandements, taras boulba, hercule, tarzan, maciste, et qui se souvient de tout et de rien ? Le film a démarré il ya de cela une trentaine de minutes, tout baignait dans le calme du silence lumineux jusqu’ au moment où le regretté zaiouache, notre précieux operateur, trouva le temps opportun pour écourter une séquence jugée inutile, mais c’était sans compter les cris et les injures de l’incorrigible, le regretté allèle, rabbi yarhamou. Dans les colonnes du noble site, mon frère Saïd, dans son coin avait évoqué une séquence inédite intitulée ce cher ciné Nador. La reprise de la séquence travaillée par notre operateur avait latéralement refroidi le rebelle qui apparemment satisfait se frottait les mains en signe de victoire. En fin de semaine, l’équipe du Nador à l’aide de grattoirs nettoyait les deux façades murales qui avaient servi d’espace publicitaire dans l’attente de coller de nouvelles affiches. Quelque fois, à cause d’une panne imprévue, les affiches restaient silencieuses provoquant en nous une tristesse insoutenable. Des fois cette inertie durait des jours et des jours dont la cause était liée au manque de pièces de rechange jugées introuvables sur le marché. Cependant l’équipe est présente, leurs noms à eux seuls suffisaient pour renouer avec la légende qui refusait la mort dans l’anonymat. Miloud et son cinéma ambulant, Zioueche et son terrible bistouri, Allel et ses cris de tarzan raté, les grincements de la porte d’accès qui en avait pardessus la tête de recevoir au-delà de ses capacités, étaient autant de signes révélateurs d’une légende nommée silimet, lahcen allah yarhmou. Une légende que nous retraçons avec l’encre des cheveux gris et blancs, jadis heureux de s’asseoir face à un écran de la dimension du monde. Ecran de tous les chants, écran de toutes les fibres qui ont vibré à l’écoute de l’amour et de la haine, l’honneur et la trahison, la puissance et la faiblesse, la richesse et la pauvreté. Ecran des escapades des instants ou parents, frères et sœurs savouraient la paix dans un profond sommeil, atténué par la psychose de fauteurs de troubles, je touchais à peine le loquet de la porte centrale de peur d’être pris à froid. La lumière s’est éteinte, le film reprend de nouveau la piste qui devait l’amener à sa fin…nos yeux …nos esprits… nos rêve avec… Adieu ciné Nador, adieu grand écran de la dimension du monde…Dans la piste des échos tu as conservé ton nom, ta marque et ton endurance et jusqu’à l’orée du site de mes passions là où le bonheur se dessine dans les colonnes qui ne meurent jamais. Ils ont pour nom : ALGER MILIANA.

  • Le Corbeau et le Renard

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    Tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute………………………….LA FONTAINE.
    En toute chose, il faut considérer la fin…………………………………………….LA FONTAINE.
    Je me sers des animaux pour instruire les hommes………………………….LA FONTAINE.

    Amis du noble site bonjour.

    La fable la plus célèbre de LA FONTAINE est sans conteste celle de maitre corbeau et de maitre renard. A cette époque maitre veut dire monsieur. La FONTAINE se sert des animaux pour instruire les hommes et propose une morale à la fin. La morale que nous propose l’auteur dans la fable que nous partageons avec nos amis dans les colonnes du noble site, est une dénonciation directe de ceux qui acceptent les flatteries, la morale est énoncée par le renard lui-même. Analysant les traits de son époque, LA FONTAINE, à travers la fable en usant du renard et du corbeau a posé le doigt à la fois sur ceux qui adorent qu’on les flatte, qu’on parle d’eux, et bien sur tous les avantages que tirent les flatteurs aux dépends de ceux qui les écoutent. Mes chers amis, si le renard est très rusé faut-il cependant croire que le corbeau est débile ou un dupe incapable de flairer le piège tendu par le renard? Nous allons vous le montrer tout à l’heure. Des études scientifiques ont confirmé que le corbeau est un animal très très très intelligent ! Il figure parmi les animaux les plus intelligents du monde ! La fontaine serait-il trompé sur le compte de cet animal qui est loin d’être une proie facile devant tant de flatterie ? Mes chers amis lisons ensemble la fable avant de passer à la vision d’une extraordinaire expérience qui nous révèlera que le corbeau est loin d’être dupe, ceci d’une part et d’autre part pourquoi le corbeau est-il considéré comme étant maitre (enseignant) de l’humanité ? La sourate el meida à travers les versets 27 à 33 retrace alors l’exécution du premier crime commis, l lorsque poussé par une jalousie aveugle, Quabile (Caen) tua son frère habile (Abel) mais que vient faire le corbeau dans ce contexte ? Nous le saurons tout à l’heure.

    La fable :

    Maitre corbeau, sur un arbre perché,
    Tenait en son bec un fromage.
    Maitre renard, par l’odeur, alléché,
    Lui tint à peu près ce langage :
    « Hé bonjour, Monsieur du corbeau.
    Que vous êtes joli ! Que vous me semblez beau !

    Sans mentir, si votre ramage
    Se rapporte à votre plumage,
    Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois »
    À ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie ;
    Et, pour montrer sa belle voix,
    Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.

    Le renard s’en saisit, et dit : « Mon bon monsieur,
    Apprenez que tout flatteur
    Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
    Cette leçon vaut bien un fromage sans doute »
    Le corbeau, honteux et confus,
    Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus………

    ___Jean de la FONTAINE___

    Après lecture de la fable, des centaines d’années plus tard des études scientifiques sur le comportement des animaux ont abouti à des conclusions étonnantes. Le coran depuis quinze siècles a confirmé que les animaux sont des nations au même titre que les humains. Mes chers amis du noble site, voyons de près la vidéo qui a été réalisée en nouvelle Calédonie sur le corbeau.
     


    Le coran : La vidéo prend fin. Une conclusion s’impose. Le corbeau loin d’être un dupe, il s’avère être l’un des animaux les plus intelligents. Cependant au temps d’Adam que la bénédictions de Dieu soit sur lui, et plus exactement le temps ou Caen aveuglé par la jalousie due au refus de son offrande par Dieu, tua son frère. Le crime étant eu lieu, Dieu envoya un corbeau. Pour faire quo i ? Dans les colonnes du noble site, la sourate el maidah , dans les versets de 27 à 31 nous donnent la réponse suivante :

    http://fr.noblequran.org/coran/sourate-al-maidah/ayat-27/28/29/30/31

    Conclusion : le choix du corbeau revêt un caractère important. Il n’est pas le fruit d’un hasard. Quinze siècles plus tard, des études dignes de foi ont affirmé que les corbeaux se font justice entre eux et quand l’accusé parmi eux est jugé coupable par le tribunal siégeant en séance plénière, IL est alors condamné à mourir. Une fois la sentence exécutée, il sera procédé à son enterrement. Il y a plusieurs atouts dans le mode de vie des corbeaux. En conclusion, le choix du corbeau dans le coran n’est pas fortuit. Le choix de la fontaine non plus n’est pas fortuit eu regard a la morale qu’il nous propose et qui se vérifie pleinement dans le temps et dans l’espace, surtout dans les sphères politiques ou la flatterie est devenue une règle d’or dans les abc de la diplomatie. Si la FONTAINE s’est trompé sur le choix du corbeau dans le déroulement de la scène il a néanmoins visé a instruire les hommes en dénonçant leur défaut majeur qui les caractérise à savoir la vanité.

  • EL AALAOUI

    Sous cet air de musique populaire, on entendit deux bonnes têtes qui ne finissaient pas à se parler entre eux.
     

    • Et Chantal de dire à Moha bravo Med pour cet air populaire bien de chez vous.
    • Moha lui dira C'est une danse traditionnelle "El Aalaoui" de AIN TEMOUCHENT et de tout L'ORANIE.
    • Je crois que c'est facile de la danser dira Chantal, il me suffit seulement de bouger le corps et taper du pied.
    • ET ce que Moha voit à l'instant fut l'incroyable et dira à Chantal tiens mais tu es déjà entrain de le danser et tu danses bien sur cet air lointain.
    • Chantal riait ,riait riait tout comme tout dans un fou rire pour lui dire je ne peux plus me retenir maintenant Moha.
    • Moha, le nez en l'air comme un grigou ne trouvait quoi lui dire que de se montrer galant pour lui dire : " Est ce de ton rire ou de cette danse que je dois te retenir Chantal ".
    • Chantal toute folle encore de danser encore lui dira ni l'un ni l'autre, mais la danse est magnifique, c'est quand est ce une prochaine fête chez vous Med.
    • Eh Moha compris qu'il était maintenant dans de beaux draps comment faire admettre aux hommes qu'une femme peut tenir une canne et danser comme eux El Aalaoui.

  • Conte Oriental

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    Comment régler un conflit émotionnel entre une belle-mère et sa belle-fille ? Le conte oriental suivant propose une solution …

    Il était une fois une jeune femme nommée Fatima, qui était constamment harcelée par sa belle-mère. Finalement, Fatima ne parvint plus à supporter ce traitement, et elle se rendit chez l'herboriste local pour acheter du poison destiné à tuer la vieille femme. Après mûre réflexion, l'herboriste lui proposa une potion très parfumée. Il lui expliqua que cette potion devrait être appliquée chaque jour sur la peau par massage et que la belle-mère de la jeune femme en mourrait après six semaines.

    Fatima suivit ses instructions, et chaque jour, elle fit un massage à sa belle-mère. Peu à peu, le mauvais caractère de la vieille femme sembla se dissiper, des liens de sympathie se créèrent entre les deux femmes, et elles commencèrent à se comprendre.

    Fatima commença à regretter d'avoir voulu tuer sa belle-mère et, à mesure que le temps passait, elle devint de plus en plus inquiète. Finalement, elle retourna chez l'herboriste et le supplia de lui donner un antidote à son poison. Le sage vieillard lui sourit et expliqua qu'un antidote n'était pas nécessaire. Le poison qu'elle avait administré à sa belle-mère par massage était une simple mixture d'huiles aromatiques, et constituait le meilleur antidote à sa situation.

    Conte oriental