Articles de algermiliana

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Centres d'intérêts : Miliana

À propos de l'auteur : <p><span style="font-size: small;">Témoigner c'est Souvenir</span></p>

Citation préférée :

L'enfance. Cette heureuse et brève période de l'existence où l'on a tout juste assez de conscience pour savourer la joie d'être et d'inconscience pour ignorer les difficultés de la vie.

  • La vache suisse et le pétrole arabe

     

    La vache est pour la Suisse ce que le brut est pour tous les Arabes. A chacun d'eux sa propre richesse. D'où découle d'ailleurs l'essentiel de son économie. A chacun donc son métier et les vaches seront certainement bien gardées, dit la sagesse.

    Pour l'instant, leurs maitres incontestables ce sont donc les Suisses. Puisque les arabes, eux, s'intéressent toujours et sans vergogne au pétrole. Les vaches Suisses ont depuis longtemps envahi les guichets de l'état civil helvétique. Leur recensement les évalue à présent au nombre de six cents mille bêtes. Toutes domestiques ! Toutes minutieusement identifiées. Et toutes détentrices d'un passeport national et d'un autre, le cas échéant, de type international, commun à toutes les bêtes du monde, en cas de voyage au-delà des frontières de ce petit, beau et tranquille pays.

    Ce que pourtant l'on refuse manifestement à certains êtres humains des pays arabes (le cas typique de cette minorité du Koweït, en l'occurrence !) est donc devenu un droit indéniable ou absolu accordé à ces bien heureuses vaches Suisses.

    Ces bêtes-là –sans distinction de race ou d'espèce bovine- voyagent toutes, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de ce tout petit pays helvétique, munies de documents identitaires très officiels : le titre de voyage local pour l'une ou le passeport international pour l'autre.

    Dans ce pays de la technique de précision, tout est donc bel et bien réglé à l'avance comme les aiguilles d'une montre qui marque l'impact indélébile du temps qui s'écoule ou celui qui manifestement nous écule.

    Les vaches Suisses, sans être confondues dans le rôle de ces bêtes à la stature très religieuses de l'Inde, jouissent toutes et sans exception de ce haut standing et statut très relevé, tout ou très proche de celui purement humain.

    A l'image du pétrole Arabe, elle est donc exportable. Seulement l'économie de ce petit pays au haut et très grand relief en dépend dans une très large mesure. Raison pour laquelle on n'en exporte pratiquement que l'excédent de son cheptel ou de son produit laitier et autre dérivé fromager. Sur les crêtes et autres nichés valons de ces hautes Alpes, le citoyen Suisse tient encore et toujours à sa vache, tout comme d'ailleurs cet Arabe qui s'accroche mordicus ou pour de bon à son baril de pétrole. Le premier cherche à vivre comme toujours des généreuses mamelles de son animal domestique pendant que le second pompe toujours ce précieux liquide de sa considérable énergie fossile.

    Cependant, ce paysan des Alpages se dépense comme un nègre pour entretenir son animal et bovin laitier à l'inverse de ce bédouin Arabe qui pille et extirpe à longueur de temps ces indéniables richesses souterraines non renouvelables de son pays, afin de réchauffer avec cet occident qui grelotte de froid pendant la saison hivernale, moyennant ce gros pognon que draine cette grande énergie.

    A l'animal domestique très généreux du premier correspond donc, de l'autre côté, ce très riche désert Arabe. Et pendant que celui-ci donne à manger à sa bête domestique, celui-là aspire et tire tout le temps et sans la moindre réserve sur les mamelles de cette très féconde terre Arabe, sans avoir à lui apporter la moindre contrepartie en matière d'effort physique, hormis celui de l'en déchoir de ses richesses fossiles.

    C'est donc là où réside toute la grande différence au plan de la philosophie de la vie entre ces deux mondes, jugés bien distincts ou très éloignés l'un de l'autre.

    Sans leur pétrole, tous les pays Arabes seraient, sans nul doute, déjà des nations très pauvres ou des pays mort-nés.

    Nantie seulement de quelques villes de moyenne dimension comme Genève, Zurich, Bâle et quelques alpages en haute montagne, la toute minuscule Suisse arrive tout de même à bien se placer et durablement s'installer devant de bien immenses pays-continents comme l'Algérie, tenant surtout la dragée haute à de très grandes puissances économiques mondiales.

    Et si ce petit pays helvétique est plutôt connu au travers de ses magnifiques montres qui régulent depuis des lustres déjà ce temps propre à toute l'humanité, il l'est également ou tout autant -sinon bien mieux considéré- au regard de l'élevage de son cheptel bovin laitier qui produit ce chocolat Suisse de grande qualité.

    En dehors de sa neutralité politique avérée et de la grande assurance reconnue à ses banques, très anciennes et bien pérennes, la Suisse demeure ce grand symbole de l'usage du temps, tenant compte de cette grande précision dont elle garde si jalousement encore la bonne recette et qui défie la puissance astronomique des grandes nations du monde dans des domaines plus complexes et les mieux considérés.

    Ce tout petit pays ne prétend jamais voir plus grand que son propre horizon. Il se contente seulement de ne rien ignorer ou mal considérer de ce qu'il voit ou entrevoit comme solution durable et acceptable en tout point de vue, à ses propres problèmes, dans la perspective de hisser davantage ce très haut relief parmi les nations les plus considérées de par le monde.

    Depuis déjà très longtemps, la Suisse se maintient à ce statut enviable et très considérable de pays très tranquille, bien neutre, surtout très propre, et où il fait toujours bon vivre, malgré ses vents violents, ses interminables chutes de neige hivernale, ses pluies diluviennes, son cloisonnement et parfois même son obtus raisonnement.

    Ainsi, la vache Suisse, pilier essentiel et donnée pérenne de l'économie helvétique, assure toujours une vie décente, heureuse et très colorée à ce peuple de montagnards et de très fiers campagnards, connus tous pour leur grande fierté et indéfectible dignité. C'est –surtout- grâce à cela que la Suisse, chaque jour qui passe, avance d'un cran dans le concert des grandes sociétés et toutes développées nations. Son économie est des plus simples, sa recette-miracle des plus modestes encore.

    Mais à la clef, il existe tout de même ce besoin impératif de conquérir ces hypothétiques espaces laissés entre-temps libres dont le grand profit scientifique ne peut être que des plus bénéfiques pour le futur de la nation et l'économie de la contrée.

    Voilà donc maintenant vite refermée cette grande parenthèse consacrée à ce tout petit pays du vieux continent. Retenons, tout de même, que cette généreuse vache helvétique, encore bien gardée par ses pâtres des hautes Alpes, donne encore et toujours beaucoup de lait à plus de six millions d'habitants Suisses ainsi qu' à bien d'autres nations qui en sont dépourvues.

    Elle demeure au cœur même de cette facile mais durable équation de l'économie helvétique dont elle en constitue d'ailleurs la donnée de base ou essentielle. Plutôt celle fondamentale et bien capitale.

    A l'opposé, qu'en est-il de ce brut arabe ?

    Tous les indicateurs montrent, à l'évidence, qu'il reste encore cette ‘'vache Arabe''. Celle qui leur fournira toujours du lait sans pour autant leur exiger en contrepartie la moindre botte de foin ou une quelconque ration de son en vrac ou cubé.

    Quant à leur exiger du trèfle ou de la luzerne, c'est plutôt leur demander l'impossible au vu de toutes ces conditions climatiques très défavorables à la prolifération d'un tel aliment de bétail, pourtant très prisé pour les ruminants producteurs de lait frais.

    Ainsi, ils obtiennent tous de cette terre pourtant aride et bien nue du lait à profusion, accompagné le plus souvent de toute la gamme variée de ses nombreux dérivés, gratuitement et sans faire un quelconque effort, hormis celui obligatoire de l'aspirer, à longueur de journée et sans discontinuité, les pieds dans l’eau, à partir de leur retraite dorée ou demeure huppée, de ses mamelles tentaculaires et qui leur arrive jusqu'au pied de leur lit, sortant en courant des fins fonds des entrailles de ce généreux sous-sol.

    Seulement, à l'inverse de ce gentil et très éduqué peuple helvétique, chez les Arabes, ce sont toujours les mêmes personnes ou familles politiques qui tiennent encore entre leurs mains ces pis pulpeux et juteux d'où jaillit ce merveilleux produit (liquide) de la terre qui arrive à concurrencer tous les autres liquides réunis ou combinés à eux-mêmes. Disposer en permanence d'une telle vache, laquelle produit, en plus, ce liquide qui coule à flots au sein des entrailles de la terre Arabe n'est pas de nature à les réveiller de très tôt de leur profond sommeil pour se préparer à aller travailler.

    Ils auront tous appris à longtemps vivre de cette indéniable ou supposée intarissable rente qui leur épargne même de réfléchir un jour aux grandes difficultés de la vie.

    Pour preuve, munis de tout leur gros pognon qui ne profite qu'aux banques de l'occident, ils restent tous, bien incapables de créer le moindre produit industriel ou réflexion scientifique bien féconde ou très pratique dans le quotidien de leur vie.

    Ils sont donc bons pour tout juste consommer ce que l'Occident, depuis toujours, ou l'Asie, à présent, ne cessent de produire pour eux en quantités industrielles.

    Une donnée économique donc très naturelle dont les lois de l'économie elles-mêmes réfutent, récusent et refusent de l'associer à un quelconque raisonnement futuriste et salutaire pour toutes ces nations Arabes qui vivent l'attentisme comme une fatalité. Sinon telle une très grande qualité au vu de ces grandes découvertes du brut qui voient le jour ça et là au sein de ce grand Sahara Arabe. Et l'on arrive donc finalement ou bien fatalement à cette conclusion plutôt terrible du moment : puisque la seule vache Suisse défie tout le brut des Arabes ! Il n'y a qu'à consulter pour cela le classement mondial des nations pour s’apercevoir de cette différence terrible qui existe entre l’esprit qui guide cet animal et celui en  vigueur au sein de tout cet immense désert Arabe !

  • Les passantes /Georges Brassens

    Pour rester dans le ton et l’air des derniers posts, cet hommage que Brassens, ce tendre poète, rend à toutes ces passantes qui traversent une vie.

    Les passantes

     

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  • Téniet el-Hâad et les montagnes du Meddad

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    Téniet el-Hâad et les montagnes du Meddad...

    Mes souvenirs de toujours !

     

    De l’Algérie avant le 1er Novembre 1954, je n’ai en mémoire que des souvenirs d’enfance. Mes souvenirs de cet âge innocent sont profondément enracinés dans un terroir que mes ancêtres ont fécondé des siècles durant. Le village de Téniet el-Hâad et les montagnes du Meddad éveillent des sensations dans une nature sauvage, voluptueuse, odorante et provoquent en moi de fortes émotions.

    Téniet el-Hâad, le "col du Dimanche", mon village natal, fût tour à tour une capitale de tribus belliqueuses, un noyeau de résistance à la colonisation, un centre administratif de l’Algérie française... pour redevenir un village rebelle ! Sa vocation française prit corps dès 1843 lorsqu’un poste militaire, appelé alors bordj, y fut installé pour protéger les populations conquises et couper les communications entre les troupes de l’Émir Abdelkader. Il fut consacré centre de colonisation le 2 Août 1858 et devînt le siège d'une commune mixte, chef-lieu de canton et, plus tard, sous-préfecture du département d'Orléansville. Ce qui distinguait Téniet des autres “villages de colonisation” était le peu de colons qui s'étaient installés dans la région. La terre était pauvre et ingrate et les habitants européens, plus de 600 étaient des fonctionnaires, des entrepreneurs et des forestiers. Le contentieux né des appropriations de “terres indigènes” étant inexistant, les relations entre les communautés étaient harmonieuses.

    Mon imageMais c'est surtout la montagne du Meddad et sa forêt de cèdres qui ont immortalisé Téniet. Guy de Maupassant écrivait : “Mais ce qui m'a laissé au cœur les plus chers souvenirs en cette excursion, ce sont les marches de l’après-midi le long des chemins un peu boisés sur ces ondulations de côtes d'où l'on domine un immense pays onduleux et roux depuis la mer bleuâtre jusqu'à la chaîne de l’Ouarsenis qui porte sur ses faîtes la forêt de cèdres de Teniet-el-Haad”. (Allouma, de Guy de Maupassant. Texte publié dans L’écho de Paris des 10 et 15 Février 1889, puis dans le recueil La main gauche).

    Il s’agit du Parc National des Cèdres du Meddad, connu sous le beau nom de “Paradis des Cèdres”. Il se trouve à quatre ou cinq kilomètres au nord de Téniet, dernière étape avant les immensités désertiques sahariennes. La plupart de mes souvenirs d’enfance sont étroitement liés à cette majestueuse montagne couverte de cèdres. J’en connaissais tous les recoins, tous les mystères, toutes les odeurs... elle était aussi le paradis des enfants.

    Elle était le champ de nos escapades interminables vers le Kef Siga et son sommet le Ras el Braret, qui culmine à 1.787 mètres. Les chemins forestiers y étaient bien tracés et couverts d’herbes fraîches et vertes, douces aux pieds. De là-haut, le regard se promène dans un paysage alpin, sensation visuelle que j'ai retrouvée plus tard en Suisse ; le Meddad avait même son chalet, le Chalet Jourdan ! A cette altitude, les cèdres sont superbes : les branches les plus élevées prennent la forme de champignons, de parasols, de dômes ; les autres branches semblent plonger vers le sol. Puis c’étaient des courses effrénées sur les pentes du Kef Siga vers le Rond-Point des Cèdres et nos jeux de cache-cache. Il était le lieu de prédilection de nos jeux d’enfants qui ne demandaient que des objets simples, billes, noyaux d'abricots, osselets et toupies de bois.

    “Un monde à la mesure de nos rêves”

    Les seuls habitants du Parc étaient le garde champêtre et son adjoint. Nous les évitions autant que possible pour échapper aux nombreuses règles qu'ils voulaient nous imposer. A l’exception des pique-niques du weekend et des journées où les villageois fuyaient vers la montagne pour trouver un peu de répit lors des chaleurs caniculaires de l’été, il n’y avait pas âme qui vive au Meddad. Nous étions en liberté dans le paradis des cèdres. L’immensité du Meddad nous appartenait, nous devenions les pionniers d’un monde à la mesure de nos rêves. Comme il n’était qu’à quelques minutes à bicyclette du village, nous y allions souvent, parfois plusieurs fois dans la même journée et il était devenu l'asile idéal de mes nombreuses heures d’écoles buissonnières... C’est encore au Rond-Point des Cèdres, centre d’un pré recouvert par un épais tapis d’une herbe moelleuse et odorante, que je volai mon premier baiser à une jolie vacancière. Le Meddad accueillait une colonie de vacances renommée et possédait une source ferrugineuse carbonatée, analogue aux SPA d'Europe, qui attiraient beaucoup d’estivants et de touristes. La saison touristique au Meddad était aussi celle de la chasse aux baisers et la rivalité entre toute une ribambelle de don juans en herbe était farouche.

    Mon imageLa place du village est l’autre réserve de mes souvenirs d’enfance. Elle était le lieu de nombreuses rencontres de la communauté ténietoise. Téniet semblait vivre continuellement à l’heure de festivités : fêtes nationales et locales, mariages, baptèmes... la place, transformée en jardin public pour une grande part, prolongeait le parvis de l’imposante église de style gothique. Tout en longueur, le jardin était clôturé d’une grille impressionnante terminés en fer de lance. Un pavillon en forme de parasol avait été érigé pour abriter les musiciens lors des concerts en plein air. Des dalles plates et polies constituaient la piste de danse entourée de bancs rustiques et de plates-bandes fleuries. Le long de la grille qui ceinturait la place et le jardin, des dizaines d’arbres taillés à hauteur d'homme semblait isoler les participants à la fête du reste du monde.

    Les Ténietois étaient avides de bonne chair et de musique. Toute rencontre était prétexte à festin! En fait, elle devenait un concours gastronomique au cours duquel chaque famille cuisinait ses meilleures recettes. Les plats, plus appétissants les uns que les autres, les sucreries et les pâtisseries s’amoncelaient sur la table commune ; nous goûtions à la cuisine de tous les coins de France comme l’omniprésent couscous... la journée finissait toujours en dansant et la soirée prenait alors des allures d'un bal populaire où plus d’une cinquantaine de familles européennes et trois à quatre familles d’Algériens “francisés” envahissaient la piste de danse. Les enfants faisaient leurs premiers pas, gauches et hésitants, sur les airs d’un accordéon ou ceux d’un vieil électrophone et sous l’œil attendri de parents fiers de leur progéniture. Je revois aussi, de l’autre côté de la barrière, les douzaines d’autres enfants moins fortunés, essayant d’escalader la haute grille, que les deux policiers du village, gourdin à la main, gardaient à distance. J’avais bien l’impression qu’ils auraient voulu être associés aux flonflons de la fête.

    Tous ces lumineux souvenirs m’ont longtemps semblé être autant de rêves fracassés mais le cri d’espoir d'un écrivain algérien raisonne toujours dans ma mémoire “rendez-moi ma vallée qu'un ancêtre inventa

  • DE YENNAYER A LAADJOUZA

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    Yennayer, Yennar, Nnayer , ou encore Rass El-âam, Laâdjouza,… Autant de déclinaisons en amazighe ou arabe algérien, pour désigner une même célébration, à savoir le passage au nouvel an Amazigh, « amezwar n usugwas ».

    Cette réjouissance cyclique qui remonte à une époque qui se perd dans la nuit des temps, fait partie des rituels populaires qui ont survécu contre vents et marées, pour s’imposer comme une source identitaire rassembleuse. Mais si Yennayer a toujours été fêté, la datation du nouvel an berbère est plus récente.

    C’est au début des années 1970*, que l’Académie Berbère (Agraw YimaziƔen) a choisi un événement historique marquant, pour symboliser l’an zéro du nouvel an amazigh. Cet événement, c’est l’accession de l’Aguellid Sacnaq ** 1er (-950 à -929) au trône égyptien pour devenir le fondateur de la 22ème dynastie pharaonique.

    Cependant aucun indice historique, ne vient attester que Imazighen avaient commencé à chiffrer les années à partir de cet événement affirmé.En dépit de l’absence endémique d’écrits, qui ont desservi la connaissance de l’histoire du peuple amazigh, son attachement aux traditions a permis, un tant soi peu, de compenser ce handicap, grâce à la passerelle inter générations.

    Toutefois les us et coutumes relatifs à Yennayer, ne semblent pas évoluer à la même vitesse ; si le volet culinaire se perpétue sans peine en s’adaptant aux nouvelles habitudes gastronomiques, ce n’est pas le cas d’autres traditions qui sont délaissées ou simplement en passe d’être oubliées : ainsi en est - il de la maison qui se voulait totalement nettoyée comme pour la purifier (ce qui n’est pas sans nous rappeler cette coutume de la population de la Casbah d’Alger, à l’approche du ramadhan “dalla essaboune”) ou encore de l’imposition d’achever ce jour là, tout ouvrage manuel entamé.

    Si ce patrimoine commun que nous tenons en héritage du passé subsiste encore, les générations suivantes, désormais gérantes de cette mémoire, ont la lourde responsabilité de non seulement le préserver, mais surtout le valoriser.

    Son inscription sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité et sa reconnaissance comme fête nationale officielle, ne seraient donc que justice.

  • Quand la musique se fait pont

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    Rencontre entre Rythmes Africains et Musique Classique Occidentale

    Pour vous M. Mourad et pour tous ceux qui croient que mieux connaitre l’autre, l’alter ego, c’est l’enrichir et s’enrichir de lui pour entreprendre ensemble.

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  • Entre sanglots de Césarée et tristesse de Iol !


    Cherchell de ce début du troisième millénaire a beaucoup peur pour son histoire ! De sa propre histoire ! On y aura entre temps tout dépravé et tout détruit de cette mémoire collective qui fait remonter le temps et réactualiser les évènements.
    Entre sanglots de Césarée et tristesse de Iol !

    Le désastre y est grand ! La catastrophe énorme ! Les dégâts astronomiques… ! Il est bien dommage qu'une histoire pareille parte en ruines, déchirée en mille morceaux !

    Les quelques vestiges et sépultures, gisant tels des cadavres humains, seuls témoins vivants de cette grande tragédie, ne peuvent plus refaire l'histoire : l'oubli est trop important ! Les trous de mémoire auront donc tout détruit ! Ou tout emporté de cette mémoire qui refuse d'être inspectée !

    Le puzzle est trop compliqué dans sa configuration pour être recomposé. Il est plutôt question de cette autre mentalité qui se moque royalement de l'histoire du pays, parce que tout le temps instrumentalisée par un pouvoir aux aguets, refusant toujours de reconnaître cette vérité qui l'exclue de toute gloire et l'efface de toute mémoire.

    Un important pan de la société s'effrite : c'est sa mémoire collective qui est en danger ! Cherchell refuse ces bas-compromis et autres nombreuses combines faites à son sujet ! Elle tient à nous dicter sa propre histoire, décidant de se retourner vers ses aïeux et ses nombreux héros !

    Ainsi, Iol et Césarée y sont pour l'occasion invités à sa rescousse, accueillant qui son fils qui son petit-fils dans leur giron, le couvrant de bénédiction pour l'amener bien loin de ces regards complètement désintéressés de son nombreuse population par l'état de déliquescence avancé de ces lieux d'histoire où l'archéologie en témoin plutôt gênant et millénaire tient le haut du pavé.

    La ville, longtemps oubliée et à répétition piétinée, se recroqueville sur elle-même, se réfugiant dans son histoire la plus ancienne ! Plus grave encore, personne parmi sa nombreuse et bien éduquée population ne consent à l'en empêcher ! Ne se résout à aller la chercher au plus profond de ses tripes ! Au plus loin de son voyage fait à reculons jusqu'à décider de ressusciter sa gloire légendaire, ses héros immortels et son autorité, autrefois implacable sur toute la région !

    Le recul est donc réalisé dans le plus intime de ses rêves ! Dans le plus inaccessible de son éternel sommeil !

    Lorsqu'en 1984, en haut lieu de la hiérarchie du pouvoir algérien, on lia son sort à celui de Tipasa, les grands hommes de lettres et de bonne culture pensèrent un moment à cette union vitale entre cette utile histoire à conjuguer avec cette ancestrale culture –à bon escient espéraient-ils !- dans cet espace touristique qui allait lui servir de véritable tremplin au plan géographique et spirituel.

    Ils auront vite déchanté de voir les deux contrées vouées aux gémonies de l'enfer de cet oubli qui tue plus fort que l'arme de combat au milieu de ces cités-mouroir qui étonnent leur monde par leur salubrité et se bétonnent à tout va et contre le fait culturel.

    Depuis, Cherchell, dépitée par tant de malheur qui lui arrive par la manière osée de sa propre progéniture, est donc retournée se calfeutrer à l'intérieur de ses plus vieilles hardes et très anciennes guenilles. Et comme dans un rêve, un peu moins inconscient, elle y rencontra Iol et Césarée, le temps d'une très brève sieste, lors d'une tempête de l'inculture annoncée mais jamais dénoncée !

    Seulement son malheur dure dans le temps. Son calvaire perdure dans cette galère dont elle ne voit plus la fin !

    Résultat de l'équation proposée : il n'y fait plus bon vivre comme autrefois et jadis… !?

    On y ressent ou y découvre donc cette tristesse de Iol, ces sanglots de Césarée et cet abandon à jamais de l'actuel Cherchell… !

    La ville, encore frustrée de son histoire magnifique et très honorifique pour le pays et la région, refuse donc de voir du côté de la mer. A présent, elle tourne carrément le dos à la Méditerranée, méditant son sort et s'accrochant de toutes ses forces à ce col auquel elle est tout le temps bien collée et qui la protège de ces vents chauds venant du sud du pays.

    Juba, Jugurtha, l'Emir Abdelkader et bien d'autres héros et valeureux combattants pour l'indépendance du pays, se retourneront certainement dans leur tombe en prenant connaissance de son état lamentable de déliquescence du moment, difficilement admis au plan de la forme et surtout dans le fond pour une si belle perle de la Méditerranée d'antan.

    Leur combat si noble et très fécond suscitera-t-il un quelconque intérêt pour cette merveilleuse ville qui refuse de mourir, de périr et de sombrer dans cet anonymat culturel ambiant et bizarre du pays ?

    La contrée, bien vieillie et complètement dépouillée de ses nécessaires béquilles, ne peut plus relever la tête, se redresser sur pieds, se soulever très haut pour planer comme autrefois sur ce flanc de la Méditerranée.

    Elle attend toujours le diagnostic de son médecin privé, lequel semble incapable de trouver à son mal le remède approprié.

    Cherchell a surtout besoin de considération pour bien se réveiller. Pour revenir de nouveau à la vie ! Elle a vraiment hâte de renaître à la vie et couvrir de son charme discret le touriste éveillé pour lui faire découvrir sa grandeur, ses splendeurs, telle cette fleur printanière qui embaume de ses toniques odeurs l'atmosphère, ou cette resplendissante demoiselle qui étrenne sa beauté et ses rondeurs, dévoilant au passage ses formidables couleurs et répandant abondamment alentour ses enivrants parfums du terroir et de bonheur.

    Sommes-nous conscients de tout cela ?

    Ou alors lui a-t-on déjà préparé son cercueil au même titre que d'autres prestigieuses contrées du pays ?

    Cherchell a tout le temps été perçue telle cette très élégante demoiselle jouant sur ses deux barres parallèles, où l'histoire et le quotidien de la ville ne sont plus que deux lignes droites qui ne se rencontreront jamais ! D'où d'ailleurs l'abandon forcé de cette culture qui fait l'histoire des civilisations !

    La caricature est très expressive. Symbolique même ! Et à plus d'un titre. Elle nous empêche de regarder dans le rétroviseur ! De nous situer dans le temps ! De nous remettre tout le temps en cause ! De nous intéresser à la ville et à son histoire la plus ancienne… !

    Est-ce un nouvel état d'esprit ? Où est-ce encore l'effet néfaste de notre propre inculture ? L'absence de ce tourisme florissant des années soixante-dix du siècle dernier n'y est-elle pas pour quelque chose ?

    Tout concourt à conclure que notre très difficile quotidien nous met à une bonne distance de notre valeureuse histoire, très profonde et bien féconde.

    Ce choix douloureux, somme toute- aura peut-être été fait à dessein. Et seul l'avenir pourra y répondre, un jour…...

    Rédigé le 09/08/2011 à 05:42 dans Histoire, Tourisme | Lien permanent.

  • le spectre de l'obscure...

     

    Le temps des vagues

    Le laboratoire du totalitarisme et du fascisme est sans conteste l'obscurantisme religieux sous toutes ses formes. L'obscurantisme, cette bête immonde, au processus de développement vicieux, lâche et violent relatif dans l'absolu d'une société encline aux difficultés économiques et sociales. Un ancrage puissant et dangereux pour les nations et les peuples.

    L'Algérie a connu ses méthodes et ses fluctuations, ses jérémiades et ses inconsistances... Un travail lent et pernicieux d'une quarantaine d'années pour aboutir à dix années de souffrances, d'anarchie et d'holocauste.

    Dix années identifiées sous le fameux sobriquet de « décennie noire ». Alors qu'on ne vienne pas nous dire, là, sont les préceptes de notre sacrée religion, ou bien les bases de la culture des pratiques de la religion musulmane. L'Islam, victime, devenu fond de commerce d'individus, « tartuffant » une justice à deux temps, une égalité à géométrie variable. Nous imposant un respect de règles d'un islam travesti, détourné, conçu et cousu selon des recettes et des programmes aux perspectives ternes et sanglantes. Entre quelle main est tombé notre Sacré Coran ! Ces colifichets d'interprétation importés durant les années 70 par une horde d'incultes et d'ignorants, sous le sceau de la coopération, soutenus dans leur besogne par une meute d'inconscients avides de pouvoir en Algérie.

    L'islam n'à rien avoir avec les projets assassins de ces individus. l'Histoire leur imposera la facture.
    En 1970, la mode est à la minijupe. Des énergumènes ne trouvent pas mieux que de partir en croisade contre de jeunes petites filles dont le seul tord est d'exhiber leurs fraîcheurs et leurs innocence, en portant un habit conforme aux règles des époques et des évolutions : A leur âge. On les séquestre dans des ruelles sordides. On badigeonnait leurs jambes d'eau de Javel, de goudron ou de tout autre produit irritants, par moment caustique.
    Vinrent, quelques années après, les Hijabs... les Djilbabs...et les Nesf Essags. La collection se complète et puissamment.
    Si vous jetez un coup d'œil sur un groupe de jeunes dames, devant un arrêt de bus, la ressemblance frappante avec les pingouins d'une banquise lointaine vous cisaille les neurones et tétanise votre pensée.

    Une honte sous laquelle se dissimule peureusement des corps d'une Eve courage. Une image hideuse cachant et déformant une anatomie de rêves. Enfin....Le temps des vagues
    N'a-t-on pas entendu déclarer par un dirigeant du FIS à une époque pas très lointaine et sur les ondes des radios et télévisions internationales, dans un discours au peuple Algérien : « Les Algériens doivent s'attendre à des changements dans leurs façons de s'habiller et se nourrir ».

    Des importateurs richissimes se dévoueront à cette pensée-directive, en important massivement des kamis et hijab et djilbab....Distribués gratuitement à l'entrée des mosquées. On nous fait gouter le « Zenjabil ». Une plante qui pousse ailleurs qu'en Algérie. Présentée comme un médicament et utiliser en tisane, devient un danger pour la santé publique dont les vertus, défendus par ces mêmes personnes ne. ... sont plus à démontrer ... Des reins qui sautent en quelques gorgées... et Mitterrand reçut le leader du FIS comme on reçoit un chef d'Etat avec tapis rouge, fanfare, les champs, l'Elysée... et du Kalb Ellouz Mahchi !

    L'Etat Algérien lâché, bousculé, banni, des rencontres internationales s'appuya sur la population. Un peuple sage, un peuple en or ... et vivement que nos sœurs, mères, et femmes soient au pouvoir ...

    Le résultat est affligeant : plus de trois cents milles morts ...Des milliards de dollars de perte économique... Il est évident que le jour ou la démocratie, la laïcité dont la France en est tellement jalouse soient respectées à travers les lois de la République, même chez nous, la Burka et compagnie disparaîtront automatiquement.

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  • UN ILOT DE RÊVES

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    UN ILOT DE RÊVES

    C’était un petit village niché haut, très haut dans les nuages. Aérien, inaccessible. Il fallait pour en trouver le chemin connaître l’un des villageois, même si parfois un voyageur égaré, fatigué de parcourir le monde échouait dans ce village par le plus heureux des hasards. Comme il était accueillant, chaleureux, hospitalier ce village ! La douceur de vivre qui y régnait gagnait aussi progressivement tous ceux qui ne s’y arrêtaient que pour une brève halte.

    Il faut dire que ce village isolé était assez particulier ! Il y faisait beau à longueur d’année ! Le soleil brillait de son chaud éclat tous les jours, la brise y était fraîche, les sources pour se désaltérer très abondantes, l’eau était claire, cristalline, et étanchait la soif dès la première gorgée. On y trouvait des fleurs de toutes sortes partout, des arbres de toutes essences partout, des jardins luxuriants magnifiques partout ! Ce qui rehaussait son charme, son attractivité. Un havre de paix, un sanctuaire où l’on se retirait volontiers, et sans aucune résistance loin du monde tumultueux tout en bas sur terre. Les habitants ressentaient un agréable bien-être les envelopper au fur et à mesure qu’ils s’enfonçaient au cœur du village, soucis et tracas diminuaient en conséquence jusqu’à disparaitre complètement parfois. Il y régnait une douceur de vivre à nulle autre pareille. Les habitants permanents tout comme les visiteurs occasionnels goûtaient à ce bonheur nouveau avec beaucoup d’étonnement, et avaient toutes les peines du monde à imaginer leur vie ailleurs que dans ce village, et même s’ils étaient contraints par quelque obligation extérieure de le quitter, ils y revenaient dès qu’ils le pouvaient pour retrouver cet enchantement, cette impression d’échapper au temps. La renommée de ce village devenait de plus en plus grande, et la population du village augmentait au fur et à mesure en conséquence.

    Les habitants, tout en étant très différents les uns des autres, et venant d’horizons très divers avaient réussi à trouver une sorte de consensus, d’entente harmonieuse qui les satisfaisaient tous. En apparence tout du moins. Respect, ouverture, tolérance, liberté d’être et d’agir dans la limite du consensus. Les villageois permanents ou de passage y trouvaient leur compte, et se complétaient assez bien dans la répartition des tâches et responsabilités. Le comité des sages qui veillait à préserver la quiétude du village intervenait non seulement pour alimenter, nourrir les membres de ce village chacun selon son appétit, mais également pour améliorer leur confort en aménageant de nouveaux et beaux espaces, en construisant de nouvelles maisons, en embellissant et fleurissant les moindres coins et recoins. Le village était tout le temps en mouvement, en vie. Le comité des sages organisait aussi rencontres et fêtes, informait de ce qu’il se passait dans le monde ce qui, et selon les nouvelles enflammait, enchantait ou attristait les cœurs et les esprits. Par moments, il pouvait bien sûr y avoir des petits accrocs, des malentendus très vite dissipés cependant grâce à la générosité des uns ou des autres, et le souci constant d’un bien-être collectif. La vie reprenait toujours son cours. Grouillante, créative, imaginative, bienheureuse. Un bonheur simple dont chacun avait fait son affaire. On l’alimentait et on s’y alimentait à son tour dans une saine et chaleureuse convivialité. C’était une sorte d’entreprise artisanale où chacun selon ce qu’il était et ce qu’il connaissait le mieux fabriquait des parcelles de bonheur, du sur mesure ou presque.

    Le comité des sages laissait les villageois vivre comme ils l’entendaient à condition de se respecter les uns les autres et de respecter cette œuvre commune. Chaque jour, les villageois prenaient connaissance de la parole du jour du comité des sages. Il suggérait aux villageois d’une voix douce et tranquille des thèmes de réflexion qui participaient de la régulation de la vie dans ce village. Les villageois étaient sollicités pour une unique chose : donner un peu de soi, un peu de sa force et de son énergie pour entretenir la belle harmonie qui semblait exister dans ce village. Ce don de soi n’était pas borné par des critères ou des normes. Toute manifestation aussi modeste soit-elle, était accueillie avec joie, bienveillance, grand ouverture d’esprit. Mais alors, me direz-vous, c’était un véritable paradis, l’homme est finalement très vertueux, la preuve ! Oui ! On voudrait le croire ! On voulait le croire ! Hélas, l’être humain est aussi l’artisan de son propre malheur. L’harmonie qui régnait dans ce village pouvait voler en éclat et précipiter le village et ses habitants dans le chaos. Telle était la menace qui pesait sur ce village et ses habitants, le chaos et le néant. Tout le monde en était conscient, et tentait de faire de son mieux. Ce n’était pas facile tous les jours ! C’était un travail difficile, un effort de tous les instants, une vigilance douloureuse parfois ! Ainsi en est-il, et en a -t-il toujours été, à la grande infortune des villageois animés des meilleures intentions, du comité des sages si accueillant, si bienveillant si attentif au maintien de cette douceur de vivre.

    Cette partie de l’histoire est hélas triste, bien triste, et il me coûte de l’évoquer. De plus en plus, les villageois, distraits qu’ils étaient par des considérations et des vues toutes étroites, toutes personnelles ne voyaient pas que cela pouvait faire voler en éclats l’harmonie du village. Chacun y allait de sa petite pierre qui pour certaines d’entre elles étaient de gros pavés qui occasionnaient fissures et lézardes dans les maisons individuelles, et dans tout le village, mais surtout, surtout dans le cœur du comité des sages abattu, désorienté, incrédule, hébété, profondément blessé par autant de légèreté, d’indifférence, d’égoïsme et d’ingratitude. Il est un fait que l’on ne peut en permanence prêter le flanc aux frondes, ni même fermer les yeux, serrer les dents, et continuer à sourire ! Et pourtant, et pourtant ! Le comité des sages a, en dépit de tout, décidé de passer outre, de s’effacer, de faire taire sa douleur pour tenter une fois de plus au profit du bien-être des villageois de préserver leur îlot. Le comité des sages aurait eu mille raisons de se détourner de ces villageois, de les abandonner à leur sort, il n’en a rien fait ! Et, l’on ne sait toujours pas, à ce jour, si les habitants permanents ou occasionnels du village ont réalisé que cette parcelle de poésie a failli s’évanouir, ont  senti passer ce grand froid glaçant, le néant !