Articles de algermiliana
La patience est l’art d’espérer

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Dis-moi G.M pourquoi la poule voit le jour aussi, mais elle laisse le coq chanter à l’aube.
C’est tout aussi simple fiston, La poule connait l’aube, mais elle attend toujours le chant du coq
Alors G.M ce n'est pas parce qu’on ne l’entend pas à l’aube que la poule ne sait pas chanter
Ça a été toujours dicté depuis les temps fiston, que celui qui mène la danse est celui qui sait chanter
Alors, G.M c’est vrai ce qu’on dit sur le coq qu’il est vraiment le maitre de la basse-cour pour que la poule se voit obliger à ne pas chanter.
Fiston il faut que tu saches, si un jour tu vois dans la basse-cour que la poule s’adonne à chanter tu sauras aussi qu’elle ne va pas tarder à danser
Si je crois comprendre aussi G.M, que celui qui comme la poule a un œuf dans son sac, ne danse nullement que s’il éprouve l’envie de chanter.
Là je te fais connaitre fiston, que pour la poule c’est à la manière d’usages de danser que cela lui fait ressentir toute la bienséance du désir de chanter
Depuis le temps que je suis là à attendre GM, je vois que la poule n’a même pas fait semblant de chanter pour enfin danser.
Mais dis-moi, Tu m’intrigues des fois fiston, pourquoi me poses-tu toutes ces questions ?
Parce que G.M celui qui pose une question restera bête un moment seulement mais celui qui ne pose pas de question restera bête toute sa vie
Qu’elle est bien cette question qui t’ennuie vraiment au point à devenir pour moi bête éternellement.
A l’école, Le maitre nous a demandé de lui apporter la preuve que la poule donne son œuf tout frais après avoir chanté et voilà que depuis l’aube comme tu me vois j’attends que ta poule crie son chant de gloire pour une danse qui permettrait à moi aussi de chanter ma joie pour danser.
Alors pour avoir ton œuf frais tu diras à ton maitre, si quelqu'un veut manger des œufs de la poule il doit savoir que celle-ci en fait bien du temps et en a bien du mal à chanter avant de pouvoir danser et dans ton cas si elle ne fait même pas semblant de chanter il faut lui faire au moins ce geste qui donne semblant d’applaudir.
GM, tu me fais savoir que si on sait ce qu’on veut et si on tient à ce qu’on veut, alors on doit être très patient.
C'est ce qu'on refuse d'apprendre dans l’attente du calme, la vie nous l'apprendra dans les larmes mon fiston
Alors G.M, Le savoir sans patience est comme une bougie sans lumière.
G.M et moi étions là à discuter encore que soudain on entendit le son qui évoque aussi bien par intermittence le chant d’une poule qui attend un œuf
Cot…Cot…Cot …coot !!!… cot … Cot cot !!!
G .M !!! G.M !!! Tu entends ce chant magnifique qui se répète ! Je crois fort bien que c’est ta poule qui chante …
Alors Fiston, je te dis qu’il ne te reste maintenant qu’à attendre et espérer pour la voir danser et t'offrir son œuf et que la patience est l’art d’espérer.
Merlusse
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Le Meddah du Souk
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Au temps où le Meddah du Souk, à l’insu de l’autorité occupante du pays, tanguait d’un lieu à un autre de la contrée pour des nouvelles à apporter à une population.
C’était ce temps des Souks d’antan. Ces Souks du village qui ouvrent grandes leurs portes une fois le jour la semaine avec tout un mélange qui pénètre en toutes sortes de marchandises , en denrées alimentaire et légumes de saison , en bêtes domestiques et en cette friperie très convoitée ces temps-ci allant jusqu’au bric- à- brac des pièces et objets où tout se vend et s’achète de gré à gré.
Ce jour de marché est un événement de rassemblement pas comme les autres jours de la semaine qui de surcroit sera un cheminement pour les connaissances de la vie courante où les gens de la région surtout les campagnards s’amenaient qui à dos d’ânes ou mulets qui en marche à pied d’un peu partout pour vendre ou acheter et vivre aussi un véritable engouement dans un moment de détente animé par l’affable et débonnaire Meddah.
Leur joie trouvée en lui n’en sera qu’un moment de leur temps mais qu’ils consacreront à leur faire oublier les quotidiens de leur vie coutumière.
Par des paroles qui des fois seront dites et chantées au rythme du bendir du Meddah que tantôt en récits narrés en légendes fascinantes d’anciens temps .Ces gens simples et humbles qui écoutent seront, tellement absorbés par les beaux récits qu’ils en oublient parfois même le temps qui passe . Pour renouveler l’air ambiant de temps à autre le Meddah par son humour fort, plaisant et drôle les fera rire qu’Ils y perdent parfois à leurs dépens bien des affaires de valeur qu’ils laisseront en instance.
Notre Meddah y venait à la coutume vers sa placette bien connue au Souk du village, trimbalant avec lui toujours son bendir, par quoi il égayait l’esprit des gens curieux qui de nature en veulent bien entendre ce que l’histoire cachait pour eux. De lui on avait bien des choses à apprendre et comprendre de la vie d’autrefois que parfois les gens tout autour assis ou debout, restaient attentifs, immobiles même comme des momies pour saisir et mieux comprendre ses paroles.
Dans les périodes fresques et tendues vécues à l’époque le Meddah était tantôt à divertir les gens tantôt à leur passer un message à travers des récits où seuls les personnes sensées connaitre le sens peuvent déchiffrer le prix des paroles prononcées.
C’était le temps de la mystification, à berner et tromper l’occupant par la déformation des paroles de recits et blagues tout en ayant l’air d’amuser les gens naïfs.
Et voilà qu’un beau jour comme tant d’autres plus curieux que moi d’ailleurs étions de bonne heure de ceux qui autour de lui seront à attendre pour tout savoir encore d’un récit légendaire enfouie dans le temps.
Ce jour-là , comme à ses habitudes Il était là au beau milieu d’une foule, à taper et à retaper de ses mains miraculeuses son bendir pour attirer beaucoup plus de gens
Notre Meddah paraissait aussi dans une nature magnificence qu’à cela je me suis permis sans attendre qu’il en fasse résonner d’autres coups de Tam –Tam de son bendir à l’interrompre pour lui rendre la pareille par une gratitude due à son rang de bienfaiteur pour nous tous.
Ô Meddah ! Toi, qui dans les Souks la voix plait, charme et, serine des récits fabuleux pleins de merveilles, je te salut.
Bien surpris par ma voix enfantine, je le voyais scruter l’assistance tout autour pour me retrouver et dire.
Ô Toi mon enfant qui s’est permis d’élever la voix, que mon salut te revient. Je t’en remercie Toi qui viens vers moi tendre l’oreille, c’est en quoi ton vœux souhaité à ce désir ardent de tout connaitre de moi du passé de tes aïeux que je puisse t’en dire plus. Par ces paroles d’oracle, Il répondit à ma langue obséquieuse, que sitôt il s’en est suivi entre nous une suite de paroles :
Raconte nous donc Ô Meddah, raconte-nous…. De tout ce qui en tes contes inouïs pour nous, nous met en peine à les déchiffrer.
Dis-moi Alors Ô--toi qui m’écoute, ce qui peut bien t’éblouir le plus de mes contes anciens pour que je puisse réfléchir à t’en dire plus, sur les plus écoutés d’entre eux.
Ô ! Rien d’autres, rien d’autres seulement que ce que tout Meddah comme toi radote
Mais moi, je ne sais dire d’autres que des contes populaires et d’anciennes ’épopées légendaires qu’ici et là on raconte en ces temps.
Alors, pourrais-tu m’en raconter encore quelques traits pour autant qui retracent notre vrai passé glorieux.
Si je t’en fais dire ce que je- ne- sais- quoi, les sages en vous en seraient fortement curieux et auront envie de tout savoir et d’apprendre de moi sur leur futur.
Soit, donne nous alors ce peu de ce passé d’hier qui se rapproche un peu du présent sans qu’on veut bien l’admettre.
Ô Toi qui m’écoute ainsi que tes autres je ne suis ni chroniqueur d’autrefois, ni acariâtre à chanter des histoires d’hier.
Alors c’est quoi cette humeur changeante qui vient tant vanter toute ta bravoure dans des contes et récits parmi la foule dans les souks.
Je ne fais que passer pour dire Ce qu’on disait sur hier, et ce qu’on ne peut prononcer pour demain en l’accommodant pour le présent.
Alors pour toi Ô Meddah, on ne doit être ni folichon ni encore moins narrant de dire en toute liberté toute pensée qui vogue en l’air.
Penses toujours Ô toi qui m’écoute, que lorsqu’on essuie la bouche pour la fermer c’est pour mieux protéger sa langue qu’elle ne puisse faire sortir trop de salive inutile.
Ô Meddah j’apprends de toi aujourd’hui que je dois me taire des fois comme toi, que de dire ces choses anciennes, qui me laisseront à réfléchir longtemps pour les comprendre.
Ô toi qui m’écoute, c’est ce que je fais que parfois je dois me taire.si je sais qu’on ne m'écoute pas, mais je dois écouter, pour comprendras peut-être pourquoi on ne m’écoute pas.
C’est une leçon de G.M que j’ai essayé d’en décrire ses caractéristiques dans un contexte historique et fictif en empruntant pour mon histoire un temps commun que certains l’ont vécu et un personnage typique pour avoir encouru au péril de sa vie les risques du métier de la vie.
Avide un mot qui veut tant dire pour G.M
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En arrivant devant la porte je savais que G.M était comme toujours impatiente à m’attendre et que malgré ma fatigue du long chemin parcouru de l’école jusqu’à la maison, elle va me refaire emprunter pour sa dernière commission ce même chemin qui me mènera encore jusqu’au village.
Alors avec tout un air grincheux, poussant le battant de la porte et entrant malgré tout, je voyais qu’à l’intérieur tout était calme mais qu’ Il faisait bien froid en cette fin d’automne, et là où l’on ne peut être pas plus loin en temps froid G.M s’y trouvait dans son coin, arc-boutant son dos au mur de l’âtre. Une buche et Les quelques brindilles allumées se consommaient à petit feu devant elle faisant le peu de lumière à l’intérieur où, tout près de son petit feu, elle épluchait calmement ce qui en restait d’une dernière pomme de terre qui fera tout un festin de roi à notre maigre repas du soir.
A travers mon cache-nez retourné sur mes pauvres oreilles entourant et couvrant tout le reste de mon visage ce qui ne me laissait que les yeux pour voir, Je la voyais ainsi, ce qui ne m’empêchait du tout en entrant de l’entendre m’appeler son appel cette fois sera pour moi, pour la dernière corvée de la journée. Tu poses d’abord ton cartable m’a-t-elle dit et viens boire vite ton café pendant qu’il est encore chaud, ensuite tu iras droit au marché m’acheter 1 kg d’oignons verts et fais en sorte cette fois ci que c’est comme si tu vas acheter une vache, assure-toi que la queue est comprise dans le marché. G.M voulait me dire par là de faire attention à ce que le vendeur doit me laisser le tout de la marchandise qu’il a pesée et que j’ai acheté, y compris les tiges.
Une méthode de vente qui a pris partout son ampleur de légalité, quand tu achètes on te fait peser la quantité que tu veux des oignons verts au marché, le «vendeur» pèse les oignons, te fais payer le prix de toute la pesée mais qu’ensuite sans te proposer il coupe court tout ce qui n’est pas comestible pour toi et bon pour lui qu’il garde pour afin de le revendre ou l’utilise ensuite à ses fins.
G.M disait vrai c’est ainsi qu’avec tous les marchands que ça se passe toujours quand je lui achète aussi les carottes. Quant aux choux fleurs pour G.M c’est une catastrophe. Elle jette aux ordures plus qu’elle n’en a gardé pour la cuisson. G.M, me dit pour ce légume qu’au moment de sa récolte on le coupe à ras du sol avec toute sa tige et ses fleurs qu’elles deviennent plus pesantes que sa tête, tout ça est de la malhonnêteté pour gagner plus de poids de ceux qu’ils veulent gagner en argent sale. Si ce n’est pour ta santé je ne l’achèterai pas. L’artichaut me dit elle ne se vendait autrefois qu’avec la tige que le poing de la main peut en fermer, maintenant c’est toute une longueur de tige d’un bras qu’on nous fait peser et payer et puis qu’on laisse au vendeur qui s’en réjouit avec pour le revendre encore.
Elle enchaina pour exprimer toute sa colère envers ces marchands malhonnêtes et avides gain qu’ on est bien dans un monde fou d’argent qu’ il n’y a que chez nous en ce Bled que ça se passe.
G.M tu me disais à l’instant « autrefois ». Est-ce que maintenant c’est différent à cet autrefois. Oh ! bien sûr, je dois te dire qu’un jour de marché autrefois on voyait les gendarmes qui contrôlaient tout ce qui se vendait et ce qui n’était pas dans les normes pour la vente. Ces moments-là le client était très satisfait de toute la marchandise qu’il achetait. Il était de même, mon garçon, pour les pauvres bêtes qui saignent du sang de leurs corps à cause de la charge, où à cet aiguillon très pointu qu’on utilise pour piquer ces bêtes et les faire marcher.
Et je te fais savoir aussi que pour la sardine que je n’achète plus de peur qu’elle soit d’hier et qu’on jette sur elle de la glace pour la rendre fraiche ne se vendait pas au-delà de 10h. Les vendeurs redoutaient les garde-champêtres qui s’emmenaient avec leur bouteille de grésil et asperger tout ce qui restait dans les cageots au-delà de l’heure prévue pour la vente de la sardine.
Sitôt que j’ai bu ma tasse de café au lait et sortant sans tarder, j’entendais encore G.M parler de son vieux « Autrefois » en me recommandant à ne pas oublier de bien refermer la porte derrière moi.
Le temps d’une ivresse de jeunesse
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Il s’en est allé vite, bien vite depuis longtemps ce temps de nos 10 ans à15 ans emportant avec, nos souvenirs pour que chacun essaie de s’en rappeler. Il est resté à jamais comme l’éternel temps qu’on doit évoquer et qu’avec lui parfois l’amertume de notre passé où jadis ses airs de chanson si joyeux sortis de notre souffle vaguaient dans l’air comme ces complaintes "ya Moustafa "« «, si tu vas à Rio ...»… » Et d’où se comptent parmi eux aussi tant d’autres que nous n’avions cessé à notre âge de fredonner leurs paroles comme des ménestrels.
C’était pour nous ce temps là qu’on pense maintenant, à celui d’une enfance enjouée. Nous étions jeunes…. Bien jeunes et insouciants pour connaitre ou comprendre la vie qui nous voyait grandir avec la folâtre d’humeur qui en nous ne nous fait pas rater une occasion propice pour rigoler tout le temps et à faire des blagues entre nous à longueurs de journées, si ce n’est surtout qu’il arrive, qu’on se consacre toute une semaine après l’école à grignoter quelques douros ou 20 frs dans la vente d’une B.D, déjà lue et ce pour la demi journée d’un Dimanche à un spectacle d’un film du 7ème art aux portes de la plus splendide et petite salle de cinéma de notre village d’antan qu’on appelait dans notre jargon villageois foyer rural. Il arrive qu’on se contentait parfois par manque d’un deuxième douro (5frs) du parterre cou tordu à l’arrière tête levée pour voir mieux une partie de l’écran juste au dessus de nos têtes.
A ce temps que nous voyons aussi loin de nous, rappelle ces passages incessants de véhicules et engins militaires dans les rues de notre tout petit village. Des fois on voit l’arrivée d’une jeep, d’un Dodge GMC ou celle d’un half track pointant à l’avant sa lourde mitrailleuse suivis une patrouille de soldats venant de la campagne feront leur entrée à la caserne du centre village et que nous nous trouvions à courir après chaque soldat juste pour un morceau de biscuit qu’on désirait tant ou un bâtonnet de ce chocolat noir. On évitait surtout ceux qui avaient leurs képis blancs, leur passage faisait toujours peur. C’était ce temps de jeunesse qui nous a vu grandir.
Et si on se rapporte aux jours des années que nous avions oubliés c’est à des photos jaunies par le temps mais qui elles ne vieillissent jamais qu’on sort des tiroirs et à nous rappeler en détails ce que comment vraiment nous étions jeunes.
Nos histoires de jeunesse enfantine regorgent de belles balades mais qui nous mènent aussi et toujours aux seuls endroits où nous nous sentions loin de la luminosité des deux garde-champêtres du village. Cette époque vécue par nous gosses fut dans ce temps vécue dans la jouissance comme dans la tourmente et la frayeur et pour nous en faire ces insouciants à courir partout dans une rue ou un chemin caillouteux à la recherche d’une histoire.

