Par Meskellil

Sens, Contresens et Non Sens

Par Le 15/07/2025

Il est des mots qui ouvrent à la vie, qui donnent la vie, il est des mots qui étouffent la vie, qui tuent la vie. Il est dit que « Là où la vie est authentique, la tension existe toujours ». Les mots ne sont bien entendu pas neutres, mais situés socialement. Et dans un texte écrit donné, le sens n’est pas donné une bonne fois pour toutes, il n’est pas univoque. Un texte est construit ou plutôt reconstruit par l’interprétation, les interprétations qui peuvent en être faites en fonction de la manière dont cela résonne en chacun, selon les représentations qu’il a de lui-même, de son environnement social, culturel…,de son histoire de vie, de ses expériences, de ses connaissances…, du monde dans lequel il vit et de la manière dont il le perçoit. Les interprétations sont inévitables, et chacun interprète selon ce qu’il est. C’est là que réside tout l’intérêt, toute la richesse d’une communication. Dans un écrit, le sens n’est pas incorporé dans le mot. Chaque expression dépend de l’usage qui en est fait et de son interprétation. Comment pourrait-on sinon expliquer autrement les changements dans le sens d’un mot, ou les controverses entre les personnes qui lisent ces mots, les interprètes ?

La pensée trouve à s’exprimer par le langage qui n’est pas seulement outil de communication, mais aussi outil de réflexion. Dans l’expression de cette pensée intervient aussi un langage inscrit profondément en chacun, et qui est celui des représentations mentales, des constructions mentales, des images mentales. Lorsqu’on lit un roman, on se représente les personnages, leurs actions, les décors. De la même manière, les images matérielles que sont les dessins, peintures, photographies sont des traductions externes de l’imagerie interne. Des constructions subjectives propres à chaque personne.

À cet égard, le but de la communication n’est-il pas de réussir à mieux se comprendre ? Lorsque nous communiquons, nous sommes persuadés que ce que nous disons est compris tel que nous l’avons exprimé par les autres, de même que les autres sont persuadés que ce qu’ils ont compris est exactement ce que nous leur avons dit ! Pourtant, la réalité est bien différente pour chacun !

Peut-on éviter les interprétations d’un mot, d’un texte, d’une expression ? Oui, bien sûr ! Lorsque l’on recherche le consensus pour éviter tout achoppement, le langage devient un outil de communication neutre et indifférent aux rapports sociaux. Nous communiquons sans vraiment le faire puisque nous sommes tous d’accord ! Il ne subsiste plus aucune brèche, plus aucun espace d’interprétation ! Cela devient un langage neutre et informatif. Dans la communication consensuelle, Il n’y a plus lieu d’avoir la moindre réflexion, d’exercer la moindre critique puisque tout le monde est dans le consensus, et veille à le maintenir. Il ne subsiste plus aucune place pour une quelconque créativité !

La relation à l’autre dans tout cela ! Quelle est-elle ? Je reviens à nouveau à Carl Rogers et à ce qu’il dit concernant les trois attitudes fondamentales qui conditionnent l’entrée en relation avec l’autre :

Une compréhension empathique et exacte du cadre de références interne de l’autre avec les composantes émotionnelles et les significations qui s’y rattachent ;

Une considération positive inconditionnelle consistant à accorder une valeur positive à toutes manifestations de la personnalité de l’autre et ce, à travers une écoute attentive, dépourvue de jugement ou d’évaluation ;

Enfin, une congruence, reflet du degré d’authenticité dans la concordance entre ses propos et ses actes, l’accord entre ce que l’on ressent et son comportement manifeste.

L’empathie confirme à l’autre qu’il existe en tant que personne autonome, dotée d’une valeur propre et d’une identité.

Pour conclure ce chapitre, je dirais que les mots sont polysémiques, qu’un texte autorise une multitude de sens en fonction des représentations, des constructions, des images mentales de chacun façonnées par son contexte social, culturel, son histoire de vie, ses expériences, ses connaissances….Les mots allument la lumière dans les palais de nos cerveaux comme le dit cet auteur. Les mots peuvent nous blesser ou aussi nous aider. Les mots ne transmettent pas que des informations, mais aussi des émotions. Il est question non de « vidange émotionnelle », mais de « partage social des émotions » dont les bénéfices ne sont plus à démontrer. Nous sommes tous divers, différents, pluriels. Cette diversité, cette différence, cette pluralité devraient constituer notre force et notre richesse,
et s’il y a un maître mot, une valeur maîtresse à ne jamais occulter, cela devrait être le RESPECT de l’autre à défaut de compréhension, de bienveillance, de tolérance.

Sous forme de boutade ou de caricature si on préfère, cette vidéo et son titre "Le Plaisir des Sens" (politiquement très incorrect). Surtout ne pas se laisser « piéger » par ce qui peut paraître tomber sous le sens (expression qui s’écrivait d’abord "tomber sous les sens" pour signifier "être directement perçu par les sens").

Chasse à l’outarde et à la gazelle : L’Algérie saignée à blanc

Par Le 04/07/2025

Chasse à l’outarde et à la gazelle : L’Algérie saignée à blanc

Par A. N. Messaoud (16-07-2015)

À la limite entre les Hauts-Plateaux du Sud-oranais et du Sahara, le massacre des animaux sauvages protégés continue à faire reculer la biodiversité tant chantée sur tous les toits des instituts de recherche et des administrations. Les deux principales espèces visées sont l'outarde et la gazelle. Les princes orientaux (Saoudiens, Qataris, Koweïtiens, Émiratis), qui organisent des «safaris» sous ces latitudes, sont souvent accompagnés et protégés par les services de sécurité algériens. Sur le plan légal, on ne sait s'il faut parler de braconnage au sens que lui donne la loi sur la chasse, ou de «récréation» légalisée par le droit régalien.

En tout état de cause, ces visites quasi régulières, qui mobilisent toute une logistique dans les espaces désertiques de Naâma, El Bayadh, Bougtob, Brizina, Ouled Sidi Cheikh,…etc., sont à l’origine de la régression du patrimoine animalier, qui plus est, figure sur la liste des espèces protégées. La campagne, si on se permet de lui donner ce nom, commence dès le recul des grandes chaleurs, en octobre. Les chefs, généralement d’ascendance princière, emmènent avec eux des serviteurs et des factotums asiatiques, comme en connaissent bien les pays d’origine de ces chasseurs. Les serviteurs viennent du Pakistan, du Bangladesh, des Philippines, du Soudan,…etc.

Grave atteinte au patrimoine faunistique

Au cours de ces dernières années, l’on a pu nous donner cette «consolation» consistant pour certains princes à aider les Algériens à reproduire partiellement l’espèce d’Oubara (outarde) par couvaison d’œufs reproducteurs et élevage d’oisillons. Pour la gazelle, rien n’a été fait pour remédier à sa régression sur ses aires naturelles. Parfois, les «braconniers» recourent aussi à d’autres formes de «marchés», comme le don fait par l’émir du Qatar, Khalifa Ben Hamad Al Thani en 2013 à la wilaya d’El Bayadh consistant en la construction d’un hôpital pour cancéreux de 30 lits.

Outre ces «campagnes» connues et programmées dans le temps, d’autres formes de braconnages se produisent quasi régulièrement et visant souvent la gazelle dite Legmi. Ainsi, des Koweïtiens et Saoudiens, en plus des Algériens, ont été déjà surpris par la gendarmerie en train de chasser cet animal protégé par la loi.
L’on sait que certains parmi ces encombrants visiteurs orientaux, se sont, au cours des dernières années, prévalus de certains appuis dans les sphères de décision algériennes pour justifier une grave atteinte au patrimoine faunistique du pays qui est, d’ailleurs, en train de connaître une forte régression. Les braconniers jettent généralement leur dévolu sur l’outarde dont le foie, assurent-ils, serait un bon aphrodisiaque pour des corps prématurément blasés ou pour des âmes fortement désappointées. Il aurait apparemment des effets plus efficaces et beaucoup moins nuisibles que le Viagra.

Début de prise de conscience

Les gestionnaires des espaces naturels algériens, conscients du danger qui pèse sur la richesse naturelle animale, ont été à l’origine de la législation dont l’aspect coercitif est censé servir de moyen de dissuasion pour tous ceux qui seraient tentés d’altérer ou de porter atteinte à la richesse faunistique et floristique du pays. L’ordonnance du 15 juillet 2006 portant sur la protection des espèces animales menacées de disparition est claire à ce sujet. Elle punit d’amendes, et parfois de prison, les délinquants qui se seraient livrés à la chasse d’animaux sauvages protégés par la loi. Cette dernière s’applique également aux éventuels complices locaux qui auraient «permis, facilité, aidé ou contribué, par quelque moyen que ce soit, à la chasse ou à la capture, à la détention, le transport ou la commercialisation d’animaux ou parties d’animaux mentionnés sur la liste à l’article 3 de la présente ordonnance» . L’article 3 donne une liste de 23 espèces protégées menacées de disparition, allant du varan du désert jusqu’au guépard et aux cinq variétés de gazelles, en passant par les deux variétés d’outarde, le fennec, l’addax,…etc.
Dans ce domaine précis, comme dans d’autres secteurs similaires où les équilibres environnementaux du pays sont en jeu, les scientifiques algériens et la société civile commencent à prendre conscience du danger qui guette l’avenir des milieux naturels, les ressources touristiques et esthétiques du territoire ainsi que les richesses du patrimoine culturel. Des pièces de musées algériens n’ont-elles pas franchi les frontières pour atterrir en Tunisie ou en France? Des tortues de l’Atlas n’ont-elles pas été écoulées sur les marchés informels d’Europe?

Entre les textes et leur application: il y a loin de la coupe aux lèvres

«Le 21e siècle sera écologique ou ne sera pas». Cette sentence d’un spécialiste aura-t-elle une oreille attentive sous nos latitudes, à Brizina, Ouled Sidi Cheikh, Naâma et partout ailleurs où la vie, enserrée dans le désert et menacée par l’action anthropique, sollicite protection, assistance et soutien? Et pourtant, l’Algérie s’est dotée des meilleures lois qui soient en matière de protection de l’environnement. Mieux, elle a adhéré à tous les protocoles et conventions internationales se rapportant à la protection et à la promotion de l’environnement sous toutes ses déclinaisons (zones humides, zones de montagne, parcs naturels, plantes et animaux menacés de disparition,…). Néanmoins, entre les lois et leur application, il y a comme un hiatus formé par des intérêts personnels ou de groupes qui ne sauraient être neutralisés par l’état actuel d’une administration prise dans la tourmente de l’instabilité de ses structures, de la médiocrité de la formation de ses agents et de la perméabilité de son corps aux différentes luttes d’intérêts.

De l’impression à l’expression

Par Le 04/07/2025

Claude Monet / Ludwig Van Beethoven

De l’impression à l’expression

Boqala Fi Miliana

Par Le 04/07/2025

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En hommage à nos anciennes et anciens qui nous ont légués un patrimoine, une Histoire, des histoires riches et diversifiés aux enseignements inépuisables, Allah yerhamhoum we ywessa3 3lihoum. Rebi ytouwel fi 3mor li mazalou m3ana nchallah.

Je dédie cette page à Miliana, les amis, et à tous ceux sensibles à ce thème. Merci aux personnages très attachants d'un roman Algérien qui porte haut la spécificité de l'identité, de la culture algériennes, d'avoir inspiré cette modeste poésie. Des moments créatifs nostalgiques mais si ressourçants.

Une contribution poétique et musicale nostalgique modeste qui se voudrait exprimer la force de la mémoire de certains faits structurants de notre moi national, comme le dit si bien cet ami, qu’il soit ici mille fois remercié pour ses multiples combats et luttes, ainsi que tous ceux qui œuvrent pour la préservation de notre précieux patrimoine.

 

Qaâda Boqala fi Miliana

Dhiyaf Rabi ! Merhba bikoum ! Tfedhlou !
Haq el Melh li qsamneh wel Ma’ li chrabneh
Wine rakoum ya wdjouh el khir yal ghaybin
Ya li lbereh âmartoulna qlobna
Bel el Mad’h, e’T’ariqa, w’Taâlil
Bla bikoum lyoum t’ye’temna
Merhba bikoum, yal hadhrin
Bikoum t’nawret doueretna
Fer’ha w’ baraka fiha melmoumine
W’net’mennaw ydoum lkhir, esrour wel h’na
El maqnine ezzine yghani bsout hnine
Ysselli el khater we ynessi kol ghbina
Qoftane bedh’heb metrouz wel âssaba min el hrir
Serma ghaliat essoum w’ khelakhel b’fen menqocha
Prenez place, délassez-vous
Rafraîchissez-vous, parfumez vos palais
Cherbet limoun wela kass atay
Qahoua be Zhar fi fendjel farfourî
Douceurs au miel, amandes, confiseries
Finesse, saveur, et raffinement
Hab el mlouk ezzine, khiar el ma’koul
We chbah esniwa houwa es salamoun
Nuit profonde, nuit argentée, ya mahla’ha
En’ndjoum wel qmar zedou fi b’haha
Ward, fell, hbaq w’yasmine
B’ôtorhoum âla lqaâda me ddefqine
Henna, swak, ânber w’ôtour
W’mâahoum el djawi fe enafekh bkhour
Écoutez ya hadhra, écoutez el Fâl
Hadh el Fâl âlina nour
Besmellah bdite, wa âla nbi sallite
Likoum ya hadhra hadhel Boqala nwite

Oriental Feeling

Par Le 04/07/2025

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Bonjour amis, amis du site. Je tenais à vous dire mon plaisir de lire vos cris du cœur, vos élan de joie, ou sentiment de tristesse, d’indignation, de colère, de bien-être aussi, ou d’écouter les musiques proposées avec spontanéité ou encore d’admirer à nouveau le trait fin, minutieux, juste de vos créations originales, c’est toujours un plaisir Benyoucef, et j’aurais beaucoup aimé que l’histoire de Si Amar se prolonge encore longtemps.

Quelques noms me viennent et si j’en oublie veuillez m’en excuser. Je citerai tout d’abord Noria notre hôtesse qui, sans elle, rien de tout cela ne serait possible, M. Benabdellah, l’ami et grand frère Ferhaoui, Miliani2Keur, M. Midjou, A. Arbouche, A. Bouaïch, A. Belfedhal, Chantal… . Merci à vous tous ainsi qu’à ceux absents, mais présents, j’en suis certaine, et que je salue. Et bien que je ne fasse pas de commentaires, croyez-bien que j’ai grand plaisir à vos diverses et attendues expressions.

Merci à toi Noria, merci à vous.

 

Rima commence sa carrière à 8 ans, et devient deux ans plus tard membre important de la Beirut Oriental Troup for Arabic Music. Soliste à 11 ans, elle se lance dans un répertoire réputé être le plus difficile de la musique vocale arabe. Plus tard, et diplômée de l’Université américaine de Beyrouth (une pensée solidaire pour le Liban qui n’en finit pas de s’enfoncer dans une crise multiforme sans précédent), et du Conservatoire national supérieur de musique, elle enseignera le chant plusieurs années durant.

En qualité d’invitée exceptionnelle des Massachusetts, elle enseigne le chant classique et le chant arabe à l’Université de Mount Holyoke dans le cadre de l’Arabic Retreat. Elle se spécialise aussi dans les répertoires arabes vocaux traditionnels de Sayyed Darwish et Wadieh El Safi,et se produit dans tout le Moyen Orient, en Europe et aux Etats-Unis... Elle collabore avec divers musiciens de renom Irakiens, Hollandais, Américains, Libanais à l’instar de Ziad Rahbani fils de Feïrouz entre autres. D’un enregistrement à l’autre, elle propose tout à la fois de nouvelles compositions et d’anciennes chansons, des mouwachahates ou encore des chansons de films autrefois interprétés par Sabah dont on se rappelle avec nostalgie le Allo Beyrout mine fadhlek….

Dans les morceaux que j'ai choisis de vous faire écouter et qui m'inspirent calme, paix et sérénité, et on en a grandement besoin dans ce monde bouleversé, on retrouve sensibilité, sobriété, simplicité, grâce, douceur et émotion, des ingrédients précieux qui se fondent en une belle alchimie agréable à écouter, à regarder...

Prenez soin de vous et bonne écoute

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