Sans titre 110

Du théâtre et de la parole

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En voulant ranger quelques bouquins que j’avais fini de consulter, j’ai eu la désagréable surprise de constater que, profitant de mon absence, les autres livres, et ils sont nombreux, se sont mis n’importe comment, débordant les étagères, encombrant le sol, s’étalant partout, s’empilant en tours précaires pour certains, debout, à cheval, ou allongés pour d’autres, mélangeant les genres et les formats, et jusqu’aux bibelots qui, passifs et disciplinés habituellement, s’y sont mis… Une vraie mutinerie pour un véritable capharnaüm ! J’étais là les bras ballants, les yeux ronds, la bouche ouverte me demandant comment j’allais arriver à bout de ce chaos indescriptible. J’ai poussé une petite « gueulante » les ai disputés un peu quand même histoire de leur rappeler nos statuts respectifs. Non, mais des fois ! Penauds, ils ont commencé à se reprendre et à regagner petit à petit leur place. Évidemment, il y en avait qui ne retrouvaient plus la leur, qui rouspétaient mécontents, d’autres qui ne s’en souvenaient plus, pas plus que moi d’ailleurs, pendant que d’autres se faisaient héler par les copains qui s’étaient serrés un peu plus pour les accueillir. Un vrai bazar ! Et c’est en remettant un peu d’ordre dans tout ça que je suis tombée sur de tout petits livres serrés, coincés, écrasés, étouffés parmi les gros bouquins dont des dictionnaires ! Poor thing ! Je les ai dégagés de là en poussant, difficilement je dois dire, les gros livres récalcitrants et marmonnant je ne sais quoi, et là, j’ai vu ce que c’était. Quelle belle surprise de les retrouver ! Ça faisait un bail, une éternité ! Je les avais complètement oubliés ! Ils étaient quatre au total : « Alphabétiser le silence » de Salah Guemriche, « Poèmes bleus » d’El Hadj Tahar postfacé par Djamal Amrani, «Pour ne plus rêver » de Rachid Boudjedra et enfin et surtout le cinquième « Déminer la mémoire » de Djamel Amrani. Je les ai feuilletés un à un toute contente, toute émue, toute à mon plaisir de redécouvrir des pépites au hasard des pages brodées de poésie. Des poèmes tantôt cris déchirants, luttes acharnées, complaintes mélancoliques, désillusion douloureuse, solitude poignante, tristesse profonde, salée, tantôt des mélodies douces et légères, des petits fragments de vie baignés de tendresse, d’amitié, de fraternité, de solidarité, d’amour, de rêve, de naissance et d’espoir. Une poésie d’enracinements profonds dans l’Algérie, mais aussi d’arrachements non moins profonds, des mots ancrés dans le passé, dans la guerre de libération, des stigmates encore brûlants marqués au fil des pages ou ces premières années d’indépendance faites de croyances pleines de projets et d’espoir et résolument tournées vers l’avenir…

Djamel Amrani m’ouvre grand une fenêtre sur le passé, sur mes années étudiantes. Je me souviens d’avoir acheté ces recueils, il y a de cela fort longtemps. Dans quelle librairie ? Celle qui était en vis-à-vis de la Grande Poste ou l’autre un peu plus loin dans la rue Ben Mhidi ? Je ne m’en souviens pas et ne sais même pas si ces librairies existent toujours ? Mais je me vois bien feuilleter ces recueils, lire quelques poèmes pour décider lesquels choisir. Je me revois marchant dans l’allée large de l’Université d’Alger, la Fac Centrale comme on l’appelait, menant aux différents départements d’études dès l’entrée franchie, et devenue depuis l’entrée des professeurs et du personnel. Je revois cet homme un peu fébrile, les gestes abruptes abordant les étudiants qui passaient, campé sur cette côte qui montait vers la BU. Je continue ma progression le regardant toujours. Arrivée à sa hauteur, il m’aborde aussi et me tend des papiers noircis d’écriture. Qu’est-ce que c’est ? Un tract informant d’une assemblée générale ? Des infos sur une quelconque soirée d’étudiants ? Autre chose ? Ce monsieur est trop âgé pour être étudiant, et ne se comporte pas comme un professeur. Il perçoit mon hésitation, ma méfiance même et me dit : « ce sont des poèmes, seulement des poèmes de ma composition, je te les offre ». Je revois très nettement son visage, ses traits, ses paquets de feuilles qu’il distribue quasiment à la criée. Je prends le recueil, jette un œil sur des poèmes signés Djamel Amrani. Je le remercie étonnée d’abord puis amusée, admirative, séduite par cette façon originale d’amener la parole jusqu’au lecteur, bravant refus, mépris, méfiance et rejet.

Un poète un peu foufou. J’aime bien cette idée, l’incursion originale de cet homme dans le monde étudiant. Ses poèmes ? Je ne m’en souviens pas, et pas plus ce qu’est devenu ce recueil. A cette époque-là, je ne connaissais pas Djamel Amrani. Sa façon d’accoster les gens pouvait facilement le faire prendre pour ce qu’il n’était absolument pas, un fou, un dérangé, un exalté, un « allumé » dirait-on familièrement. C’était simplement un poète à la sensibilité exacerbée, qui déboulait dans l’espace public l’investissant, l’impliquant dans ses mots, subversifs, dérangeants, doux, tendres, passionnés, jamais insignifiants ou indifférents. Voici un extrait, magnifique, de la quatrième de couverture de « Déminer la mémoire » :

Figure d’un silence disloqué,
Je me délie
D’une empreinte sans confins,
Un verger m’établit,
Qui innove l’escalade du ciel
A peine l’écorce d’une parole.
A l’affût de ma durée,
Toujours la houle de nos plaies,
Les mythes insoupçonnés
Rivés à notre espace.


La poésie est art et l’art est liberté et un artiste libre ne se justifie pas, et Djamel Amrani, artiste dans l’âme, avait en lui ce parfum de liberté, et tenter de justifier ses incursions à la Fac ou ailleurs pour semer aux quatre vents ses mots qui ont germé ici et là, est vain, inutile. Le poète ne meurt jamais, on le sait. Wajdi Moawad, cet artiste Libanais aux talents multiples choisit un seul mot pour parler de l’artiste: « Si un artiste devait être un mot, il serait le mot « pli ». Le mot pli se retrouve dans : Plier. Déplier. Replier. Impliquer. Compliquer. Expliquer. Simplifier. Dupliquer. Appliquer. Amplifier ». Il dit très justement que l’artiste n’est pas là pour inventer, mais pour élargir les blessures, qu’un artiste doit être à la fois le pont et le ravin et qu’une œuvre n’est pas là pour plaire mais pour enflammer. Djamel Amrani me semble tout à fait coller à ces quelques caractéristiques de l’artiste, le vrai, et de ses œuvres.

Quel point de jonction entre Djamel Amrani et Mohamed Charchal, Benaïssa ou d’autres? Difficile transition il est vrai et le lien ne saute pas aux yeux même aux miens, pas encore. Selon moi, le point de rencontre entre eux se situe dans la parole, la prise de parole. Peut-être Djamel Amrani souhaitait-il rompre le silence, bousculer, tordre, réinventer, habiter, réinvestir, différemment la parole, la réhabiliter, la sortir de son confinement ? Une parole étouffée, déroutée, dévoyée, détournée, vidée de sa substance, de sa portée sociale, politique déjà à cette époque ? Tahar Djaout dit de la poésie de Djamel Amrani et du personnage, en 1981 dans Algérie Actualité « La poésie de Djamal Amrani possède les indices qui repèrent la présence d’un grand poète, entre autres, cette rencontre souvent orageuse entre les ressources du langage et les contorsions du corps insoumis. Suivant les préoccupations du moment, le poète fera prendre le pas aux unes sur les autres ». Et j’y vois moi, un parallèle avec la prise de parole sur la scène du théâtre. Je dois préciser que ce texte, j’avais commencé à l’écrire lorsqu’il a été question de Mohamed Charchal dans sa pièce « Ma bqat hadra » dans une des rubriques il y a de cela un mois environ, cela devait être un petit commentaire sur la parole, qui s’est transformé en texte en raison de cette rencontre fortuite avec ces recueils de poésie. Il m’est apparu que la poésie n’était pas si éloignée du théâtre, surtout par rapport à Djamel Amrani qui se mettait en scène, mettait en scène sa parole auprès d’un public étudiant sur une scène improvisée dans l’allée de la Fac Centrale.

Alors le théâtre et son oralité…L’oralité, ou le théâtre en langue populaire, en derdja, c’est cette langue que l’on parle et qui nous parle à son tour, qui est en phase, en osmose avec nous ; elle est nous, et nous sommes elle. Toute parole est écriture et l’écriture est parole, et le théâtre nous ouvre à une parole plurielle, profonde, consistante, une parole qui se conjugue non pas en « je ou tu ou il ou elle » mais en « nous ». « Nous », comme scénariste, metteur en scène, comédien, costumier, scénographe, spectateur, public. C’est une partition qui se joue à plusieurs, un flux continu entre les différentes parties, l’une alimentant l’autre, l’une impliquant l’autre, l’une communiquant avec l’autre, l’une amplifiant l’autre, l’une transformant l’autre… et ce qu’a accompli Mohamed Charchal, c’est la mise en acte et en parole d’un travail d’écriture brillant, une parole active déjà dans son écriture scénaristique parce que parlant, touchant, remuant, impliquant, impliquée, faisant sens, un sens, des sens fruits des diverses subjectivités, sens qui n’est jamais figé puisqu’il se déconstruit, se reconstruit, se reformule, se relit, se réinterprète. Le sens nourrit sa dynamique et se nourrit d’elle, le sens est un terrain privilégié de la lutte politique et sociale, le sens devient facteur d’orientation des rapports sociaux, dans un monde tel que dépeint par Marco Baliani : « Contre une société qui brûle les expériences dans un vertige de banalité, qui uniformise le ressenti selon des canons publicitaires, qui aplatit la perception du monde selon des schémas opaques, qui contraint l’imagination à se mesurer avec la seule manifestation de la réalité, contre tout cela, je m’assois sur une chaise et je montre l’invisible. Ou j’essaie de le faire. (…) Durant le temps court du récit, je fais partie du monde, dans un autre espace et dans un autre temps, et cela me suffit. »

Si Marco Baliani nous décrit les sociétés uniformisantes faites de spectacles clé en main et de buzz, où l’imagination et les rêves sont sous influence où l’on confond allègrement l’art, la culture avec l’industrie du divertissement, alors l’artiste se retrouve face à un défi de taille, celui de rester libre, authentique, vrai, fidèle à ce qu’il est, à ce qu’il veut dire, à ce qu’il veut transmettre, et ce n’est pas toujours simple, ni toujours possible, le système dans lequel on vit étant si tentaculaire. Mais enfin, il existe quand même et en dépit de tout des artistes de cette envergure qui arrivent à la reconnaissance et Mohamed Charchal comme d’autres est de cette trempe d’artistes, ceux dont parle Wajdi Moawad: « un artiste est là pour déranger, inquiéter, remettre en question, déplacer, faire voir, faire entendre le monde dans lequel il vit, et ce, en utilisant tous les moyens à sa disposition. Or, pour que cela puisse advenir, il doit poser un geste qui va d'abord et avant tout le déranger lui-même, l'inquiéter lui-même, le remettre en question lui-même, le déplacer lui-même, le faire voir lui-même, le faire entendre lui-même. »

Le théâtre Algérien en derdja, c’est notre parole et son émotion, notre âme et sa vibration, notre mémoire et sa transmission. Kateb Yacine l’avait bien saisi quand il a décidé d’aller à la rencontre du public qui ne venait pas à lui. C’était à lui de lui porter sa parole, c’était à lui d’écrire son répertoire théâtral en arabe dialectal, en derdja pour l’atteindre et le faire résonner. Alors la rencontre avec le public s’est bien faite, un public venu massivement des deux rives de la Méditerranée l’applaudir. Le dramaturge Algérien Benaïssa ne dit pas moins sur cette richesse de la tradition orale et l’impossibilité d’exprimer la tragédie d’un peuple sans l’utilisation de sa langue dont le poids du verbe, la finesse des images sculptent la pensée. La parole est l’outil principal de cette forme de communication qu’est le théâtre, et c’est la raison pour laquelle elle doit être évoluée et investie par le talent des artistes pour qu’elle puisse aller plus loin que celle reçue. Et pour ce faire, Benaïssa insiste sur la nécessité de mobiliser toutes les connaissances, les expériences pour investir la culture populaire, pour fructifier tous les héritages reçus et les emmener plus loin, car dit-il, il n’y a pas de subversion sans la parole, et pour être subversif, qui est le propre de l’expression théâtrale, on ne peut pas parler une langue conventionnelle, mais inventer une langue qui va porter cette subversion. Et rien n’est moins vrai à mon sens, sortir du signifiant qui est la langue conventionnelle, conformiste pour aller vers le signifié qui est la parole indisciplinée et particulière par opposition à une parole ou une langue convenue, étouffant le débat qui se réduit à apporter des nuances aux logiques dominantes, ou sortir de la forme pour aller dans le fond, le sens, dans ce qui parle aux gens, ce qui résonne en eux et les fait résonner en retour. La parole doit être dans l’humain, une parole qui se reflète dans le regard de l’autre.

Mohamed Charchal a été récompensé et pleinement consacré à juste titre. La première reconnaissance étant celle du public qui s’est saisi de cette parole d’un monde possible, d’une manière de vivre, qu’il accueille, comprend, s’approprie, enrichit de ses lectures, de ses regards multiples propres, devenant à son tour créatif, acteur pour dire de nouveau, dire autrement, bouger, se déplacer, sortir de son moi confiné, évoluer, changer. Le théâtre est une extraordinaire source d’énergie et de désir, de volonté et d’agir pour mener encore plus loin la parole, force et subversion des maux qui deviennent mots, pour se retrouver soi et retrouver les autres, se reconnaître soi et reconnaître les autres, se reconnaître en eux. Le théâtre, c’est cette parole sortie de son carcan normé, pour éclater libre et s’épanouir à la lumière, se déployer loin de cette parole dénaturée, détournée, désorientée, dévoyée, emprisonnée, muette. Le théâtre, c’est repartir de la parole populaire, enrichir les formes qui peuvent la dire, l’exprimer dans toutes ses dimensions. Le théâtre, c’est créer et favoriser l’espace de son émergence, lui redonner sa place dans la cité, la reconnaître pleinement pour la sortir de son exclusion, de l’espace étriqué d’une parole réduite à une survie. Car la parole est nous et nous sommes elles, et la reconnaître, lui permettre d’atteindre sa pleine maturité, c’est nous reconnaître nous, puisque cette parole est partie intégrante de la construction de notre moi collectif, la reconnaître c’est la grandir et nous grandir, c’est aussi une reconquête de notre estime de soi, et une autre manière de réinvestir pleinement et activement sa place dans la société, et ce n’est pas rien.

Ce texte est un hommage à tous les artistes et à leur tête les artistes Algériens, ceux talentueux connus et reconnus pour leur travail, et ceux aussi talentueux, et il y en a, méconnus ou inconnus parce qu’ils ne sont pas dans les circuits dominants. Et pour vous artistes mais aussi pour tout un chacun cette expression de Guy Corneau pour finir «Rencontrer du meilleur de soi, c’est prendre contact avec la partie vivante de soi. C’est honorer la partie lumineuse, large, abondante. C’est la nourrir, la stimuler, la cultiver »

Par Meskellil

Commentaires (3)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 01/02/2018
Bonsoir Djilali, Bonsoir Miliani2Keur,
Bonsoir à tous,

Oui, Djilali, Il y a beaucoup de nostalgie dans ce texte. La nostalgie nous fait du bien mais parfois nous remplit de peine, de tristesse. Tout est question d’intensité, de conjoncture et de contenu. Merci à vous d’être passé.

Miliani2Keur, tu ne t’es pas laissé distraire par cette histoire de livres, il est vrai, burlesque, un peu surréaliste, absurde et qui ne méritait pas que l’on s’y attarde plus que cela, l’essentiel étant ailleurs, dans le fondement, la raison d’être de ce texte que des extraits de ton commentaire amplifient « le caillou précieux dans une gangue », « ... pour celebrér la geste et la parole populaire, fugace, ephémere, la derja, de nos ailleules surtout et présque exclusivement » « les Bouqala censurées, le verbe de la Rue/assujétie/indigénisée, le medh des saints locaux, si légers historiquement et tellement utiles » « langue fugace, vive, méprisée, usée, ignorée a dessein »…C’est l’oralité, la parole, et la prise de parole dont l’un des médiums est le théâtre. Merci Miliani2Keur d'être allé au cœur du problème qui se pose à nous, à l'Algérie comme un défi de taille.
Miliani2Keur
  • 2. Miliani2Keur | 01/02/2018
Heuresement que je lu il y'a 3 jours ton article loin de... mes livres, ca aurais pu leur donner des idées et le vent d'insurrection les auraient gagnés au prix d'une révolte que j'aurai eu a subir avec les dégats conséquents mais Internet et mon expérience pourraient ramener ma bibliothéque actuelle a quelques Opus (dont je décale toujours la lécture méthodique) dont La Moukadima d'Ibn Khaldoun, l'Encyclopédie d'Ikhouan eSSafaa (Les Fréres en Pureté) et autres Ennuieuseries du Format Des "Empires Maghrébiens" de F.Zohra Oufriha et 2 ou 3 derniers Boujedra a lire en Transversal ... Autrement mes Livres/mes ainés, me font sourire en toute humilité .. je ne parle pas de la "bibliothéque" numérique que j'ai engrangé et qui doit bien demander une autre vie et demi pour étre ingérée ...

L'introduction carrément Burelesque et osée du texte nous a complétement feintée avec un parfum de "Toy Story" cet ancetre de la 3D ou les gens prennent vie et âme et qui justement finis en révolte et en prise de conscience existentielle.
Le texte ensuite nous joue un "sale coup" par l'irruption d'Amrani (personnage méme pas surréaliste aujourd'hui: INCOMPREHENSIBLE ) en dealer ( paria) de vers volés/filés a la sauvette et la Meskellil ecris/analyse/couche/accouche plus vite que notre capacité a analyser ... le caillou précieux dans une gangue, mais LA! ... au secours Al Maari le non voyant/savant qui démontais ridiculisais il y'a 11 siécles déja les apprentis-commérciaux-Agrées-d'Allah d'aujourd'hui et que Cervantés n'atteint qu'époumoné 6 siécles aprés et que Dante pille sans vergogne, grossiérement ... pour celebrér la geste et la parole populaire, fugace, ephémere, la derja, de nos ailleules surtout et présque exclusivement ... la mystique féminime parce que seule au physique comme au symbolique aux prise avec le quotidien, le réel ... les Bouqala censurées, le verbe de la Rue/assujétie/indigénisée, le medh des saints locaux, si légers historiquement et tellement utiles ... comme cette Tante du Cheliff a laquelle on refuse l'accés au Cercle du prophéte a la mecque sous prétexte qu'elle peut louer Allah partout, à laquelle elle rétorque "Oui mais lui (Allah) on l'a aussi chez nous!" ... contre une névrose collective (integrée comme dirais MeskEllil!) , c'est pas cher payé! langue fugace, vive, méprisée, usée, ignorée a dessein, passée a l'égout quand des Intello-Trafiquands imposent a toute une Nation la Verroterie, le Toc "Amazighiste", autre strate de violence ... le théatre de Yacine et peut etre le constat confus encore embryonnaire dans l'essais de CHARCHAL qu'il faut extirpér a l'oralité son Âme et que les livres -ces anciens gardiens, en sont déja, la sympathique décomposition ...
je retiens cette marche vers...La partie vivante de soi , presque seule voie de rencontre et d'estime de soi...
(ce à quoi contribue modéstement Algermiliana.com)
c'est important que tu le verbalise meskellil



Mother India : Scene ou Nargis (la sociéte/la rue) dans le besoin, détruit une "déesse" qui l'ignore et ne lui apporte rien dans sa détresse..
djilali deghrar
  • 3. djilali deghrar | 29/01/2018
Meskellil, bonsoir,

Ah, nostalgie de quel bout tu nous tiens! La jeunesse a toujours été ce leitmotiv sur l'ensemble de nos idées, de nos envies et surtout de notre futur.

Djilali

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