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                               De Bab-El-Oued @ Miliana

La limite de la liberté d'expression

En 1723, un certain BENJAMIN FRANKLIN a donné quelques conseils par écrit au journal THE COURANT de Boston pour lui éviter les foudres des autorités religieuses et royales. Ces conseils (08 au total) ont pris la forme d'une énumération chiffrée. Une technique d écriture que Franklin affectionnait.
   1/ tout d'abord quoique vous fassiez, soyez tendre avec la religion du Pays".
   2/ prenez garde de ne pas injurier les Révérends et les fidèles ministres du Gospel".
Avec ses règles, pour le COURANT de la "Nouvelle-Angleterre" Franklin avait, sans le savoir, posé les bases du journalisme Américain. Comment ne pas voir un curieux parallèle avec la prudence affichée par les médias Américains, prés de 3 siècles plus tard sur la question de la représentation de l'Islam ?
La question se pose, surtout depuis qu'une dizaine de grands supports, dont CNN, le NEW YORK TIMES, le WASHINGTON POST ont décidé de ne pas reproduire la UNE du numéro des SURVIVANTS de CHARLIE HEBDO, représentant le Prophète MOHAMED. Ces médias ont invoqué le désir de ne pas heurter la sensibilité de leur public Musulman et ont usé de multiples stratagèmes (descriptions, images de stylo, photos rognés etc...) pour ne pas montrer la couverture controversée. " Nous ne publions jamais des images ou autres éléments destinés à délibérément heurter les sensibilités religieuses" s'est justifié le Directeur de la Rédaction du NEW YORK TIMES dans un communiqué qui a suscité un vif débat aux États-Unis et au delà.
  Épinglant sans limite de la férocité de ses dessins tous les pouvoirs établis, CHARLIE HEBDO, maniant irrespect et esprit caustique de façon hebdomadaire a poussé l'exercice depuis le début des années 70 jusqu'à devenir un contre-pouvoir provocateur. Dans chaque numéro de cet héritier du très libertaire " bête et méchant" HARA-KIRI, le bon gout s'affiche rarement, mais les caricatures de ses dessinateurs tutoient avec vigueur et sollicitent avec brutalité la liberté d'expression, jusqu'aux limites subjectives de la satire.
Publiant des ribambelles de dessins dont l'inspiration s'affranchit de tout tabou. Ces trublions créatifs carburent à l'humour corrosif. Celui qui laisse parfois des traces d'acide. Leurs crayons et leurs plumes se font des plus cruels envers les religions en particulier l'Islam. Tragiquement ces caricaturistes ont en payé le prix le 07 janvier passé. Assassinés pour l'expression de cette liberté !!! Une rédaction décimée pour ses écrits.
Je pense à mon humble avis que la liberté de tout dire ne vaut que si elle est assortie du principe de responsabilité. Au risque de sombrer dans l'autocensure et le politiquement correct. En effet,  "La liberté d'expression ne vaut dans l'absolu que si elle s'accompagne de la responsabilité de son usage et implique donc de faire preuve de la retenue nécessaire ". Si la civilité ou la politesse étaient remplacées en permanence par les injures ou les provocations, la vie privée publique ou même professionnelle deviendraient insupportables. Je pense que la liberté de la presse qui tire sa crédibilité de la responsabilité avec laquelle elle est usée, de la bonne foi, du sens de la mesure et des compétences des rédacteurs. Mal nommer les choses c'est, je crois, ajouter au malheur de ce monde .

Par LIBERTE

Commentaires (1)

keryma
  • 1. keryma | 07/06/2015
Bonjour Mourad,

S'exprimer librement, n'est pas chose facile! Ne serait-ce que pour plaisanter, on le paie très cher, cela peut aller jusqu'au tribunal...Presque!
Les poètes, écrivains, chanteurs, caricaturistes, les politiques personne lambda dans la rue..... Se verront lynchés, même tués pour un mot une toile, un vers, un dessin voir caricature, le mot liberté n'est pas à sa place!
Il faut limiter ses envies de s'exprimer il faudra même demander un permis, un droit de s'exprimer et ....librement, it's a fake!

Kéryma,

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