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Mon ange

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Mon ange.

( l'enfant qui est en nous ne meurt jamais )

Tout à mon périple intérieur, je n’ai pas remarqué la présence depuis un temps de cet ange qui vient à moi et me sourit, que j’ai le bonheur d’avoir à la maison et qui enflamme toute ma raison de vivre ! « Elle me dit des mots d’amour » et c’est ce pouvoir qu’elle a de débiter la magie des mots, qui m’ensorcelle ! La moindre expression de sa bouche ingénue, prononcée, devient poésie. Mieux qu’un livre, elle m’apprend à vivre, mieux que le temps, elle me réconcilie avec l’enfant que mon image d’adulte tient en otage. Seuls, elle et moi, deux gavroches complices qui s’éclatent, nous mordons l’instant à pleines dents si voracement qu’il devient superflu de distinguer l’enfant de l’adulte…le présent du passé. Quand elle est là, le temps fait sa révérence et se retire sur la pointe des pieds ; il sait que la vie aux mains de ce chérubin n’a pas le temps de s’ennuyer ! On y rit, on y danse, on devient humain. Quoi de plus naturel chez des gamins !

 

J’aperçois dans ses yeux ce regard malicieux qu’elle tient de moi, et que je n’ai plus parce que l’âge vous l’effrite à force de se prendre trop au sérieux ! J’écoute le rire franc et sonore, qui émane de son cœur et une foule de situations fourbes dont les adultes ont le secret et le monopole me fouettent l’esprit et me font honte ! Ma fille m’enseigne chaque jour les leçons de la vie, simplement, naturellement. Elle m’apprend que tout acte sensé se construit de sa spontanéité et de son ingénuité, prédisant par là les préjudices immenses qu’on lui fait subir tôt ou tard par nos ingérences musclées et traumatisantes ! Elle va jusqu’au bout de ses rêves, jusqu’où peuvent l’entraîner ses jeux et ses désirs : voilà un joli exemple d’émulation dont malheureusement nous brisons l’élan ! De ses frêles bras, elle m’enlace et me réchauffe d’un grand amour qui ne triche jamais, si sincère qu’il vous charme et vous désarme jusqu’aux larmes. Sa chevelure frisée et rebelle ne supporte aucun accessoire ni aucun chignon, elle est, comme ses cheveux sauvages, avide de liberté et de contestation. Chez elle tout est petit : ses yeux, son nez, sa bouche mais ce corps en miniature porte un immense cœur dans ses menues mains et sème sans compter dans chaque moment qu'Allah fait une multitude de grains de bonheur.

 

                    A la voir courir dans tous les sens, rire à gorge déployée, faire « la folle » embaume tous mes sens et la fête, l’entière, la vraie est en moi ! Cette fée possède ce don envoûtant de faire éclipser mes peines et mes tourments, de faire fuir par le soleil de son sourire les gros nuages sombres de mes soucis, me rappelant quand elle m’embrasse à quel point la vie est fugace et que le propre de l’homme depuis l’éternité est dans le rire. Alors les profondes retenues de mes captives privations se déversent à flots telle une averse sur les rides taries et creuses de mon âme qui régénère le cours de sa source asséchée ! Avec elle à mes cotés, les ultimes ressources renaissent et les verrous de tous les tabous se brisent. Son irrésistible « sésame » fait des siennes : il m’emmène par le chemin le plus extravagant qui conduit au carrefour de son éden et là, en ce jardin, de fleur en fleur, cette abeille abuse de tous les nectars de la vie. La voyant ainsi irradiée de bonheur, j’ai envie d’être la rose de toutes ses fleurs préférées ! D’être, mieux que son père, le compagnon sincère de ses multiples fantaisies, l’oreille vigilante de ses francs étonnements, les jumelles par lesquelles elle se représente les choses et, plus que tout, l’ami de ses jeux et de toujours.

   Toute la vie « m’est en elle » et toute sa vie est en moi ! 

                     Même si l’homme rationnel que je suis tenu d’être fait beaucoup d’ombre à l’enfant lunatique que je suis resté, même si j’assume assez péniblement ma destinée d’adulte et que les aléas de la vie me privent souvent de cette fugue enfantine, il y a enfin une chose qui me fait plaisir, me rend le sourire, conforte mon avenir, c’est que mon ange, que j’aime à en mourir, me procure ce précieux pouvoir de me défaire du temps ! Les anges sont intemporels et le mien me rend si léger que parfois il me semble voir pousser des ailes dans mon corps qui s’élance au septième ciel, au hasard de ses pérégrinations ! Pour comprendre un ange il faut de l’altitude, de l’élévation et des quantités d’amour. Là où c’est pur, limpide et spontané, où c’est accessible par une vue supérieure du cœur. Aussi quand je m’amuse avec ma petite fille, nous sommes sur un nuage et rien n’a plus de valeur à nos yeux que ces instants d'immortalité !

Par Said BELFEDHAL

Commentaires (10)

Meskellil
  • 1. Meskellil | 28/11/2018
Bonjour à tous,

Bonjour Abderrahmane,

Ce petit message juste pour dire que je crois avoir trouvé ton texte de l'albatros aux ailes blessées, mais sans être sûre que ce soit bien celui-là, et que je l'ai posté ce matin sur algermiliana. Noria que je remercie, le publiera quand elle le pourra.
Belfedhal Abderrahmane
  • 2. Belfedhal Abderrahmane | 27/11/2018
bonsoir a toutes et a tous
bonsoir meskellil bonsoir notre poetesse keryma
en lisant vos commentaires autour du texte mon ange et si j ai une idee assez precise sur la qualite et la force de celle qui avait pousse la grande porte en bois me renvoyant a la citation de mallarme ce coeur qui dans la mer se trempe symbole de l eau qui purifie et qui delivre de l angoisse et si telle est ma conviction je dois revenir a l evidence que keryma a son tour laisse apparaitre dans ses ecrits cette extaordinaire dualite entre le style satirique voir l homme et l escargot et cet autre style a la fois souple et brillant par mille feux degageant enormement de sensibilite
keryma a un moment donne j avais l impression que votre commentaire et le texte de said ne faisaient qu une seule plate forme tant le verbe etait fort emanant d une grande ame qui sait se mettre au diapason quand tout semble tomber dans l anonymat et l indifference
au nom d el marhouma et ses anges malak mokhtar et yassine recevez toutes
les deux ma haute concideration abderrahmane belfedhal
Benouali
  • 3. Benouali | 26/11/2018
Un salut à toutes et tous.
Tu viens de frapper fort!!! Ce texte est beau et touchant.... Il me rappelle tant de souvenirs avec ma fille,qu'un jour très lointain ,je lui prêté mains pour lui apprendre quelque leçons de grammaire de langue de Victor Hugo, c'est cette fille adorée qui revient sur scène du présent qui me sensible et encourage à prendre ma plume pour écrire des petits récits tout en restant mon coach...
Tu as endosse un si beau titre ange
Merci
said belfedhal
  • 4. said belfedhal (site web) | 26/11/2018
Keryma, bonjour
Je vois tout de suite que tu as une ame de poétesse...ça coule de source ! Ta générosité toute naturelle me touche profondément et ces quelques vers qui se sont imposés à toi, à chaud le montrent si bien !
Je les ferai lire à ma fille qui aura cet honneur de t appeler " Tata"
Merci encore une fois Keryma
said belfedhal
  • 5. said belfedhal (site web) | 26/11/2018
bonjour meskellil, FM, keryma, abderrahmane ainsi qu aux autres !
Tout d abord je suis moi aussi tres ému par vos paroles si spontanées, paroles qui jaillissent du coeur sans l ombre d un doute...
A travers ma fille, j ai voulu transmettre un message simple mais combien délicat : Aimer nos enfants pour qu ils sachent aimer à leur tour !
Cela dit, aujourd hui ma fille est universitaire.c est peu dire si je vous dis que j en suis tellement fier...Merci pour vos mots sinceres, merci d avoir pris de votre temps pour me lire, et merci surtout pour cette respectable femme qui a eu cette lumineuse idée de nous faire rapprocher au-delà de l espace et du temps !
Amicalemnt
MF
  • 6. MF | 25/11/2018
Une sensibilité accrue se loge dans les chromosomes d'un "artiste" c ce qui le différencie
des "autres".,un don du Créateur.
Bcp d'émotion s'échappe de ses dires,écrits,chansons,fait réagir chacun selon l'humeur
du moment.
J'ai lu le récit,et décelé la tristesse,l'amertume d'un adulte écorché à vif par la vie
et la joie de vivre d'un ange car bien entouré par ce papa qui absorbe tout ce qui peut
faire mal à ses pupilles.
J'ai vécu sans père,connu les affres de la guerre,et mm échappé à la tuberculose
et je suis tjrs en vie,donc ne jamais dramatiser,car il y a dans le monde des millions de personnes
bcp moins bien logées que soi,et surtout laisser le temps au temps pour panser nos blessures
aussi profondes soient-elles.
C juste pour apporter un peu de réconfort,loin de moi de donner des lecons à quiconque.
keryma
  • 7. keryma | 25/11/2018
Bonsoir Saïd,

Tout comme Meskellil, je suis très émue, moi qui pleure souvent pour tout et rien, mais là c'est terrible, je devrais sécher mes larmes, un peu pour distinguer clairement les lettres de mon clavier!
El marhouma, s'en est allée sans retour rejoindre un monde de l'autre côté après la vie,et personne n'y peut rien, par contre cet ange qui inonde ta vie d'amour et de joie voilà une chose merveilleuse n'est-ce pas? Elle ne te fera pas oublier celle que tu as tant chérie et aimée, mais elle t'aide à voir la vie autrement, tu es un homme très sensible en effet et je le ressens dans chaque mots chaque phrase! Allez courage! Fais-le pour tes anges, ces anges que la maman Allah yerhamha t'a laissé avec tant d'amour!
Tiens cela m'inspire!!
Alors:

Malak,
Ton papa est si fier de toi, toi son ange,
Il parle de toi avec amour et fait tes louanges,
Son texte poignant reflète sa tristesse, et sa joie
De t'avoir à ses côtés depuis que maman n'est plus là!
Tu le fais rire, voir la vie autrement,
Malgré sa peine qui dure jusque cet instant,
Mais papa est si brave et courageux,
Qu'il est parvenu à écrire ces mots.. quel enjeu!
Les enfants! Votre oncle vient de nous dire à tous,
Que vous êtes une réussite inébranlable sans secousses!
Prenez bien soin de votre papounet et avancez toujours,
Vers le meilleur, le beau et surtout restez dans cet amour qui vous entoure!
Malak, je te connais à travers cet écrit que ton père a bien voulu nous offrir
Sache que je t'aime sans te connaître, une fille comme toi nous apprend à sourire!
Je t'embrasse bien affectueusement,


Tu peux m'appeler tata!
Amitiés ,
Kéryma,
Belfedhal Abderrahmane
  • 8. Belfedhal Abderrahmane | 25/11/2018
bonsoir a toutes et a tous
mon cher said tellement je suis encore sous l emotion apres lecture de ton ange qu en ecrivant mon premier commentaire certaines fautes d orthographes se sont manifestees touchant meme le nom que nous portons
je suis vraiment desole pour cela
encore une fois j exprime toute mon admiration pour ce que tu es en train de partager avec nos amies et amis du site algermiliana
pour ma part et pour les memes objectifs j espere que l espace meskelil me sera favorable pour apporter un plus
je profite de ce petit moment pour saluer le retour de notre plaque tournante ennahla meskelil avec mes amities abderrahmane belfedhal
Belfedhal Abderrahmane
  • 9. Belfedhal Abderrahmane | 25/11/2018
bonsoir a toutes et a tous
mon cher said de mon cote je suis profondement emu et tres touche par ces mots trop forts et tres sensibles qui me rappellent el marhouma et ce petit ange qui porte le nom de malak
un prenom que tu as choisi parmi tant d autres du temps ou sa mere etait encore en vie
malak a toujours vecu en tant que telle chouchoutee aimee de tous avec ce merveilleux don qui se traduit par sa belle voix quand elle se met a chanter l air andalou
en lisant ce passage je me suis laisse aller vers leopoldine et ce grand monument de l age d or de la poesie
francaise qui avait dit tu n est pas la mais tu es partout la ou je suis
mon cher said en tant que bon pere de famille tu as reussi a reunir tes trois enfants dans la chaleur humaine dans la serenite et dans la purete
et leur succes dans leurs etudes temoigneront que les annees passees en l absence de leur mere n ont pas ete vains
ton frere qui t a toujours concidere en tant qu ami abderrahmane relfedhal
Meskellil
  • 10. Meskellil | 25/11/2018
Bonjour à tous,

Ton texte sublime, lumineux Saïd me fait pleurer, et tout ce que je pourrais en dire est contenu dans ces larmes.
Les mots me fuient, mais l'émotion, elle, est bien là. Merci Saïd pour tant de sensibilité et aussi de lucidité.

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