Article paru sur le quotidien « La Cité, ce Samedi 11 Mai 2013»

Des larmes qui coulent, des accolades interminables, des yeux qui, parfois derrière des lunettes, essayent de placer un nom sur le visage d’en face qui garde quelques traits de jeunesse, des mémoires qui se ravivent, des souvenirs qui ressuscitent. C’est ainsi que l’on pourrait qualifier l’atmosphère dans la laquelle s’est déroulée, ce Mercredi1er mai, la rencontre des anciennes élèves du lycée Mohamed Abdou de Miliana.
En effet, cette journée a été pleine d’émotion pour les 350 participantes ayant répondu à l’initiative de Mme Noria et des membres de l’association des anciens du lycée Mustapha Ferroukhi ainsi qu’une poignée de nostalgiques.
Des mères, des grand’mères, quelques unes accompagnées de leurs filles, ont repris pour la circonstance leurs noms de jeune fille afin qu’elles puissent se reconnaitre, partager les bons moments du lycée déterrés en grattant un peu sur la mémoire. Certaines ne se rappelant pas des noms de leurs anciennes camarades vous diront « Alzheimer » avec un sourire en signe d’excuses.
C’est une « jeune fille » de 83 ans, Geneviève Bonnet, une élève de la première école de jeunes filles en Algérie, établissement créé en 1887, 11 ans après l’ouverture de l’école normale de garçons à Alger, qui prendra la parole pour remercier les organisatrices pour cette initiative qui l’a ramenée à ces 23 ans, en 1945. Cette institutrice quitta l’Algérie en 1951, mais a tenu à revoir le lycée Abdou qui réhabilité, garde la même architecture. « vous n’oublierez jamais les moments de jeunesse qui vous bercent au crépuscule de votre vie » dit-elle avec une gorge nouée et des larmes qu’elle n’arrive pas à retenir. C’est l’émotion chez toutes les présentes. Des larmes, des sanglots et de sourires au bout des levres. »le Zaccar est le berceau de ma vie »ajoute cette octogénaire en signalant que le départ de Miliana était douloureux. « C’est le même sentiment que lorsqu’on quitte au parent sur un quai » explique-telle.
Amrouche D, la milianaise qui a obtenu son baccalaureat en 1961, n’a pas trouvé de mots pour contenir son émotion. Trop de larmes sont versées, les témoignages sont alors interrompus par la sonnerie de midi rappelant à ces anciennes élèves notamment les internes, l’heure du déjeuner.
Au réfectoire, les hommes, tous des invités, venant prennent le repas avec les « filles » du fait que certains d’entre eux, ont fait la terminale dans la mixité, à l »exemple du docteur Bouabida qui avait rencontre son actuelle épouse au lycée.
« C’est un grand jour pour nous tous, il nous permet enfin de nous retrouver, d’être à nouveau ensemble »dit Mme Kahoul Yamina alors que l »ancienne jeune, madame Khadidja Khebizi a signalé que cette rencontre pleine d’émotion fait revivre les souvenirs de jeunesse. « sous chaque pavé, il y a une histoire. Ce n’est pas une simple rencontre car il faut penser à celles qui nous ont quitées à jamais » dit elle avec un grand soupir de surveillante générale.
Au paroxysme de l’émotion
« C’est le plus beau jour de ma vie »témoigne Chantal Vincent avec un visage rayonnant de joie et de bonheur. « j étais encore une adolescente de 14 ans lorsque j’ai quitté, en 1962, le lycée appelé à l’époque Alphonse Daudet. Après cinquante années, devenue grand-mère, je revois mes camarades de classe telles que Badia Djeblaoui que je n’ai pu oublier. » déclare-telle.
Dans son témoignage dont Mon journal détient une copie, Chantal affirme que grâce au Site Alger-Miliana, elle a « pu retrouver quelques pans de son passé » et de citer Victor Hugo « Qui ne connait pas son passé n’a pas d’avenir ».
Enivrée par ce bonheur et cette joie de se retrouver à Miliana, Chantal entoure des bras, les serre contre elle, tient d’autres par la main en exprimant cette satisfaction par un large sourire.
Zoulikha, la fille du Chahid Mustapha Ferroukhi a également tenu à assister à cette rencontre pour revoir ses anciennes camarades de classe. « C’est une immense joie de me retrouver avec mes copines du lycée » murmure-t-elle.
Dans la cour où rien n’a changé depuis les années 60, les participantes à cette rencontre en majorité des bachelières de 1970, 1971 et 1972, parfois sexagénaires, pour rafraichir leurs mémoires, doivent lire le nom de leur vis-à-vis pour se souvenir de la personne. « C’est un bon exercice pour prévenir la maladie d Alzheimer » dit la doctoresse Samia Belalouane.
Forts satisfaites de la réussite de ces retrouvailles les participantes ont pris rendez-vous pour l’année prochaine afin de faire partager cette joie avec les absentes.
Dure a été l’Au-revoir, et ça reprend. Longues et fortes étreintes, des embrassades, des larmes, des pleurs et des sanglots que même les hommes présents n’ont pu résister.
Noria l’initiatrice de cette manifestation satisfaite de la participation avoue qu’elle ne s’attendait pas à ce que d’anciennes lycéennes vivant en Europe ou dans les différentes wilayas du pays répondent à son invitation. « C’est magnifique » conclut-elle.
Commentaires
1 Ababsia Djamila Le 04/06/2015
2 ahfir Le 06/06/2014
3 benmerad Le 19/05/2013
4 ferhaoui Le 17/05/2013
5 Bradai Le 17/05/2013
Que pour tout compliment,
C’est bien plus agréable de le recevoir de plus d'un ,
Mais c'est Au geste à sa juste valeur qui sera bien plus important,
A celui d’être humble et le recevoir de quelqu'un !
6 REMMALI Le 17/05/2013
7 REMMALI Le 17/05/2013
On n'est pas encore arrivé au 11 juin 2013 concernant l'article des retrouvailles des Abdounnettes paru sur le quotIdien "La Cité",donc c'est le 11 Mai 2013,date à rectifier.Je crois que c'est l'effet du couscous Bradai qui a bouleversé les mémoires et a provoqué un décalage de temps.Ah! Ah! Ah.
8 ferhaoui Le 16/05/2013
9 lallia Le 16/05/2013